Editorial: si jamais Yellen et Biden tenaient parole, ils précipiteraient la grande chute, la vraie .

Yellen a déclaré que tout ce qui avait été fait jusqu’ici avait privilégié Wall Street et que la politique de Biden allait au contraire privilégier Main Street.

En clair on va cesser de privilégier le Capital et donner la priorité aux Salariés.

Janet a-t-elle la moindre idée de ce qu’elle dit?

Si depuis 2008 on cajole le capital et délaisse Main Street, ce n’est pas par vice ou par méchanceté, c’est par ce que l’on considère que l’on ne peut pas faire autrement!

Si Powell en 2018 a du à nouveau remplir le bol de punch et reprendre la distribution de cadeaux financiers et monétaires ce n’est pas parce qu’il est idiot, non c’est parce qu’il a compris qu’il ne pouvait pas faire autrement.

Le capital ne conserve sa valeur , étant pricé pour la perfection, que si cette perfection est maintenue; pas de risque, pas de volatilité , de l’argent gratuit et un soutien des cours boursiers par les QE.

Geithner l’explique très bien dans son ouvrage post crise; on n’a pas pu faire autrement car il fallait soutenir les marchés, soutenir la valeur des collatéraux, mettre des béquilles aux bilans, sinon c’était l’effondrement du chateau de cartes. On n’a même pas pu punir les banquiers de peur que leur mauvaise humeur fasse rechuter les Bourses!

La crise de 2008 était une crise d’excès de dettes du système, Bernanke l’a reconnu et face à cet excès de dettes le choix politique qui a été fait a été de ne pas accepter la destruction de la dette et de tenter la fuite en avant. Au lieu d’accepter le nettoyage , on a tout fait pour s’y opposer; afin de reculer la dépréciation du capital.

Toute l’action monétaire et budgétaire s’analyse comme un soutien direct à la valeur , ou plutot a la contre valeur boursière du capital constitué par les actios et le crédit.

Si on avait comme le proposaient les économistes Autrichiens accepté la purge, le système serait reparti sur des bases saines, nettoyées . On a choisi de suivre l’exemple Japonais. A partir du moment ou on fait ce choix, on est obligé comme l’on fait tous les patrons de la Fed et du gouvernement de mener des politiques pro-capital aussi bien monétairement que fiscalement ou réglementairement.

Le capital est devenu sacré.

Quels sont les risques si on touche a un seul cheveu du Capital Sacré?

On risque la décapitalisation en boule de neige , tout simplement. On risque de voir les actifs des bilans se déprécier, revenir à des valeurs normales tandis que les passifs resteront inchangés. Et ce sera la déflation par la dette, cette déflation/récession si bien analysée par Irving Fischer.

Le retrait des béquilles du capital fera entrer dans le processus que l’on a cherché à éviter depuis 2008 mais avec une caractéristique terrible: on chutera de plus haut et le mal touchera tout, absolument tout le monde, y compris la Chine car les dopages du capital américain ont pollué le monde entier, tout en a été affecté, tout est sous euphorisant.

J’ai toujours dit que les politiques de fuite en avant étaient des politiques à sens unique, on peut les suivre à la hausse, mais jamais à la baisse. Ce sont des politiques à sens unique car l’effet de stock sur la valeur du capital empêche de revenir en arrière. Pourquoi? Parce que sans cesse de nouvelles dettes sont adossées à ce capital.

Le monde en particulier le monde économique n’est pas fait de caprices ou de choix farfelus, les choix sont dictés par la Nécessité .

En 2008 la Nécessité de l’excès de dettes a obligé à booster le capital sauf à courir le risque de la « debt deflation » de Fischer . Et en 2021 , c’est encore pire surtout depuis le mois de mars, car les masses en jeu par rapport aux cashs flows réels en provenance de la production sont encore plus lourdes en proportion. Le poids de la finance sur le réel est encore beaucoup plus lourd. Les taux de capitalisation des cash flows réels d ‘exploitation sont à des sommets jamais vus.

C’est de la pensée magique que de considérer que l’on puisse changer de politique 12 ans plus tard lorsqu’on a inflaté la valeur monétaire de ce capital et que l’on a propulsé les bourses à des niveaux stratosphériques; c’est n’avoir rien compris à ce qui s’est passé depuis 12 ans; c’est n’avoir rien compris au fonctionnement du système capitaliste.

En 2021, plus que jamais dans l’histoire, tout le monde, le monde entier est du même coté du bateau; on ne peut se permettre la moindre fausse manoeuvre, il faut suivre le script imposé en 2008. Il faut suivre la carte et aller là ou le système à vocation à aller.

Maintenant c’est marche ou crève.

Il n’est plus possible de retirer les béquilles monétaires et fiscales du capital, il n’est plus possible de courir le risque de mettre en danger le levier mondial et de laisser le risque faire son oeuvre. Il faut continuer de subventionner le capital coûte que coûte. Et cela va couter cher.

Peut-on au moins faire le deux, cajoler le capital et améliorer le sort de Main Street, c’est à dire bonifier le sort des salariés? Oui mais dans de très étroites limites, il ne faut pas que cela bouleverse le chateau de cartes . On ne peut faire que des améliorations marginales, symboliques comme le salaire minimum a 15 dollars. rien de veritablement significatif.

Toute véritable initiative qui modifierait la repartition de la valeur ajoutée entre le capital et les salaires serait dangereuse.

Elle se traduirait par une baisse de la profitabilié deja insuffisante du capital , elle risquerait d’alimenter une inflation non désirée, là ou il ne faut pas qu’il y en ait et l’incidence sur les taux d’intérêt serait telle que la Fed pourrait bien en perdre le contrôle. On imagine les conséquences en boule de neige que cela aurait sur les marchés, sur le financement et le refinancement des dettes, sur la couverture des besoins du Trésor!

3 réflexions sur “Editorial: si jamais Yellen et Biden tenaient parole, ils précipiteraient la grande chute, la vraie .

  1. Un ajout :
    après le RINO (« Republican In Name Only ») qui qualifie ces gens de droite qui votent comme des Democrates on pourrait forger l’acronyme PINO (« President In Name Only ») pour l’ami Joe?

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  2. Je me souviens de cette parole : les krach arrivent toujours de là où on ne regarde pas. Qu’est-ce qu’on ne regarde pas en ce moment ? les banques italiennes, la production de pétrole, les dérivés des matières premières agricoles ? C’est quoi le noeud le plus faible du système, qu’on néglige ?

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  3. Je crois que la « policy » de Biden va consister à DIRE que l’on fera l’inverse de Trump : les Dems seront aux anges, les partisans de Trump seront outrés… ce qui donnera aux Bidenistes l’impression que leur héros fait du bon boulot.
    Bien sûr on doit rester dans le discours, l’annonce : il ne faut surtout pas risquer de toucher à LA baguette de mikado qui risquerait de faire s’écrouler tout le jeu.

    Cela me semble une bonne feuille de route pour 2021. Ensuite les lois de la biologie font qu’ il est possible que Harris récupère la place de présidente.

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