Entre rupture et continuité.

Rédigé par 

Bruno Bertez 

4 janvier 2021

2020 restera dans les livres d’Histoire, cela ne fait aucun doute… mais comment qualifiera-t-on cette année « pas comme les autres » ? Et qu’attendre de 2021 ?

L’or s’est réveillé, repassant la barre des 1 930 $ : est-ce un signal ou un faux départ ? Rupture du paradigme Goldilocks ou continuité ? Les conditions se mettent en place pour un nouveau régime… dont précisément l’or – valeur en soi – est l’adversaire.

Si nous ne nous trompons pas, ce sera un processus, pas un événement. Bien peu s’en apercevront. Plus que jamais, il faudra surveiller la casserole de la malheureuse grenouille, qui attend d’être bouillie.

Les flux vont s’intensifier, avec pour objectif et finalité de masquer les effets de stocks, afin de rendre les ruptures progressives et moins douloureuses, afin d’empêcher les prises de conscience. Bien entendu, le revenu universel va devenir la règle, avec les contrôles qui vont avec.

Le grand mouvement de massification va être accéléré avec son objectif cynique : une société vidée, purgée de ses classes anciennes, divisée, clivée, sans conscience de classe mais avec une multitude de sous-divisions inoffensives.

Il faut passer à autre chose

Le monde des apprentis sorciers que sont les banquiers centraux se sature peu à peu : le monétaire a perdu l’essentiel de ses vertus et la balance des risques est devenue franchement défavorable. Il va falloir passer à autre chose. Jonction du digital et de l’humain. Dictature des modèles.

Nous sommes persuadé que, dans le secret des organisations internationales comme le FMI ou dans la pénombre de Davos, certains groupes travaillent à de nouvelles « solutions » pour maintenir l’essentiel de l’ordre ancien. Le sanitaire, le climatique seront les prétextes et serviront à masquer le véritable objectif, celui du maintien de l’ordre social hérité de la phase de financiarisation du capitalisme.

Les émergences sont rares, mais elles convergent vers des mutations des invariants comme la nature de la monnaie ou les libertés de les utiliser.

La post-modernité va être accélérée, instrumentalisée, dans ce qu’elle a de plus rétrograde ; les vessies vont se substituer aux lanternes, les dépossessions vont devenir les normes.

Le langage va continuer d’être inversé, dominé par l’antiphrase, torturé, jusqu’à changer le sens des choses, de la vie et des actions humaines, le transhumanisme va tenter de mettre au monde un homme nouveau, adapté à la reproduction « pacifique » du système.

Nous ne serions pas étonné si l’ancien credo sur la liberté des prix et des marchés venait à être mis au rencart de l’Histoire. La création monétaire, la socialisation de la finance et les prix fixés sur tout ce qui est du ressort des autorités – taux d’intérêt, actifs financiers, change – imposent à long terme le contrôle de tous les prix, en chaîne : en effet, les prix actuels des actifs et des dettes contiennent en germe tous les prix futurs. Le futur est en germe dans le présent de façon dialectique et inexorable.

Le contrôle des prix et des revenus est notre avenir.

Dans tous les cas, la socialisation va fortement accélérer, avec le règne de la « mêmitude », dans le plus mauvais sens du terme : le sens dirigiste, étatiste ou supra-étatiste et constructiviste.

Ce qui était encore plaisant dans le système ancien faussement libéral, l’aspect liberté individuelle, va rétrograder jusqu’à devenir un luxe réservé aux super-élites. Nous allons vers un monde de conformité, de contrôle et d’encadrement.

Il va se présenter comme imposé par l’intérêt général, mais il ne sera que le masque des intérêts très particuliers.

Comment qualifier 2020 ?

L’année 2020 restera dans les livres d’Histoire, c’est sûr. Ce qui est moins sûr, c’est le qualificatif qui lui sera accolé.

Ce fut une année folle pour les marchés, avec la fin du plus long marché haussier de l’histoire, puis la chute des actions provoquée par les fermetures liées au Covid-19, et enfin un rebond sur les injections monétaires colossales et synchronisées et les espoirs de reprise économique. Finalement, ce fut le plus court marché baissier de l’histoire.

L’étonnement n’est pas de mise car tout était écrit ; nous ne sommes ni dans l’anormal, ni dans le hasard, nous sommes dans la nécessité. Pas de cygne noir, pas de choix, rien que du nécessaire, quand il faut y aller, il faut y aller !

La baisse des marchés financiers est devenue impossible. Si elle devait se produire et se développer avec ses enchaînements habituels, elle provoquerait une avalanche, une catastrophe en chaîne, le désastre précisément que l’on cherche à éviter à tout prix depuis 2008 : le désendettement déflationniste qui ravage tout sur son passage.

A suivre…

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