Editorial: le vrai problème c’est l’excès de monnaie, comment s’en débarrasser? J’ai 5 ans d’avance.

Rédigé par 

Bruno Bertez 

16 août 2021

Les actions menées depuis près de 13 ans par les banques centrales ont échoué, voila ce que l’on ne vous dit pas.

Elles ont consisté à créer du crédit quasi gratuit, de la monnaie digit, à monétiser les dettes des gouvernements, à promettre et à promettre, rien n’y a fait; jamais les jeunes pousses n’ont pris racine, jamais la machine économique n’a repris sa croissance spontanée, auto-entretenue.

« Toujours il a fallu non seulement maintenir mais augmenter les « stimulants » . Pire il faut mainteant les compléter par l’élargissement des trous budgétaires et un nouvel empilement de dettes..

L’échec, c’est cela cela, il consiste dans le fait que:

-jamais la croissance spontanée n’est revenue

-jamais le taux d’inflation souhaité de 2% n’ a été atteint

-toujours il a fallu pomper

-La Transmission tant souhaitée à l’économie réelle ne s’est jamais faite

-l’argent est allé se loger sur les marchés sous forme de quasi monnaie

-toujours cet argent est allé gonfler les Bourses

-toujours elles ont grimpé, grimpé

Jamais les banques centrales n’ont pu revenir en arrière, elles sont prisonnières de leur échec, le monde réel , n’a pas répondu aux sollicitation magiques; la production de richesses n’a pas rattrapé les promesses financières.

Les politiques ne sont plus pro-actives, elles visent simplement à éviter la chute de l’échafaudage, l’effondrement de la pyramide qui a été construite.

A partir de ce constat; un autre constat s’impose, naturellement: il existe dans le monde un excès considérable de monnaie qui tourbillonne . Un excès de cette monnaie qui a été créée en anticipation et qui n’ a jamais été validée comme en témoigne la chute continue de la vitesse de circulation de la monnaie, ce que l’on nomme la vélocité.

Les anticipations ne s’étant pas réalisées, c’est cette monnaie qui devient elle-même un boulet alors qu’elle était censée sinon être un moteur ou du moins être un catalyseur.

Voila comment il faut maintenant poser la problématique de la situation future si on veut être en avance de quelques années.

L’ échec est acquis .

L’ échec est acté, le nouveau problème qui succède à l’ancien, toujours non résolu c’est , cette monnaie comment s’en débarrasser? Comment lui oter son statut de monnaie?

Réflechissez bien: comment lui oter son statut de monnaie , comment la neutraliser?

On rejoint la problématique de la borne du zéro ; celle qui reviendra sur le devant de la scène lorsque les effets du Covid seront derrière nous et que les tendances déflationnistes fondamentales reprendront le dessus. Ce que le taux de rendement réel des fonds d’état américains à 10 et 30 ans préfigure.

Reflêchissez et voyez autrement: qu’est ce que la tentation des taux négatifs si ce n’est, objectivement, quoi que l’on en prétende, la volonté de résorber, sans douleur l’excès de monnaie. Avec les taux négatifs, 100 unités monétaire = 98 unités monétaires.

Le point de focalisation le plus évident, ce sont les quasi monnaie qui sont les plus liquides, les plus proches de la monnaie immédiate, les money market funds et dans une certaine mesure, les dépots bancaires. .On a deja subrepticement oté leur caratère monnayable en mettant des barrières et des clefs qui permettent de les bloquer. C’est la confimation que je ne me trompe pas, le futur problème à moyen terme, il est là, il est dans l’excès considérable de monnaie qui tourbillonne dans le système et qui ne peut trouver absolument aucun emploi sain.

Dans une optique prospective je ne crains pas de dire que la hâte des banques centrales du monde entier à vouloir mettre en place des cryptos monnaies et donc à changer une fois de plus la nature de la monnaie en lui otant toute possibilité de liberté (on dit de Run), cette hate est provoquée par la prise de conscience de l’urgence de se préparer.

En Prime:

Une évolution surprenante du marché – inédite depuis plus de deux décennies – est en train de se produire. Elle a une origine très simple…

Les stratèges de JPMorgan Chase ont analysé les chiffres et ont constaté que les prix des obligations de qualité supérieure et les prix des actions américaines sont les plus corrélés entre eux depuis 1997 sur une base d’un an.

Si on élargit cela à une base de trois ans, les rendements totaux des deux classes d’actifs évoluent toujours en tandem depuis 2008.

C’est une nouvelle dynamique : les actions et le crédit ont évolué en sens inverse pendant la majeure partie des deux dernières décennies.

Les simplets s’étonnent de constater cette corrélation entre deux classes d’actifs qui sont, en bonne logique, décorrélées, voire antagoniques.

Ces simplets oublient que dans le monde post-2008, les actifs financiers ont changé de statut, et même changé de nature.

Ils ont cessé de refléter les réalités sous-jacentes pour n’être que des avatars, que des formes mutantes de la monnaie.

Des actifs qui ont échappé à la gravitation

Depuis 2008 on a appliqué aux actifs financiers le traitement qui a été appliqué au dollar et aux monnaies. On a libéré les actifs financiers de tout ancrage : ils volent, ils échappent à la gravitation.

C’était la conséquence logique, nécessaire de l’opération de 1971 : si on libère la création de monnaie et de dettes comme l’a fait Nixon avec l’aide de Paul Volcker (alors président de la Fed), alors, ipso facto, on libère, au bout d’un certain temps d’apprentissage, les quasi-monnaie, les formes dérivées de la monnaie.

En d’autres termes, on libère automatiquement les actifs financiers, on les désancre également.

C’est une question de logique qui a été concrétisée par le décloisonnement des marchés de la monnaie, du crédit et des actifs par le biais de la titrisation et du levier généralisé.

On unifie obligatoirement le champ de tout ce qui est monétaire.

Retenez bien ce mot : « unifier ». C’est grâce à cette unification du champ monétaire et quasi-monétaire que les autorités ont pu prendre le contrôle des taux longs, des marchés d’actifs, actions et obligations.

Changement de statut

Les fondamentalistes boursiers n’ont rien compris, rien vu ; ils n’ont pas saisi ce changement de statut et de nature de la monnaie. La monnaie est devenue pour ainsi dire une abstraction, et cette évolution devait nécessairement se transmettre aux actifs monétaires et quasi-monétaires que sont les actifs financiers.

Cela doit se traduire par des décisions pratiques – en l’occurrence, le renforcement des innovations de la Fed, innovations qui l’ont conduite à instaurer le fameux put.

Qu’est-ce que le put, en analyse logique ? C’est une option d’échange donnée par la Fed, option d’échange entre les actifs quasi-monétaires (actions et obligations) et la monnaie.

Le put, c’est la garantie donnée par la Fed que les actions et les obligations sont de la monnaie, de la monnaie un peu différée. Le 20 mars 2020, cette assurance a été renouvelée.

Les actifs financiers cotés sur les marchés ont cessé d’être ancrés, d’être reflet et d’être l’expression d’une réalité sous-jacente pour n’être que l’avatar de la monnaie, de la croissance de sa masse et de l’abaissement de son prix c’est-à-dire de la nullification des taux.

Pour parler clairement, les actifs financiers – que ce soit les actions, les obligations et même les actifs soi-disant immobiliers – ont tous le même sous-jacent, à savoir les liquidités. En cas de crise ou de run, c’est la même chose : tous ont pour sous-jacent la monnaie de base de la banque centrale !

Le sous-jacent commun à tous les actifs, c’est la monnaie et sa surabondance.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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5 réflexions sur “Editorial: le vrai problème c’est l’excès de monnaie, comment s’en débarrasser? J’ai 5 ans d’avance.

  1. Bonjour M. bertez, et merci pour cet article.
    J’ai toujours plaisir à plonger dans cette dissection du système monétaire, financier et économique, plus que dans celui sanitaire.
    Les politiques « sanitaires » ne faisant que découler du premier système.

    Comment vous y prendriez-vous pour supprimer l’excédant de monnaie ?

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  2. N’y aurait-il pas une corrélation entre l’argent sale et certaines monnaies ?
    – l’argent sale ressort de moyens immoraux (illégaux) utilisés pour l’obtenir tels que, en vrac : drogue, vol, arnaques, extorsions, meurtre, traite humaine . . . . Ces sommes sont transfrontières et la plupart du temps insaisissables, tiens, tiens comme les excès de monnaie ?
    La classe politico-financière a créé de la monnaie de singe non-assise sur le travail avec de la sueur et de la gnaque, c’est bien la preuve que ces gens là ne valent rien, pas plus que leur monnaie !

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      1. C’est normal de créer de la monnaie ex-nihilo ? ce n’est donc pas criminel ? On se rempli les poches et quand il n’y en a plus « on » en fabrique à nouveau pour que la population ne se soulève par ce que crevant de faim et ainsi de suite ?

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