L’analyse du Bitcoin par JP Hussman

En ce qui concerne Bitcoin, mon point de vue -plutôt impopulaire- n’a pas du tout changé: la blockchain est un algorithme remarquable.

Bitcoin est un jeton dont l’approvisionnement est limité.

il est généré par une application de blockchain réplicable, à faible bande passante et extrêmement inefficace en énergie, sans autorisation du gouvernement, sans convertibilité physique, sans réserve d’exigences pour obliger à son utilisation ou pour en faire autre chose qu’un chiffre abstrait.

La valeur de toute monnaie est essentiellement le flux actualisé de services qu’elle est censée fournir en tant que moyen d’échange et/ou réserve de richesse.

Cette valeur repose sur la bonne volonté ou l’appetit de toute une séquence de détenteurs successifs pour accepter la monnaie.

En fin de compte, la confiance de ces détenteurs successifs nécessite une caractéristique – fiat ou convertibilité – pour l’ancrer dans le monde réel, de sorte qu’elle ne soit pas entièrement autoréférentielle.

Jusqu’à présent, l’utilisation principale de ces jetons en dehors de la spéculation semble être l’échange des jetons eux-mêmes (ce qui sent le blanchiment d’argent).

La valeur psychologique de ces jetons semble être largement basée sur le coût irrécupérable de l’énergie gaspillée pour les «extraire», en produisant un « hash » de validation (comme «preuve de travail») pour un bloc de transactions donné.

Celui qui produit ce « hash » en premier est payé.

Le «travail» informatique de tous les autres est complètement gaspillé.

C’est plutôt tragique d’un point de vue environnemental, et je ne serais pas très surpris si le Bitcoin était en fait une idée originale de l’industrie énergétique.

Il y a aussi un aspect subtil de type Ponzi dans le fait qu’une fois que vous possédez du Bitcoin, vous devez participer à un futur bloc de transaction pour en sortir, quel que soit le coût de validation de ce futur bloc.

Pourtant, même si une bulle est entièrement auto-référentielle, cela ne signifie pas que les personnes qui arrivent tôt ne peuvent pas également obtenir un transfert de richesse d’un spéculateur ultérieur avant que la bulle ne s’effondre.

C’est juste que tout le monde suppose que ce sera quelqu’un d’autre.

Donnez aux gens un objet à approvisionnement limité associé à un état d’esprit spéculatif, et les tulipes hollandaises deviendront des tulipes hollandaises.

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Le terme « hash » fait référence à un type de fichier utilisé dans le monde de l’informatique et celui de la cryptographie. Il est associé à la fonction de hashage, un algorithme mathématique qui consiste à convertir une chaîne de caractères en une valeur inférieure

3 réflexions sur “L’analyse du Bitcoin par JP Hussman

  1. En 2021, à l’ere de l’ultra-financialisation et de l’ultra-dématérialisation des produits et servicest, 2 questions oubliéesmais essentielles se posent :
    -quelle est la nature de la monnaie?
    -quelle est la nature du travail?

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  2. Monsieur Bertez, je souhaite nourrir votre réflexion sur le cas Bitcoin en général, en particulier sur sa folle croîssance, ces derniers mois.

    Une part importante de l’écosystème en rapport avec les cryptomonnaies repose sur ce que l’on appelle les « stablecoins ».
    Par essence, un « stablecoin » est adossé fixement à une valeur ou à un panier de valeurs, typiquement le US Dollar. Ce « stablecoin » peut être géré comme un Dollar, sans les inconvénients d’avoir à gérer les aspects légaux du US dollar.
    Cela permet à des échanges purement cryptomonnaies d’émerger, sans nécessité d’avoir à gérer les contraintes légales liés aux usages du dollar.
    Bien sûr, pour que cela fonctionne, il faut être sûr de la parité d’échange et que celle-ci soit constante. En fait, comme vous nous le signalez très souvent, il faut de la confiance.

    Parmi les deux plus importants stablecoins utilisés par le marché, on trouve le USDC, le stablecoin émis par Coinbase qui pointe à la 12ème place du classement des cryptos, avec une capitalisation de 5 milliards environ… et surtout le Tether (USDT) qui pointe à la troisième place du marché.

    Pour dire les choses de manière très synthétique : Tether est une arnaque.
    Les créateurs de Tether, qui sont aussi les gestionnaires de l’échange Bitfinex, impriment à volonté des Tether USDT et refusent tout audit, contrairement au stablecoin de Coinbase.
    Autrement dit, ils émettent en continu, et de plus en plus ces derniers temps, des Tethers dont ils nous demandent de croire, sur parole, qu’ils sont garantis par un montant équivalent de dollars US.

    La société a longtemps prétendu que chaque Tether était backé sur une base de, un pour un, en dollars US.
    Elle a longtemps prétendu qu’il n’y avait pas de lien entre elle (Tether Corp.) et Bitfinex.
    Aujourd’hui, elle est revenue sur ces 2 allégations. Les dirigeants de Bitfinex et de Tether sont clairement les mêmes. Et elle prétend que le tether est backé par un « certain nombre d’assets ».
    Mais elle refuse toujours tout audit.

    Je vous conseille de lire cet article, très important, et qui commence à faire sensation, au sein même de la communauté crypto : « the Bit Short » qui vient de sortir.
    Il est disponible sur : https://crypto-anonymous-2021.medium.com/the-bit-short-inside-cryptos-doomsday-machine-f8dcf78a64d3

    La lecture est un peu longue, mais elle vaut vraiment le coup.
    A plusieurs niveaux, la comparaison avec les événements de la crise financière, telle qu’explicité dans « The Big Short » est vraiment valide, notamment lorsque l’auteur fait part de sa rencontre avec Bob, un crypto-trader qui utilise un échange complètement décorrélé du dollar, Bybit.

    Un très grand nombre d’auteurs ont déjà écrit sur la fraude que constitue Tether.
    Je savais depuis 2018 et beaucoup d’autres avant moi que ce système était une arnaque. Et c’est en partie ce qui m’a fait quitter l’univers des crypto-monnaies.
    Par contre, je n’avais pas saisi que l’apport du Tether était aussi important pour assurer la liquidité de l’univers des crypto-monnaies.
    Et surtout, je ne pensais pas que l’arnaque durerait aussi longtemps, sans que personne ne réagisse.
    Peut-être sommes-nous devant l’équivalent d’un Wirecard Bis … et même davantage (?)

    Je suis en train d’écrire un article sur ce sujet. Vous serez averti lorsqu’il sera publié.

    En attendant, l’injonction finale de la cour de New York était pour le 15 Janvier 2021.
    Tether a donc imprimé des quantités extraordinaires de monnaie passant par exemple de 20 milliards de Tethers (USDT) à 25 milliards en moins d’un mois…. La hausse du cours du Bitcoin a suivi, en parallèle.

    Ainsi donc, le Bitcoin se trouverait de facto pris au piège d’une ou de plusieurs printing press alors même qu’il avait été concçu en réaction à l’impression monétaire débridée des banques centrales.
    Ce pauvre Satoshi Nakomoto doit se retourner dans sa tombe (à supposer qu’il s’agisse effectivement de Hal Finney, ce qui me semble vraisemblable).

    Ce compte Twitter, « StableCoin Printer » ( https://twitter.com/usdcoinprinter) décrit en temps réel toutes les impressions monétaires.
    Vous constaterez qu’il n’y a plus d’impression de l’USDT depuis le 13 Janvier. Et comme par hasard, le cours du BTC hésite, n’arrive plus à se maintenir à hauteur de 40 KUSD. Les cours des « altcoins » hésitent…

    La deuxième partie de la montagne russe va pouvoir commencer. Celle qui vient juste après la montée.

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