Interview Catherine Hill: immunité collective en septembre?

D’après Thierry Breton, commissaire européen à l’industrie chargé du déploiement des vaccins, l’immunité collective pourrait être atteinte mi-juillet sur le Vieux Continent. Pour l’épidémiologiste Catherine Hill, l’affirmation est ambitieuse.

https://www.marianne.net/societe/sante/catherine-hill-dici-septembre-on-peut-esperer-avoir-atteint-limmunite-collective

Une immunité collective atteinte mi-juillet pour les 450 millions d’habitants de l’Union européenne. C’est l’ambition affichée par Thierry Breton, commissaire européen à l’industrie chargé du déploiement des vaccins. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, cette immunité collective est sur toutes les lèvres. Elle correspond « au pourcentage d’une population donnée qui est immunisée/protégée contre une infection » qui conduit « l’épidémie à l’extinction », lit-on sur le site de l’institut Pasteur. Pour l’atteindre, pas de secret : il faut que la proportion de personnes immunisées, soit avec un vaccin, soit grâce à une première infection, atteigne un niveau suffisant. Depuis que le variant britannique, plus contagieux, est majoritaire en France, cette proportion est encore plus importante, ce qui repousse l’échéance de l’immunité collective.

Alors il faut trouver des volontaires pour se faire vacciner. Signe que le défi n’est pas aisé, en Israël, ceux-ci se font de plus en plus rares. « C’est un vrai problème qui se pose, pas seulement en France, mais aussi en Israël », a souligné l’épidémiologiste Philippe Amouyel sur France 5 dans l’émission C politique, le 4 avril. Le pays est le plus avancé en matière de vaccination : plus de la moitié de la population a reçu ses deux injections, approchant l’échéance de l’immunité collective. Or, « ils plafonnent, a continué l’épidémiologiste. Ils n’ont pas assez de gens pour atteindre cette immunité ». Ce qui explique que le pays doit désormais vacciner les populations plus jeunes, en dessous de 18 ans. Mais alors, à quand l’immunité collective en France ? Faudra-t-il attendre que les enfants soient également vaccinés ? Explications avec Catherine Hill, épidémiologiste.

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Marianne : Quel pourcentage de la population faut-il vacciner pour atteindre l’immunité collective ?

Catherine Hill : Il est très complexe de déterminer lorsque nous pourrons l’atteindre. Tout dépend du R0, le taux de reproduction de base. Il s’agit du nombre de personnes qu’un porteur du virus contamine directement au début de l’épidémie quand toute la population est susceptible d’être contaminée. Pour le coronavirus, on considère qu’il est autour de 3 : chaque malade contaminait en moyenne 3 personnes lors de l’apparition de l’épidémie. Pour que celle-ci s’arrête, il faut que les deux tiers de la population (la formule générale est (R0-1)/R0) soient immunisés, grâce au vaccin ou grâce à une première infection.

Mais si le virus est plus contagieux, ce R0 augmente. C’est ce qui se passe avec le variant anglais, qui est désormais majoritaire en France : il est 50 % plus transmissibles, donc son R0 passe à 4,5 environ. Dans ce cas, il faut désormais que 78 % de la population soit immunisée. Compte tenu du fait que 21% des Français ont déjà eu le Covid, d’après l’Institut Pasteur , il faut vacciner encore environ 57 % de la population…

Et quand cela pourrait-il être fait ?

Cela correspond à 38 millions de personnes, soit 74% de l’ensemble de la population adulte. En théorie, il est donc possible d’atteindre l’immunité collective sans vacciner les plus jeunes, mais il faut près de 80 millions de doses. Au rythme actuel, on en attend 36 millions d’ici le 6 juin : on est assez loin du compte. L’immunité collective ne sera donc pas atteinte dans les trois mois. Je pense qu’on va y arriver quand même… D’après moi, d’ici septembre, on peut espérer l’avoir atteinte. D’autant plus que la livraison des doses devrait s’accélérer, et 12 millions ont déjà été injectés.

Mais toutes ces estimations sont complexes, et très théoriques. Nous ne sommes pas tout à fait sûrs que le R0 soit de 3 pour le virus d’origine, et de 4,5 pour le variant britannique. En plus, ça dépend du rythme de la vaccination, et donc de la réception des flacons, de l’adhésion de la population, etc.

D’ici là, quelle stratégie vous paraît fiable ?

Septembre, c’est dans cinq mois : si on continue ainsi et que le nombre quotidien de décès reste aussi élevé qu’en ce moment – je rappelle que nous sommes autour de 300 décès quotidiens -, on parle de milliers de morts d’ici là. Surtout, l’arrivée d’un mutant plus contagieux rendrait la situation plus difficile encore. Dans ce cas, il faudrait que la proportion d’immunisés soit plus importante encore pour protéger l’ensemble de la population.

C’est pour cela qu’il faut absolument se concentrer sur le dépistage, extrêmement mal fait en France. Tester, puis isoler : c’est la seule solution viable à mon sens. En France, on ne teste pas assez largement. La moitié des contaminations se fait par des personnes ne présentant pas les signes de la maladie, soit parce qu’elles sont asymptomatiques, soit parce que les symptômes ne se sont pas encore déclarés. Ce sont ces asymptomatiques qu’il faut détecter et isoler ! On sait depuis un an que le risque de transmission est maximal pendant dix jours, quatre jours avant et six jours après l’apparition des symptômes. En France, la Haute Autorité de Santé recommande pourtant de chercher les contacts 48 heures avant les signes : c’est trop court. Il faut aussi rendre les résultats beaucoup plus rapidement.

On a des solutions pour tester systématiquement l’ensemble de la population : les tests PCR groupés peuvent être mis en place. Ils peuvent se faire avec des prélèvements salivaires, beaucoup plus acceptables que les nasopharyngés. La recherche dans les eaux usées donne aussi des indications précieuses. Tester et isoler permettrait aussi de réduire la circulation du virus, et donc d’éviter l’apparition d’un variant plus contagieux. Le temps que l’on perd, d’ici là, est extrêmement précieux, d’autant plus qu’en ne confinant pas en janvier, le gouvernement a déjà fait une énorme erreur.

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Par Margot Brunet

5 réflexions sur “Interview Catherine Hill: immunité collective en septembre?

  1. Monsieur Bertez,

    Pourriez-vous svp faire un papier sur la diversion matérialisée par cette fichue Covid?

    Ce n’est pas polémiste ni complotiste – simplement factuel, chiffres de l’Insee à l’appui – que d’affirmer qu’on ne meurt pas plus avant qu’après la Covid.

    Cela détpurne l’attention, la réflexion des sujets centraux :

    -Le niveau d’enseignement de l’Edu Nat correspond à de la garderie d’enfants,
    -Les féministes haïssent l’héritage patriarcal,
    -Les français de confession musulmane bâtissent en masse de façon patiente et souterraine une république islamiste dans la République, à grands renforts d’allocs,
    -Ce qu’était la France est mort ou presque bientôt.

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  2. La France, un hôpital à ciel ouvert…
    Dans un passé, pas si lointain, on se faisait vacciner pour se protéger soi-même d’une maladie comme la grippe par ex. Aujourd’hui on martèle que devant la gravité du Covid on se vaccine aussi pour protéger les autres…
    Avec le nombre de gens qui ne peuvent pas se faire vacciner pour des raisons médicales (contre indications malgré leurs souhaits) nous nous retrouvons avec une partie des gens qui compte sur les autres pour ne pas l’attraper ! et donc qui mettent la pression sur les non-vaccinés pour qu’ils le fassent afin qu’eux soient protégés.
    Cette situation crée des « victimes » potentielles. C’est pas de ma faute c’est celle des autres qui refusent le vaccin. Progressivement la folie s’installe dans notre beau pays.

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  3. Ne chercherait on pas juste à nous faire accepter la vaccination pour les mineurs, en culpabilisant la population sous prétexte une hypothétique immunité de groupe ?
    La vaccination des enfants et des jeunes n’est pas justifiée et même une faute inexcusable, le bénéfice risque pour eux penche du côté des risques.
    De plus , on passe à côté des vrais questions :
    variant(s) plus contagieux ok mais plus mortel(s) ?
    Pourquoi ne pas renforcer l’offre santé (lits, traitements etc…)
    Pourquoi ne pas mettre en avant les traitements précoces?
    En matière de santé , on protège les personnes à risques et on soigne les malades symptomatiques
    Déjà des voix se font entendre disant que la vaccination obligatoire covid pour les enfants ne va pas à l’encontre des droits de l’homme…

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  4. Rappelons que l’efficacité des vaccins n’est que temporaire et probablement nulle pour les nouveaux variants.
    On parle de 6 mois maximum pour le Pfizer.Et encore son efficacité contre les formes graves n’est probablement pas celle avancée ,mais plus faible(60 a 70%).
    Donc on ne s’en sortira pas avec les vaccins.Ni en forçant les gens a porter des masques sur la plage.Ni en vaccinant les petits enfants.Ni en empechant les gens de boire du rosé sur une plage.
    Il suffirait de laisser les médecins généralistes libres de soigner leurs patients.
    On aurait déja des résultats probants.
    On a déja vu ce que les modélisations des épidémiologistes donnaient:en octobre dernier ,Macron nous promettait plus de 400000 morts.
    La suède qui ne terrorise pas sa population et qui n’a pas beaucoup de mesures contraignantes aurait déja du disparaitre.

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