Bourse: l’effondrement est toujours contenu dans la hausse qui a précédé.

J’essaie par ce texte de vous faire comprendre quelque chose de fondamental sur les marchés boursiers; jamais on ne vous l’enseignera. Aucun cours de finance n’aborde les questions de cette façon.

Je pars d’un texte de JP Hussman (JPH) que je commente et traduis librement par souci didactique, mais en fait c’est mon expérience qui parle.

Les questions les moins importantes sont, en matière boursière, celles qui intéressent le plus les gens!

Parmi ces questions il y a la question centrale que l’on entend à chaque fois que les marchés s’effondrent :

 » mais qu’est-ce qui a bien pu déclencher le crash ? »

« En fait ce n’est absolument pas important, il est dans la nature d’un boom spéculatif que presque n’importe quel évènement peut provoquer son effondrement. 

Tout choc qui touche à la confiance peut provoquer les ventes des spéculateurs, déclencher les ventes de ceux qui ont toujours espéré s’en sortir avant l’effondrement final, mais après avoir emmagasiné tous les gains possibles.

 Leur accès de pessimisme infectera les âmes simples qui pensaient que le marché pourrait toujours monter, mais qui maintenant changent d’avis et se mettent à vendre. »

John Kenneth Galbraith

En clair la fatalité , la nécessité de la chute est contenue dans la hausse excessive qui a précédé et n’importe quel choc, aléatoire peut déclencher cette chute. La chute future est contenue dans la hausse qui a précédé, de la même façon que le grain de blé que l’on sème contient l’épi qui sera récolté. Le futur est déjà dans le présent, en germe.

Ceux qui ont attendu pour vendre le plus tard possible afin d’engranger le maximum de gains, brutalement prennent peur et se pressent pour essayer , en panique , de vendre.

L’effondrement boursier est, si on veut, non pas causé de façon exogène, il est toujours déterminé de façon endogène. Le marché est toujours victime de lui même.

Voila la vérité que les autorités ne veulent pas que vous connaissiez.

Le titre de ce commentaire peut sembler étrange, nous dit JPH ,étant donné que – au moment où il écrit ceci le 14 juillet 2021 – le S&P 500 est à un niveau record. 

En effet, sur la base des mesures que nous trouvons les mieux corrélées avec les rendements réels des marchés ultérieurs, les valorisations boursières présentes dépassent facilement tous les niveaux rencontrés dans l’histoire, y compris les extrêmes de 1929 et 2000.  

Il ne sert à rien de tenter de prédire ou deviner ce que va faire le marché, c’est un piège car il est imprévisible. Ce qu’il faut simplement savoir, c’est cette vérité incontournable: plus un marché monte et plus la rentabilité future d’un investissement effectué sur ces cours élevés est faible et à parti d’un certain point cette rentabilité devient négative. Plus vous payez cher et moins cela rapporte et à partir d’un certain point il y a certitude que cela finira mal, le rendement sera négatif.

Une bonne discipline d’investissement consiste à aligner sa position d’investissement sur les conditions observables du marché et cette bonne discipline ne nécessite aucune « prévision ».

Les conditions actuelles sont extrêmement hostiles.

La citation de Galbraith ci-dessus est tiré de son livre de 1990, A Short History of Financial Euphoria. Galbraith a publié également en 1954, The Great Crash, 1929. Je vous invite à les lire.

Si les investisseurs ont bien besoin d’une chose en ce moment, c’est de connaitre l’histoire des marchés. Pas besoin de connaitre le futur, il vous trompera. Ce qu’il faut c’est connaitre le passé afin de ne pas en renouveler les erreurs

La question : « Qu’est-ce qui a déclenché le crash ? » ,  c’est la question la moins importante qui soit. 

Un krach boursier n’exige rien de plus qu’un changement dans la psychologie des investisseurs, passant d’un état de spéculation euphorique à une aversion au risque, même modeste. 

Un krach boursier ne nécessite rien de plus qu’une augmentation de la prime de risque demandée par les investisseurs, dans un environnement où les primes de risque sont devenues trop déprimées.

À un moment donné, il y a toujours suffisamment d’investisseurs qui cessent de fonder leurs attentes de rendements futurs sur l’extrapolation insensée des rendements passés. C’est toujours comme cela dans un marché où les prix se sont longtemps détachés des fondamentaux. 

À un moment donné, les investisseurs découvrent un fait fondamental de l’équilibre : il est impossible, pour l’ensemble des investisseurs de « sortir » du marché. Eh, oui, bien peu le savent parmi les investisseurs: chaque action émise doit être détenue par un investisseur, à tout moment, jusqu’à ce qu’elle soit retirée. Il faut toujours trouver un plus con que soi pour vendre c’est la logique incontournable. La classe des investisseurs ne peut jamais sortir des marchés, cette classe, dans son ensemble est piégée.

Les journaux et les professionnels racontent n’importe quoi, il n’y a jamais d’argent en marge, en réserve , sur la touche, celui qui se fait des liquidités en vendant absorbe les liquidité de l’idiot qui lui achète ses titres.

Chaque billet d’un dollar. Chaque titre d’actions. Chaque certificat d’obligation. Tous sont déjà émis. Ils ne peuvent pas comme par magie se transformer en autre chose. Pas un seul dollar n’entre « dans » le marché boursier qui n’en sorte pas simultanément. Pas une seule action n’est achetée qui n’est vendue simultanément. Tout acheteur désireux doit trouver un vendeur. Tout vendeur désireux de vendre doit trouver un acheteur. Dans tous les cas, l’achat équivaut toujours à la vente. Ce n’est pas le « flux d’argent » qui fait bouger les prix. C’est l’empressement.

Avec des valorisations au niveau le plus extrême de l’histoire, la seule chose que le marché ne peut tout simplement pas tolérer c’est la tentative pressente d’un nombre substantiel d’investisseurs de se retirer.

 Lorsque les cours tomberont, les investisseurs nous ferons croire que les nouvelles sont des «catalyseurs» de la baisse . Ne tombez pas dans ce piège. Sans aucun doute, un « catalyseur » plus ou moins bidon sera trouvé, mais ce sera une erreur de croire que l’effondrement est causé par cette « mauvaise » nouvelle. 

Les questions importantes à se poser sont en sens inverse de la question ci dessus , il faut se demander : « Qu’est-ce qui a poussé les bulles à pareils extrêmes ? 

C’est dans les réponses à ces questions que se trouvent les leçons de la sagesse financière.

Les causes de la chute sont toujours exactement…. les causes qui ont provoqué la formation des excès. Ce que je formule souvent de la façon suivante: on est toujours puni par ou l’on pèche!

Ici ce qui a provoqué la hausse excessive c’est la baisse des taux d’intérêt, puis les taux négatifs, puis les achats de titres des banques centrales, puis la création de liquidités, puis la promesse que cela continuerait, puis le mensonge que cela pouvait durer toujours.

 Les causes profondes d’un krach sont toujours les facteurs qui ont nourri et encouragé la période « heureuse » de spéculation insouciante et irresponsable qui a conduit la bulle aux extrêmes.

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