Editorial. L’oeuvre de Dieu se fait dans l’ombre. Le système tient par son ombre

L’ oeuvre de dieu.

Comme Goldman Sachs en son temps , Bill Hwang et son family office accomplissent l’Oeuvre de Dieu.

L’oeuvre de Dieu, son pape, Blankfein

Cela signifie qu’ils tirent les conséquences des politiques monétaires mises en place par les dieux des banques centrales . On leur donne de l’argent et du crédit gratuit, eh bien ils s’en servent! Ils sont les bras séculiers de dieu, ils sont son clergé. Ils contribuent à ce que l’on appellle: La Grande Transmission. Laquelle ne se produirait pas sans ce recours à l’esprit de jeu.

Ces politiques ont quelquefois des coûts, il ne faut pas s’en étonner. On ne fait d’omelette sans casser d’oeufs, mais après on nettoie. Des sinistres en attente de se produire il y en a des tonnes dans le monde global.

Cependant on ne les verra que lorsque l’orchestre monétaire arretera de jouer et que les danseurs chercheront un siège ou plutot une porte de sortie. En attendant c’est simplement aléatoire. Un accident de temps à autre.

Comme le dit Buffett, c’est quand la mer se retire que l’on voit qui se baigne nu. Et la mer est encore montante/mentante.

J’attire votre attention sur deux choses:

1 les sommes sont considérables , elles s’évaluent par dizaines de milliards au départ des sinistres

2 les sommes croissent au fur et à mesure que les pots aux roses sont révélés , on approche les 100 milliards maintenant

C’est pour cela que les mesures du risque sont bidons: elles sont fondées sur des modeles idiots d’une part et des connaissances incomplètes d’autre part. Le gros éléphant dans la pièce quand un accident systémique se produira ce sera : la liquidité.

Ce qui est nouveau, ce sont les formes de ces accidents .

Il y a eu une augmentation considérable de ce que l’on appelle le «shadow banking», c’est-à-dire les prêts et financements par des non-banques (NBFI). Le shadow s’est considérablement développé depuis la fin de la GFC de 2009 et représente désormais près de la moitié de tous les «actifs» financiers.

Le nouveau moraliste financier, l’ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, avertit que: «plus de 20 000 milliards de livres d’actifs sont détenus dans des fonds qui promettent des liquidités quotidiennes aux investisseurs malgré l’investissement dans des actifs sous-jacents potentiellement illiquides

Carney estime que «des fonds comme ceux gérés par un grand nombre de gestionnaires sont construits sur un mensonge et pourraient constituer une menace pour l’économie mondiale. Ces fonds détiennent des actifs difficiles à vendre à la hâte – tout en permettant aux investisseurs de retirer leur argent à la demande – ils représentent un risque croissant pour le système financier. »

J’ajoute, ce que ne dit pas Carney que dans bien des cas nous n’avons aucune experience historique, beaucoup d’opérations sont synthétiques et sur des synthétiques ! On travaille des bestioles mathématiques non testées! On croit investir sur des valeurs et on se retrouve investi sur des replications, des tenants lieux ! La finance a toujours travaillé dans l’imaginaire puisqu’elle fonctionne sur des signes censés représenter le réel, mais maintenant elle se perd dans l’imagianire au carré, elle imagine sur l’imaginaire lui même. Elle réplique son propre imaginaire. Nous en reparlerons quand l’univers des ETF sautera.

Ecoutons Marc Carney, il nous dit, modestement, «j‘ai mené des réformes mondiales pour corriger les failles qui ont causé la crise financière, travaillé pour guérir la culture maligne au cœur du capitalisme financier et commencé à relever à la fois les défis fondamentaux de la quatrième révolution industrielle et la risques existentiels liés au changement climatique. »

Mais en accomplissant ces tâches révolutionnaires avec son éclat habituel, il est devenu quelque peu désillusionné par les «marchés»: «J‘ai ressenti l’effondrement de la confiance du public dans les élites, la mondialisation et la technologie. Et je suis devenu convaincu que ces défis reflètent une crise commune des valeurs et que des changements radicaux sont nécessaires pour construire une économie qui fonctionne pour tous».

Le problème, pour Carney, c’est qu’avec les marchés «Nous vivons l’aphorisme d’Oscar Wilde – connaître le prix de tout sauf la valeur de rien – à des coûts incalculables pour notre société».

Carney va au fond du problème quand il pose la question de l’écart entre les prix et les valeurs, ce qui est au coeur de l’expérience monétaire qui est en cours depuis 2008; cette expérience consiste à décrocher/détacher les prix des valeurs sous jacentes et à les faire leviter.

Pour réaliser cete opération /experience, il faut s’appuyer sur la spéculation, pas sur les fondamentalistes! «Nous passons d’une économie de marché à une société de marché, la valeur et les valeurs changent. «De plus en plus, la valeur de quelque chose, d’un acte ou de quelqu’un est assimilée à leur valeur monétaire, valeur monétaire qui est déterminée par le marché.».

Le régne du pouvoirde l’ombre.

Ce sont les banques centrales qui ont produit cet outil, elles le savent, elles font plus que le tolerer, elles l’entretiennent. Les dérivés, le hors bilan ou le de gré à gré jouent un role considérable dans ce shadow, tout comme les structures opaques de non droit que toutes, je dis bien toutes les grandes banques sont obligées d’entretenir dans les zones offshore.

Le shadow est le moyen par lequel le système tient et le moyen par lequel il chutera.

Il augmente la capacité bilantielle du système mais en même temps il se fracassera par cette insuffisance bilantielle.

Ne vous trompez pas, nous ne sommes pas dans le Ponzi, nous ne sommes pas dans une bulle , nous en sommes pas dans une dérive qui échapperait aux régulateurs, nous sommes dans une experience delibérée, une experience qui considère que les accidents financiers sont des couts , et qu’il faut les assumer sans paniquer .

Pourquoi croyez vous, refuse-ton la taxe sur les opérations financières, la mise en compensation de tous les derivés , la transparence totale sur les hors bilans etc etc ? Tout simplement parce que si on le faisait on ferait s’effondrer l’échaffaudage. L’echaffaudage ne tient que par ces developpements obscurs, opaques, marginaux. Si tout venait à reintégrer les circuits et les institutions officielles, celles que l’on voit, avec les normes et les règles, le système s’effondrerait: il a besoin de cette zone de non droit, de ce terrain d ‘aventure. Et pour cela il lui faut des aventuries comme Bill Hwang et autres Gupta.

Un autre héros qui s’est dévoué pour faire le sale boulot, Sanjeev Gupta

Si tout réintégrait la lumière, le système aurait un besoin considérable de fonds propres et quand je dis fonds propres c’est au double sens du mot: propre c’est à dire capables de supporter des risques et propres au sens de « pas sales ».

C’est ainsi qu’il faut comprendre la célèbre phrase de Buffett lorsqu’il nous dit que quand la mer se retirera on verra qui se baigne nu, en fait on verra qui n’a pas de fonds propres pour garantir ses engagements. Les fonds propres du système sont d’une poignée de trillions face à quelques centaines de trillions d’engagements visibles et ne parlons pas de tous ces engagements non visibles , ils donnent le vertige sinon la nausée.

Depuis 2008 nous sommes en guerre pour maintenir l’ordre mondail et comme dans les autres guerres, il faut pour faire le sale boulot faire appel à des hors la loi, à des mafias , à des acteurs plus ou moins à la marge. La guerre de l’ombre.

Nous en reparlerons.

https://twitter.com/BrunoBertez/status/1378379199044534273?s=20

2 réflexions sur “Editorial. L’oeuvre de Dieu se fait dans l’ombre. Le système tient par son ombre

  1. « connaître le prix de tout sauf la valeur de rien  »
    c’est ca leur probleme actuel:ils sont incapables d’identifier la societe qu’il faut sauver de la faillite car elle est « essentielle » de celle que l’on peut laisser couler sans consequence et qui permet de reduire un peu le bilan. Un jeu de jenga,de la tour infernale ou les banquiers centraux ne savent plus quelle brique il faut retirer sans faire s’ecrouler tout l’edifice…

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