La politique européenne, c’est comme le foot : C’est un jeu collectif… Et à la fin c’est l’Allemagne qui gagne.

Ma chère lectrice, mon cher lecteur,
 
La politique européenne, c’est comme le foot : C’est un jeu collectif… Et à la fin c’est l’Allemagne qui gagne.
 
L’Allemagne est en train de mettre la main sur le trésor nucléaire français tout en détruisant durablement notre industrie automobile et tout cela à coups de normes européennes stupides mais tellement efficaces pour nous mettre à genoux.
 
La politique européenne, c’est comme le foot à 3 différences près :
Quand le foot se joue à 22 sous les projecteurs des stades, la politique européenne se joue à 27 dans la pénombre des arcanes bruxellois et des couloirs sans fenêtre de la Commission ;
Dans le match européen, les Allemands ont confisqué le rôle d’arbitre et détruit l’esprit sportif en même temps que les vertus d’une saine concurrence pour n’en garder que les vices ;
Lorsqu’il s’agit de foot c’est rigolo alors qu’en politique c’est tragique : À la fin, il y a la guerre et la mort (d’ailleurs, cela fait un moment que la construction européenne bruxelloise ne défend plus la paix mais promet la guerre) ;
Cette lettre et la vidéo qui l’accompagne sont essentielles mon cher lecteur, étudiez-les, partagez-les : Je n’ai vu aucun média comprendre et exposer l’enjeu européen et Allemand derrière le démantèlement d’EDF.
 
 
L’enjeu oublié de l’énergie
Mais cher lecteur, il n’y a pas de richesse abondante sans énergie, pas de vie même sans énergie. Quand l’avons-nous oublié ? La question est brutale mais inévitable.
 
Nous payons aujourd’hui 40 ans de faillite morale et politique française et la crise que nous traversons n’est guère plus que le révélateur et l’accélérateur de nos fautes passées plus encore qu’actuelles.
 
Bien sûr tout ceci ne se passerait pas ainsi si nous tenions un tant soit peu nos budgets, notre rang et conservions une once de crédibilité à Bruxelles.
 
 
Les dettes se paient aussi en souveraineté perdue
Encore une fois les dettes ne se paient pas demain mais dès aujourd’hui et de biens des façons.
 
Je vous répète souvent que la dette est l’instrument principal du capitalisme de connivence enrichissant ceux qui touchent les crédits au détriment de ceux qui ne les touchent pas ou ne les touchent qu’après.
 
Je vais vous dire dans cette lettre comment nous payons nos dettes dès aujourd’hui à grands coups de souveraineté perdue ; peut-être devrais-je écrire : abandonnée :
 
Nous sommes plus à blâmer que les Allemands qui se contentent de pousser les avantages que nous leur portons sur un plateau.
 
Cela est vrai de tout temps : La dette nous soumet à nos créanciers. Notre créancier aujourd’hui, c’est la BCE, et la BCE ce n’est pas nous, c’est l’Allemagne.
 
Après tout, nous bénéficions d’un Euro allemand, nous en payons aussi le prix, mais chut, il ne faudrait pas se l’avouer… Car derrière il y a la grande trahison de Macron à Bruxelles : Ne pouvant tenir sa place, il a préféré sauver les apparences et la perdre vraiment. Notre royaume pour un plat de lentille.
 
 
L’échec européen de Macron et le déclassement français à Bruxelles
Souvenez-vous mon cher lecteur du grand programme européen d’Emmanuel Macron de 2017 : Il a échoué sur tout et là où il semble avoir réussi, il a doublement échoué, ses solutions apportant l’inverse de leur objectif : souveraineté numériquetravailleurs détachés, Europe de la défensebudget européen et plan de relance
 
Il n’y a plus de couple franco-allemand, il n’y a plus qu’un couple germano-teuton et même la presse aux ordres n’arrive plus à préserver les apparences tant les mascarades sont devenues grossières.
 
Aujourd’hui cela se manifeste par le pillage de notre industrie et plus particulièrement de notre électricité et de nos bagnoles.
 
Je vous parle souvent des grands transferts de richesses organisés par la BCE, mais Bruxelles n’est pas en reste et aujourd’hui pour satisfaire les appétits allemands, la Commission s’assoit sur tous ses grands principes de libre marché, concurrence, défense du consommateur… Et bla-bla-bla.
 
 
L’insoluble mix énergétique allemand
Après 2011 et Fukushima, l’Allemagne a fait le choix de la sortie du nucléaire et de l’investissement massif dans les énergies renouvelables et surtout intermittentes.
Le problème est que nos encombrants voisins se sont lancés dans cette folle politique en n’ayant résolu que la moitié de l’équation.
 
Pour mémoire, l’électricité a ceci de particulier qu’elle ne se stocke pas, ou si mal, et donc qu’il faut équilibrer le réseau en permanence pour ajuster l’offre à la demande en continu.
 
Or les énergies renouvelables étant intermittentes, il faut prévoir d’envoyer l’électricité quelque part lorsque la production dépasse les besoins et en sens inverse, il faut d’autres sources d’approvisionnement quand la consommation augmente… Par exemple un soir d’hiver de grand froid sans vent.
 
C’est d’ailleurs pour cela que l’Allemagne dépend et va dépendre de plus en plus de la France pour son électricité même s’ils exportent plus d’électricité chez nous que l’inverse : le problème n’est pas le volume mais le moment où on a le plus besoin.
 
 
La double peine de l’électricité danoise
L’exemple le plus cocasse et révélateur est celui du Danemark : la Danemark a installé plus de 100 % de ses besoins théoriques en renouvelable.
 
Or il se trouve que les renouvelables fonctionnent en même temps en Europe du Nord et quand les éoliennes danoises fonctionnent, les allemandes et les autres aussi, et vous vous trouvez rapidement à produire bien plus d’électricité que vous n’en avez besoin. C’est comme cela que vous vous retrouvez avec des prix négatifs sur le réseau car certains producteurs préfèrent payer pour se débarrasser de leur électricité plutôt que de couper leurs centrales ce qui peut être fastidieux et coûteux selon les types.
 
Dans le cas du Danemark, l’électricité excédentaire est envoyée en Norvège qui paie le courant à bas prix et l’utilise pour remplir les réservoirs de ses barrages.
 
En sens inverse quand la demande explose sans que la production danoise ne suive, les Danois rachètent l’électricité à prix d’or aux Norvégiens.
 
Non seulement les Danois ont payé une fortune pour installer leur parc renouvelable, mais ils paient une seconde fois pour l’intermittence de leur production et engraisser la Norvège qui doit bien rigoler.
 
Bien évidemment, l’Allemagne a le même problème.
 
 
La Face sombre comme du charbon du renouvelable allemand (qui est surtout intermittent)
Aujourd’hui l’Allemagne dépend du charbon (et même bien pis, le lignite) et du gaz pour assurer les arrières du renouvelable.
 
Le lignite est la grosse verrue du mix énergétique des Allemands qui se foutent bien de nous à compléter leur belle énergie renouvelable avec la pire des énergies fossiles. C’est d’ailleurs une des grandes décisions de la fin de règne de Merkel qui veut accélérer la sortie du charbon prévue aujourd’hui en 2038 (pas encore demain la veille).
 
Reste le gaz : Et là – au-delà de la pollution relative du gaz — c’est un enfer géopolitique pour l’Allemagne qui dépend du gaz russe.
 
 
Le dilemme géostratégique du gaz pour les Allemands
Les Allemands d’un côté sont en train de se mettre une belle laisse énergétique qu cou avec le gazoduc Nordstream 2 dont il ne reste plus que quelques kilomètres à poser et de l’autre il faut éviter de trop froisser le partenaire américain, essentiel pour les exportations teutones qui voit d’un très mauvais œil ce lien russo-germanique :
L’Europe est faible par ses matières premières, une intégration avec la Russie comblerait ce manque et pourrait présager de cette Europe des nations de l’Atlantique à l’Oural qui serait un concurrent plus dangereux encore que la Chine pour les États-Unis.
Plus proche de nous, les États-Unis rêvent de nous fourguer leur gaz de schiste dont ils ne savent plus que faire tant ils en ont.
 
Il y a donc de très grosses incertitudes et de grands risques sur la fourniture en gaz pour l’Allemagne.
 
L’Allemagne doit donc faire face à un tarissement de sa production d’électricité thermique au moment même où les besoins vont augmenter considérablement avec le passage forcé vers la voiture électrique à grands coups de normes européennes qui forcent même Ferrari à passer à l’électrique.
 
 
Et la bagnole électrique par dessus : OPA hostile et réglementaire de l’Allemagne sur l’industrie automobile française

L’Allemagne doit donc sécuriser son accès à de l’électricité bon marché au moment où ils finalisent leur seconde OPA hostile sur l’industrie automobile en monopolisant les compétences clés de l’électrique à commencer par la production de batteries qui se concentre en Allemagne.
 
Nous avons eu un aperçu la semaine dernière à Rodez où Bosch a décidé de couper 60 % des emplois de son usine d’injecteur de moteurs diesel et probablement la fermeture par la suite car il n’y a pas de projet de reconversion viable.
Le Figaro économie s’est fendu d’un grand dossier sur la sidération de l’automobile française non préparée à cette transition forcée.
 
Ils se trouve que la France a fait le choix du diesel et l’Allemagne de l’électrique.
 
Qui a raison ? La question est ouverte mais il est certain qu’avec de l’électricité produite à la lignite votre BMW électrique marche au charbon et pollue infiniment plus que les petites cylindrées françaises qui ont porté le diesel à des niveau d’efficacité inégalés.
 
Il se trouve que cette grande victoire de l’électrique n’est pas le fruit de la concurrence ou du libre marché, ni des considérations environnementales qui ne sont que de façade, mais d’une pure bataille réglementaire bruxelloise et d’une forme de revanche allemande suite au dieselgate qui a osé mettre à genoux le fleuron Volkswagen en révélant les coups bas de ces gros légalistes d’Allemands qui en sont d’autant moins vertueux.
 
 
Notre beurre et l’argent de notre beurre
Dans cette affaire les Allemands prennent notre beurre et l’argent de notre beurre en affaiblissant durablement notre industrie automobile tout en confisquant notre électricité pour solvabiliser la leur.
 
Avec le renouvelable, ils n’ont véritablement résolu que la moitié de l’équation… Et depuis le temps, il devient nécessaire de se demander si l’équation a seulement une solution.
 
C’est pour cela que les Allemands lorgnent notre électricité nucléaire presse-bouton dont ils ont tant besoin.
 
 
Si chère électricité allemande
Ajoutez à cela qu’il doit leur être de plus en plus insupportable qu’une entreprise allemande paie son électricité 30 à 50 % plus cher qu’une entreprise française et un particulier deux fois plus cher et vous avez tous les ingrédients pour une OPA hostile de l’Allemagne sur l’électricité française.
 
Oh notez bien que cela ne date pas d’hier… Mais la crise révèle et accélère il s’agit aujourd’hui de nous réveiller ou de sombrer.
 
 
Le grand marché de l’énergie : Oh rage, le nucléaire ne peut pas être privatisé 
Cela fait déjà 20 ans que nous avançons dans le grand marché commun de l’énergie et en particulier de l’électricité.
 
Comme pour tous les autres secteurs, le plan est le même : il s’agit de démanteler les monopoles faire tomber les frontières et ouvrir les marchés à la concurrence.
Mais en France, cela pose un problème : Vous ne pouvez pas démanteler le monopole d’EDF.
 
Il y a 20 ans, notre électricité venait à 80 % du nucléaire et 10 % d’hydraulique avec nos barrages.
 
Autant vous pouvez vendre un parc de centrales thermiques à la découpe, autant vous ne pouvez pas privatiser des centrales nucléaires. Au-delà même de la gestion et des compétences, le risque nucléaire est inassurable et ne peut être pris en charge que par la puissance publique.
 
C’est là qu’est l’os hélas.
 
Alors à défaut de privatiser la fourniture d’électricité (la production), on a décidé à Bruxelles de privatiser au moins la distribution.
 
Et à partir de 2011, EDF s’est vue obligée de vendre jusqu’à 25 % de sa production d’électricité à des distributeurs alternatifs au prix de 42 € le mégawattheure (MWH). C’est le fameux ARENH
 
 
EDF crève d’une réglementation européenne stupide, obsolète et même pas libérale…
À l’époque, le prix est plutôt généreux et en faveur d’EDF mais une décennie a passé et les prix se sont envolés essentiellement à cause des investissements dans les renouvelables et de choix industriels très contestables tant aux niveaux français et européen depuis 30 ans, et pendant que les prix de l’électricité étaient multipliés par 2, les fameux 42 €/MWH n’ont jamais été relevés depuis 2012.
 
Or il se trouve que l’ARENH est une double peine pour EDF car les distributeurs alternatifs ont le droit mais non l’obligation de se fournir auprès d’EDF à ce tarif.
 
Cela signifie que lorsque les tarifs spots sont inférieurs à 42 €, ils se fournissent ailleurs et dès qu’ils repassent au-dessus, ils reviennent chez EDF. Non seulement EDF vend uniquement sous le prix du marché avec l’ARENH, mais lorsqu’il y a des tensions sur le réseau (et que les prix montent) EDF doit essuyer le pic de demande et fournissant à prix fixe une énergie qui vaudrait un prix d’or.
 
On estime d’ailleurs que le manque à gagner pour EDF depuis 2011 est de 5 à 10 milliards d’euros et à mon avis on est plus proche des 10.
 
Si EDF est surendettée aujourd’hui, ce n’est pas tant à cause de la concurrence sauvage ou des fautes des PDG ou des mauvais choix stratégiques : C’est ce foutu tarif réglementé qui met EDF au bord du précipice.
 
Ce qui tue EDF c’est la norme européenne et rien d’autre.
 
 
Macron, par lâcheté, veut nous faire avaler un remêde pire que le mal
Si nous avions un tant soit peu de poids à Bruxelles, nous ferions tomber d’autorité ce tarif inique et destructeur mais nous n’en avons plus et le gouvernement français doit aller quémander une augmentation de prix.
 
Or Bruxelles exige aujourd’hui le démantèlement d’EDF contre une augmentation du tarif ARENH de 42 € à 48 €… À peine de quoi sortir la tête de l’eau.
 
Il faut regarder le détail du projet imposé par Bruxelles pour comprendre les enjeux et objectifs réellement poursuivis avec le projet Hercule qui n’a perdu que son nom ce week-end.
 
J’en veux aux détracteurs du projet qui ne font mine que de voir la main de méchants actionnaires privés voulant s’enrichir sur le dos d’EDF et de la facture d’électricité de millions de Français (ce qui est vrai) en ratant l’enjeu supérieur du pillage de notre électricité par l’Allemagne.
 
 
La politique soviétique autoritaire et destructrice derrière le faux-nez libéral
En 2021 comme en 2011 le parc nucléaire français n’est toujours pas privatisable. La Commission aurait pu exiger la séparation entre la fourniture et la distribution et exiger une fourniture au prix de marché ce qui aurait le plus de sens selon leur catéchisme officiel.
 
Il n’en est rien :
Le projet actuel enferme le trésor de notre électricité nucléaire indispensable dans les faits dans le mix actuel pour mieux le livrer à l’Allemagne notamment via une intégration renforcée du réseau avec une nouvelle interconnexion passant par la Belgique et de nouvelles règles de gestion du réseau automatisées qui permettent de livrer notre électricité aussi bien à Francfort qu’à Paris.
Et surtout, alors qu’EDF proposait un projet où ils s’engageaient à fournir 100 % de leur production au prix de marché : La Commission a refusé pour imposer le tarif de 48 € de manière totalement soviétique.

Autant avec un prix de marché, EDF et l’État actionnaire auraient récupéré des financements gigantesques permettant d’améliorer la fourniture et la distribution pour nos entreprises et ménages, autant avec ce prix à 48 €, c’est l’Allemagne qui s’assure la régulation de son parc renouvelable à vil prix.
 
Voilà ce qui se cache derrière le faux nez des méchants néolibéraux à tendance surtout néosoviétique autoritaire.
 
 
Sacrifices allemands et inconséquences françaises ne font pas bons ménage
Avant de finir cette lettre trop longue mais si importante, il nous faut encore nous mettre un instant à la place des Allemands plutôt que de nous contenter de les mépriser, ce qui n’arrange rien.
 
Rappelons-nous un instant que l’Allemagne en 2000 et la lanterne rouge de l’Europe, « l’homme malade » comme l’on disait alors qui payait fort cher sa réunification (estimée à 1 000 milliards d’euros).
 
Au début des années 2000 Schröder a lancé la grande déflation compétitive.
Les Allemands ont accepté des baisses de salaires, des couvertures sociales et de santé amoindries : Ils ont fait ce sacrifice pour redresser leur pays, à tel point qu’aujourd’hui un retraité allemand est plus pauvre qu’un retraité français : Et que croyez qu’il pense le retraité allemand ? Pensez-vous qu’il a moins de mépris pour nous qui faisons la cigale sur son dos rond de fourmi ?
 
Au jeu de Bruxelles, l’Allemagne n’a à la fin pas plus à gagner que la France en faisant d’un partenaire un adversaire et en construisant aujourd’hui les conflits et guerres de demain.
 
 
Bruxelles l’inféodée contre l’Europe des Nations de l’Atlantique à l’Oural
Le véritable adversaire, mon cher lecteur, est à Bruxelles bien davantage qu’à Berlin et la situation actuelle nous rappelle qu’une grande Europe est possible de l’Atlantique à l’Oural, une Europe des nations souveraines au lieu de cette Bruxelles mondialiste et asservie à l’Amérique.
 
Rappelez-vous mon cher lecteur, un esclave riche, cela n’existe pas.
 
Rappelez-vous également que rien n’est inéluctable et que l’Allemagne, il y a 20 ans
était fragile comme elle est forte aujourd’hui.
 
Étudiez et partagez cette lettre et la vidéo qui l’accompagne et la complète.
 
À votre bonne fortune,
 
Guy de La Fortelle
 
 

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