L’hypothèse « complotiste » sur l’origine du virus

Où en sont les recherches sur les origines du Covid-19, apparu en France il y a maintenant plus d’un an ? Longtemps considérée comme « complotiste », la thèse de l’accident de laboratoire est aujourd’hui examinée par de nombreux chercheurs, car elle pourrait expliquer pourquoi l’épidémie est partie de Wuhan, en Chine. Cette théorie est fermement rejetée par les autorités chinoises : Pékin ne veut à aucun prix être tenu pour responsable d’une pandémie qui a déjà fait plus de 2 millions et demi de morts sur la planète…

Pendant plusieurs mois, « Envoyé spécial » est allé à la rencontre de chercheurs qui explorent la piste d’un dangereux virus échappé d’un laboratoire de Wuhan. Ce scénario est-il crédible ?

A l’appui de cette thèse, une propriété de la protéine Spike de ce coronavirus (la « clé » qui permet au SARS-CoV-2 de pénétrer dans nos cellules) découverte par Etienne Decroly, virologue au CNRS : au contact d’une cellule humaine, la protéine Spike se découpe d’une telle façon qu’elle permet au virus de se diffuser beaucoup plus facilement dans le corps humain. Cela s’appelle un site furin. 

Un « site furin » qui facilite la transmission à l’homme… et alimente les soupçons des scientifiques

Que change la présence de ce site furin ? « Probablement… l’histoire du monde ! Parce que c’est cette insertion-là qui fait qu’aujourd’hui, on est dans une épidémie qui devient une pandémie, donc qui devient mondiale, avec près de 2 millions de morts, alors que si ce site n’était pas présent, estime Etienne Decroly, probablement, ce virus aurait peut-être circulé un peu à bas bruit dans les populations, mais sans faire d’épidémie mondiale. »

Depuis plusieurs années, Shi Zhengli, directrice adjointe du laboratoire P4 de Wuhan, travaille en collaboration avec le virologue américain Ralph Baric sur des recherches de « gain de fonction », c’est-à-dire le moyen de modifier le code génétique d’un virus pour en accroître la contagiosité. Ces travaux qui visent à comprendre les mécanismes du franchissement de la barrière d’espèce alimentent les soupçons de nombreux chercheurs : un virus synthétique hautement contagieux aurait-il pu s’échapper du laboratoire de Wuhan et provoquer la pandémie ?

« Aller chercher des virus dans la nature et faire du gain de fonction, ça revient à chercher une fuite de gaz avec un briquet »

« Est-ce que tout ça n’est pas le résultat d’une expérience en laboratoire ? s’interroge le Pr Nikolai Petrovsky, de l’université de Flinders, en Australie. Quand vous regardez tous les faits ensemble, vous ne pouvez pas ne pas vous poser la question. J’aimerais bien que cette piste soit totalement improbable, mais plus vous regardez, et plus vous vous dites que ce serait irresponsable de dire que c’est impossible. C’est impossible d’évacuer cette piste. »

Ces manipulations sur des virus, de nombreux virologues les trouvent excessivement dangereuses. Voici ce qu’en pense Bruno Canard, chercheur au CNRS : « Vous faites ça avec la meilleure intention du monde, mais en fait, vous prenez des risques, puisque vous avez créé un virus qui lui-même, maintenant que vous avez réussi votre manip et que votre hypothèse est correcte, peut très bien s’échapper du laboratoire, infecter le manipulateur, qui ne le sait même pas, et va infecter tout le monde, sa famille ou ses proches, et vous avez une épidémie qui démarre… Ce style de manipulation, aller chercher des virus dans la nature et faire du gain de fonction pour comprendre comment ça marche, ça revient à chercher une fuite de gaz avec un briquet. »

Extrait de « Coronavirus : le mystère des origines », un reportage à voir dans « Envoyé spécial » le 11 mars 2021.

> Les replays des magazines d’info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo et son application mobile (iOS Android), rubrique « Magazines« .

3 réflexions sur “L’hypothèse « complotiste » sur l’origine du virus

  1. Bonjour M. Bertez
    de Alexandra Henrion Caude – voir newsnet .fr, 28/10/20 – cf Liliane HeldKhawam

    « ce principe d’insérer un site de clivage au niveau de protéines membranaires a fait l’objet d’un brevet (n° US 7,223,390 B2), ce qui rend l’hypothèse de l’origine animale toujours plus extra-ordinaire, et l’hypothèse d’une création humaine de laboratoire hautement concevable. Cette dernière hypothèse est largement étoffée par les deux récents articles de Li-Meng Yan qui rapportent les possibles étapes permettant la construction de la séquence du SARS-Cov2 dans un laboratoire. »

    Ceci dit à mon avis , personne, pour des raisons géopolitiques , de responsabilités et de coûts judiciaires et financiers de dédommagements qui deviendraient possibles en cas de « faute humaine » ou matérielle avérée- , n’a vraiment envie que le virus se soit échappé du WuHan Lab P4. – « Couvrez ce vilain que je ne saurais voir, par de pareils objets amitiés et dividendes sont grevés! »

    Les chercheurs eux mêmes, selon le Pr. N. Petrovsky , n’en ont pas très envie tant ils craindraient le renforcement des règles de sécurité en lab P4 qui rendraient leurs conditions de travail encore plus difficiles et les investissements encore plus lourds.

    Pour moi, la responsabilité serait plutôt collective et impliquerait au premier chef l’industrie pharma et la finance mondiale, ainsi que les gouvernements associés . ( cf par exemple les parts de Blackrock ou Capital Research – et d’autres- dans tous les grands labos) dans la recherche effrénée du profit.
    Cordialement

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