Editorial: lisez ce texte qui ne vous est pas destiné. On va tenter de disséminer le risque sur vous.

J’analyse et je critique les politiques monétaires depuis des dizaines d’années, et singulièrement les politiques qui consistent à mettre les taux d’intérêt à zero et à acheter des actifs financiers de long terme.

Ces politiques d’assouplissement quantitatif sont des pièges;

d’une part elles sont inefficaces sur l’économie réelle,

d’autre part elles incitent à l’endettement et enfin

elles sont à sens unique: on ne peut plus en sortir. Hotel California.

Ces politiques déforment toutes les structures économiques, déforment les comportements , la spéculation s’installe, la productivité chute.

Quotidiennement j’explique les ravages de ces politiques et leurs coûts; les coûts ne se manifestent que sur la durée et dans le présent, on a l’impression qu’il y a des free lunchs, on peut faire n’importe quoi, personne ne paie. C’est tout bénéfice.

Hélas, c’est à la fois une illusion et un mensonge.

Helas 2+2 ne feront jamais 5 et tout a un prix.

Ce prix il est décalé dans le temps d’une part et d ‘autre part il n’est pas supporté par ceux qui ont bénéficié des libéralités monétaires.

Ces politiques sont des politiques de tiers payants: ceux qui boivent et se gobergent et se goinfrent le font sur le compte des autres.

Ce sont des politiques absurdes, idiotes en terme de logique

des politiques immorales et injustes

des politiques destructrices

Ce sont des politiques addictives: on ne peut plus en sortir sauf à courir les risques que l’on a cherche à éviter quand on les a décidées.

Ce sont des politiques de Gribouille qui jette à l’eau pour ne pas être mouillé.

Ecoutez, ci dessous, l’ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mervyn King, il dit de façon diplomatique la même chose que moi, mais la différence c’est qu’il le dit d’une façon telle que vous ne pouvez pas comprendre car son objectif n’est pas vous rendre plus intelligent.

C’est dans Bloomberg qui n’est pas précisément grand public!

Un mot encore et c ‘est le plus important.

Mervyn King termine sa réflexion par cette phrases:   » Le rythme du QE doit être ralenti au cours des prochains mois, et les banques centrales devraient aider les investisseurs à planifier en conséquence. »

Qu’est-ce que cela veut dire? Cela signifie que Mervyn King conseille aux banques centrales de prévenir les investisseurs que cela va tanguer sur les marchés, cela va devenir volatil, dangereux il va y avoir une forte montée des risques.

Qu’est ce que ce conseil donné aux investisseurs, ceux qui lisent Bloomberg ?

C’est le conseil de planifier c’est à dire de se préparer.

Comment?

En vendant le risque, en hedgant, en répartissant le risque sur … le public. Mervyn King conseille aux grands investisseurs de se préparer à la montée des risques. Et comment fait on pour se préparer à la montée des risques? On vous le vend, on dissémine le risque sur vous et sur vos caisses de retraites.

Lancé comme une réponse d’urgence à une forte baisse de la demande globale à la fin de 2008 et au début de 2009, l’assouplissement quantitatif est depuis devenu le principal outil politique des banques centrales des économies avancées. 

En principe, il n’y a rien de mal à cela. 

Les banques centrales ont longtemps acheté et vendu des obligations d’État pour influencer la masse monétaire dans un sens ou dans l’autre. 

Mais l’énorme ampleur des achats en 2020 et 2021, dans des circonstances où les arguments en faveur d’une injection monétaire substantielle étaient loin d’être clairs, a suscité des inquiétudes quant à son impact sur l’inflation.

L’inflation est ce que nous avons maintenant : 5,4 % aux États-Unis et 2,5 % au Royaume-Uni, avec encore plus à venir. 

Cette accélération des prix dépasse les attentes des banques centrales. 

Récemment, elles ont commencé à revenir sur les engagements formulés comme stratégie de « plus bas pour plus longtemps »? ces engagements ont ét pris alors que l’on était persuadé que l’ inflation basse devait se poursuivre presque indéfiniment. 

Pour l’instant, ce n’est qu’un début, mais il faut repenser en profondeur quand et comment utiliser le QE.

La commission des affaires économiques de la Chambre des Lords britannique, dont je suis membre, vient de publier un rapport sur les défis liés à l’utilisation des achats d’obligations à grande échelle comme instrument de politique monétaire. Son titre pose clairement la question suivante : « Assouplissement quantitatif : une dépendance dangereuse ? » En un mot, notre réponse à cette question est « oui ».

Le rapport fait ressortir quatre points principaux en forme de conseils aux banquiers centraux :

  1. Ne vous laissez pas enfermer  Malgré une politique monétaire et budgétaire expansionniste, les banques centrales semblent considérer les risques inflationnistes comme purement transitoires. Certaines composantes de la reprise de l’inflation, liées aux effets de base, le seront presque certainement, et les taux de croissance de la masse monétaire au sens large commencent à reculer par rapport aux taux exceptionnellement élevés de la fin de l’année. Pourtant, le manque d’inquiétude qui a caractérisé les déclarations des banques centrales jusqu’à ces derniers jours, alimente la perception que les décideurs politiques sont coincés, enfermés dans leur état d’esprit « plus bas pour plus longtemps ». C’est important, car si la politique prend du retard, le coût de la lutte contre une accélération de l’inflation sera plus élevé qu’il ne le serait dans le cadre d’une approche prospective et préventive.
  2. Le QE n’est pas une panacée. Les banques centrales ont semblé supposer que tout choc défavorable justifie une nouvelle série d’achats d’obligations. Le QE est devenu un remède universel à presque tous les revers macroéconomiques. Mais seuls certains chocs méritent une réponse de politique monétaire. Les explications fournies par les banques centrales pour justifier l’ampleur du QE en 2020 ont changé au cours de l’année, et n’ont pas fait la distinction entre les chocs qui justifiaient une réponse monétaire et ceux qui ne le justifiaient pas . De plus, après une décennie de croissance lente, il est loin d’être clair qu’un instrument de politique monétaire à court terme continuera d’être efficace pour stimuler les dépenses et la production.
  3. Le QE présente des risques pour l’indépendance de la banque centrale. Le comité s’est penché de près sur la relation entre le QE et les finances publiques. Le QE a permis aux gouvernements de financer plus facilement des déficits budgétaires exceptionnellement importants dans les circonstances extraordinaires de Covid-19. Mais lorsque les banques centrales réduiront ce soutien, elles subiront des pressions pour aider à financer les déficits budgétaires en cours ou pour maintenir les taux d’intérêt à court terme proches de zéro . Il est possible qu’elles le fassent. Les banques centrales opèrent aujourd’hui dans un environnement politique plus difficile qu’il y a 20 ans.
  4. Ayez un plan de sortie. Le QE a tendance à être déployé en réponse aux mauvaises nouvelles, mais il n’est pas inversé lorsque les mauvaises nouvelles disparaisent . En conséquence, le stock d’obligations détenues par les banques centrales augmente, élargissant leurs bilans à plus long terme. Lorsque les banques centrales ont adopté le ciblage de l’inflation dans les années 1990 comme politique, elles ont considéré que la clarté de leurs fonctions de réaction politique aux nouvelles situations était cruciale pour leur crédibilité. Aujourd’hui, les décideurs politiques peinent à expliquer comment le QE sera dénoué ou meme simplement si il pourra l’être. Ils craignent à juste titre de déclencher une réaction brutale négative des marché aux signaux indiquant que les achats d’actifs seront réduits. Mais plus la confusion persiste, plus les dommages à venir seront importants. La Banque d’Angleterre semble avoir changé d’avis sur la façon dont la politique monétaire plus stricte sera séquencée : Apparemment, le plan est maintenant de réduire le QE avant que les taux d’intérêt ne soient relevés.

Il faut espérer que ces différents points sont pris en compte — et pas seulement au Royaume-Uni.

Le stock d’actifs financiers achetés dans le cadre des Assouplissements Quantitatifs (QE) est énorme : il représente 30 % du produit intérieur brut aux États-Unis et 40 % en Grande-Bretagne. 

Au cours des derniers jours, en réponse aux nouveaux chiffres de l’inflation, les membres du Federal Open Market Committee de la Réserve fédérale et du Comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre ont déclaré qu’ils étaient prêts à reconsidérer leur politique d’ achats d’actifs. 

Mais on ne sait pas exactement comment les banques centrales procéderont à cet ajustement et l’annonceront aux investisseurs.

Loin d’être une politique pour toutes les saisons – une réponse appropriée à tout choc économique – le QE n’est souhaitable que lorsqu’une expansion monétaire est nécessaire. Nous ne sommes pas dans un de ces moments. Le rythme du QE doit être ralenti au cours des prochains mois, et les banques centrales devraient aider les investisseurs à planifier en conséquence.

Mervyn King a été gouverneur de la Banque d’Angleterre de 2003 à 2013. Il est professeur d’économie Alan Greenspan à la NYU Stern School of Business et professeur de droit à la NYU School of Law, et auteur (avec John Kay) de « Radical Uncertainty : Prise de décision au-delà des chiffres.

Pour contacter l’auteur de cette histoire : Mervyn King à mking154@bloomberg.net

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