Le fait objectif important est que les Etats Unis sont un champ de bataille.

Notre cadre anaytique est fondé sur deux piliers:

-approche systémique

-le matérialisme historique

C’est en raison de cette approche que nos analyses et commentaires sont radicalement différents de ceux de nos « confrères ».

Dans ce cadre, il n’y a pas de place pour le volontarisme, les hommes sont les tenants lieux -vaniteux, infatués- , les apparents gestionnaires d’un monde qui les dépasse. Les hommes gèrent surtout … les narratives.

Ce monde est gouverné/produit par des forces objectives, souvent non sues, enfouies, inconscientes et non pas subjectives. Le sens de l’histoire est ailleurs, il n’est jamais donné , il est à exhumer, à faire advenir.

Le mouvement de l’Histoire est activé par les antagonismes, les contradictions; il est non pas mécanique, positif mais dialectique ce qui signifie que le positif et le négatif se mèlent pour former un dépassement. Loi du Triangle.

Le dépassement c’est ce qui apparait, ce qui est donné à voir. Le dépassement étant une résultante toujours temporaire. Dans ce jeu de forces, les forces de prodution prises au sens large c’est à dire production du monde réel et des signes , ces forces de production ont a voir avec l’ordre de la production des richesses, du profit, du capital et du pouvoir.

Bref contrairement aux rêves de la bourgeoisie et des néo-liberaux, l’Histoire ne s’arrête jamais, il n’y a pas de fin de l’Histoire, ceux qui l’ont annoncée, comme Fukuyama se sont ridiculisés.

Les hommes n’ont pas vaincus la nature et encore moins leur nature! Le bien est inséparable du mal, les ressources sont finies, l’homme est mortel,, ceux qui se prétendent tout puissants sont des illusionnistes, il n’y a pas de magiciens, d’hommes providentiels, ou maitres de l’univers.

Les presidents et les banquiers centraux sont des imposteurs. Ils ne résolvent aucun probleme réel, tout ce dont ils sont capables c’est de gérer les perceptions, de retarder l’inéluctable au prix d’aggravations des nuisances futures . La loi de l’humain, la Loi de la Valeur veille.

Bref celui qui croit arborer son phallus d’or scintillant ne montre jamais que son cul. Ce qu’Aristote a formulé d’une facon plus prosaique: « chassez le naturel et il revient au galop ». Ou encore Pascal avec: « qui veut faire l’ange fait la bête. »

Le Président de Goldman Sachs a flrté avec la vérité lorsqu’il a déclaré, ce qui a été mal compris, « nous accomplissons l’oeuvre de Dieu, « God’s Work ».

En passant si vous êtes interessés par les refléxions sur tous ces sujets je vous conseille les travaux dits de la Gnose de Princeton popularisés, mais hélas exposés en charabia par Raymon Rouyer. Mais je digresse .

Je vous ai livré ce préambule pour tracer le cadre de ce que je pense à propos de l’élection laborieuse sinon chaotique de Biden. Le fait objectif important est que les Etats Unis sont un champ de bataille et que tous les antagonismes y sont maintenant exacerbés.

Rédigé par Bruno Bertez 5 novembre 2020

Les Etats-Unis sont en crise économique et sociale, divisés, fracturés – et l’élection n’y changera rien, quel que soit le vainqueur définitif. Cela en dit long sur l’état du monde dans son ensemble…

Les crises paupérisent le public. Elles le jettent dans le populisme ou le nihilisme. Nos sociétés sont fracassées – et cela est vrai partout dans le monde.

Sous nos yeux, le système phare, le système américain, se délite. Les milices paramilitaires poussent comme des champignons. L’élection fournit le triste spectacle d’un peuple qui se barricade par peur des émeutes post-électorales.

La disparition de la prospérité a réduit la production de richesse par tête, elle a accru les inégalités ; le système est perçu soit comme inefficace, soit comme injuste.

Pour se prolonger, le système est obligé de recourir d’abord à la dette puis à la production de fausse monnaie. C’est une voie sans issue, un aller sans retour, mais cela permet de gagner du temps. Au prix d’une catastrophe future.

Exacerbations et dislocation

La situation n’est pas meilleure en matière géopolitique : la paupérisation exacerbe les conflits, la coopération internationale a laissé la place aux affrontements de guerre froide puis tiède. Le monde devient dangereux.

Quand le butin se raréfie, les bandits s’entretuent.

Les gouvernements et leurs sponsors tentent de préserver l’ordre établi par la propagande, les mensonges, les fausses statistiques et, de plus en plus, par la censure et les contrôles. On voit de plus en plus apparaître l’usage de la force grâce à la militarisation des polices.

Derrière la question de la légitimité des gouvernements puis du personnel politique se profile maintenant clairement celle de la légitimité du système lui-même.

Ce n’est pas un hasard si aux USA, pays du capitalisme libéral, le démocrate Biden a dû emprunter aux idées socialistes et s’il doit flirter avec la clientèle des gauchistes « liberal », progressistes, au sens anglo-saxon du terme. Il a choisi une candidate à la vice-présidence pour leur plaire. 50% des jeunes Américains se déclarent proches des idées socialistes.

Bref, nous sommes sur la pente, la mauvaise pente de la dislocation de nos arrangements sociaux, de nos sociétés.

Qu’attendre de la « bidenomique » ?

Dans un éditorial intitulé « La bidenomique peut préserver le soutien au capitalisme », le Financial Times (FT) s’exprime ainsi :

« Depuis John Maynard Keynes, le meilleur argument pour justifier une intervention de l’Etat n’a pas été d’abolir le marché, mais d’essayer de conserver le soutien public en sa faveur […]. [Et si] elle était mise en œuvre, la bidenomique rendrait la vie plus difficile pour les entreprises et pour les hauts revenus, mais elle pourrait également éviter que vienne une heure des comptes plus douloureuse plus tard. »

Le FT appelle « bidenomique » la politique économique de Biden.

En clair j’affirme avec le FT que ce qui est en jeu en ce moment dans le monde occidental et singulièrement aux Etats-Unis, c’est le soutien du public au système ; c’est la survie du système tel que nous le connaissons, fut-ce au prix de décisions douloureuses pour les entreprises, les très grosses fortunes et l’orthodoxie libérale, économique, financière et monétaire.

Il est dommage que les élites, leurs politiciens aux ordres, les intellectuels, les médias, les corps constitués ne reconnaissent pas cette situation et n’en prennent pas conscience car faute de prise de conscience des enjeux, il n’y aura aucun débat.

Nous serons comme en 2009 dans l’unilatéralisme et dans la fabrication de consensus bidons qui ne feront que retarder la véritable authentique heure des comptes.

Une économie en position de fragilité

A l’heure où nous écrivons ces lignes, les résultats provisoires indiquent que le candidat du parti démocrate Joe Biden va remporter l’élection présidentielle américaine et évincer le président sortant Donald Trump.

Les démocrates conservent également leur majorité à la chambre basse du Congrès américain, la Chambre des représentants ; en revanche, leurs chances de reprendre la chambre haute, le Sénat, sont compromises .

Mais même sans ce dernier, Biden et les démocrates auront le pouvoir politique de changer le cours de la pandémie de Covid-19 et de l’économie américaine au cours des prochaines années. Un pouvoir relatif bien sur.

D’abord, il faut rappeler qu’avant que cette pandémie n’éclate à travers le monde, la plupart des économies, y compris les Etats-Unis, basculaient déjà dans la récession… avec, à l’horizon, une nouvelle crise financière en préparation.

L’économie américaine subit la pire crise économique depuis les années 1930. Les chiffres du PIB américain du troisième trimestre publiés il y a quelques jours montrent que l’économie américaine est toujours bien en deçà de son niveau d’avant la pandémie.

Le PIB américain est toujours 3,5% en dessous de son niveau d’avant la pandémie, tandis que les investissements des entreprises sont encore inférieurs de 5% environ.

Sur plus de 22 millions d’emplois perdus en mars et avril pendant les verrouillages, seuls 11,3 millions environ ont été récupérés jusqu’à présent.

Un nouveau projet de loi de relance de l’ancien Congrès censé aider les chômeurs n’a jamais été approuvé. Le chômage de longue durée est inquiétant.

Le gouvernement fédéral a certes reçu les fonds du Congrès – levés par la Réserve fédérale grâce à l’achat d’obligations gouvernementales –, mais les Etats et les comtés locaux ont été privés de fonds et sont contraints de licencier des centaines de milliers d’employés publics.

A suivre…

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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