Islamo-gauchisme: la ministre a raison mais elle a commis une grave erreur.

Islamo-gauchismee est une réalité sociale puisque par definition elle est un fait social …qui fait débat. Certains intellectuels osent dire que l’islamo gauchisme « n’aurait aucune réalité scientifique », il y a lieu, de façon générale de s’interroger sur la réalité scientifique des faits sociaux!

L’islamo-gauchisme existe bel et bien puisqu’il existe dans la tête des gens.

Les faits politiques et sociaux n’existent pas en tant que tels, mais come objets d’étude et d’interprétation en fonction de schémas cognitifs, émotionnels, symboliques propres à chaque société.

Allez donc chercher la réalité scientifique de ce qui se passe dans la tête d’un groupe de gens ou d’une société toute entière!

L’islamo-gauchisme dans la tête de ceux qui en parlent et souvent le stigmatisent, c’est une menace.

Une menace qui correspond à quelques manifestations/passages à l’acte que l’on considère à juste titre comme menaçantes complétées par le besoin social d’un certain groupe de se trouver un ennemi. Nous sommes à la fois dans le réel de la menace , mais dans l’imaginaire d’un réel exagéré, amplifié par le besoin social de se trouver un ennemi.

Le thème de la menace islamo-guachiste est surdéterminé par :

-l’état de division, fragmentation de la société française

-les agressions du pouvoir en place considéré comme comme pro islam.

-les attentats terroristes

-les agressions individuelles

-l’immigration

-la dhimmitude de la classe politique

-les volontés de certains de donner visibilité provocante a l’Islam

-les poistions de Melenchon et LFI

-La replique de ceux qui se considerent comme chretiens martyrisés

etc etc

Voici un article de la Revue des deux mondes, pour reflechir.

Inquiète de la progression de l’islamo-gauchisme au sein de l’université, la ministre Frédérique Vidal a décidé de confier une enquête au CNRS. Depuis elle subit les tirs de barrage d’une partie des enseignants et chercheurs ainsi que de représentants de la gauche et de l’extrême gauche, qui s’indignent de méthodes « maccarthystes ». On veut « censurer ». On veut tuer la liberté académique. Et surtout, argument suprême, « l’islamo-gauchisme » n’aurait, selon les détracteurs de la ministre, aucune réalité « scientifique ».

L’islamo-gauchisme existe

Les cris indignés des pétitionnaires qui demandent la démission de Frédérique Vidal n’y changeront rien. Dans un numéro de la Revue des Deux Mondes d’octobre 2018, consacré à la définition de l’islamo-gauchisme, Christophe Bourseiller, spécialiste de l’extrême gauche, rappelait que le ver était dans le fruit dès l’origine. Lors du congrès de l’Internationale communiste de 1920 à Bakou, il fut théorisé « que les groupes révolutionnaires ont pour objectif principal de se fondre dans les masses pour mieux les orienter. Si celles-ci deviennent islamistes […], les marxistes doivent leur apporter un “soutien critique” ».

Voilà pourquoi l’extrême gauche a soutenu la révolution islamique anti-démocratique, anti-femmes, anti-laïque de l’Ayatollah Khomeini en Iran en 1979.

Le soutien à la cause islamique a d’ailleurs perdu toute « fonction critique » pour s’aligner au fil du temps sur un positionnement anticapitaliste, anti-occidental, anti-laïque. Et anti-israélien.

Le travail que produit sur ce sujet depuis près de trente ans l’universitaire Pierre-André Taguieff est éloquent. C’est lui qui popularisera le terme d’islamo-gauchisme en désignant ainsi la terrifiante collusion entre trotskystes et islamistes (Hamas, Jihad islamique, Hezbollah) notamment lors d’une manifestation d’octobre 2000 où l’on entendit scander le slogan « Mort aux Juifs »…

« L’islamo-gauchisme moderne est l’expression d’une alliance entre une gauche dévoyée ayant oublié depuis belle lurette que la religion est l’opium du peuple et les nouveaux « opprimés » que constituent à ses yeux les masses musulmanes, nouveau prolétariat fantasmatique. »

L’islamo-gauchisme moderne est l’expression d’une alliance entre une gauche dévoyée ayant oublié depuis belle lurette que la religion est l’opium du peuple et les nouveaux « opprimés » que constituent à ses yeux les masses musulmanes, nouveau prolétariat fantasmatique.

L’incarnation parfaite en fut longtemps le duo Edwy Plenel et Tariq Ramadan, alliance du trotskisme et de l’islam politique des Frères musulmans, trop heureux d’avoir trouvé dans les idiots utiles du gauchisme des amis défendant le totalitarisme islamique, le relativisme culturel et l’abandon de la laïcité et des droits des femmes.

L’islamo-gauchisme existe bel et bien. Six Français sur dix estiment que c’est un courant de pensée répandu en France (sondage Ifop-Fiducial pour CNEWS).

L’entrisme de l’islam politique a été détaillé par Gilles Kepel, Hugo Micheron, Jean-Pierre Obin et tant d’autres. Il n’y a que les pétitionnaires du Monde (dont aucun ne travaille sur l’islam) pour dire que c’est une vue de l’esprit.

L’islamo-gauchisme est-il un concept flou ?

Il est juste de dire que l’islamo-gauchisme est un concept qui embrasse large et manque de précision. Mais alors que dire des concepts de « racisme systémique », « racisme d’État », « privilège blanc », « racisé », « sexisé », « féminisme islamique »… qui n’ont aucun fondement scientifique ?

Sans parler de l’« islamophobie » que l’islam politique a réussi à faire passer pour un nouveau délit de racisme, transformant la critique de la religion en crime, rétablissant de fait le délit de blasphème. Le tout avec les félicitations de la France insoumise et autres extrémistes défilant le 10 novembre 2019 « contre l’islamophobie », aux côtés de militants scandant « Allahu akbar ».

« L’université est travaillée par l’islamo-gauchisme, c’est indubitable. Mais elle est surtout largement soumise à un radicalisme militant décolonial qui englobe, dépasse et transcende l’islamo-gauchisme. »

Les sciences humaines et sociales regorgent de recherches sur des concepts flous, souvent copiés-collés de la production des universités américaines. Il ne s’agit pas de les disqualifier en bloc : le rôle de l’université est aussi d’étudier ces mouvements et courants de pensée qui traversent l’époque.

Y compris l’islamo-gauchisme, le genre, le féminisme, la colonisation, le racisme.

Le problème n’est pas de les étudier mais d’appréhender ces domaines en vertu d’une seule et même vision décoloniale/néoféministe/différencialiste. Le problème est de construire une doctrine totalisante et de discréditer tous ceux qui ne partagent pas cette idéologie. Il est impossible aujourd’hui d’étudier l’esclavage autrement que comme méfait de la colonisation blanche ; les traites négrières arabes ou l’asservissement des peuples conquis par l’empire ottoman ne rentrent pas dans la grille idéologique anti-occidentale : ils sont donc considérés comme « hors-sujets ».

L’université est travaillée par l’islamo-gauchisme, c’est indubitable. Mais elle est surtout largement soumise à un radicalisme militant décolonial qui englobe, dépasse et transcende l’islamo-gauchisme. Dans une même détestation du camp occidental, universaliste et « blanc ». Dommage que Mme Vidal se soit contentée de cibler l’islamo-gauchisme et n’ait pas décoché une flèche plus large.

Le CNRS est-il légitime pour faire cette enquête ?

Non et c’est toute l’incohérence de cette décision. 

Comme l’écrit Pierre-André Taguieff, « le P.-D.G. du CNRS, Antoine Petit, protecteur des études postcoloniales et défenseur de la “théorie critique de la race”, paraît fort mal placé pour favoriser une telle enquête et en garantir l’impartialité.

Rappelons les positions qu’il a prises en novembre 2019 dans l’avant-propos qu’il a rédigé, en écriture inclusive, pour un méchant ouvrage collectif rassemblant des auteurs postcoloniaux et décoloniaux : “La ‘race’ devient la nouvelle grille de lecture du monde sur laquelle s’intègre la grille du genre, et qui s’articule à la hiérarchie homme/femme […]. Dans une société non métissée, le social et le genre dominent, mais dans l’espace interracial, le social s’efface derrière le racial.” »

« Combien de présidents et de recteurs se soumettent lâchement à la pression de syndicats ou d’associations d’étudiants qui veulent imposer leur vision du monde ? »

La ministre s’est mise toute seule dans une impasse.

Si le CNRS, à l’issue de son enquête, conclut qu’il n’y pas de problème d’islamo-gauchisme, que dira la ministre ? Qu’elle avait tort ? Or, elle n’avait pas tort. Qu’elle s’est trompée d’organisme à qui confier l’enquête ? Certains pensent qu’il aurait mieux valu nommer le Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES), institution indépendante, qui a pour rôle d’apprécier la qualité des savoirs enseignés et non de contrôler leur orientation. Mais il y a fort à craindre que la polémique ne s’éteigne pas pour autant. L’université est jalouse de sa liberté et toute tentative de contrôle de la qualité des enseignements, même légitime, sera dénoncée comme une entrave.

Doit-on contrôler la liberté académique ?

Certainement pas, en revanche il importe de la faire respecter. Or, contrairement à ce que veulent nous faire croire les défenseurs de la liberté académique qui hurlent contre un nouveau « maccarthysme », l’université ne respecte plus cette liberté. Et ceux qui protestent contre la censure n’ont aucune honte à l’exercer en permanence, en discréditant ou en diabolisant toute parole qui n’entre pas dans la grille idéologique islamo-décoloniale. (Le fait de refuser tout débat autour de l’islamo-gauchisme en dit d’ailleurs long sur leur vision du pluralisme.)

Combien de présidents et de recteurs se soumettent lâchement à la pression de syndicats ou d’associations d’étudiants qui veulent imposer leur vision du monde ? 

Sylviane Agacinski a été interdite d’accès à une conférence parce qu’elle ne défendait pas la PMA. Alain Finkielkraut a été empêché d’accès à l’amphithéâtre de Sciences Po (son intervention fut finalement reprogrammée). On censure Les Suppliantes d’Eschyle, etc. A contrario, Rokhaya Diallo, militante racisée décoloniale, a portes ouvertes dans les universités, tout comme Lilian Thuram, défenseur de thèses essentialistes sur la culpabilité de l’homme blanc. Nul ne s’y oppose. Et tant mieux. Mais il est scandaleux de limiter ou d’interdire l’accès de l’université à ceux qui défendent l’universalisme, la République, le féminisme, la laïcité. Il est insupportable de les cataloguer comme réactionnaires, suprématistes blancs, racistes, néo-colonialistes.

« L’université ne doit plus être l’otage d’un militantisme radical déguisé en enseignement pseudo-scientifique. »

L’université en a connu d’autres. Elle a toujours été à la fois à l’avant-garde et à la remorque des modes.

Elle fut marxiste à l’époque marxiste, maoïste à l’époque maoïste, constructiviste à l’époque constructiviste… Ses présidents, sauf exception, n’ont jamais fait montre d’un grand courage pour s’opposer à la pensée dominante du moment. C’est toujours le cas. Une chose pourtant a changé. Ceux qui s’opposaient à l’emprise des études marxistes en histoire dans les années soixante ne finissaient pas égorgés. Aujourd’hui le corps enseignant paye cher son courage lorsqu’il s’oppose à l’influence grandissante de l’islam politique au sein de l’éducation.

Comment faire respecter une vraie liberté académique et limiter l’emprise islamo-gauchiste et décoloniale sur l’université ?

On ne peut pas lutter pour la liberté d’expression et prôner le contrôle des savoirs au sein de l’université. Mais on ne peut pas non plus se résoudre à accepter cette défaite de la pensée intellectuelle que constitue le réel impact de l’islam politique et de la pensée décoloniale qui honnit la République, la laïcité, l’universalisme et les droits des femmes. Les protecteurs de l’islamo-décolonialisme s’abritent derrière la liberté académique ? Retournons-la contre eux.

Comme souvent dans notre pays, il suffirait d’avoir le courage de respecter ce que nous permet la loi pour contrer cette offensive dont il ne faut en aucun cas minimiser l’importance. Les portes des universités doivent s’ouvrir à la pluralité, les présidents des universités doivent arrêter de s’abriter derrière le « pas de vague » et « pas de critique de la gauche ». Ils doivent être fermes contre les tentatives de non-mixité, d’interdiction de certaines activités aux Blancs, de censure des œuvres littéraires et artistiques. Et si la liberté académique est visiblement bafouée, il ne faut pas hésiter à saisir le Procureur de la République. Que la justice s’en mêle.

Enfin, ne faut-il pas plus de transparence sur les fonds publics alloués à la recherche dans les sciences humaines et sociales ? Où va l’argent ? Qui décide ? Comment se cooptent les membres des conseils qui tiennent les cordons de la bourse ? Quels types de recherche sont favorisés par les institutions européennes, gros contributeurs aux allocations à la recherche ? Les enquêtes ne manquent pas qui pourraient déciller les yeux de ceux qui continuent de se complaire dans le déni et le « pas de vague ».

L’université ne doit plus être l’otage d’un militantisme radical déguisé en enseignement pseudo-scientifique.


2 réflexions sur “Islamo-gauchisme: la ministre a raison mais elle a commis une grave erreur.

  1. Curieusement, toutes les théories racialistes genre etc…. sont nées aux USA qui ont effectivement été et sont encore une société raciste qui ne sait que projeter ses propres démons sur ses satellites. Pourquoi nos « élites » oublient elles qu’alors que des bus ou des cafés étaient interdits aux noirs aux USA , en France un métis était Président du Sénat – Gaston Monnerville en l’occurence – et que Leopold Sedar Senghor de l’Académie Française et M. Houphouêt- Boigny furent longtemps députés français avant de devenir les Présidents de leurs pays qui furent parmi les plus démocratiques d’Afrique?
    En fait ce que nous voyons pourrait n’être qu’une collusion d’intérêts de groupes fondamentalement totalitaires et religieux dans l’ensemble – ( dans mes souvenirs, les trotskystes des années 70 que je fréquentais étaient aussi bigots dans leur genre que les intégristes cathos ! ) Et on ne doit pas non plus oublier que le terrorisme islamique était quasi inexistant avant que les USA ne le cultive et le fasse grandir en Afghanistan – contre les soviétiques.
    Cordialement

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