Editorial. La grande illusion du Changement aux USA. L’impossible lutte contre les inégalités.

Ici je soutiens que les inégalités ne sont pas un choix, elles sont le produit de la volonté de maintenir en vie l’ordre social actuel et le système du capitalisme financiarisé.

Toutes mes analyse depuis 2008 et même avant, partent du principe que les dirigeants ne dirigent plus rien; ils accommodent.

Ils ont mis le doigt dans un système par facilité il y a plusieurs dizaines d’années et maintenant que ce système s’est ancré, enraciné, il n’est plus possible d’en sortir.

En clair ce que j’affirme, c’est que les autorités n’ont plus le choix. La question n’est même plus de savoir qui gouverne,-la droite ou la gache ou le centre-, tout est surdéterminé, tout est dicté. Les ajustements ne sont plus possibles qu’à la marge et sous forme cosmétique.

Pour ceux qui en doutent je renvoie aux différentes crises -accés de deflation- qui ont secoué le système depuis 1987, plus jamais il n’a été possible de revenir en arrière, toujours il a fallu créer de la monnaie, de la dette, baisser les taux et fournir des assurances que quoi qu’il advienne la Banque centrale serait toujours là. On a instauré le coûte que coûte qui n’est rien d ‘autre que la promesse que toujours on sauverait le système par l’inflationnisme monétaire.

L’inflationnisme monétaire a une conséquence incontournable, mathématique, il gonfle la valeur des actifs financiers; c’est mécanique.

Lorsque les actifs fianciers ont atteint des valorisations qui s’éloigent par trop des réalites économiques et patrimoniales, alors le besoin de Reconscialiation ou de Destruction se manifeste, le système devient fragile et enclin aux crises à repétition, il ne supporte plus le moindre écart par rapport à la perfection qui est enracinée, anticipée dans les valeurs.

C’est donc un cercle vicieux, un cercle de toujours plus.

Il faut sans cesse inflater la quantité de monanie, sans cesse inflater le prix des actifs , sans cesse dilater la masse d’actifs dans le système.

Il faut en outre essayer de donner/maintenir l’illusion que les profits justifient ou vont justifier les valorisations.

Présenté autrement, il faut pour soutenir la bulle ou le mirage entretenir l’idée que le système donne la priorité à l’offre, autre nom pudique du Capital. On n’a pas encore réussi à implanter l’idée que le Capital n’avait pas besoin d’être mis en valeur, n’avait pas besoin pour éxister et survivre de réaliser du profit.

Jusqu’à preent le régime est celui là, c’est le régime de l’élargissement de la part du Capital dans la valeur ajoutée, c’est le régime des cadeaux fiscaux, le régime des promesses a répétition.

Puis vient Biden et Yellen .

Ils promettent que cela va changer .

Après avoir favorisé Wall Street , on va procéder à un rattrapage en faveur de Main street. Deux plus deux faisant toujours quatre ce que l’on va donner aux uns, on va le prendre aux autres . Sauf si et seulement si l’inflation accelère auquel cas on va payer en monnaie de singe.

Si vous avez assimilé ceci vous être prêts à naviguer dans la nouvelle ère qui s’ouvre aussi bien aux USA que dans le monde.

Comprenez que l’on ne peut changer de régime économque car le apssé est accumulé. Il faut à tout prix sauf à courir le risque suprême, il faut à tout prix continuer à privilégier le Capital, les profits et les détenteurs de capitaux.

Sous peine de provoquer la Grande Révulsion. Celle que l’on cherche à éviter depuis 2008.

EN PRIME:

Ce ratio de capitalisation de la Bourse sur le GDP n’est tenable que si et seulement si la part des salaires dans la valeur ajoutée du GDP chute sans arrêt et si les taux d’interet continuent de baisser; en gros cela équivaut à dire , si le capital continue d’être favorisé.

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La part des salaires n’ a cessé reculer car il faut faire pression sur eux afin de maintenir une profitabilité. Les USA sont victimes d’une course de vitesse entre la progression de la masse de capital à rémunérer et la masse de profits disponibles pour le faire

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Les USA n’ont aucune marge de manoeuvre, leur position internationale nette est profondement degradée.

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Le systme américian n’a pu durer que parce qu’il a utilisé toutes les facilités exterieures pour se payer le beurre, les canons et maintenir en vie son capital

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Ce système a survécu a crédit en se fragilisant encore plus

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Il n’y a plus de Trésor caché

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Le capital est devenu sacré.

Yellen a déclaré que tout ce qui avait été fait jusqu’ici avait privilégié Wall Street et que la politique de Biden allait au contraire privilégier Main Street.

En clair on va cesser de privilégier le Capital et donner la priorité aux Salariés.

Janet a-t-elle la moindre idée de ce qu’elle dit?

Si depuis 2008 on cajole le capital et délaisse Main Street, ce n’est pas par vice ou par méchanceté, c’est par ce que l’on considère que l’on ne peut pas faire autrement!

Si Powell en 2018 a du à nouveau remplir le bol de punch et reprendre la distribution de cadeaux financiers et monétaires ce n’est pas parce qu’il est idiot, non c’est parce qu’il a compris qu’il ne pouvait pas faire autrement.

Le capital ne conserve sa valeur , étant pricé pour la perfection, que si cette perfection est maintenue; pas de risque, pas de volatilité , de l’argent gratuit et un soutien des cours boursiers par les QE.

Geithner l’explique très bien dans son ouvrage post crise; on n’a pas pu faire autrement car il fallait soutenir les marchés, soutenir la valeur des collatéraux, mettre des béquilles aux bilans, sinon c’était l’effondrement du chateau de cartes. On n’a même pas pu punir les banquiers de peur que leur mauvaise humeur fasse rechuter les Bourses!

La crise de 2008 était une crise d’excès de dettes du système, Bernanke l’a reconnu et face à cet excès de dettes le choix politique qui a été fait a été de ne pas accepter la destruction de la dette et de tenter la fuite en avant. Au lieu d’accepter le nettoyage , on a tout fait pour s’y opposer; afin de reculer la dépréciation du capital.

Toute l’action monétaire et budgétaire s’analyse comme un soutien direct à la valeur , ou plutot a la contre valeur boursière du capital constitué par les actios et le crédit.

Si on avait comme le proposaient les économistes Autrichiens accepté la purge, le système serait reparti sur des bases saines, nettoyées . On a choisi de suivre l’exemple Japonais. A partir du moment ou on fait ce choix, on est obligé comme l’on fait tous les patrons de la Fed et du gouvernement de mener des politiques pro-capital aussi bien monétairement que fiscalement ou réglementairement.

Le capital est devenu sacré.

Quels sont les risques si on touche a un seul cheveu du Capital Sacré?

On risque la décapitalisation en boule de neige , tout simplement. On risque de voir les actifs des bilans se déprécier, revenir à des valeurs normales tandis que les passifs resteront inchangés. Et ce sera la déflation par la dette, cette déflation/récession si bien analysée par Irving Fischer.

Le retrait des béquilles du capital fera entrer dans le processus que l’on a cherché à éviter depuis 2008 mais avec une caractéristique terrible: on chutera de plus haut et le mal touchera tout, absolument tout le monde, y compris la Chine car les dopages du capital américain ont pollué le monde entier, tout en a été affecté, tout est sous euphorisant.

J’ai toujours dit que les politiques de fuite en avant étaient des politiques à sens unique, on peut les suivre à la hausse, mais jamais à la baisse. Ce sont des politiques à sens unique car l’effet de stock sur la valeur du capital empêche de revenir en arrière. Pourquoi? Parce que sans cesse de nouvelles dettes sont adossées à ce capital.

Le monde en particulier le monde économique n’est pas fait de caprices ou de choix farfelus, les choix sont dictés par la Nécessité .

En 2008 la Nécessité de l’excès de dettes a obligé à booster le capital sauf à courir le risque de la « debt deflation » de Fischer . Et en 2021 , c’est encore pire surtout depuis le mois de mars, car les masses en jeu par rapport aux cashs flows réels en provenance de la production sont encore plus lourdes en proportion. Le poids de la finance sur le réel est encore beaucoup plus lourd. Les taux de capitalisation des cash flows réels d ‘exploitation sont à des sommets jamais vus.

C’est de la pensée magique que de considérer que l’on puisse changer de politique 12 ans plus tard lorsqu’on a inflaté la valeur monétaire de ce capital et que l’on a propulsé les bourses à des niveaux stratosphériques; c’est n’avoir rien compris à ce qui s’est passé depuis 12 ans; c’est n’avoir rien compris au fonctionnement du système capitaliste.

En 2021, plus que jamais dans l’histoire, tout le monde, le monde entier est du même coté du bateau; on ne peut se permettre la moindre fausse manoeuvre, il faut suivre le script imposé en 2008. Il faut suivre la carte et aller là ou le système à vocation à aller.

Maintenant c’est marche ou crève.

Il n’est plus possible de retirer les béquilles monétaires et fiscales du capital, il n’est plus possible de courir le risque de mettre en danger le levier mondial et de laisser le risque faire son oeuvre. Il faut continuer de subventionner le capital coûte que coûte. Et cela va couter cher.

Peut-on au moins faire le deux, cajoler le capital et améliorer le sort de Main Street, c’est à dire bonifier le sort des salariés? Oui mais dans de très étroites limites, il ne faut pas que cela bouleverse le chateau de cartes . On ne peut faire que des améliorations marginales, symboliques comme le salaire minimum a 15 dollars. rien de veritablement significatif.

Toute véritable initiative qui modifierait la repartition de la valeur ajoutée entre le capital et les salaires serait dangereuse.

Elle se traduirait par une baisse de la profitabilié deja insuffisante du capital , elle risquerait d’alimenter une inflation non désirée, là ou il ne faut pas qu’il y en ait et l’incidence sur les taux d’intérêt serait telle que la Fed pourrait bien en perdre le contrôle. On imagine les conséquences en boule de neige que cela aurait sur les marchés, sur le financement et le refinancement des dettes, sur la couverture des besoins du Trésor!

Une réflexion sur “Editorial. La grande illusion du Changement aux USA. L’impossible lutte contre les inégalités.

  1. Bonjour M. Bertez

    « In the shuffling madness of the locomotive breath…Old Charlie stole the handle and the train it won’t stop going, no way to slow down! » Jethro Tull 1971.

    Cordialement

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