Les crises ont de beaux jours devant elles!

Lael Brainard qui est l’une des moins mauvaises a la Fed nous livre son analyse de la crise financière de Mars 2020.

Cetet analyse n’est nullment l’occasion de remettre en question l’architecture du système ou ses principes de fonctionnements .

En fait c’est implicitement un plaidoyer pour aller encore plus loin et bétonner pour que, le jour ou cela va sauter, la destruction soit complete: rien à sauver!

Vous ne trouverez aucun diagnostic sérieux, juste l’approche habituelle fondée sur la technique, les liquidités. La solvabilité connait pas. Le mismatch généralisé , connait pas. La valeur fondamentale des actifs financiers? Le bien fondé du recours indécent à l’endettement, jamais entendu parler.

Qu’est ce que c’est que tout cela?

Les causes réelles des crises à répétition sont soigneusement occultées; pas question d’aborder l’instabilité fondamentale d ‘un système fondé sur le fractionnaire tous azimuts. Pas question de douter des capacités des institutions à venir à bout des animal spirits déchainés par une spéculation toujours récompensée, jamis sanctionnée: la Fed est omnisciente et omnipotente.

Que dire de cet aveuglement sinon que si il était établi et reconnu, les gouverneurs perdraient leur emploi! Ainsi pas question de stigmatiser le leverage excessif, l’insuffisance de fonds propres du système, les taux d’intérêt nuls qui incitent à l’imprudence financiere … tout est simple problème de reglementation et de fonctionnement de la tuyauterie.

Il ne vient surtout pas à l’idée de la Fed que les répétition a repétition ont pour origine :

-les conceptions fausses de la monnaie et de la finance, les erreurs theoriques

-la financiarisation à outrance avec rétrecissement de la base de l’économie productive

-l’insuffisance des cash flows réels face aux dettes excessives, les mismatchs de risque et de durée,

-la surévaluation intenable qui fragilise l’édifice, la fausseté de toutes les valeurs

-les erreurs de conception du système mondial et en particulier celui de l’eurodollar

etc etc

Les crises ont de beaux jours devant elles , croyez moi.

Pas question de retablir la verité de l’action d’investir, c’est dire les deux disciplines du temps et du risque, il faut continuer à les nier par l’instauration de gadgets.

Le fond du problème c’est la transformation et ses risques sur un marché devenu mondial, dominé par une communauté speculative sans scrupules.

Tant que l’on ne comprendra pas que les marchés sonta notre époque le lieu de la transformation qu’opéraient auparavant les banques, on ne résoudra pas le probleme de l’instabilité.

A notre époque et dans la conception actuelle les marchés sont et resteront too big to fail.

Governor Lael Brainard

At the 2021 Annual Washington Conference, Institute of International Bankers (via webcast)

Cela fait maintenant un an que les effets dévastateurs de la première vague de la pandémie COVID-19 ont frappé nos côtes, une année marquée par le chagrin et les épreuves.

L’économie renaît pleinement. Mais nous ne devons pas manquer l’occasion de tirer les leçons du choc COVID et d’instituer des réformes afin que notre système soit plus résilient et mieux capable de résister à une variété de chocs possibles à l’avenir, y compris ceux émanant de l’extérieur du système financier.

La panique , ruée vers les liquidités:


Le sentiment des investisseurs a radicalement changé au début de mars 2020 avec la prise de conscience que COVID perturberait l’ensemble de l’économie mondiale. Les marchés du financement à court terme sont devenus très stressés alors que les acteurs du marché ont réagi à l’avènement de cet événement catastrophique à faible probabilité. Le repositionnement et le réévaluation brusques des portefeuilles ont conduit à une ruée vers les liquidités, car même les avoirs relativement sûrs du Trésor ont été liquidés, la volatilité a grimpé en flèche et les écarts sur les marchés du Trésor et du financement offshore en dollars se sont fortement élargis. Une action énergique et opportune de la Réserve fédérale et d’autres autorités financières était vitale pour stabiliser les marchés et rétablir le fonctionnement ordonné des marchés.

Bien que certaines parties du système financier qui avaient subi une réforme importante à la suite de la crise financière mondiale soient restées résilientes, le test de résistance COVID a mis en évidence des vulnérabilités financières importantes qui suggèrent un programme pour de nouvelles réformes financières.

Je vais brièvement commenter ces domaines de vulnérabilité ainsi que les domaines dans lesquels les réformes antérieures ont conduit à une plus grande résilience.

Vulnérabilités du marché du financement à court terme

Le choc COVID a mis en évidence d’importantes vulnérabilités sur les marchés de financement à court terme d’importance systémique qui avaient déjà fait surface lors de la crise financière mondiale. Des signes de tension aiguë étaient clairement visibles chez les intermédiaires et les véhicules présentant un risque de financement structurel, en particulier dans les fonds monétaires de premier ordre (MMF).

En effet, il semble que ces vulnérabilités se soient accrues, les actifs détenus dans les fonds monétaires de premier ordre ayant doublé au cours des trois années précédant mars dernier. Lorsque le choc COVID a frappé, les investisseurs se sont rapidement tournés vers les liquidités et les instruments financiers les plus sûrs et les plus liquides à leur disposition.

Au cours des deux pires semaines de la mi-mars, les rachats nets de fonds monétaires institutionnels de premier ordre offerts publiquement ont représenté 30% de l’actif. Cette vague de sorties a été plus rapide que dans la course en 2008, et il semble que certaines caractéristiques des fonds monétaires aient pu contribuer à la gravité de la course.

La course en mars a contraint les fonds monétaires à réduire rapidement leurs avoirs en papier commercial, ce qui a aggravé le stress sur les marchés de financement à court terme. Les coûts de financement pour les emprunteurs ont grimpé en flèche et la disponibilité du crédit à court terme à des échéances au-delà de la nuit a plongé.

Ces marchés fournissent le crédit à court terme dont de nombreuses entreprises ont besoin pour continuer à fonctionner et faire face à la masse salariale. Ainsi, la fermeture des marchés de financement à court terme peut également mettre en péril de nombreuses entreprises.

Pour la deuxième fois en 12 ans, une ruée sur les fonds monétaires a déclenché la nécessité d’une intervention politique pour atténuer l’effet sur les conditions financières et l’économie en général. Pour parer au risque de faillites et de licenciements généralisés, la Réserve fédérale a pris un certain nombre de mesures, notamment en annonçant la facilité de financement du papier commercial le 17 mars et la facilité de liquidité des fonds communs de placement du marché monétaire le 18 mars 2020.

Suite à l’annonce de ces facilités, les rachats de fonds monétaires de premier ordre ont ralenti presque immédiatement, et d’autres mesures de tension sur les marchés de financement à court terme ont commencé à s’atténuer.

La crise de mars 2020 met en évidence la nécessité de réformes pour réduire le risque de ruptures sur les fonds du marché monétaire de premier ordre qui créent des tensions sur les marchés de financement à court terme.

Le groupe de travail du président sur les marchés financiers a présenté plusieurs réformes potentielles pour faire face à ce risque, et la Securities and Exchange Commission a récemment demandé des commentaires sur ces options.

S’ils sont correctement calibrés, des coussins de fonds propres ou des réformes qui accordent l’avantage du premier arrivé aux investisseurs qui rachètent tôt, comme le swing pricing ou un solde minimum à risque, pourrait réduire considérablement le risque de run associé aux fonds monétaires.

Actuellement, lorsque certains investisseurs effectuent un rachat anticipé, les investisseurs restants supportent les coûts des rachats anticipés. En revanche, avec le swing pricing, lorsque les rachats d’un fonds dépassent un certain niveau, les investisseurs qui rachètent reçoivent un prix inférieur pour leurs actions, ce qui réduit leur incitation à sortir.

De même, un solde minimum à risque, qui serait disponible pour les rachats uniquement après un délai, pourrait offrir une certaine protection aux investisseurs qui ne sesauvent pas en partageant les coûts des rachats anticipés avec ceux qui le font. Les coussins de fonds propres peuvent fournir des ressources dédiées au sein ou aux côtés d’un fonds pour absorber les pertes et réduire l’incitation des investisseurs à quitter le fonds tôt.

Certes, les fonds monétaires nationaux ne sont pas les seuls véhicules d’investissement de gestion de trésorerie vulnérables actifs sur les marchés de financement à court terme aux États-Unis. Par exemple, les fonds offshore prime money, les fonds obligataires ultracourts et d’autres fonds d’investissement à court terme ont également connu des tensions et de lourds remboursements en mars dernier.

Les paniques sur les fonds monétaires offshore qui détiennent des actifs libellés en dollars comme le papier commercial soulignent l’importance de travailler avec des homologues internationaux pour accroître la résilience des marchés de financement à court terme.

Nous soutenons les travaux du Conseil de stabilité financière pour évaluer les options d’atténuation des vulnérabilités des fonds monétaires dans le monde et en faire rapport plus tard cette année.

Le choc COVID a également mis en évidence les vulnérabilités structurelles associées au risque de financement d’autres véhicules d’investissement qui offrent des liquidités quotidiennes tout en investissant dans des actifs moins liquides, tels que les obligations d’entreprises, les prêts bancaires et la dette municipale.

Les fonds qui investissent principalement dans des obligations de sociétés ont enregistré des sorties record en mars 2020. Ces fonds ouverts détenaient environ un sixième de toutes les obligations de sociétés américaines en circulation avant la crise. Les fonds communs d’obligations, y compris ceux qui se spécialisent dans les obligations d’entreprises et municipales, ont enregistré des sorties de fonds sans précédent de 250 milliards de dollars en mars dernier, bien plus importantes que leurs sorties à tout moment pendant la crise financière de 2007-2009.

Les ventes forcées associées des actifs des fonds ont contribué à une forte détérioration de la liquidité du marché des titres à revenu fixe qui a nécessité des interventions d’urgence supplémentaires de la part de la Réserve fédérale. Lors de l’évaluation des réformes possibles pour faire face à ce risque, le swing pricing pourrait être utile, car il réduit l’avantage du premier arrivé à vouloir sortir d’un fonds en imposant un coût lorsque les rachats sont élevés. Le swing pricing est utilisé depuis plus d’une décennie dans les fonds communs de placement européens, où il a été démontré qu’il ralentit les rachats en cas de crise5. Aux États-Unis, les fonds communs de placement n’ont pas adopté le swing pricing, en partie à cause d’obstacles techniques.

La suite sur

https://www.federalreserve.gov/newsevents/speech/brainard20210301a.htm

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