Editorial: fumées et jeu de miroirs, les illusions de la dette sans limite ou sans douleur! Le pacte avec le diable.

Les charlatans qui promettent de raser gratis font toujours recette.

Depuis la muliplication des pains, on connait cela, le repas gratuit, le free lunch, le loto pour tous , n’est ce pas!

Nous sommes dans une de ces périodes ou les charlatans prospèrent sur la naiveté des gogos, sur la difficulté des temps et sur la magie de la technologie. Le besoin, c’est à dire la misère créent l’organe c’est à dire la croyance en la magie du free lunch.

Le cas typique est celui des gauches -Melenchoniennes ou pas, qui croient toujours au mythe du Trésor caché c’est à dire au coffre-fort plein à craquer des avoirs qui auraient échappé aux prédations taxatrices .

Et puis il y a l’ISF: avec ses quelques 5 milliards, on peut en faire des choses , un milliard de l’ISF semble avoir un pouvoir de financement au moins égal à 10 milliards d’une autre provenance.

Digression: En passant il ne vient pas à l’idée de nos gauches partageuses qui pourtant sont censées avoir étudié sinon compris Marx et sa loi des profits décroissants que ponctionner le profit du capital quand il est déja rare est l’une des pires erreurs que l’on puisse commettre, cela l’incite encore plus à la grève! Et à la spéculation.

Non la solution ce n’est pas de raboter les profits déja insuffisants du capital, mais de confisquer, d’euthanasier le capital excedentaire, non légitime ou tombé du ciel de la politique scélérate de la banque centrale. La profitabilité du capital ne doit pas être réduite mais bonifiée; en revanche le capital en excès , fictif et illégitime doit être amputé. Il faut confisquer un tiers du capital de poids mort. Il faut oser détruire.

La nouvelle-vieille-lune du Chartalism

De même, il faut remettre à leur place les charlatans de la vieille lune du chartalism, la MMT, qui croient -car je suis persuadés qu’ils en sont convaincus, que la monnaie est institutionnelle et qu’elle tire on statut de l’état c’est à dire des gouvernements … de ces gouvernements qui , eux qui n’ont eu de cesse dans l’Histoire de …détruire toutes les monnaies qu’ils ont touchées.

Le chartalism repose sur une idée fausse en terme logique et fausse en terme historique selon laquelle la monnaie tirerait son statut du gouvernement, de l’état qui en imposeraient l’usage forcé.

Les gouvernements ne sont pas les sponsors des monnaies, ils en sont fossoyeurs! Les sponsors des monnaies ce sont les peuples, leur histoire, leur culture, leurs croyances communes et partagées. Il suffit de lire Spinoza et plus près de nous André Orléan pour ne pas commettre de contre-sens. Ce qui fait la crédibilité et la reconnaissance d’une monnaie c’est son acceptation par le bas, par la masse. Pas son usage forcé. C’est l’envie par la multitude d’en avoir, de la désirer plus que tout autre bien. Ce qui fait une monnaie c’est son pouvoir , qui est une sorte de pouvoir de séduction.

Les dettes des gouvernements, si on les suivait, seraient de pures écritures comptables , elles n’auraient aucune importance , elles seraient sans douleur, grace à l’alchimie de la théorie monétaire moderne.

Ainsi les gouvernements pourraient attirer à eux les richesses réelles, les biens et les services, les utiliser selon leur bon plaisir -et surtout ceux des politiciens démagogues, sans que cela ait une incidences sur nos systèmes! On pourrait donner un droit de pillage régalien sur nos richesses réelles à une classe sociale et à ses complices sans que cela ait la moindre conséquence sur nos vies et nos façons de vivre ensemble? Sans conséquence sur nos mécanismes économiques?

La nouvelle sagesse à la mode en ces temps non conventionnels post modernes ou les magiciens sont légions, la nouvelle sagesse est que les gouvernements des économies avancées peuvent profiter des taux d’intérêt ultra-bas d’aujourd’hui pour emprunter et dépenser sans limite afin de soutenir l’économie.

Ben voyons!

Alors que la pandémie COVID-19 fait rage, les gouvernements des économies avancées ont ouvert les robinets à pleins jets pour soutenir les ménages et les petites entreprises, dépensant de l’ordre de 15 à 20% du PIB dans de nombreux cas.

Les niveaux d’endettement cumulés dépassent désormais le PIB dans de nombreux pays développés; et, en moyenne, la dette en pourcentage du PIB se rapproche des sommets de l’après-guerre.

Néanmoins, selon Olivier Blanchard et d’autres économistes, les économies avancées peuvent encore se permettre de faire beaucoup plus dettes, compte tenu du faible niveau des taux d’intérêt.

N’importe quoi!

Hélas, le fait est qu’il y a toujours une limite, et elle peut apparaître plus tôt que beaucoup ne le pensent. Simplement, c’est vrai que l’on peut par des subterfuges reculer ces limites, mais cela ne signifie pas qu’elles n’existent pas.

Nos zozos oublient une chose c’est que notre monnaie est une monnaie de dettes et que même si il est toujours possible d’émettre des nouvelles dettes et de masquer leur insolvabilité par la liquidité de la création monétaire, c’est la monnaie que l’on met en danger . Le surendettement détruit les monnaies.

Un jour, à la faveur de forces endogênes ou exogênes, peu importe, la monnaie risque de perdre la confiance de la multitude. Et quand le phenomène se déclenche il est irreversible.

Notez bien « perdre la confiance de la multitude » car là, nous sommes dans l’essence même du mystère monétaire; il s’ancre dans quelque chose de fantastique, de presque divin: la confiance de la multitude.

Expliquons.

Le miracle du consensus de l’ acceptation de la monnaie peut s’évanouir, l’or monétaire peut se révéler n’être du plomb et l’eau claire peut se révéler n’être que l’eau des égouts comme ce fut le cas pour la monnaie hypothécaire des subprimes.

Car ce que les gens ne comprennent pas, c’est que le champ monétaire est unifié, qu’il a cessé d’être cloisonné, tout est imbriqué, tout est connecté. Tout a été contaminé par la vérole de la non-solvabilité. Un pépin sur le monde des dérivés qui « assurent » les dettes fait sauter le monde de la dette, fait s’écrouler la pyramide d’Exter et fait sauter en chaine toutes les monnaies!

C’est que la monnaie ce n’est pas seulement ce que l’on croit être « monnaie », non mais c’est aussi tout ce en quoi la quasi-monnaie est convertible.

Les gens et même les élites n’ont pas compris et assimilé le fait que tout papier, toute dette émise par une banque, une entreprise , un organisme hypothécaire, tout fait monnaie! Votre créance sur votre banque, qui se denomme depot en banque est une monnaie de la banque. La traduction vraie de votre situation de déposant en banque est; je suis detenteur de monnaie bancaire, de monnaie emise par ma banque, de monnaie BNP ou Société générale. Et si vous avez en portefeuille des obligations L’Oréal, vous etes detenteurs de monnaie émise par L’Oréal.

Il y a la monnaie que l’on voit et à qui on reconnait ce statut et il y a la monnaie potentielle, la monnaie promise , l’épée de Damoclès! On a vu la couleur de cette monnaie promise fin mars 2020 quand il a fallu créer 9 trillions pour empêcher l’effondrement des bourses mondiales. Il a fallu dépenser 9 trillions pour prolonger le mythe que les actifs financiers sont aussi bons que de la monnaie, qu’ils sont liquides et que l’on peut toujours les échanger. Neuf trillions pour faire durer un mensonge.

La monnaie c’est, à notre époque, toutes les autres « monnaies » émises par les entreprises (leurs dettes) , toutes les monnaies émises par les marchés, toutes les monnaies que constituent les hypothèques et même toutes les monnaies que constituent les retraites; car tout ce qui est promesse dans notre monde est , in fine, monnaie ou créance sur la monnaie soit à maturité zéro soit à maturité longue. Et tout est contagieux tout est interconnecté. Tout est interconnecté car les dettes des uns font les créances des autres, le passif des uns fait l’actif des autres. Effrayant non!

Ce que très peu de gens comprennent c’est que notre système repose sur le mythe de la liquidité, mythe qui se formule de la façon suivante: les quasi monnaies sont aussi bonnes que la monnaie , elles ont les attributs de la monnaie. On peut toujours les transformer en monnaie. Et c’est ce qui permet d’en faire accepter plus. Donc de repousser les limites des promesses financières.

C’est un pacte avec le diable qui a été conclu: on ne peut pas les honorer tous ces actifs, mais on peut les rendre liquides, faire en sorte que l’on puisse s’en debarrasser, par le Ponzi.

Et rendre un actif financier liquide ce n’est rien d ‘autre que faire remonter son insolvabilité/inhonorabilité au niveau de la banque centrale dont ces actifs pourrissent le bilan .

Le « Put « , qui est à la base du fonctionnement de la finance dérégulée fait de la banque centrale une sorte de structure de défaisance, de « defeasance », une poubelle.

En fait, on a fait accepter plus de dettes et plus d’actifs financiers grace à la derégulation des années 80 , c’est à dire en leur conferant ce que je j’appelle la « monnaieitude ». Mais ce mythe de la monnaieitude a une conséquence terrible ; quand il y a des accès de crises, des « runs », il faut que la Banque Centrale assure la liquidité, fasse la contrepartie et donc qu’elle crée des trillions. Il faut créer des réserves monétaires, de la monnaie de base.

Ci dessous, le grand secret, celui qu’il ne faut surtout pas révéler; les démiurges ont perdu le controle de la quantité de monnaie qui doit être dans le systme, ils sont otages! Toute la quasi monnaie émise peut prétendre être rendue liquide par de la monnaie.

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Ecoutons Raghuram Rajan démolir la MMT et l’illusion du no-limit sur les dettes par une autre approche que la mienne. Vous trouvez son texte original en anglais pied de page.

Des calculs utilisant les données du Fonds monétaire international montrent qu’au cours des deux décennies qui ont précédé la pandémie, les paiements d’intérêts souverains dans ces pays sont passés de plus de 3% du PIB à environ 2%, même si les ratios dette / PIB ont augmenté de plus de 20 points de pourcentage. De plus, étant donné qu’une grande partie de la dette souveraine nouvellement émise paie désormais des taux d’intérêt négatifs, des emprunts supplémentaires pourraient réduire encore plus les frais d’intérêts.

De quoi alimenter les illusions de la dette indolore et sans limite.

Dans ce monde étrange de taux d’intérêt extrêmement bas, quelles sont les limites des emprunts publics?

Selon les partisans de la théorie monétaire moderne (MMT), il n’y en a pas, du moins pas pour les pays qui émettent de la dette dans leur propre monnaie et ont une capacité de production inutilisée.

Après tout, la banque centrale peut simplement imprimer de l’argent pour rembourser la dette arrivant à échéance, et cela ne devrait pas entraîner d’inflation tant qu’il y aura un chômage important.

Il n’est pas étonnant que le MMT soit devenu la bouée de sauvetage pour les politiciens qui préconisent les dépenses gouvernementales pour masquer tous les problèmes.

Bien entendu, toute «théorie» qui promet un déjeuner gratuit doit être abordée avec scepticisme.

Pour comprendre pourquoi, supposons que nous nous trouvions dans un environnement normal avec des taux d’intérêt positifs. La banque centrale pourrait décider d’imprimer de l’argent pour acheter des obligations d’État, et le gouvernement pourrait alors dépenser cet argent en le transférant aux citoyens. En pratique, cependant, il n’y a que tellement d’argent certains en conserveront . Si ces personnes en avaient déjà assez avant que la banque centrale ne commence à imprimer de l’argent, elles déposeront cet argent sur leur compte bancaire et la banque déposera l’argent qu’elle a accumulé dans son compte de réserve auprès de la banque centrale.

En fin de compte, la banque centrale aura acheté des obligations d’État en émettant des réserves aux banques commerciales, qui voudront alors percevoir des intérêts sur ces réserves excédentaires.

Le gouvernement aurait pu tout aussi tôt émettre des bons du Trésor directement aux banques commerciales. Le coût des intérêts serait plus ou moins le même. La seule différence se situerait au niveau des apparences, il n’y aurait aucune apparence de free lunch, déjeuner gratuit.

Dans l’environnement anormal d’aujourd’hui, la banque centrale peut financer l’achat d’obligations d’État en émettant des réserves à taux zéro aux banques commerciales, qui à leur tour sont disposées à détenir de grandes quantités de ces réserves hautement liquides.

Le gouvernement pourrait tout aussi bien émettre des bons du Trésor ne payant aucun intérêt aux banques commerciales . Si les banques commerciales ne rechignent pas à déténir degrandes quantités de créancessur la banque centrales(réserves) elles d evraient pas rechigner a detenir de gradnes quantités de créances sur le gouvernement dont la banque centrale est une filiale.

Cela ressemble au nirvana de la MMT.

En d’autres termes, le financement monétaire prôné par le MMT n’est que de la fumée et des miroirs.

Oui, le gouvernement peut éviter des perturbations à court terme sur les marchés monétaires en finançant via la banque centrale. À moyen terme, cependant, cette approche ne lui permet pas d’emprunter plus qu’elle ne l’aurait pu en se finançant directement. En fait, si les taux d’intérêt à long terme sont également faibles ou négatifs, il est de loin préférable que le gouvernement « verrouille » ces taux en émettant de la dette à long terme directement sur les marchés, en contournant complètement la banque centrale.

Cela nous ramène à la question initiale du montant de la dette qu’un gouvernement peut émettre. Il ne suffit pas qu’un gouvernement s’assure qu’il peut se permettre de payer ses intérêts; il doit également montrer que lui et ses successeurs peuvent rembourser le principal.

Certains lecteurs protesteront contre le fait qu’un gouvernement n’a pas besoin de rembourser la dette, car il peut émettre une nouvelle dette pour rembourser une dette venant à échéance. Mais les investisseurs n’achèteront cette nouvelle dette que s’ils sont convaincus que le gouvernement peut rembourser toute sa dette sur ses revenus potentiels. C’est ce que l’on appelle la confiance.

De nombreux marchés émergents ont été confrontés à un «arrêt soudain» de la dette bien avant d’atteindre le plein emploi, déclenché par la perte de confiance du marché dans sa capacité à reconduire sa dette.

En d’autres termes, l’investisseur dans une nouvelle dette doit être convaincu que les recettes fiscales actuelles et futures du gouvernement (nettes des dépenses obligatoires ) seront suffisantes pour rembourser sa dette accumulée. Il y a une limite. Mais si les fonds levés grâce à une nouvelle dette sont investis dans des projets d’infrastructure à haut rendement, ces limites ne seront probablement jamais testés – des revenus futurs supplémentaires paieront la dette supplémentaire. Si, cependant, l’argent est dépensé pour un soutien indispensable aux ménages pauvres et vulnérables, la limite finira par apparaître.

Dans ce cas, si le gouvernement perçoit déjà autant de recettes qu’il est politiquement possible à partir des recettes fiscales, il devra réduire l’encours de la dette existante pour créer de la marge pour de nouvelles émissions. Le moyen le plus simple d’y parvenir est de faire défaut sur les anciennes obligations; mais la plupart des gouvernements des économies avancées considéreraient cela impensable.

L’autre option est de permettre/favoriser une inflation plus élevée, ce qui érode l’encours de la dette libellée en monnaie courante par rapport aux recettes fiscales futures. L’inflation, dans ce cas, émerge non pas parce que l’économie est au plein emploi (comme le voudraient les MMT), mais plutôt parce que le gouvernement a atteint les limites de la dette qu’il peut rembourser. Les nouveaux détenteurs de dette exigeent des taux d’intérêt plus élevés – y compris peut-être une prime pour le risque d’inflation – et le rideau tomberait signifiant la fin de l’ère des taux d’intérêt extrêmement bas et des emprunts illimités.

Certes, les économies avancées ne deviendront pas le Zimbabwe de si tôt, voire jamais. Mais certains d’entre eux sont minés par des division politiques qui obligent généralement à des dépenses plus élevées sans que les recettes correspondantes puissent etre prelevées. C’est ce qui se passe sur de nombreux marchés émergents et ils peuvent en témoigner. Il ne serait pas surprenant de voir une inflation légèrement plus élevée dans quelques années.

Ce n’est pas un argument pour une austérité immédiate. Dans la mesure où les gouvernements peuvent cibler les dépenses pour protéger la capacité économique des ménages et des entreprises pendant la pandémie, ils récupéreront ces investissements grâce aux revenus futurs. Les dépenses publiques, cependant, doivent être raisonnables et non fondées sur une pensée monétaire magique.

Le président élu américain Joe Biden a peut-être promis un «retour à la normale», mais la vérité est qu’il n’y a pas de retour en arrière. Le monde change de manière fondamentale et les actions que le monde entreprendra au cours des prochaines années seront essentielles pour jeter les bases d’un avenir durable, sûr et prospère.

Document :

Raghuram Rajan démonte ci dessous le mythe de la MMT .

Il balaie l’idée de dette sans limite et démontre que plutot que de s’enfoncer dans le mythe de la MMT, les gouvernements feraient mieux de s’endetter à long terme à taux bas et d’utiliser ces fonds pour des projets rentables et productifs.

Raghuram est l’un des 12 spécialistes à avoir prédit publiquement et par ecrit motivé et circonsrancié la catastrophe de 2008.

Nov 30, 2020

RAGHURAM G. RAJAN

The new conventional wisdom in these unconventional times is that advanced-economy governments can take advantage of today’s ultra-low interest rates to borrow and spend without limit in order to support the economy. But the fact is that there is always a limit, and it may come into view sooner than many realize.

CHICAGO – As the COVID-19 pandemic rages, governments in advanced economies have opened their coffers to support households and small businesses, spending on the order of 15-20% of GDP in many cases. Cumulative debt levels now exceed GDP in many developed countries; and, on average, debt as a share of GDP is approaching post-World War II highs.

Nonetheless, according to Olivier Blanchard and other economists, advanced economies can afford to take on much more debt, given the low level of interest rates. Calculations using International Monetary Fund data show that in the two decades before the pandemic, sovereign interest payments in these countries fell from over 3% of GDP to about 2%, even though debt-to-GDP ratios increased by more than 20 percentage points. Moreover, with much of the newly issued sovereign debt now paying negative interest rates, additional borrowing stands to reduce interest expenses even more.

In this strange world of ultra-low interest rates, what limits are there on government borrowing? According to advocates of Modern Monetary Theory (MMT), there are none, at least not for countries that issue debt in their own currency and have spare productive capacity. After all, the central bank can simply print money to pay off maturing debt, and this should not result in inflation as long as there is sizable unemployment. No wonder MMT has become the go-to idea for politicians advocating government spending to alleviate every problem.

Of course, any “theory” that promises a free lunch should be approached with skepticism. To see why, suppose we were in a normal environment with positive interest rates. The central bank could decide to print money to buy government bonds, and the government could then spend that money by transferring it to citizens. As a practical matter, however, there is only so much cash that someone will hold in her purse. If she already had enough on hand before the central bank started printing money, she will deposit the government transfer in her bank account, and her bank will deposit all the cash it has accumulated in its reserve account with the central bank.

Ultimately, the central bank will have bought government bonds by issuing reserves to commercial banks, which will then want to be paid interest on those excess reserves. The government could just as soon have issued Treasury bills directly to commercial banks. The interest cost would be more or less the same. The only difference is that there would be no appearance of a free lunch.

In today’s abnormal environment, the central bank can finance the purchase of government bonds by issuing zero-interest-paying reserves to commercial banks, which in turn are willing to hold large quantities of such highly liquid reserves. That sounds like MMT nirvana. Yet, again, the government could just as soon issue Treasury bills paying zero interest to commercial banks. If commercial banks do not balk at holding vast quantities of claims on the central bank (reserves), they should not balk at holding vast quantities of claims directly on the government, of which the central bank is a subsidiary.

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In other words, the monetary financing advocated by MMT is just smoke and mirrors. Yes, the government can avoid short-term disruptions in money markets by financing via the central bank. Over the medium term, however, this approach does not allow it to borrow any more than it could have by financing directly. In fact, if long-term interest rates are also low or negative, it is far better for the government to lock in those rates by issuing long-term debt directly in the markets, bypassing the central bank altogether.

That brings us back to the initial question of how much debt a government can issue. It is not enough for a government to ensure that it can afford to make its interest payments; it also must show that it and its successors can repay the principal. Some readers will protest that a government does not need to repay debt, because it can issue new debt to repay maturing debt. But investors will buy that new debt only if they are confident that the government can repay all its debt from its prospective revenues. Many an emerging market has faced a debt “sudden stop” well before it reached full employment, triggered by evaporating market confidence in its ability to roll over debt.

Put differently, the investor in new debt needs to be confident that the government’s current and future tax revenues (net of critical spending) will be sufficient to repay its accumulated debt. There is a limit, but if the funds raised through new debt are invested in high-return infrastructure projects, it probably will never be tested – additional future revenues will pay for the additional debt. If, however, the money is spent on much-needed support for poor and vulnerable households, the limit eventually will come into view.

In this case, if the government is already raising as much revenue as is politically feasible from tax revenues, it will have to reduce the stock of existing debt to create room for new issuances. The simplest way to do this is to default on old obligations; but most advanced-economy governments would consider this unthinkable.Sign up for our weekly newsletter, PS on Sunday

The other option is to allow for higher inflation, which would erode the stock of debt denominated in current dollars vis-à-vis future tax revenues. Inflation, in this case, would emerge not because the economy is at full employment (as MMTers would have it), but rather because the government had reached the limits of the debt it can repay. New debt holders would demand higher interest rates – including perhaps a premium for inflation risk – and the curtain would drop on the era of ultra-low interest rates and unlimited borrowing.

To be sure, advanced economies will not become Zimbabwe any time soon – if ever. But some of them are permeated by divisive politics that typically encourages higher spending but not higher revenues – as many an emerging market can attest. If so, it would not be surprising to see somewhat higher inflation in a few years.

This is not an argument for immediate austerity. To the extent that governments can target spending to protect the economic capacity of households and firms during the pandemic, they will recover those investments through future revenues. Public spending, however, must be sensible, not based on magical monetary thinking.

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US President-elect Joe Biden may have promised a “return to normalcy,” but the truth is that there is no going back. The world is changing in fundamental ways, and the actions the world takes in the next few years will be critical to lay the groundwork for a sustainable, secure, and prosperous future.

FEATURED

  1. The Case for a Quadripolar WorldDec 3, 2020 DARON ACEMOGLU
  2. How Inequality Reduces GrowthDec 2, 2020 WILLIAM H. JANEWAY
  3. Designing Vaccines for People, Not ProfitsDec 1, 2020 MARIANA MAZZUCATO, et al.
  4. What Yellen Must DoDec 2, 2020 JOSEPH E. STIGLITZ
  5. An Effective Response to Europe’s Fiscal ParalysisNov 30, 2020 GEORGE SOROS

RAGHURAM G. RAJAN

Writing for PS since 2003
66 Commentaries

Raghuram G. Rajan, former governor of the Reserve Bank of India, is Professor of Finance at the University of Chicago Booth School of Business and the author, most recently, of The Third Pillar: How Markets and the State Leave the Community Behind.





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