La malédiction de l’inflation et … de son absence. Nos systèmes ne génèrent que des médiocres.

Le grand thème c’est celui de l’inflation. Je vous ai traduit la dernière intervention de Powell.

Vous pourrez vous rendre compte que cet homme ne mérite pas la confiance, il est incompétent et en plus il en est moralement indigne. Je suis sévère mais je n’apprécie pas qu’en ces matières on trompe en faisant de la réthorique et en alignant les tautologies cafouillante. Le monde mérite mieux.

Le débat sur l’inflation est d’une complexité extrême qui dépasse aussi bien la Fed, que Powell, que les économistes et que les marchés. L’inflation c’est une sorte de noeud bien serré ou les contraires s’emmêlent et on ne sait plus par quel bout dénouer.

On a bénéficié trop longtemps des délices de l’inflation modérée ou de la désinflation et ce bénéfice on le paie cher. L’inflation modérée dont s’est gargarisé le Maestro Greenspan a couté et va couter cher.

L’inflation modérée a fait baisser le prix de l’argent, produit des taux du crédit bas et ces taux du crédit bas ont autorisé une demande sans cesse croissante de crédits, de dettes, d’actifs financiers.

L’inflation basse, les taux bas sont comme la langue d’Esope; la meilleure et la pire des choses.

En fait le système a un besoin vital d’inflation afin de réduire relativement le poids de ses dettes. L’inflation c’est ce qui efface les traces du passé et le passé s’est cristallisé dans les bilans par des dettes excessives que l’on ne peut honorer sans plonger dans la déflation. La déflation bilantielle.

L’inflation et son absence sont au coeur des contradictions du système capitaliste car ils ont avoir avec ce qui est l’essence du capitalisme: l’accumulation, les intérêts composés, la possibilité de toujours accumuler.

La dette voila le Mistigri dont il faut se débarrasser. Dont il faudrait se débarrasser maintenant car il y en a trop, on a épuisé le cycle long du crédit et au lieu d ‘être un atout, le crédit s’est retourné en son contraire; un handicap. la dette , c’est du Ionesco: Amédée comment s’en débarrasser!

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Pour repousser les échéances, puisque l’on n’a pas d’inflation suffisante qui érode la dette, on la rend soutenable par la baisse continue des taux d’intérêt. En abaissant les taux hélas on augmente la demande de dette mais on fait en sorte que son service soit supportable. On construit un mur dans le futur, mais dans le présent , cela tient. Cela tient tant que l’on peut baisser les taux; or il y a un moment terrible c’est celui ou les taux arrivent à la borne du zéro!

Powell est dans une situation absurde.

D’un coté il voudrait une accélération durable de l’inflation pour réduire la dette en relatif et en réel; de l’autre il ne veut pas que les taux montent car cela alourdirait le poids des dettes et disloquerait les bourses , et il ne peut plus manipuler les taux administrés car on est collé à la borne du zéro.

Donc il est contraint à dire n’importe quoi puisqu’il veut une chose et son contraire.

Il a besoin d ‘inflation mais l’inflation faisant monter les taux de marché et chuter les bourses il ne peut se la permettre.

Sa solution? Mentir et dire n’importe quoi maladroitement.

Faute de sortir de l’impasse du réel, il faut truquer les perceptions et espérer que cela marche.

Pour sortir du dilemme énoncé ci dessus à savoir vouloir l’inflation tout en ne pouvant en supporter les conséquences il faut un génie, un grand dialecticien, pas un menteur ou un incapable. Nos systèmes ne génèrent que des médiocres.

[Yahoo/Bloomberg] U.S. Futures Up, Asia Stocks Dip as Inflation Eyed: Markets Wrap

[Reuters] Asia off to slow start ahead of U.S. data deluge

[Yahoo/Bloomberg] China Huarong Seeks to Reassure Investors That It Can Repay Debt

[Reuters] New Zealand’s Ardern says differences with China becoming harder to reconcile

[Bloomberg] Intel CEO Says Chip Shortage Will Persist for ‘Couple of Years’

[Bloomberg] Philippines Slams China for ‘Dangerous Maneuver’ in Disputed Sea

[FT] El-Erian: Fed framework holds central bank hostage

[FT] Commodities supercycle arrives as pandemic recedes

[FT] Collapsing yields on risky US debt test investors’ limits

[FT] Credit Suisse made just $17.5m in Archegos fees in year before $5.4bn losses

4 réflexions sur “La malédiction de l’inflation et … de son absence. Nos systèmes ne génèrent que des médiocres.

  1. Bonjour Mr Bertez,
    Dans un monde aussi surprenant que le notre actuellement, je me permets de vous poser ces quelques questions :
    Est-il possible d’avoir une hausse de l inflation sans une hausse des taux ?
    Si oui, quelles en sont les répercutions (autres que celle de la tonte des épargnants) ?
    Ce système ne ressemblerait-il pas à des taux réels profondément négatifs ?
    Par avance merci pour les éclaircissements que vous voudrez bien m’apporter.
    Cdt

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  2. « Ce qui est essentiel pour moi, ce qui donne son explication à la pièce, c’est le cadavre. Tout le reste n’est qu’histoire autour, même si elle est significative de quelque chose. Le cadavre, c’est pour moi la faute, le péché originel. Le cadavre qui grandit c’est le temps »: Ionesco.

    Le temps c’est ce qui révèle, rend béant ce que l’on se refusait à juger mauvais… fut un temps, mais le temps façonne. (force est à l’inconscient, aux aveuglements crépusculaires). C’est le péché contenu dans l’action et ce par quoi la nature infamante d’un désir se concrétise, se déploie puis finit de se retourner contre son géniteur…

    Digression

    Le temps, c’est le corps de corruption qui a sa logique et cette logique est implacable, nous dirions qu’elle a sa nécessité tout autant qu’elle est nécessité.

    La fonction du temps est le moyen inextinguible d’expression de « l’organe » qui emplit le vide de l’espace… Vide et espace se confondent avec le temps par intrication, ils sont les percipients de l’Etre « en relatif ». En métaphysique, frontière en recul interprétatif de la raison raisonnante, la raison d’être du temps est le vide devenu phénomène dans son impermanence, c’est le Verbe qui se fait Parole. Le temps exprime à la fois les lois « proverbiales » qui régissent les variables dans leurs catégories de réalité propres (Aristote) et ce par quoi l’espace lui est lié (au temps comme aux variables) mais c’est par intuition qu’émerge le « commandeur, qui est le Principe. Le Principe Primordial s’affiche et s »affirme à l’esprit par science et pré-science, c’est ainsi que pré existe une constante cosmo-logique qui surdétermine et essentialise le Tout en Un et le Un fractionné en mosaiques dynamiques et holoscopiques de nos réalités sensibles. Le temps, l’espace, l’Etre… interrogent le Non Etre… That is the question in front and behind the mirror.

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  3. Bonsoir M. Bertez
    Je vous suis concernant l’inflation vue depuis la finance; cependant pour ce qu’il en va des biens de consommation courants, les particuliers subissent une shrinkflation de l’ordre de 15 à 20% depuis au moins un an!
    Cordialement.

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    1. j’ai déjà expliqué que l’inflation en tant que concept utilisé par les économistes n’était pas l’inflation ressentie par les consommateurs et il y a de bonnes raisons pour cela.
      La question est ailleurs: comment se fait il que les syndicats acceptent que l’on retienne une inflation systématiquement minorée pour les indexations et les calculs sociaux comme le pouvoir d’achat ? Réponse: connnivence.

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