Editorial: ils vous mentent, ils vous volent, ils préparent le chaos.

Le titre mérite d’être explicité:

ils vous mentent car ils ne gèrent pas la monnaie en bons pères de familles, ils la détruisent

ils vous volent car la façon de gérer la monnaie produit des transferts de richesses colossaux de certaines catégories sociales vers d’autres

ils préparent le chaos car la hausse considérable des fortunes financières est non soutenable , elle ne pourra être soutenue que par une inflation hors de contrôle ou une catastrophe boursière

L’analyse qui est faite ci dessous vaut pour tous les couples banque centrale/gouvernement , avec des habillages divers. Mais les processus, tout en étant dissimulés restent les mêmes: on crée des tourniquets pour masquer la réalité du financement monétaires des politiciens et des administrations en place. .

La Réserve fédérale achète la dette du gouvernement américain. La Fed est la banque du gouvernement américain.

Cela ressemble beaucoup au financement du gouvernement par lui-même: il crée de l’argent neuf ou, comme on dit il fait marcher la planche à billets. Tout le reste, les processus, les procédures, les circuits , les chaines de causalité sont de l’esbrouffe ou mieux de la poudre aux yeux afin de complexifier ce qui est simple et de tromper les détenteurs de monnaie: leur monnaie est diluée par l’effet Cantillon.

Si cela ressemble à un canard, si cela fait coin-coin comme un canard , si cela marche comme un canard, si cela nage comme un canard, alors quoi que l’on dise, c’est un canard.

Mais il ne faut pas que l’on sache que c’est un canard!

Pourquoi? Parce que la monnaie repose sur la confiance , c’est une croyance.

La monnaie repose sur un mythe qui est le suivant: la monnaie est bien gérée, les banques centrales et les gouvernements sont honnêtes, ils ne trichent pas, ils ne volent pas les détenteurs de monnaie, ils savent ce qu’ils font.

Et la preuve disent nos associés du couple maudit, la preuve que la monnaie est gérée de façon honnête , c’est que les prix ne montent pas, -ou pas assez!

Le pouvoir d ‘achat de la monnaie se maintient. Mais comme cela les dérange que le pouvoir d ‘achat de la monnaie se maintienne alors ils vous disent que la stabilité de la monnaie, ce n’est pas quand l’inflation est nulle, mais que c’est quand l’inflation est de 2%.

Et comme l’inflation n’arrive pas à augmenter jusqu’à 2% alors alors ils ont le droit, légitimité de créer autant de monnaie qu’il le faut pour financer les déficits , c’est à dire les dépenses excédentaires du gouvernement.

Ah les braves gens!

Tout cela , c’est de de l’ineptie en bouteille , ou comme on dit, ce sont des constructions parallèles destinées à voiler la réalité qui est que le couple banque centrale/gouvernement est allié pour d’abord dépenser plus qu’il ne peut prélever, ensuite allié pour déprécier la monnaie que vous stockez, enfin allié pour ne pas rémunérer l’épargne que vous effectuez et en jouir gratuitement.

Et en plus ils veulent vous rembourser en monnaie de singe puisqu’une inflation de 2% au bout de 33 ans si mes souvenirs sont bons divise par deux la valeur réelle d’une dette.

C’est une association de malfaiteurs complices pour faire en sorte que la classe politique puisse dépenser plus que ce que les assemblées du peuple n’autorisent à dépenser et à prélever sous forme d’impôt. Cette association de malfaiteurs est un déni de démocratie en plus d’être un vol.

La possibilité du vol résulte de l’entourloupe qui consiste à dire que l’on peut émettre autant de monnaie que l’on veut tant que les prix ne montent pas, tant que l’inflation est maitrisée.

Le fait que l’inflation actuelle, présente, ne monte pas n’implique absolument pas qu’elle ne va pas monter plus tard quand les gens vont utiliser leur stock de monnaie. Pour l’instant ils ont peur, ils sont tétanisés, donc ils ne consomment pas. Les prix ne montent pas malgré la planche à billets , tout simplement parce que les gens n’utilisent pas cette monnaie maintenant, tout se passe comme si cet argent n’était pas en circulation. Mais quand ils vont vouloir l’utiliser, là, ils vont s’apercevoir que les prix montent. La confiance dans la monnaie ne tient que parce que … la monnaie n’est pas utilisée!

L’absence d’inflation maintenant malgré le déchainement de la planche à billets permet d’imprimer plus et donc de semer les graines de l’inflation, c’est à dire les graines de la destruction du pouvoir d’achat de la monnaie que vous détenez. Tout se joue sur le facteur temps; ceux qui reçoivent de la monnaie comme le gouvernement et les ultra riches et qui l’utilisent bénéficient d’un avantage considérable sur ceux qui reçoivent de la monnaie mais la stockent.

La gestion de la monnaie en fonction de l’inflation escamote le vrai phénomène à savoir que certains, certains groupes sociaux, reçoivent de la monnaie tombée du ciel ce qui leur permet d’accumuler des richesses et ainsi d’en priver les autres. La politique monétaire finance l’accaparement. Quand ces groupes sociaux achètent du S&P 500 ou du CAC40 avec de l’argent tombé du ciel avant vous et vous les revend plus cher par vos caisses de retraites, ils s’enrichissent et vous appauvrissez.

Quelqu’un qui viendrait de Sirius qui entendrait pareilles inepties se demanderait si nous avons tout notre bon sens. Fabriquer de la monnaie pour financer le gouvernement ne serait pas une dévalorisation de la monnaie mais pour fabriquer de la dévalorisation de la monnaie il faut financer plus de déficit du gouvernement!

Le chroniqueur du New York Times, Paul Krugman, grand inflationniste devant l’éternel écrit:

«Certains soulignent la croissance rapide de la masse monétaire et disent que nous sommes sur le point de devenir le Venezuela. C’est faux». Krugman soutient que les États-Unis ne deviennent pas le Venezuela.

Voici son graphique des dépôts dans les banques, des réserves bancaires détenues à la Fed et de la propriété des titres par la Fed. Ils montent tous! Dans le même temps, le stock de monnaie augmente également: Ces quatre éléments constituent ce que Krugman appelle la «chaine du bonheur monétaire».

Krugman nous dit que ce n’est pas la banque centrale qui finance le gouvernement mais que ce sont les ménages : «Les ménages financent le déficit: les fonds empruntés par le gouvernement proviennent des énormes économies réalisées par les familles qui économisent une grande partie de leurs revenus dans un environnement où une grande partie de leur consommation habituelle est réfrénée . . La Fed n’est pas le gouvernement vénézuélien qui imprime des bolivars pour payer ses soldats; elle agit essentiellement comme un intermédiaire financier pour les investisseurs qui souhaitent placer leur argent dans un endroit sûr. »

Mais notre Krugman oublie une chose: d’où viennent les économies supplémentaires des ménages? Ne proviennent-elle pas, non pas d’une baisse de la consommation, mais des mesures de relance et des largesses du gouvernement ? Ou ne proviennent elles pas du fait que le soutien de la famille travaille à la construction d’un porte-avions financé par le déficit? En d’autres termes, les dépenses publiques déficitaires ne sont-elles pas causales de l’excès d’épargne des ménages ? Bien sur que si !

Le plaidoyer de Krugman pour éviter que l’on comprenne le circuit monétaire objectif, réel qui permet a la banque centrale de financer les déficits est pitoyable; il argue d’un détour, de ce que j’appelle depuis longtemps un tourniquet et se sert de ce tourniquet pour faire croire que ce sont les ménages qui financent le gouvernement et non pas la banque centrale… et ce faisant il oublie que les excédents des ménages viennent … de la banque centrale.

Stopper la chaine de causalités au niveau des ménages est un escroquerie intellectuelle , il faut s’interroger sur la cause et l’origine de ces excédents des ménages. Et si on le fait on s’aperçoit que c’est un cercle, un système dont tous les éléments s’emboitent les uns dans les autres et que l’élément qui conditionne tout le système c’est le financement monétaire du gouvernement par la banque centrale.

C’est un système, un système qui sert de couverture au vice , et peu importe les boucles, les tourniquets, les intermédiaires que l’on interpose, ce n’est que du brouillard pour tromper les observateurs.

Tout est organisé aux USA comme en Europe d’ailleurs pour complexifier les choses et faire en sorte que le fonctionnement réel objectif de la planche à billets au profit des politiciens soit non-vu, non-su et donc non mis à jour. Ceci maintient les détenteurs de monnaie dans l’ignorance, maintient leur confiance en la monnaie au delà de ce que cette monnaie mérite; cela permet d’inflater plus, de pourrir plus en profondeur, et par conséquence cela permet de repousser dans le temps les effets de la perte de valeur de la monnaie tout en les aggravant.

Martin Wolf, le commentateur économique en chef du FT chef keynésien du monde global pense comme moi que la banque centrale monétise indirectement et de façon subreptice les gouvernements.

Il fait valoir comme je le fais que « l’épargne excédentaire n’était que le symétrique des déficits. Ils doivent émerger ensemble« . Il ajoute : « mais l’épargne ne peut pas et ne crée pas d’argent. La question de savoir d’où vient l’argent demeure donc, et la réponse la plus probable est qu’il provient des dépenses publiques déficitaires »... « Le gouvernement enregistre un déficit et la Fed – qui est la banque du gouvernement, après tout – doit honorer les chèques du gouvernement. Le gouvernement aide généralement la Fed en vendant de la dette, ce qui réduit la masse monétaire . Mais, dans le cas présent , cependant, la Fed achète la dette, donc l’argent n’est pas épongé, pas détruit« .

Nous sommes dans un régime inflationniste dont je dirai qu’il s ‘ignore.

Toutes les conditions de l’inflation des prix des biens et des services sont réunies; inflation de la quantitité de monnaie, gestion non orthodoxe, mensongère et inadéquate de la monnaie, mais comme cela est non-su, dissimulé derrière la complexité, cela ne se manifeste pas, cela reste au niveau potentiel.

L’inflation des prix des biens et des services est, c’est paradoxal, due, inévitable mais elle n’est que potentielle et ne pourra devenir concrète que si certaines conditions sont réunies.

Ces conditions peuvent tenir à la situation des marchés de biens et services, offre et demande ou bien à la perception par le public de ce que vaut réellement la monnaie qui est stockée et non utilisée.

Le fait que la monnaie en excèdent soit en grande partie utilisée en ce moment pour spéculer sur les marchés financiers permet à la fois d’en créer plus puisque les prix des biens ne montent pas mais en même temps aggrave le besoin d ‘inflation des prix plus tard de façon considérable car les cours des valeurs mobilières et des actifs financiers ne peuvent être honorées, soutenus, validés, que si et seulement si il y a une forte hausse de la valeur du GDP nominal. Donc une forte hausse des prix.

La hausse des bourses causée par la production excessive de monnaie n’a que deux issues:

-soit l’accélération forte des prix du GDP;

-soit la destruction des valeurs boursières par la chute des cours.

7 réflexions sur “Editorial: ils vous mentent, ils vous volent, ils préparent le chaos.

  1. « La hausse des bourses causée par la production excessive de monnaie n’a que deux issues:

    -soit l’accélération forte des prix du GDP;

    -soit la destruction des valeurs boursières par la chute des cours. »

    je suis un gros supporter du choix no 2. mais que c’est dur de lutter contre ces fous furieux.

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  2. La chute des bourses et c’est le « credit crunch », la frilosité, un attentisme obligé par le contexte sanitaire qui endigue les dépenses des ménages bref, c’est ce qui se passe actuellement avec l’accumulation de l’épargne due aux aides de l’état. La question des taux d’intéret qui serait devenue franchement négatifs sur l’épargne leur serait un moyen incitatif de dégorger les masses d’argent stockées en nous forçant la main pour relancer la croissance (en période de déflation).

    L’effet Cantillon, quant à lui, modifie notre rapport aux biens et aux services, l’épargne doit donc sortir -surtout si les salaires ne suivent pas la hausse- car si la consommation chute elle a aussi un seuil incompressible et l’inflation devient un argument pur sortir l’argent dans des biens tangibles pour se couvrir des excès futurs . Dans ce cas aussi, l’argent se met à circuler plus rapidement qu’il ne le faisait précédemment puisque actuellement l’économie n’a pas encore retrouvé son rythme de croisière… Jusqu’au déconfinement total. Dans les 2 cas, l’épargne est poussée à sortir du bois et l’or, le « suprême commandeur » de la Pyramide d’Exter redevient en passant attractif par défiance des incertitudes économiques et des politiques institutionnelles (?).

    Je me rappelle d’ailleurs le graphique du Mark coté en or de la période Weimar des années 1910/1920, la faiblesse au décollage de la croissance de son prix et son ascension explosive et soudaine libellée en une monnaie pour nourrir les singes en peau de cacahuètes.

    La question de la similarité d’un tel comportement monétaire, du role banque centrale/gouvernement se pose actuellement puisque l’on observe un décollage encore timide de l’inflation aux USA et un rapport de force qui devient avantageux pour les salariés puisque les entreprises ont du mal à embaucher du fait qu’un avant gout de revenu universel (justifié officiellement par la crise sanitaire) a été abondamment distribué et s’est logé dans les comptes bancaires mais aussi dans les actions. Ce n’est pas une épargne de précaution en soi mais plutot un barrage filtrant qui s’impose à cause des effets de freinage économique (le secteur touristique, culturel, avionique… est encore atone et sous perfusion dans l’UE).

    il faut s’interroger sur la cause et l’origine de ces excédents des ménages. Et si on le fait on s’aperçoit que c’est un cercle, un système dont tous les éléments s’emboitent les uns dans les autres et que l’élément qui conditionne tout le système c’est le financement monétaire du gouvernement par la banque centrale.

    Si la situation de 2009 devait se reproduire (« credit crunch » et remèdes financiers par le croupier de service? la banque centrale et le gouvernement) ils joueraient le tout pour le tout en poussant l’épargne au dehors, la faire circuler et faire croissance dans un régime administré au baton télescopique et la peur serait alors maîtresse des décisions en forme de baroud d’honneur. N’aurait-on pas la dernière grande charge de la cavalerie financière avec trompettes de Jericho à la bourse et son du canon dans un pays proxy??

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  3. C’est un très bon rappel de ce tour de passe-passe des couples banques centrales / hommes politiques.
    Bernanke rappelait lui-même dans son fameux discours de 2002 que :
    – « En général la monnaie est injectée dans l’économie par le biais d’actifs achetés par la Réserve Fédérale »
    – « Pour stimuler les dépenses agrégées quand les taux d’intérêt tendent vers zéro la FED doit étendre l’échelle de ses achats d’actifs »
    Donc la banque centrale admet qu’elle finance indirectement les déficits, l’opacité organisée vient du fait qu’elle achète généralement les dettes publiques via des intermédiaires.

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  4. Bravo cher Bruno, votre billet est plus qu’éclairant, il montre que vous avez tout compris

    En une page vous dites ce que j’ai essayé de montrer en 200 pages.

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