Editorial: je n’ai qu’une certitude: 70 à 80% de la richesse sera détruite.

Nos économies produisent peu de vraies richesses, elles produisent beaucoup de dettes et de fausses valeurs, le Grand Reset ce sera l’inversion afin de détruire les dettes et les fausses valeurs et produire plus de richesses réelles.

Les évènements nous tirent par les pieds; ils détournent notre attention des grandes tendances. Comme on dit, les arbres nous cachent la forêt.

j’essaie de ne pas tomber dans ce piège du présentisme et du court-termisme car c’est maintenant qu’il est particulièrement dangereux; nous sommes dans une période d’accélération de l’Histoire . History is on the move.

L’histoire accélère sous la triple pression de la fin du cycle long du crédit qui a pris naissance en 1945, de la crise pandémique et de la dislocation de nos arrangements sociaux et politiques. J’ajoute un quatrième élément dont peu de médias parlent autrement que circonstanciellement: la compétition stratégique entre les USA et la Chine qui va s’exacerbant.

La presse a -t-elle fait la « une » sur la déclaration fracassante d’un haut dignitaire militaire américain qui dit que la guerre nucléaire avec la Chine et la Russie est redevenue possible sinon nécessaire car les affrontements conventionnels ne suffiront pas?

Nous sommes passés en 13 ans ans de la coopération à la guerre froide, à la guerre tiède puis à la guerre commerciale, puis à la guerre du Capital et de la technologie. Et tout cela n’a rien à voir, ou si peu avec Trump, c’est la logique de la concurrence pour l’Ordre du monde entre la puissance montante et la puissance déclinante.

Nous sommes dans des mouvements de fond, des glissements des plaques tectoniques.

Nous sommes dans la logique dialectique de l’Histoire.

Le bloc déclinant formé par les USA et leurs alliés a déjà largement épuisé ses possibilités de réaction face à la montée prodigieuse de la Chine; sa croissance de production de richesses et de ressources est faible, sa productivité stagne voire régresse, les consensus sociaux sont brisés, les institutions contestées, les délices du crédit et de la monnaie sont en train de s’épuiser. Nous en sommes à la phase finale des possibilités monétaires de dopage et de reflation douce , déficits budgétaires abyssaux, monétisation des dettes , taux zéro etc.

Les délices monétaires de fin de cycle créent une prospérité fallacieuse par la spéculation. Cette fausse prospérité est un poison qui accélère les divergences de trajectoire entre le bloc chinois et le bloc occidental. La finance au lieu d’aider à la préparation de l’avenir entretient le passé et surtout le sur-valorise; la finance fait des buybacks, le monétaire donne au passé des valeurs fausses. Les taux bas produisent des actualisations qui gonflent les valeurs présentes et passées et dissuadent de préparer l’avenir pour l’affrontement.

Les pays qui ont des rendements obligataires proches de zéro, ou négatifs ont une croissance de la productivité plus faible, ils sont aux derniers stades de leurs cycles d’endettement à long terme, ils ont moins de flexibilité politique, ils ont plus de conflits internes. Les valeurs fictives leur masquent les bonnes décisions à prendre. Tout est mal décidé, mal alloué.

Ils sont de plus en plus instables, fragiles, ils ne maintiennent leur situation que grâce à la monétisation. Ce faisant ils suivent le chemin de l’Histoire : ils s’orientent progressivement vers ce que tous les pays ont fait à travers l’histoire en de telles circonstances : une restructuration financière, bancaire et monétaire.

Les forces séculaires divergentes sont à l’œuvre dans le monde et cela a et aura de grandes implications pour les futurs rapports de forces . Les différences de maturité, les différences dans le degré de stimulation monétaire et de fournitures de liquidité ont conduit à des rendements plus élevés sur les actifs des pays qui sont susceptibles d’avoir le plus de croissance de la productivité, qui sont dans les vagues de hausse du cycle de la dette à long terme et qui ont le plus de flexibilité des politiques, les meilleurs bilans et le moins d’actifs fictifs.

Des destructions inéluctables .

D’un du point de vue de l’investissement, cette situation implique beaucoup des destructions non seulement par mouvement naturel de résorption des excès mais aussi par nécessité; les USA et le bloc occidental ont besoin, un besoin vital, séculaire de reflation. Ils ne peuvent accepter l’asphyxie par la dette et la déflation. Il leur faut déblayer l’avenir . Il faut « tuer le mort qui ne cesse de grandir » et s’en débarrasser.

Au fond c’est cela le vrai Grand Reset, ce n’est pas la stupidité de Davos. Non le Grand Reset c’est le processus par lequel l’occident va se débarrasser de l’ancien, du fictif, de sa névrose pour supporter la compétition avec le nouveau, .

Le nouveau paradigme de l’investissement, la nouvelle grille de lecture se doit d’avoir pour objectif d’observer, de déceler les progrès de la marche inéluctable vers la destruction, qu’elle soit spontanée ou qu’elle soit provoquée. Nous sommes sortis du paradigme du risk-on risk-off nous entrons dans le dur: le risque de réelle destruction à laquelle nous pourrions devoir faire face.

Attention n’oubliez pas que l’inflation, qui devient le thème à la mode fait partie du paradigme de la destruction, c’est la destruction, l’euthanasie douce de la richesse. Ainsi il y a création de beaucoup de nouvelle dette fiscale qui est « prise en charge » par l’impression de monnaie, c’est une manière subtile de transférer des richesses et de faire en sorte que le surendettement auquel nous sommes confrontés soit à l’avenir plus facile à rembourser. Lorsque vous imprimez de l’argent pour financer la dette publique, cela réduit la valeur de l’argent et de la dette.

L’histoire montre que les gouvernements réussissent généralement ces grandes opérations de reflation/ déblayage du futur, ils réussirent à remettre les compteurs a zéro, souvent, il est vrai par les guerres. Cela signifie, quelles que soient les modes d’apparaitre de la reflation, un effondrement de la valeur des actifs de l’ordre de 70 à 80%.

Mon pari est que la destruction portera d’abord sur ce qui est le plus vulnérable, le cash puis sur les actifs quasi-monétaires et near-monétaires comme les actifs financiers. Bien entendu je parle en valeur réelle, en pouvoir d’achat, je ne parle pas en nominal.

Nos économies produisent peu de vraies richesses, elles produisent beaucoup de dettes et de fausses valeurs, le Grand Reset ce sera l’inversion afin de détruire les dettes et les fausses valeurs et produire plus de richesses réelles.



Une réflexion sur “Editorial: je n’ai qu’une certitude: 70 à 80% de la richesse sera détruite.

  1. La translatio studiorum s’effectue toujours plus pacifiquement que la translation imperii. C’est effectivement une leçon de l’histoire européenne. Et c’est un paradoxe, si on envisage que le savoir est au coeur du pouvoir… Ruse de la raison?

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