Afghanistan, l’impensable était prévisible, il est arrivé.

La prise de contrôle de l’Afghanistan par les talibans se déroule à une vitesse vertigineuse.

Voici ce que disait Biden le 6 Juillet:

LE PRESIDENT: C’est une – c’est une question idiote. Est-ce que je fais confiance aux talibans ? Non. Mais j’ai confiance en la capacité de l’armée afghane, qui est mieux entraînée, mieux équipée et plus re-—plus compétente en termes de conduite de guerre.

Hmm, hmm!

Monsieur le Président, certains vétérans vietnamiens voient des échos de leur expérience dans ce retrait en Afghanistan. Voyez-vous des parallèles entre ce retrait et ce qui s’est passé au Vietnam, certaines personnes se sentant…

LE PRESIDENT : Aucune. Zéro. Ce que vous aviez, c’est – vous avez eu des brigades entières qui ont franchi les portes de notre ambassade – six, si je ne me trompe pas.

Les talibans ne sont pas le sud — l’armée nord-vietnamienne. Ils ne sont pas comparables en termes de capacité. Il n’y aura aucune circonstance où vous verrez des gens être soulevés du toit d’une ambassade aux États-Unis depuis l’Afghanistan. Ce n’est pas du tout comparable.

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Un nouveau gouvernement intérimaire sera annoncé dès l’arrivée du mollah Abdul Ghani Baradar à Kaboul. Les États-Unis évacuent frénétiquement leur ambassade.

Toutes les villes sont désormais aux mains des talibans, de même que tous les postes frontaliers. Le président Ashraf Ghani a démissionné.

A new interim government will be announced as soon as Mullah Abdul Ghani Baradar arrives in Kabul. The U.S. is frantically evacuating its embassy écrit Moon Of Alabama.

En quelques semaines seulement, le groupe militant est passé de province en province, il a atteint la périphérie de la capitale, Kaboul,.

Plutôt que de pousser militairement, il semble pour l’instant que les talibans laissent le gouvernement tomber tout seul ou fuir.

Tout indique que le président Ashraf Ghani acceptera un accord de partage du pouvoir. Ce qui signifie en fait que les talibans seront de retour aux commandes. La boucle sera bouclée 20 ans après que les Américains les ont expulsés. Ghani démissionnera ou passera à un rôle de pantin, il faut quelqu’un pour donner aux talibans un vernis de respectabilité avec le reste de le monde.

Alors que les talibans publient des déclarations pour garantir que «le processus de transition se déroule en toute sécurité, sans mettre la vie, les biens et l’honneur de quiconque en danger», le danger est que leurs actions soient très différentes.

Avec le contrôle des postes de douane et des passages frontaliers (hormis l’aéroport de Kaboul) et avec l’effondrement de l’armée afghane, les talibans ont les cartes en main.

La Russie et la Chine seront à l’aise pour dialoguer avec les dirigeants du groupe.

Il y a déjà des rapports selon lesquels les militants cherchent à réimposer le fondamentalisme qui définissait leur règle antérieure.

Deux décennies de progrès douloureux mais durement gagnés pour les femmes et la société civile pourraient disparaître.

Une préoccupation pour les voisins est qu’un exode de réfugiés d’Afghanistan pourrait inclure des terroristes et des séparatistes ouïghours. Les talibans pourraient permettre à des groupes comme al-Qaïda de s’entraîner et d’opérer à partir de là.

L’Afghanistan présente au président américain Joe Biden un défi impossible à gagner. Les Américains voulaient que leurs soldats rentrent chez eux après tant d’années de combat. l’impreparation du retrait est une faute colossale qui peut polluer la politique intérieure. Le prestige impérial va en prednre un coup. Les dissenions vont se multiplier chez les élites et les militaires.

Il est peu probable que Biden change de cap malgré les critiques croissantes.

En fait il n’ a ni choix ni cartes en mains.

2 réflexions sur “Afghanistan, l’impensable était prévisible, il est arrivé.

  1. Bonjour,

    Je connais trop bien le dossier afghan et une bonne partie de l’action de la France dans et au profit de ce pays. J’ai honte de la lâcheté de l’occident. Nous vivons bien une crise civilisationnelle et celle-ci marque la fin d’une terrible parenthèse ouverte le 28 juillet 1914. Il n’y a pas lieu d’être fier. Comme prévu, les talibans et leur obscurantisme, qu’on nous épargne une fois de plus le couplet sur les orgueilleux guerriers indomptables, va faire replonger ce pauvre pays plusieurs siècles en arrière. Quel pied de nez aux imbéciles qui évoquaient sans rire et très sérieusement la fin de l’Histoire il y a trente ans.
    Encore une fois, nous voyons bien que le poisson pourrit toujours par la tête. L’indigence intellectuelle et morale des dirigeants occidentaux n’est hélas plus à démontrer. Nos sociétés ne sont pas exemptes de reproches mais, dèsinformées comme elles le sont, comment pourraient-elles voir clair dans le jeu cynique et amoral de la politique internationale. Désormais, cela se sait dans le monde entier et nous sommes très mal placés pour distribuer des satisfecits aux uns ou aux autres.
    Dans un premier temps, deux pays semblent tirer les marrons du feu : l’ombrageux Pakistan, qui n’a cessé de jouer un jeu trouble pour des raisons de politique intérieure (ce pays est un baril de poudre qui dispose, ne l’oublions pas de l’arme nucléaire) et la Chine qui va conforter dans un premier temps sa position en Asie Centrale (n’oublions pas la réalité de son projet des nouvelles routes de la soie et son habileté à jouer au jeu de Go). Dans une certaine mesure, la Russie sort troisième, loin derrière les deux premiers, de ce jeu macabre. Si la crise afghane a sonné le glas de l’impérialisme soviétique, la Russie de Poutine, elle, a joué placé et son dirigeant montre bien qu’il joue dans une autre cour que ses homologues occidentaux.
    Je n’ai pas oublié l’Iran mais les mollahs, quoiqu’on en dise, restent très isolés au plan international, sans commune mesure avec le Pakistan qui est une vraie puissance régionale dotée d’un outil militaire efficient et relativement moderne.
    Les plus grands perdants restent les européens, progressivement sortis du jeu par plus fort qu’eux et plus intelligent (ce n’est pas bien difficile). Aux USA, la nouvelle administration n’en finit pas de creuser le trou dans lequel ce grand pays est installé. La pauvre CEE, elle, tient plus de la coquille vide que d’autre chose. C’est elle le Boudha obèse du monde. L’Afghanistan sera sa Tchécoslovaquie avec 85 ans de décalage.
    Une des raisons de l’échec européen tient, à mon sens, à la suffisance, quand ce n’est pas du mépris, de nos dirigeants vis-à-vis de ces pays. Encore une fois, le pragmatisme s’efface devant l’idéologie mais cela prépare ou signe l’échec de cette dernière.

    Bonne soirée

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    1. Analyse franche, courageuse.
      Mais quelle est la solution?
      La guerre.
      Ce dont ne veut pas entendre parler une Europe féminisée, administrative, drouàdlômisse, bête à manger du foin. Sûr que les très civilisées citoyennes européennes feront meuh meuh quand les talibans et les pakis leur monteront dessus.

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