Editorial. Malgré les cadeaux les entreprises n’investissent pas. Le mystère, le scandale, sont ici expliqués.

La politique de baisse des taux nous est vendue comme susceptible de favoriser l’économie réelle parce qu’elle stimulerait les dépenses d’équipement ! C’est une farce!

On le sait depuis longtemps,mais c’est encore plus vrai en ce moment alors que l’argent est gratuit, que la bourse flambe et que jamais le Capital n’a autant profité des conditions qui lui sont faites. Sans investir.

Non seulement la monnaie ne circule pas comme je l’ai montré encore récemment en publiant le graphe de la masse monétaire comparée à la vitesse de circulation/vélocité , mais en plus elle ne féconde pas l’investissement!

Alors?

La doctrine sur laquelle les autorités monétaires s’appuient pour justifier leur politique est fausse et archi fausse: « Si les salaires et les taux d’intérêt baissent suffisamment, le plein emploi et la croissance de l’investissement seront au rendez vous » disent ils; c’est faux.

Les salaires ne cessent de baisser en relatif , les taux sont négatifs en réel et le capital continue de faire grève.

Pourquoi? Parce toutes les théories utilisées sont idiotes et nient l’évidence, l’économie dans nos systèmes n’est pas une économie de satisfaction des besoins ni même des désirs, il ne suffit pas de lui donner de l’argent gratuit, non ce qu’il lui faut c’est: du profit.

La négation forcenée de la vraie logique du système a savoir que c’est un système mu par le profit conduit à chaque fois à des actions inutiles, mensongères et stériles.

Si le capital continue de refuser d’investir, s’ il ne consacre pas les cadeaux qu’on lui fait aux dépenses d’équipement c’est parce qu’il n’y a pas d’occasion rentable d’investir productivement, il vaut mieux faire de la finance, faire joujou avec l’argent tombé du ciel, et diriger ses disponibilités vers la bourse pour qu’il s’auto-engrosse.

Toutes les théories keynésiennes et post keynésiennes sont fausses qui reposent sur l’équilibre et sur les macro identités pour l’analyse des économies, c’est-à-dire Revenu = Dépenses; les déficits et excédents des secteurs public et privé; les balances commerciales, etc. Tout cela c’est du pipeau qui n’a aucun pouvoir explicatif du fonctionnement de l’économie.

Jamais on ne parle du profit ou des origines du profit.

Je ris quand je vois régulièrement des graphiques qui montrent la progression des bénéfices comptables des sociétés ; cette publication démontre la validité de mon point de vue à savoir que ce qui compte ce ne sont pas des marges des entreprises , les profits extériorisés etc ; non ce qui compte c’est le ratio caché, enterré , jamais calculé er donc jamais publié, le ratio du profit réel divisé par la masse de capital engagée, le ratio de profitabilité.

Ce ratio, c’est la Statue du Commandeur du capitalisme car il a une tendance endogène à baisser sans cesse pour la bonne raison que la masse de capital qui s’accumule croît plus vite que les occasions profitables d’investir.

Le problème non reconnu c’est qu’il n’y a pas assez de profit pour rentabiliser, pour mettre en valeur tout le capital qui s’auto accumule, tout le capital qui se crée par le progrès des techniques, par l’automatisation, par la capitalisation du capital de rentification, par les refus de destructions créatives, par les dettes, par le capital fictif boursier. Le capital progresse en composé alors que les profits ne se composent pas, ils sont à la traine, leur vitesse de progression relative est insuffisante.

Les théories dominantes ont la vie dure même quand les pseudo savants vont semblant de les améliorer comme dans la théorie à la mode des « expectations », des « attentes ».

Selon ces théorie, c’est l’investissement qui génère les bénéfices, et non l’inverse. Et c’est la «demande attendue» qui stimule l’investissement et finalement l’investissement stimule les salaires et les bénéfices. C’est la reprise du grand mythe Saint Simonien ou de Polytechnique.

Hélas ce n’est pas en mettant la charrue avant les boeufs que l’on peut avancer! Au lieu que l’investissement génère les profits comme il est dit ci-dessus, la réalité est que ce sont les profits qui stimulent et incitent et produisent l’investissement. Le mode d’apparaitre de la vérité économique est, comme très souvent inversé: ce qui est une cause apparait comme une conséquence et celui qui tombe dan le piège s’étonne que cela ne marche pas.

Ainsi, l’investissement capitaliste n’est pas le résultat du niveau de «demande attendue» ou d’une vision psychologique entièrement subjective des investisseurs ayant ce que Keynes appelait des «esprits animaux», mais c’est le résultat d’une mesure objective de la rentabilité antérieure de l’investissement. Mais comme le keynésianisme ne veut pas mettre les profits en avant, braquer les projecteurs sur eux car ils sont honteux, il préfère les réduire à une conséquence de l’investissement.

Nos sociétés valorisent l’investissement pour escamoter ce qui est moins noble, le profit.

Nous vivons et pensons dans le déni de l’importance du profit , c’est dire de l’appétit es hommes pour s’enrichir.

Mais quand l’investissement ne repart pas malgré les besoins et malgré la demande et malgré l’argent gratuit alors le keynésianisme est muet il n’a pas de réponse car dans le système keynésien il n’y a pas de réponse logique possible. On dit qu’on pousse sur les cordes, on dit qu’il y a des fuites, on dit que c’est la faute à la transmission! Tout plutôt que d’admettre la vérité.

La grève de l’investissement alors que les besoins sont là, que les désirs sont là que les facteurs de production sont la et que l’argent est gratuit, la pensée keynésienne ne peut comprendre!

Alors pourquoi les autorités mènent elles des politiques qui ne servent a rien?

La réponse est simple la monnaie, la politique monétaire n’ont pas vocation à sauver l’économie réelle, elles ont simplement pour fonction de soutenir les prix des actifs/les prix du capital fictif sur les marchés financiers , car sans politique d’inondation monétaire, les prix des actifs- actions et obligations- s’effondreraient. Les banques seraient détruites, la monnaie n’aurait plus de contrepartie, ce serait la Grande Curée, le Grand Run.

Pas de croissance des Capex, les dépenses d’équipement


Les investisseurs veulent maintenant que les entreprises augmentent leurs investissements avec leurs liquidités supplémentaires. Cela est tout à fait logique car les entreprises sont désormais bien capitalisées et les prix des actifs sont élevés. Il n’est pas nécessaire d’améliorer la liquidité dans la plupart des entreprises. De plus, les valorisations des actions sont très élevées, ce qui rend les buy back de moins intéressants.

De nombreuses entreprises rachèteront des actions à n’importe quel prix pour restituer du capital aux actionnaires. Cependant, il n’est probablement pas logique d’acheter des actions à des valorisations excessives.

Aucune entreprise n’admettra que ses actions sont trop élevées, mais en réalité, de nombreux multiples de capitalisation n’ont aucun sens.

Beaucoup de sociétés ont des ratio PE forward à un plus haut depuis 10 ans , supérieur à 22.

Le graphique ci-dessous montre comment les directeurs financiers ont répondu lorsqu’on leur a demandé pourquoi ils ne dépenseraient pas plus en capex au cours des six prochains mois.

La réponse la plus courante était «pas besoin d’augmenter la capacité».

Plus de 60% des entreprises ont fait cette réponse , ce qui est beaucoup plus élevé qu’au troisième trimestre 2020.

C’est un gros problème si les entreprises n’ont nulle part où dépenser de l’argent, car cela indique que le rendement du capital est considéré comme faible. Il y a tellement de capital et pas assez de places pour que cela puisse obtenir un excellent rendement.

Réponse des societes aux questions sur les raisons qui expliquent qu’ellles n’investissent pas:

Image

2 réflexions sur “Editorial. Malgré les cadeaux les entreprises n’investissent pas. Le mystère, le scandale, sont ici expliqués.

  1. Bonsoir M. Bertez
    Et cette hypocrisie concernant cette profitabilité, qu’il faut cacher car on ne saurait la voir, s’étend bien au delà: n’a t’on pas transformé les cultivateurs en exploitants, n’ayant pas osé en faire des exploiteurs, ce qui eût été grammaticalement correct mais insupportable aux auto-certifiés bien pensants.
    Cordialement

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    1. Le système ne peut se regarder dans les yeux, il ne peut
      survivre que non-su, non-conscient. Nous n’avons aucune prise sur ce qui est ignoré, non-su et c’est vrai pour l’inconscient social comme pour l’inconscient individuel.

      Le plus grand processus révolutionnaire et évolutionnaire c’est l’advenue de la Vérité. C’est un processus historique, objectif, qui n’est pas le produit de la subjectivité et de la volonté des hommes.

      Le système vit, les hommes plaquent dessus des narratives, des romans..

      Le monde est l’intersection de trois ordres:

      -le réel qui est ce qu’il est, en-soi

      -le symbolique qui exprime le réel par un travail sans fin, toujours à approfondir de recherche de co-naissance

      -l’imaginaire qui exprime la névrose sociale et les désirs des hommes

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