L’inflation est notre futur, mais personne ne connait le calendrier.

On voit bien, à la lecture des reflexions des commentateurs, que la question centrale qui se cache derrière tous les scénarios est celle de l’inflation des prix des biens et services.

Je précise inflation des prix des biens et services parce que l’inflation-création de signes monétaires, nous l’avons déja, l’inflation des prix des actifs financiers, l’inflation sectorielle des prix des choses indispensables, nous les avons deja, je dis que ce qui manque c’est l’inflation globale des prix des biens et des services et la mise en branle de l’échelle de perroquet des prix et des salaires.

Je pense que l’on ne peut pas deviner le calendrier du retour de l’inflation: même ce qui se passe maintenant, le gonflement du bilan des banques centrales ne nous donne aucune information sur le devenir de l’inflation.

On a eu du gonflement du bilan des banques centrales pendant 12 ans et cela n’a rien donné, au contraire. Les tendances déflationnistes se sont renforcées!

Donc sous cet aspect, le gonflement de la taille du bilan des banques centrales ne nous donne aucune information.

Il suffit d’observer les indicateurs de hausse du CPI aux USA pour les 3 derniers mois , -autour des 1,1%- , pour se rendre compte qu’il n’y a aucun lien de cause à effet entre le bilan de la Banque Centrale et le CPI.

La même conclusion s’impose s’agissant de l’Eurozone et même en pire , mais il est vrai que les chiffres eurozonards sont un peu faussés par les manipulations de la TVA en Allemagne.

Jusqu’à present les apprentis sorciers ont poussé sur la corde de l’inflation, de la demande de biens et services et la création de pseudo monnaie digitalo-zombie n’a pas trouvé son chemin, il n’y a pas eu de Transmission.

Ah la Transmission un beau mot qui constitue le refuge de toutes les ignorances; « cela ne marche pas parce qu’il n’y a pas Transmission » nous disent ils! Votre fille est muette parce qu’elle ne parle pas disait on chez Molière!

Comme le dit l’ami Snider, les réserves oisives des banques ne sont pas de la monnaie et les banques centrales sont tout sauf « monétaires » c’est à dire qu’elles ont perdu leur pouvoir monétaire.

Les banques centrales ne savent plus ce qu’est la monnaie, tellement celle ci a muté et est devenue complexe. Ce qui avait été reconnu par Greenpan dès 2000 puis 2006, lorsqu’il a dit que la monnaie, il ne savait « plus très bien ce qui en était et ce qui n’en était pas ». Mais hélas il n’a pas poussé ses interrogations et apporté de réponse.

Nous sommes selon Snider et moi même, mais par une autre approche, dans un système monétaire ou les banques centrales pilotent à l’aveugle parce qu’elles ne savent plus ce qu’est la monnaie, ou elle est, et comment elle se crée. Et Snider considère que si il n’y a pas d’inflation des prix, des biens, services et des revenus c’est tout simplement la preuve qu’il n’y a pas de monnaie.

Nous sommes dans la logique pure et l’évidence; la monnaie c’est ce qui catalyse les échanges et si cela ne catalyse pas les échanges c’est que ce n’est pas de la monnaie.

Il y a de la monnaie vivante et il y a de la monnaie morte.

Sous le même nom de monnaie on désigne des contenus différents, c’est ma thèse depuis plus de 20 ans. Le terme de « dollar » recouvre selon moi au moins 4 réalités differentes, mais on reverra cela un autre jour.

Et bien sur Snider a raison! Si les signes monétaires ne produisent pas d’inflation, c’est parce qu’ils ne sont plus monétaires .

L’affirmation de Milton Friedman est toujours juste:

L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire, en ce sens qu’elle ne peut se produire sans une augmentation plus rapide de la quantité de monnaie que de la production.

Simplement c’est une tautologie qui ne nous apprend rien car en derniere analyse si on suit Greenspan, Snider et moi même, la monnaie la vraie c’est ce qui produit de l’inflation et de la demande . Si cela ne produit pas de l’inflation, c’est parce que ce n’est pas de la monnaie. Il n’y a pas assez de vraie monnaie pour produire de l’inflation, le constat s’impose.

La monnaie venue d’en haut c’est de la « fausse monnaie », la vraie monnaie est celle qui est liée dialectiquement aux échanges, celle qui leur est intimement liée , et la vraie monnaie elle vient d ‘en bas, pas d’en haut, la monnaie d’en haut met la charrue avant les boeufs, elle ne comprend pas que les échanges créent la vélocité et non l’inverse!

Nos illusionnistes croient à la magie des signes, au Cargo Cult et ils pensent qu’en mettant des zéros dans les livres de comptes ils créent des richesses. Le vice fondamental de ces « academics », c’est qu’ils ont perdu le contact avec la signification des mots, ils prennent les mots pour des fetiches et ne savent plus quelles sont les réalités qui sont derrière. Ils prennent les représentations pour l’objet représenté ils ne se rendent pas compte que la modernité a disjoint la monnaie de sa réalité concrète.

Ce sont, dirait Dali de Grands Masturbateurs qui croient que pratiquer « l’onanisme c’est faire l’amour! »

Si, ce que l’on croit être de la monnaie ne produit ni hausse des prix , ni hausse des revenus et de la demande, c’est que ce n’est pas de la vraie monnaie, c’est de la monnaie zombie. C’est ce que moi j’appelle la monnaie financière ou pure monnaie de Monopoly , pur jeton qui ne circule que dans la Sphère de l’Imaginaire financier et bancaire.

Inflation is always and everywhere a monetary phenomenon, in the sense that it cannot occur without a more rapid increase in the quantity of money than in output.”
– Milton Friedman

La preuve que ce que j’affirme est une hypothèse valable est constituée par la réaction d’Anna Schwartz, co-auteur avec Milton; Schwartz s’est élevée contre les quantitative easing affirmant qu’ils allaient mener à l’hyper inflation! Elle s’est totalement trompée; elle, la vraie idole monétariste et elle s’est trompée parce que comme Milton elle n’avait pas encore assimilé le fait que l’on pouvait créer de la monnaie qui n’en était pas, on pouvait créer une monnaie Canada Dry qui a les apparences de la monnaie mais sans alcool, sans la capacité à saouler l’économie.

Les modifications structurelles et systémiques, la prépondérance de l’eurodollar, la globalisation , la financiarisation font que la vraie monnaie, la monnaie vivante ce n’est pas la monnaie que les banques centrales monétaristes croient maitriser, non la vraie monnaie est ailleurs elle est globale c’est le dollar extérieur, international, le « dollar » .

Pour aller vite car c’est la fin de l’année et il n’y pas que la finance et la monnaie dans la vie disons que pour que la monnaie zombie soit transmutée en vraie monnaie, active, inflationniste il faut :

-soit qu’elle serve à financier des dépenses et des déficits budgétaires colossaux c’est à dire qu’il faut mettre en place un nouveau régime de régulation couplé entre le monétaire et le budgétaire comme le préconisent Summers et Krugman, c’est une modalité de l’hélicopère money.

-soit que les bourses s’effondrent et que la monnaie financière stockée, oisive économiquement dans les marchés financiers fuient ces marchés, les abandonnent et se mettent à la recherche coûte que coûte de leurs contreparties réelles . C’est la destruction du lieu de stockage inutile de la monnaie parasite . La destruction du matelas malthusien moderne qu’est la Bourse.

Une solution intermédaire est que les gouvernements garantissent totalement les crédits des banques commerciales et que celles ci acceptent donc de prêter à perte, quasi gratuitement à un monde insolvable sachant que les etats paieront et que donc les demandes de crédit sont « solvables ».

En France par exemple on est sur la bonne voie avec 130 milliards de crédit distribués de cette manière, credit dont les banques disent deja qu’ils seront en grande partie non honorés.

En prime sur le même thème:

manquez pas : les bulles sont rationnelles à condition de lire correctement les équivalences entre les actifs financiers et la monnaie.

Les prix des actifs financiers nous disent quelque chose sur la valeur de la monnaie à long terme.

La monnaie est duelle, il y a une monnaie pour les biens et services et une monnaie pour la sphere financiere.

La monnaie de Powell est financière, ce n’est pas une vraie monnaie c’est un jeton de Monopoly.

Rapporter la masse monétaire produite par Powell au GDP est une idiotie car cette monnaie ne va pas, n’est pas destinée au champ des biens et services , elle est destinée au champ financier.

S’en servir pour calculer un ratio de vélocité de la monnaie est une absurdité.

Mais les prix bes actifs financiers ne peuvent rester cantonnés, isolés de ceux de l’économie réelle car les cash flows qui doivent soutenir les prix financiers doivent, in fine venir de la sphère réelle.

La réconcialition est inéluctable car comme l’a exprimé Greenspan; les cash flows futurs sont « embedded » , integrés dans les prix des actifs.

Ceci implique que les GDP futur snominaux doivent être en mesure de faire face aux besoins d’honorer les prix des actifs.

Le GDP nominal doit monter de façon considérable.

Si on pense, comme cela semble raisonnable que l’on ne peut accélérer la croissance réeelle, il ne reste que la croissance nominale c’est à dire l’inflation forte des prix du GDP. Pour honorer le prix des actifs.

L’inflation est notre futur, mais personne ne connait le calendrier.

Une réflexion sur “L’inflation est notre futur, mais personne ne connait le calendrier.

  1. Cette option  » que les bourses s’effondrent et que la monnaie financière stockée, oisive économiquement dans les marchés financiers fuient ces marchés, les abandonnent et se mettent à la recherche coûte que coûte de leurs contreparties réelles » est celle que j’avais envisagée à la lumière des 1ers Q.E et et du ZIRP pour perpétrer/perpétuer la résilience du Système financier qui avait connu sa crise « cardiaque » de liquidité en 2008 et qui révélait à mon sens ce que l’on se refusait de voir: l’insolvabilité.

    J’avais usé à l’époque de l’allégorie du cycle de l’eau et des différents états dont celui de « surfusion » pour expliquer la soudaine illiquidité (un choc produit sur l’état métastable d’un liquide un gel instantané de celle-ci).

    L’arbitrage des banques centrales, leur intermédiation dans le jeu complexe des échanges interbancaires, à la fois comme croupier et producteur de jetons, n’a eu pour effet 1er que de maintenir la confiance des joueurs pour un jeu de plus en plus perçu sans risque puisque garanti par le patron du casino…

    La confiance devient telle une foi aveugle ou l’envol des indices donne la pleine mesure du chemin parcouru sur le chemin du haricot magique. Plus vous montez moins le territoire des réalités que vous avez quitté n’a d’importance… Le manque d’oxygène rend euphorique en meme temps qu’irrationnel. Un choc exogène pourrait bien rompre l’édifice et modifier les conditions psychologiques de nos grimpeurs aguerris de certitudes.

    La 3ème voie « est que les gouvernements garantissent totalement les crédits des banques commerciales et que celles ci acceptent donc de prêter à perte, quasi gratuitement à un monde insolvable sachant que les etats paieront et que donc les demandes de crédit sont « solvables ».

    La question de la solvabilité, c’est la question des contreparties dans un régime politique et népotique bancarisé qui arroserait l’économie bananière sans se soucier du remboursement.

    Les décisions répressives de « l’urgence sanitaire » prise en conciliabule d’un « conseil de la défense » (pas vu, pas su, pas pris?) pour nos libertés fondamentales ont démontrées que répression et pognon flirtaient sans équivoque à la fois pour déconstruire l’ancien monde et en meme temps s’assurer que le « bon peuple » peut en toutes circonstances etre acheté par des « aides » tout en étant sacrifié sur l’autel du vice de la peur et de l’indignité.

    Les moyens politiques et financiers qui nous semblent délirants correspondent en nature, au travers des filtres contextuels de ce qu’ils expriment, une semblable nature des fins recherchées. A ces moyens et fins selon leur nature on songe au « dernier homme » de Nietzsche selon sa nature… dévoyée:  »

    Les temps sont proches où l’homme ne jettera plus par-dessus les hommes la flèche de son désir, où les cordes de son arc ne sauront plus vibrer ! (…) Tomber malade et être méfiant passe chez eux pour un péché : on s’avance prudemment. Bien fou qui trébuche encore sur les pierres et sur les hommes ! Un peu de poison de-ci de-là, pour se procurer des rêves agréables. Et beaucoup de poisons enfin, pour mourir agréablement. (…) On a son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit : mais on respecte la santé. « Nous avons inventé le bonheur, » — disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil » (RMQ: ce clignement de l’oeil est ce qui trahit le « dernier homme » car affirmer une telle chose est se mentir et le corps ne s’y trompe pas lui qui est « nature »).

    Tot ou tard l’inflation reviendra au galop comme le soleil courant au zénith fait se régresser les ombres pour ne laisser voir que les corps, le réel!

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