L’inflation refuge de l’ignorance ou plutot de la mystification.

J’insiste sur le thème de l’inflation car comme je l’ai expliqué c’est à ce niveau que se noue le noeud des contradictions du système.

L’inflation revient-elle dans les grandes économies capitalistes? 

Alors que l’économie américaine et d’autres grandes économies commencent à rebondir après la crise du COVID de 2020, les économistes traditionnels se demandent si l’inflation des prix des biens et services dans ces économies va s’accélérer au point où les banques centrales devront resserrer la politique monétaire, arrêter d’injecter du crédit dans le système bancaire et relever les taux d’intérêt. 

Si cela devait se produire, cela provoquerait un effondrement des marchés boursiers et obligataires et des faillites de nombreuses entreprises trop faibles pour supporter le coût du service de la dette.

Les banquiers centraux veulent maintenir les débauches monétaires le plus longtemps possibles , elles savent que la fragilité est elle qu’il faut continuer, coute que coute.

Je doute qu’elles aient la moindre idée sur l’inflation future, leur palmarès en matière de prédiction depuis 2008 est lamentable.

Pour justifier leur position les Powell et autres nous disent que l’inflation est transitoire, temporaire. Elles n’en savent rien rigoureusement; rien sachez-le . Mais ils n’ont aucun scrupule, plus ils vous tromperont longtemps, plus eux, dureront . Leurs mensonges leur permettent de repousser les échéances et l’heure des comptes.

Dites vous bien qu’ils n’ont plus aucune théorie de l’inflation, ils sont nus et se rabattent sur les tautologies et autres discours magiques du genre; l’inflation arrive lorsque les anticipations deviennent … inflationnistes!

Ah les braves gens. Et dire qu’ils sont payés des fortunes pour énoncer pareilles stupidités.

La théorie actuelle pour expliquer et mesurer l’inflation est celle des «anticipations d’inflation». 

Voici ce que l’on peut lire  (un article économique traditionne)l:

 «À plus long terme, les anticipations d’inflation sont un déterminant clé des pressions durables sur les prix. Lorsque les entreprises, par exemple, s’attendent à ce que les prix à long terme restent autour de l’objectif d’inflation de 2% de la Réserve fédérale, elles peuvent être moins susceptibles d’ajuster les prix et les salaires en raison des types de facteurs temporaires évoqués précédemment. Si, toutefois, les anticipations inflationnistes ne sont plus liées à cet objectif, les prix peuvent augmenter de manière plus durable. »

Mais diantre comment se forment ces fameuses attentes d’inflation ? Elles doivent bien être basées sur quelque chose!

Les gens ne sont pas stupides. Les attentes des entreprises et des ménages quant à la hausse des prix dépendent de certaines suppositions ou estimations de la façon dont les prix évoluent et pourquoi. Dire que l’inflation dépend des anticipations ne nous renseigne sur rien puisque les anticipations sont bien formées à partir de quelques chose? Ce n’est pas mieux que la célèbre tautologie de Molière; votre fille est muette parce qu’elle ne parle pas et elle ne parle pas parce qu’elle est muette.

Les anticipations de hausses de prix n’expliquent pas elles-mêmes les hausses de prix. Pas plus que la tendance haussière du graphique de l’indice boursier n’explique la hausse de la Bourse. .. sauf pour ceux qui croient à la magie de la Tendance. En quelque sorte l’inflation aurait pour cause sa propre anticipation, elle serait de nature profondément subjective; la faute à ceux qui montent les prix!

L’économie main stream a été poussée dans ce refuge de l’ignorance et des déterminations «subjective» parce que les anciennes théories traditionnelles de l’inflation se sont avérées fausses. Voila la raison et c’est la seule.

La théorie dominante était la théorie monétariste. Son hypothèse de base est que l’inflation des prix dans l’économie «réelle» se produit et s’accélère si la masse monétaire augmente beaucoup plus rapidement que la production dans une économie. L’inflation est essentiellement un phénomène monétaire a énoncé doctement Milton Friedman et sa copine Schwartz . Et elle est causée par l’activisme des banques centrales et des autorités monétaires . 

Hélas la théorie monétariste s’est avérée sinon fausse du moins inutile ou inadaptée aux dernières décennies. Les masses monétaires ont beau augmenter, les prix ne bougent pas! L’inflation semble avoir cessé d’être un phénomène monétaire!  Depuis 2009 , les masses monétaires entrant dans le système bancaire augmentent plus que les GDP et pourtant l’inflation des prix à la consommation ne bouge guère et même ralentit. Je soutiens que nous ne savons plus ce qu’est la monnaie moderne et qu’une grande partie de ce que l’on croit être monnaie n ‘en est pas, c’est de la monnaie morte, de la monnaie zombie. La vraie monnaie est ailleurs pense Snider. Ce qui est sur c’est que les réserves bancaires ne sont pas de la vraie monnaie.

La théorie monétariste s’est avérée fausse parce qu’elle part peut être hypothèse erronée: elle dit que la masse monétaire détermine les prix des biens et des services. Mais quid si c’est le contraire si ce sont les variations des prix et de la production qui gouvernent la masse monétaire?

Prenons la formule monétariste: MV = PT, où M est la masse monétaire; V est la vitesse de rotation de la monnaie (le taux de rotation des échanges monétaires); P = prix des biens et services et T = transactions ou activité de production réelle.

La théorie monétariste ne nous apprend rien car la vitesse de circulation -vélocité- de l’argent (V) n’est pas constante. C’est la même stupidité qu’en analyse financière ou on analyse soi disant avec le multiple cours bénéfices sans se rendre compte que ce multiple n’étant pas constant mais constaté a posteriori, il n’est qu’une rationalisation de l’ignorance.

L’énorme augmentation de la masse monétaire (M) a été neutralisée par la baisse sans précédent de la vitesse de la monnaie (V). Donc MV, le côté gauche de l’équation monétariste, n’a pas progressé du tout. Contrairement à la théorie monétariste, les prix des biens et services ne sont pas déterminés par les injections de crédit. 

Mais cet argent a-t-il alors disparu? Non, il est toujours là, mais les injections d’argent de la Réserve fédérale et d’autres banques centrales, principalement réalisées en «  imprimant de l’argent  » et en achetant d’énormes quantités d’obligations d’État et d’entreprises, ainsi qu’en accordant des prêts et des subventions, se sont logées, non pas entre les mains des entreprises et des ménages pour dépenser, mais dans les dépôts des banques et autres institutions financières. Cet argent a été thésaurisé ou utilisé pour financer la spéculation sur les actifs financiers. Ainsi, la vitesse de circulation la monnaie (V) dans les transactions de biens et services a chuté.

La théorie alternative utilisée par les économistes au sujet de l’inflation est dérivée de la théorie keynésienne. La théorie keynésienne théorie conservatrice, est une théorie qui accorde un rôle central à la poussée des salaires. L’inflation dépendrait de la balance entre la demande et l’offre de main-d’œuvre, le déséquilibre ferait grimper les salaires. 

L’argument serait le suivant:

plus la demande de main-d’œuvre par rapport à l’offre disponible est élevée, plus le taux de chômage est bas et plus les salaires deviennent élevés, ce faisant les salaires forcent les prix à la hausse.

La théorie keynésienne considère que l’inflation est causée par des augmentations de salaire trop élevées.

Vous noterez que ceci implique, sans le dire, que les entrepreneurs et le capital s’opposant en fait aux hausses de salaires et à la baisse de leur s profits en montant les prix. Ce qui implique mais on ne le dit pas que le rapport de forces entre le capital et le travail est un élément déterminant.

Elle estime que les changements probables de l’inflation peuvent être prévus en à utilisant la courbe dite de Phillips. C’est une courbe simple, simpliste qui nous dit qu’il y a une relation statistique entre le taux de chômage et le taux d’inflation des prix. 

Cette courbe n’a fourni aucune indication sur l’inflation depuis la crise de 2008-2009: les taux de chômage dans les principales économies ont chuté à des niveaux sans précédent et pourtant les hausses de salaires ont été très modérées et les taux d’inflation ont tendanciellement ralenti. C’est le symétrique des années 70, ou les taux de chômage ont atteint des sommets, mais ou l’inflation est restée forte.

L’absence de théorie satisfaisante de l’inflation reflète l’ignorance de l’économie classique de son propre mode de fonctionnement; à partir du moment ou vous travaillez avec des théories fausses vous ne pouvez, sauf hasard que parvenir à des conclusions fausses. Ni le monétarisme ni le keynésianisme ne rendent compte de la réalité de l’économie moderne et de ses fluctuations car ces théories sont partielles, fondées sur la monnaie et la demande alors que l’économie réelle capitaliste est fondée sur …le profit.

Mais chut, c’est le grand secret, l’honteux secret.

EN PRIME

3 réflexions sur “L’inflation refuge de l’ignorance ou plutot de la mystification.

  1. Merci pour cette critique qui résume très simplement et efficacement la relation entre QE et inflation. Vous parlez de la courbe de philips, que pensez vous de cette nouvelle idée de courbe de philips correcte selon si le taux de change est fixe ou variable ?

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  2. La monétisation crée de l’inflation de façon mécanique. Sans monetisation, une crise deflationniste sans précédent aurait survenu dès 2009.

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