Pourquoi les rendements longs rechutent: les banques ont peur de la crise de liquidité

Jeffrey Snider maintient son analyse: l’inflation des prix des biens et services est improbable parce que les banques ne prêtent pas, elles stockent et fuient le risque de liquidité.

L’argent de la Fed n’est pas de la vraie monnaie , les banques entassent la monnaie oisive. C’est ce qui explique la rechute des taux de rendements des valeurs du trésor US et des titres de dettes des Agences.

Je partage l’analyse de Snider mais cela ne m’empêche absolument pas d’être plus réservé sur mon pronostic de hausse des prix pour une raison simple; je me projette dans le futur. je crois à l’inflation , mais pas à l’inflation dont parlent en ce moment les médias et les gourous.

Ce qui s’est passé en 2020 et se passera encore en 2021 ne produira pas de vraie inflation, pas de vrai changement, non.

Ce que je dis c’est que ce qui s’est passé en 2020 crée les conditions d’un changement de régime de long terme qui risque de favoriser la montée de tensions sur les ressources, le retour des tendances à la hausse des prix et des salaires.

Ce n’est pas 2020 et ses dérives monétaires qui vont produire l’inflation, ce sont toutes les décisions qui s’en sont suivies:

acceptation généralisée du déficit spending, monétisation des déficits, garanties données tous azimuts, incitations aux hausses de salaires, volonté de lutter monétairement et budgétairement contre les inégalités, glissement vers le financement monétaire de la lutte climatique etc etc.

Snider se moque de Jamie Dimon , le patron de JP morgan, lequel Dimon s’est toujours trompé sur ses prévisions d’inflation.

Jamie Dimon de JP Morgan n’a pas produit de références crédibles dans ses opinions sur le potentiel inflationniste. Il est à jamais profondément ancré dans le camp de l’inflation, et parce qu’il siège au sommet de l’une des banques les plus grandes et les plus connues au monde, il semble raisonnable au premier abord que son opinion sur les questions monétaires soit prise très au sérieux. L’ennui est qu’il s’est toujours trompé; et de loin.


Personne ne met jamais en doute les opinions de Dimon ou des multiples personnalités dominantes qui comme lui voient de l’inflation partout mais ne l’obtiennent jamais. On devrait leur demander , mais pourriez-vous nous fournir une explication, n’importe quelle explication, sur la raison pour laquelle vous vous êtes tellement trompé la dernière fois et la fois d’avant et encore avant. 

Au lieu de cela, ils se répètent sans scrupules comme si par exemple en 2018, Jamie Dimon n’avait pas dit que le rendement des valeurs du Trésor US à 10 ans se dirigeait définitivement vers 4%, et que ce serait le premier arrêt sur la voie de 5%.

 Pour mémoire, le rendement du UST à 10 ans a au contraire ,plutôt atteint un plus bas un record de 1,43 % alors que le malheureux Jay Powell se ridiculisait en revenant furieusement en arrière avec des baisses de taux, et ce, bien avant COVID.

En décembre de l’année dernière, le patron de JPM est remonté en piste, déclarant à propos des rendements des valeurs du Trésor encore moins élevés après le COVID, « Je n’y toucherais pas même avec une perche de 10 pieds. » Pendant un certain temps en janvier et février, il sembla qu’il avait en effet eu raison, et retrouvé une certaine sagesse. Mais ensuite, à la mi-mars, les choses se sont détraquées de sorte que « d’une manière ou d’une autre » Jamie Dimon est apparu une nouvelle fois ridicule . Les taux au lieu de monter , ont rechuté.

Si vous regardez le bilan de JP Morgan, ils ont 500 milliards de dollars de liquidités, ils ont accumulé de plus en plus de liquidités en attendant des opportunités d’investir à des taux plus élevés. « Je m’attends à voir des taux plus élevés et plus d’inflation, et nous sommes préparés à cela » déclare Jamie Dimon.

Jamie Dimon comme les autres institutions ne prête pas, et donc il n’y pas d’expansion sérieuse du crédit. et sans expansion du crédit, pas d’inflation des prix des biens et services.

En d’autres termes, vous ne pouvez voir d’inflation réelle (augmentations soutenues et généralisées des prix à la consommation) sans une expansion sérieuse du crédit. Mettant la charrue avant les bœufs, Dimon attend les prix à la consommation avant d’émettre du crédit. 

Cependant, cela explique pourquoi sa véritable crédibilité en matière d’inflation se maintient autour de zéro. Dimon est très doué pour diriger une grande banque ; mais pas plus, pas pour faire des prévisions.

Pour mettre plus de chiffres à ce sujet – et pas strictement pour JP Morgan – nous nous tournons vers les comptes financiers Z1 de la Réserve fédérale des États-Unis. Mis à jour récemment pour inclure le premier trimestre 2021, JP Morgan ne veut peut-être pas d’actifs du Trésor américain, mais la plupart de ses pairs eux, empilent, ils entassent Pas seulement des UST, mais un tas de dettes d’agences sûres et liquides.


Les établissements financiers évitent de prêter dans l’ère post-2008.

Mis à part le grand bond des prêts au deuxième trimestre 2020, les entreprises ayant forcé les banques à renouveler leurs revolvings existants, les prêts n’ont fait que baisser en réel depuis. Peu importe la Fed et ses spectacles de marionnettes, ou les interventions de l’Oncle Sam dans tous les coins de la sphère économique.

 Les banques disent «oui» à la sécurité en grand et «non» à la prise de risque.

Elles boudent les de risques de liquidité.



L’actif du système bancaire a été exclusivement tiré par les actifs les plus liquides : les UST et les agences mais aussi les réserves bancaires de la Réserve Fédérale. Chacun de ces postes a augmenté tandis que les autres types d’actifs à risque diminuent désormais explicitement.

Si nous supprimons les réserves bancaires, les UST et les agences, vous pouvez voir très clairement pourquoi il n’y a pas eu d’inflation dans l’ère post-crise – et également pourquoi il n’y en aura probablement pas de si tôt. 

Le système bancaire – jusqu’au premier trimestre 2021 – continue collectivement de réduire son risque de bilan .

Est-ce parce que les banques , comme celle de Jamie Dimon, craignent une inflation incontrôlable par rapport à tout le reste ? Absolument pas. Elles, comme n’importe qui d’autre qui entassent les UST et maintiennent les rendements bas, Elles craignent la liquidité. La disparition de la liquidité.

Elles craignent une économie qui ne se redresse pas comme elle devrait le faire. 

Elles craignent les risques globaux avec la possibilité bien réelle d’un autre événement monétaire (pénurie de dollar) et elles jugent prudent de privilégier la sécurité avant tout.

Comment peut-on produire de l’inflation dans ces conditions ?

Impossible.



D’ou les rendements obligataires qui rechutent.

https://twitter.com/JeffSnider_AIP/status/1406026627906248705?s=20

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s