Le rapport entre le prix des actifs boursiers et le prix des biens et des services de l’économie réelle

Enfin une question intelligente!

C’est la question de la corrélation ou de la dé-corrélation entre le prix des actifs financiers et les prix des biens et des services réels.

Vous remarquez la réalité historique retracée par le graphique ci dessous; les prix des actifs financiers ont pris l’ascenseur, les prix des biens et services réels ont pris l’escalier.

Pour obtenir une unité de S&P 500 il faut échanger de plus en plus de biens et services réels, c’est dire qu’il faut travailler beaucoup, beaucoup plus.

Présenté autrement, si vous êtes propriétaire d’une unité de S&P 500 vous avez de plus en plus de droits sur la production de l’économie réelle, le prix relatif de l’un par rapport à l’autre s’est modifié en votre faveur de façon considérable.

Autrement dit ce qui est posé c’est la question absolument centrale du rapport qui existe entre la sphère financière représentée par les actifs financiers et la sphère réelle représentée par les prix des biens et des services.

Nous sommes au coeur de la problématique de ce que l’on appelle la crise de déflation et au coeur même de la problématique du chaos futur qui sera déclenché par ce que l’on appelle la Réconciliation entre les deux Sphères.

Quelques remarques préalables s’imposent.

Puisque le pouvoir d’achat de la sphère financière a cru très vite et qu’il est considérable par rapport à la valeur de la sphère réelle, ce pouvoir d’achat si il était exercé, c’est à dire si les détenteurs s’en servaient, alors il y aurait une inflation considérable.

Il y aurait pénurie de biens et services rééls. Il n’y aurait pas assez de richesses réelles pour satisfaire les demandes de tous ceux qui se sont enrichis dans la finance.

L’écart entre la hausse des prix des actifs financiers et la hausse des prix des biens et services réels s’explique par le fait que les détenteurs de capitaux ne consomment pas tout leur enrichissement. Si ils le consommaient alors la demande de biens et servcies serait telle que leurs prix monteraient fortement.

L’écart entre les deux courbes de prix traduit le fait que la propension à consommer des riches est faible en regard de toutes les richesses dont ils disposent.

C’est parce que l’enrichissement des détenteurs de portefeuilles boursiers ne produit pas de consommation que l’écart existe, l’argent des riches ne ruisselle pas, il ne descend pas irriguer l’economie réelle, il ne la vivifie pas, cet argent reste stocké dans la sphère financière qui s ‘auto grossit.

Les autorités connaissent le lien qui devrait relier la sphère financière à la sphère réelle et les prix des actifs financiers aux prix des biens et des services: la preuve, les autorités déplorent l’absence d’inflation des prix des biens et services, elles essaient depuis 12 ans de fabriquer artificiellment de l’inflation au taux minimum de 2%. lls essaient coute que coute de créer cette inflation.

Pourquoi? Parce qu’elles croient/savent qu’il doit y avoir un lien entre les deux, un rapport harmonieux.

Selon ce qu’elles ne disent pas mais que l’on reconstitue, si les prix des actifs montent mais que les prix des biens et services ne montent pas, il y a danger, les actifs financiers sont trop lourds pour l’économie réelle, et le système est déséquilbré.

Les actifs financiers sont en dernière analyse une créance sur les richesses réelles, sur le bénéfice des entreprises et sur le travail des salariés, donc si tout cela est insuffisant , alors les actfs financiers ne sont pas solvables, ils ne peuvent pas etre honorés, ils n’ont pas de répondant; tout ce que l’on peut faire c’est les revendre à un autre plus stupide que soi. C’est le coup du stock de pantalons qui n’ont qu’une jambe, il peut être revendu mais les pantalons ne peuvent être portés. Ils n’ont pas de valeur d’usage ils ont uniquement une valeur d’échange auprès des sots. Une valeur Ponzi.

Les actifs financiers sont suspendus dans les airs, ils ‘nont plus de soutien réel, la divergence entre le prix des richesses réelles et le prix des richesses financières promises par les bourses est un gap, un fossé.

Les richesses réelles ne peuvent plus crédibiliser les richesses promises, elles ne peuvent plus solvabiliser les promesses futures, elles ne peuvent garantir qu’elles seront honorées, elles ne leur servent plus de répondant.

Aucune autorité ne vous le dira, mais c’est implicite: le prix des richesses papier est une anticipation de flux financiers futurs , et les flux financiers futurs que ce soit des bénéfices, des cash flows, des agios, dépendent de l’activité économique réelle et du prix de ces activités.

Greenspan l’a formulé par une expression heureuse, « les flux futurs sont embedded dans les prix actuels des actifs financiers; les prix futurs sont déja dans le lit avec les prix des actifs financiers. Les prix des actifs financiers sont une sorte d’anticipation des prix futurs des biens et services, corrigés bien sur de la petite croissance réelle.

Encore exprimé autrement, la masse des actifs financiers est un droit de prélevement qui sera exercé dans le futur sur les richesses réelles et si la fois la production de richesses réelles est trop faible et si leur prix ne progresse pas, alors il y a problème, le prélèvement ne peut être garanti.

Si le flux de richesses réelles exprimées en unites monétaires ne gonfle pas aussi vite que le prix des actifs financiers, il y a un écart, un trou. Un desajustement.

Les analystes financiers fondamentalistes expriment ceci par l’utilisation d ‘un critère, sorte de critère de soutenabilité des valorisations boursières c’est le critère de la valeur du marché boursier, la capitalisation boursière, divisée par le GDP, la production nationale.

Si ce ratio progresse trop vite alors l’écart entre les promesses au sein de la finance et les moyens d’honorer ces promesses devient dangereux et il y a risque d’instabilité financière .

En résumé:

les prix des actifs financiers sont à notre époque produits, gonflés par la politique monétaire c’est à dire par l’inflation du bilan des banques centrales.

ceci s’explique par le fait que pour produire une unité de richesse réelle il faut produire plus , beaucoup plus qu’une unité de richesse fictive, richesse financière

il s’ensuit que ces prix des actifs financiers progressent beaucoup plus vite que les prix des biens et des services réels de l’économie.

Il y a un écart de plus en plus grand entre les deux évolutions et ceci créé une instabilité fondamentale, on ne peut y échapper.

Et elle ne cesse de croitre.

I

Une réflexion sur “Le rapport entre le prix des actifs boursiers et le prix des biens et des services de l’économie réelle

  1. Bonjour Monsieur Bertez

    Si je comprends bien, le décalage observé dans ce graphique ne peut se résoudre que de deux manières:
    soit par un effondrement du prix des actifs financiers pour rejoindre le prix des biens et des services de l’économie réelle,
    soit par une hyperinflation du prix des biens et des services pour rejoindre le prix des actifs financiers.
    Quoiqu’il en soit, le futur sera sombre.

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s