Editorial. Un titre court: l’aveu.

Le monde dans ses fondements ne change pas.

Deux plus deux feront toujours quatre.

Au bout du compte, nous serons tous morts.

La finitude est notre lot.

La magie n’existe pas, il n’y a que des illusionnistes.

L’économie sera toujours in fine regulée par la rateé.

Il n’existe pas d’autre richesses que celles qui sont produites par le travail.

Le capital physique n’est que du travail cristallisé .

Le capitalisme en tant que système social est un système de relations sociales, un regime qui permet aux détenteurs du capital de prélever une part du surproduit.

Est détenteur d ‘un capital toute personne qui, par son statut a le droit de prélever sur le travail des autres. Les fonctionnaires, les retraités, les marginaux, les assistés… sont des capitalistes, tout comme les financiers qui ne font que faire circuler la rente.

La fonction ultime de la monnaie est de masquer la réalité du système et de faire en sorte qu’il se reproduise sans que ses participants en aient la moindre conscience.

Les signes, qui auparavant étaient symboliques c’est à dire qu’ils refletaient et exprimaient le réel, ces signes ont été autonomisés et ils servent maintenant à faire vivre les gens dans un monde imaginaire, névrotique, ils ne refletent plus le réel mais le désir forcené des Dominants que cela dure à leur profit.

Nous habitons un monde inversé.

Le Covid’s est non pas une malediction mais un cadeau tombé du ciel. C’est non pas un sinistre mais une aubaine. Une pandémie mondiale qui a fait surface dans les derniers jours d’une bulle financière qui allait nous engloutir.

Il permet une expérience historique dans la gestion monétaire des banques centrales au moment ou leur imposture allait être dévoilée.

Le Covid permet de changer les règles du jeu, de modifier les normes, de relativiser les invariants.

A partir du Covid, les vessies deviennent les lanternes.

Les milliards deviennent des trillions.

Les dettes deviennent des fortunes, enflent les patrimoines alors même que des centaines de millions de travaileurs producteurs sont mis au chomage. Moins devient plus et plus devient plus, aussi.

Le monde est composé de deux parties:

A gauche dans son bilan il y a son actif, ce que l’on voit, ce qui existe.

A droite il y a ce que l’on ne voit pas, ce qui est dû ou promis c’est son passif.

L’actif s’est effondré et le passif a explosé.

L’imaginaire dans lequel vous êtes plongés vous fait vivre dans le nirvana, dans le paradis du passif alors que vous allez tout droit dans l’enfer, dans le gouffre du manque et de la paupérisation de l’actif.

Du FT:

«La dette mondiale a augmenté à un rythme sans précédent au cours des neuf premiers mois de l’année alors que les gouvernements et les entreprises se sont lancés dans un« tsunami de la dette »face à la crise des coronavirus… De 2016 à fin septembre, la dette mondiale a augmenté par 52 trillions de dollars; ce qui se compare à une augmentation de 6 trillions de dollars entre 2012 et 2016. »

Selon l’IIF, institution bancaire faitière, la dette américaine est en passe d’augmenter d’environ 13% cette année pour atteindre 80 Trillions . En pourcentage du PIB, la dette américaine est passée de 327% à 378%. Les emprunts du gouvernement américain ont gonflé de 26 points de pourcentage à 127% du PIB.

À l’échelle mondiale, la dette des économies développées a augmenté de 49 points de pourcentage pour atteindre 432% du PIB.

D’après l’IIF: «… Il existe une incertitude considérable sur la façon dont l’économie mondiale peut se désendetter à l’avenir sans conséquences négatives importantes pour l’activité économique.»

La dette des marchés émergents devrait bondir de 26 points de pourcentage cette année à 250% du PIB, l’endettement atteignant 76 Trillions.

Les emprunteurs chinois doivent 45 Trillions . La Chine a encore augmenté son endettement massif, ajoutant 30 points de pourcentage à 335% du PIB contre 160% environ en 2008).

Selon les projections de l’IIF, la dette mondiale augmentera de 70 Trillions.

L’année dernière, qui pourtant n’était pas encore marquée par le Covid, a vu une accélération rapide de la croissance de la dette non productive, cette fameuse dette qui augmente le capital fictif .

À l’échelle mondiale, les gouvernements représentaient plus de la moitié de la nouvelle dette. Dans la ventilation sectorielle de l’IIF, la dette publique mondiale est passée de 69,1% à 77,6% du PIB – entraînée par une augmentation de 3,7 Trillions des emprunts gouvernementaux américains. Vous savez cette dette qui fait des dollars comme des petits pains.

Le pool de jetons mis à la disposition de la Communauté spéculative mondiale a enflé de façon historique, du jamais vu. Il a les moyens de tout rafler. C’est le tourbillion: un jour sur les technologiques, un autre sur les valeurs traditionnelles, un autre encore sur les vaccins et un petit tour en passant sur les cryptos . …

Il y a de quoi s’inquiéter.

En réalité, il y a de quoi s’inquiéter. Aussi bienvenues que soient actuellement les nouvelles positives sur les vaccins, la conclusion de la pandémie n’entraînera malheureusement pas un retour à la normale. Au contraire. La masse de dettes qui a été créée a tout engouffré; telle une grande marée , elle est passée au dessus des digues pour inonder les villages de pêcheurs et transformer le moindre batiment en gratte ciel sans fondation. Il ne peut y avoir de retour à la normale sans destruction.

Du New York Times: «Les cartes de suivi des nouvelles infections au coronavirus dans la zone continentale des États-Unis ont été baignées dans une mer de rouge vendredi matin; dans chaque État le virus se propage à une vitesse inquiétante et les agents de santé se préparant à d’autres jours difficiles à venir.»

Les infections quotidiennes aux États-Unis ont dépassé 100 000 pour la première fois le 4 novembre. Un peu plus de deux semaines plus tard, nous sommes à l’aube de 200 000 par jour (194 000 vendredi).

La coordinatrice du groupe de travail sur les coronavirus, Dr Deborah Birx souligne : «C’est plus rapide, c’est plus large et, ce qui m’inquiète, c’est que cela pourrait être plus long.»

Les hospitalisations à l’échelle nationale ont dépassé les 84 000, soit près du double du niveau d’il y a un mois.

De nombreux États ont signalé un doublement des hospitalisations au cours de la semaine dernière. Un hôpital sur cinq s’attend maintenant à faire face à une pénurie critique de personnel d’ici une semaine.

Vendredi, la Californie a signalé un record de 13 005 nouvelles infections.

Le contraste entre d’un cote le passif tel que je l’ai expliqué ci dessus et l’actif tel qu’il ressort de la simple observation des faits incite à se poser une question centrale; est ce que le recours à la dette est vraiment la bonne solution? Est ce que ce n’est pas précisément ce qu’il ne faut/fallait pas faire?

On jongle avec les trillions, que dis je les dizaines de trillions. Les actions américaines ont atteint des niveaux records le 20 février. Pure folie.

Le mot à la mode chez les responsables de la conduite des affaires, c’est « coûte que coûte ». ; “whatever it takes.”. C’est peut être la phrase la plus criminelle qui ait été prononcée par ces gens qui pourtant en prononcent beaucoup.

Un titre de Bloomberg vendredi soir: «Les investisseurs regardent au-delà du chaos et jettent 53 milliards de dollars sur les marchés d’ actions.» Dans «l’un des plus grands déluges de liquidités jamais enregistrés», les ETF d’actions américaines ont attiré jusqu’à maintenant 53 milliards de dollars ce mois-ci. … De toute évidence, beaucoup trop d ‘«argent» chasse des marchés hautement spéculatifs. C’est Bloomberg qui le dit!

Comme trés souvent les medias voient juste mais ils ne voient qu’une partie, ils sont borgnes, ils ne voient que celle qui se donne a voir le plus facilment sans effort; bien sur que la montée de la marée , le déluge, le tsunamis sont impressionnants , mais ils ne sont rien en regard de ce que seront les reflux, les retraits, les mouvements inverses.

C’est au reflux que les catastrophes se découvrent , jamais à la montée de la vague.

Au reflux, tout ce qui est sorti du bilan des banques centrales pour aller enfler les marchés devra un jour y rentrer, de gré ou de force mais dans la panique. Le soutien de la pyramide par la base-money est ineluctable..

Cette semaine, la catastrophe a montré le bout de l’oreille; ô , un tout petit bout et encore d’une façon négative , par une dénégation. Pour nous dire qu’il n’y avait rien à craindre! Dormez tranquilles braves gens, ils veillent sur vous!

Mais d’abord faisons un détour par la Verneinung/dénégation de Freud et Lacan.

Pour Freud, la dénégation est le déni, ou négation de la réalité.

« La lecture de l’article de Freud, bref et serré, a été éclairée pour nous, rappelons-le, par le commentaire, resté célèbre, que le philosophe Jean Hyppolite en a fait en 1954 au séminaire de Lacan [6][6]Hyppolite J., « Commentaire parlé sur la Verneinung de Freud »,…. C’est à lui que nous devons la traduction de Verneinung par « dénégation », terme qui rend bien le sens de ce dont il s’agit et que Lacan a résumé en indiquant que la dénégation est une  forme d’aveu « 

L’aveu de Lagarde.

FRANCFORT (Reuters) – La Banque centrale européenne ne pourrait «ni faire faillite ni manquer d’argent» même si elle subissait des pertes sur la pile d’obligations de plusieurs trillions d’euros qu’elle a achetée dans le cadre de ses programmes de relance, a déclaré la présidente de la BCE, Christine Lagarde jeudi.

« En tant que seul émetteur de monnaie de banque centrale libellée en euros, l’Eurosystème sera toujours en mesure de générer des liquidités supplémentaires si nécessaire », a déclaré Lagarde en réponse à une question d’un membre italien du Parlement européen.

«Donc, par définition, il ne fera ni faillite ni à court d’argent. De plus, toute perte financière, si elle devait se produire, ne nuirait pas à notre capacité de rechercher et de maintenir la stabilité des prix.

« 

2 réflexions sur “Editorial. Un titre court: l’aveu.

  1. L’histoire qui est contée ici me rappelle l’article de Gallagher B. Paul – Comment Venise orchestra le plus grand désastre financier de l’histoire.
    Tout y est : hypertrophie du système financier, mise en coupe réglée de l’appareil productif, épidémie (de peste), jusqu’à l’explosion finale.
    https://systemophobe.wordpress.com/2014/03/15/comment-venise-orchestra-le-plus-grand-desastre-financier-de-lhistoire/

    Le cas des cryptos me semble à part : de plus en plus d’institutions financières se servent de bitcoin comme rempart face à cette folie que vous dénoncez.

    Voir ce qu’en dit T Luongo, goldbug, qui lui, semble avoir percu la valeur ajoutée de Bitcoin.
    https://tomluongo.me/2020/11/20/market-friday-bitcoin-apotheosis-gold-bugs/

    Pour en revenir à votre article, rien n’empêche de vendre des actifs surévalués (actions, crypto selon vous) pour acheter ensuite des actifs réels, biens immobiliers, métaux précieux.
    CQFD

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