Editorial: l’oeuvre de Dieu.

Le mot d’ordre qui résume notre époque:

« il ne faut pas pisser contre le vent, cela mouille les chaussures ».

Il y avait un trou dans le système de la financiarisation et de la domination boursière par le capital institutionnel, et ce trou s’est quasi tout naturellement trouvé comblé par BlackRock et son ascension.

Surtout remarquez bien ma formulation; « il y avait un trou« , avec « il » comme comme dans » il pleut« !

Remarquez bien ce que j’écris, « ce trou s ‘est trouvé naturellement comblé« .

Nulle part je ne dis que « des gens se sont réunis pour monter l’opération BlackRock ».

Les gens sont trop cons pour cela , mais le Système dans son inconscient lui, sait ce qu’il lui faut pour tenir et se survivre.

La même méthode de pensée peut être adapté et utilisée pour comprendre et mettre au jour les réponses du système à la catastrophe sanitaire qu’il a visiblement lui même provoquée… objectivement, par son évolution destructrice.

Il sait, …inconsciemment! Je sais c’est difficile à appréhender, mais c’est une gymnastique intellectuelle que d’apprendre à penser objectivement, à mettre entre parenthèses les intentions des soi-disant acteurs historiques, et se passer de la volonté des soi disant acteurs. Ils ne font que se conformer aux nécessités, ils ne font qu’ obéir à la Nécessité. Ils s’adaptent, ils ne dirigent pas. Ils surfent sur une vague sans savoir ou elle les conduit. il feignent car cela leur permet de satisfaire leur médiocre volonté de puissance ou leur narcissisme.

Je vous remets en mémoire cet aveu, cette révélation de Blankfein patron de Go(l)dman Sachs qui découvre le grand secret: j’accomplis God’s Work, je suis l’instrument de l’Oeuvre de Dieu. Ce dieu pour Blankfein, c’est l’insconscient du système , selon une théorie géniale qui nous vient de Princeton.

Mais cela peut être beaucoup d ‘autres choses, j’y reviendrai un jour.

Le Système du capitalisme financiarisé fonctionne malgré ses déséquilibres grandissants parce qu’il n’y a pas d’acteurs rogue, pas d’acteur voyou du type Soros qui joue contre lui.

Il suffirait d’une grosse pichenette pour que le système s’effondre sous son propre poids. La Fed et les banques centrales ont des moyens mais ces moyens s’usent quand on s’en sert; la confiance dans la monnaie se détruit au fur et à mesure que l’on s’en sert pour boucher les trous. Et il arrive un moment ou on ne peut plus en émettre.

La stabilité financière, a parfaitement expliqué Geithner après 2009, sans se rendre compte de la gravité de ce qu’il disait, la stabilité financière est un bluff: les autorités n’ont pas les moyens de l’assurer en cas de vraie attaque. Par exemple ils ne pourraient résister aune attaque en règle de la Chine.

Le Système fonctionne parce que l’on ne combat pas la Fed, parce que le mot d’ordre systémique c’est « don’t fight the Fed ». Il n’y a que des opérateurs et investisseurs suivistes, des acteurs conformes .

Pour fonctionner le système a besoin de trois choses:

-une communauté qui « don’t fight the Fed »

-des acteurs passifs aux poches très profondes qui n’ont pas vocation à performer

-de pouvoir assurer que le PUT existe et qu’il fonctionne.

Note méchante; la fonction des investisseurs passifs est de finaliser l’exploitation des petits épargnanst et des retraites afin que les ultra riches puissent faire levier sur eux et démultiplier leurs gains. Mais c’est pour un autre jour.

Jusqu’en 2009 on peut dire que la communauté des Hedges Funds était un auxiliaire de la Fed, elle jouait dans son sens, elle ne se rebellait pas , les intérêts étaient alignés objectivement car la Fed faisait gagner de l’argent aux Hedges Funds.

Mais depuis 2009 les divergences d’intérêt se creusent, les gourous qui gèrent les Hedge Funds sont frustrés, certes ils n’osent pas attaquer le marché à découvert, mais ils ne se privent pas de critiquer la politique de la Fed et de la ridiculiser dans certains cas. La Fed ne peut plus compter sur les Hedge Funds comme complices.

Or la Fed a besoin de complices , de structures qui admettent la socialistaion de l’investissement , de structures qui sont en quelle que sortes mixtes entre le capitalisme et le socialisme. Bref la Fed a besoin de structures qui au lieu de s’opposer au dirigisme le transmettent , le facilitent. Passivement.

La Fed et ses têtes pensantes ou influentes n’ont pas crée BlackRock.

En revanche elle a facilité , voire organisé dans les coulisses la constitution d’un colossal géant plus ou moins passif qui collecte les capitaux des caisses de retraites mondiales et qui, ayant les poches profondes sans comptes à rendre, peut jouer le rôle que l’on attend de lui: transmettre la politique de la Fed, ne pas la critiquer surtout et dans une certaine mesure faire la courroie de transmission entre les autorités financières et l’ économie réelle incarnée par les Firmes. Les gens comme BlackRock sont là pour imposer les règles du jeu de la Fed, pour imposer son socialisme des riches , son dirigisme .

La fonction objective , je dis bien objective, fonction qui s’est créée par l’émergence du besoin, cette fonction objective de BlackRock c’est d’être le bras séculier , qui transmet les stratégies, les choix, les normes, les modes de pensée, de la Fed et les intègre, les impose au marché financier. C’est aussi quand le besoin s’en fait sentir son tampon, son amortisseur. Sur un marché c’est le plus gros qui impose ses lois.

C’est une sorte de contre poids aux animal spirits du capitalisme ancien, aux caprices de la foule et aux décisions rationnelles que pourraient prendre les gourous des Hedge Funds .

Les Hedge Funds représentent l’ économie encore libre, individualiste, plus ou moins libertaire, soucieuse de seule performance tandis que BlackRock est un outil de la Nouvelle Economie Mixte, socialisée par la gestion dirigiste de la Fed et de ses consœurs vassales .

Pas besoin que tout ceci soit concerté, soit comploté ou même soit manifeste, les intérêts sont alignés structurellement et fonctionnellement; pas besoin de signer des pactes de complicité. C’ est la Nécessité systémique.

Il manquait un maillon dans la chaine, une pièce dans le Puzzle , c’est la colossale montée de la gestion passive qui le fournit: la valeur des actifs financiers vient d’en haut, elle ne remonte pas/plus du bas, du réel. C’est ce que signifie le mythe de la Tendance, le mythe de l’Anti-sélection. Le mythe dominant de la Bourse: « il ne faut pas pisser contre le vent, cela mouille les chaussures »!

Et dans cette gestion passive c’est l’acteur BlackRock qui est le fer de lance. Je ne devrais pas écrire « l’acteur BlackRock » je devrais écrire le « passeur blackRock »!

Et ceci explique et justifie le fait que BlackRock est un « acteur de place », il réunit les plus gros de la place en une sorte de Syndicat, Notez le mot, Blackrock est un Syndicat au sens des années 20, au sens de Morgan, c’est à dire destiné à maintenir un fonctionnement ordonné du marché selon l’ordre imposé par les autorités monétaires.

Par exemple BlackRock par sa puissance de feu et de pression va imposer l’alignement des grandes firmes sur la politique climatique et pourquoi pas vaccinale qui convient à la Finance.

L’ article ci dessous , passe à coté de l’essentiel je dis bien l’essentiel au sens fort à savoir que BlackRock est un maillon systémique majeur, mais il est très intéressant.

En prime

BlackRock est l’institution financière la plus puissante au monde, gérant plus de 6 000 milliards de dollars d’actifs. A la fois conseiller des banques centrales et premier actionnaire des joyaux industriels d’un pays, BlackRock s’est mis à chuchoter aux oreilles des Etats européens. Ses enjeux majeurs : contrecarrer toutes les régulations financières et favoriser la retraite par capitalisation pour tous.

A propos de l’enquête

Investigate Europe.

Roche noire

Il y a de fortes chances que vous n’ayez jamais entendu parler de Blackrock. En moins de 30 ans, cette société financière américaine est passée de rien pour devenir le gestionnaire de l’argent d’autrui le plus important et le plus fiable au monde. Les actifs laissés à leurs soins valent la somme astronomique de 6 300 milliards de dollars américains – un chiffre avec 12 zéros. LIRE LA SUITE« BLACKROCK – L’ENTREPRISE QUI POSSÈDE LE MONDE ?

Il y a une histoire racontée par un ancien employé de BlackRock, le genre que nous racontons tous autour de la machine à café. Larry Fink, PDG du fonds le plus puissant au monde, est dans son avion privé en direction de l’Europe. Au-dessus de l’Atlantique, il demande au capitaine de faire route vers l’Allemagne. Il appelle son directeur régional à Francfort et demande un rendez-vous avec Angela Merkel, si possible dans cinq heures, après son atterrissage.

Le subordonné travaille comme un possédé mais, au final, n’obtient pas la rencontre souhaitée. Il offre à M. Fink un lot de consolation : le vice-président du constructeur automobile BMW, rien que pour lui. La réunion démarre, la petite conversation vient de démarrer quand soudain Larry Fink sort son téléphone et commence à préparer sa prochaine réunion, laissant son interlocuteur à court de mots. Une telle désinvolture de la part de son fondateur illustre la toute-puissance de son entreprise.

Fils d’un gérant de magasin de chaussures et d’un professeur d’anglais, il a fondé son entreprise avec une dizaine de collègues il y a 30 ans, après avoir appris son métier dans une banque d’investissement new-yorkaise. A 65 ans, il est multi-milliardaire. Son fonds gère 6 280 milliards de dollars d’actifs, dont un tiers en Europe. La principale source de cet argent sont les fonds de pension, principalement ceux des fonctionnaires de l’État de Californie et de New York. Tous ont financé des retraites et espèrent voir leur propre épargne, déjà complétée par leur employeur, s’épanouir sur les marchés financiers sous la direction de BlackRock.

Le fonds emploie 13 900 personnes réparties dans 30 pays, chargées de vendre des produits financiers ou d’investir dans de nouvelles entreprises. Mais au fil des années, et surtout depuis la crise financière, BlackRock a étendu son pouvoir bien au-delà de la gestion d’actifs. On le retrouve en tant qu’auditeur des banques engagé par les autorités de régulation et en tant que conseiller des Etats en matière de privatisation. À l’automne 2017, elle a été invitée par le gouvernement français à siéger au « comité Action publique 2022 » (CAP 2022), sorte de deuxième Commission Attali, censée esquisser les futurs contours de l’État français. Dans les coulisses en Europe, il est très occupé à contrer toute tentative d’augmentation de la réglementation.

En Europe, BlackRock est un nom qui dit très peu à qui que ce soit au-delà de la sphère de la finance. L’univers des gérants d’actifs et de leurs obscurs fonds indiciels semble être l’apanage des initiés. Mais sa puissance est impressionnante. Interroger toute personne impliquée dans la finance à propos de BlackRock pour savoir s’il s’agit simplement d’administrateurs, de petits ou de grands acteurs, ou de gestionnaires de richesses, c’est courir le risque de faire face à d’innombrables rejets, parfois civils, parfois pas.

Rien qu’en France, le fonds est actionnaire à 5 à 10 %, via un chapelet de filiales, d’Eiffage, Danone, Vinci, Lagardère, mais aussi de Renault, Peugeot, Société Générale, Axa, Vivendi, Total, Sanofi, Legrand, Schneider Electric, Veolia, Publicis… BlackRock est actionnaire, souvent le principal, dans au moins 172 des 525 sociétés françaises cotées en bourse. Et de 17 000 entreprises dans le monde, à chaque assemblée générale dont elle ne manque jamais de voter.

« Dès que BlackRock apparaît comme l’un de vos actionnaires, votre entreprise sort du lot et acquiert un prestige énorme », explique le journaliste Grégoire Favet, que l’on a l’habitude de voir piocher dans les détails de la finance française sur le plateau de son émission BFM Business TV. « Quand on est Larry Fink, on peut parler d’égal à égal avec le directeur du FMI ou un chef d’État. M. Fink a déjà été reçu deux fois à l’Élysée depuis l’élection d’Emmanuel Macron », précise M. Favet.

Force de secours paramédicale pendant la crise financière

Créé en 1988, BlackRock a acquis son pouvoir actuel à la suite de la crise financière de 2008. Avec la chute de Lehman Brothers, Wall Street était en chute libre : personne ne savait ce que contenaient des milliers de leurs portefeuilles financiers, ce qui se cachait derrière les dérivés, ce qui était toxique et ce qui ne l’était pas, ce qui était dangereux et ce qui était ‘t.

BlackRock a rapidement compris comment il pouvait profiter de la situation. Depuis sa création, le cabinet a développé son propre outil de gestion des risques, appelé Aladdin. « Il est capable d’analyser les risques d’investir dans n’importe quelle action, de mettre en évidence où vendre des obligations pour attirer le meilleur prix, de suivre toutes les transactions, de rassembler toutes les données et de disposer d’informations vitales pour les investisseurs », explique le Financial Times. Temps .

Profitant de la panique, BlackRock a mis Aladdin à la disposition d’autres financiers, moyennant un prix bien sûr. Mais le fonds a également proposé ses services aux autorités financières, qui sollicitaient son aide pour évaluer la santé de grandes banques considérées comme systémiques : la banque d’investissement Bear Stearns par exemple, le géant de l’assurance American International Group et le conglomérat financier Citigroup. BlackRock a également décroché un contrat pour surveiller Fannie Mae et Freddie Mac, les établissements publics de crédit hypothécaire que le gouvernement fédéral venait de sauver.

Dès 2009, les élus ont pourtant commencé à s’interroger. « Comment se fait-il, a demandé le sénateur républicain Charles Grassley, qu’une seule entreprise soit qualifiée pour gérer ces actifs récupérés par le gouvernement ? Audit pour le compte du secteur public, investissement dans le secteur privé. Deux chapeaux évidemment incompatibles, mais un mélange de fonctions que BlackRock reproduit désormais intelligemment à travers l’Europe.

Conseiller des banques centrales européennes

En 2011, la banque centrale d’Irlande a également décidé de solliciter BlackRock Solutions, la branche conseil du fonds, sans appel d’offres, pour évaluer l’état des six principales banques irlandaises. Trois d’entre eux venaient d’être renfloués dans la panique par l’État pour éviter la faillite. Croyant sous la dette, l’Irlande a dû faire appel à l’Europe et au FMI dans le cadre d’un plan de « sauvetage » de 85 milliards d’euros. Elle souhaitait également mener des « stress tests » pour vérifier la solidité de l’environnement bancaire en cas de nouveaux pépins.

Plus tard, face à des députés irlandais sceptiques, le ministre des Finances de l’époque a déclaré avoir fait appel à BlackRock sous la pression des institutions internationales qui avaient prêté de l’argent à l’Irlande, regroupées dans la soi-disant « Troïka », célèbre pour la crise de l’euro. Il s’agissait de la Banque centrale européenne (BCE), de l’Union européenne et du FMI. C’était une « mission gigantesque », a reconnu Larry Fink. « La plus importante jamais confiée par un gouvernement. »

BlackRock Solutions, la branche conseil, a ainsi acquis de nouvelles références. Son aide serait à nouveau sollicitée en 2012, puis à nouveau en 2013, pour évaluer les exigences de fonds propres des banques irlandaises. Le 4 novembre 2013, le BlackRock Fund a racheté 3 % de l’une de ces banques, Bank of Ireland, et a déclaré détenir 162 milliards d’euros d’actifs domiciliés en Irlande.

L’ancien conseiller de Chirac à la tête de la filiale française

En Grèce en 2011, également sous la pression de la Troïka, la Banque centrale de Grèce a fait appel à BlackRock Solutions pour décortiquer les portefeuilles de prêts de 18 banques, puis à nouveau en 2013 pour les portefeuilles des quatre plus grandes banques. Prudent, BlackRock a utilisé un faux nom commercial, Solar, a loué des bureaux modestes dans un quartier résidentiel d’Athènes, et a escorté ses employés avec des armes. Une dernière mission a été menée en 2015. Aujourd’hui, l’opérateur a construit un centre commercial pour 300 millions d’euros à Athènes. Elle détient des parts dans deux banques, dans le principal fournisseur d’énergie et dans la loterie nationale, qui est en cours de privatisation.

« Rien n’indique que les employés de BlackRock venus tester nos banques ont transmis des informations à d’autres équipes », assure un investisseur à Athènes assuré sous l’anonymat. BlackRock n’aurait pas risqué de démolir sa réputation pour si peu ! Mais pour cet investisseur, le problème va plus haut.

« Lorsque vous gravissez les échelons hiérarchiques, vous finissez par atteindre un niveau où vous avez accès aux informations de toute l’entreprise, du conseil et de l’investissement. Alors, quand Larry Fink rencontre un chef d’État grec, espagnol ou irlandais, à quel intérêt choisit-il de s’adresser ? La partie audit ou la partie investissement ? Pourquoi pas les deux, à sa discrétion ?

Même maladresse aux Pays-Bas, lorsqu’en décembre 2012 la banque centrale a demandé à BlackRock Solutions d’analyser le portefeuille de crédits du géant bancaire national ING, puis, en juillet 2013, les actifs immobiliers de toutes les banques néerlandaises. A l’époque, BlackRock détenait déjà plus de 5% d’ING dans une vingtaine de secteurs. Interrogé par un député, le ministre des Finances Jeroen Dijsselbloem, qui était à l’époque également président de l’Eurogroupe, a justifié ses actions en évoquant l’existence d’un mur chinois entre les activités de conseil et de gestion de fonds de BlackRock.

Ironiquement, pour éviter elle-même tout conflit d’intérêts, la banque centrale néerlandaise avait décidé en 2007 de confier la gestion des fonds de pension de ses salariés à… BlackRock.

Portes tournantes et lobbying

Pour étendre son influence en Europe, BlackRock s’est entouré de personnalités connues, comme George Osborne, ministre britannique des Finances de 2010 à 2016 sous David Cameron, aujourd’hui rédacteur en chef du journal The Evening Standard et travaillant un jour par semaine comme consultant chez BlackRock. Sa rémunération est à la hauteur de sa notoriété : 650 000 livres (739 600 euros) par an.

Alors qu’il réformait les retraites au Royaume-Uni au cours de ses deux dernières années dans son département, George Osborne a rencontré les dirigeants de BlackRock à cinq reprises, permettant à ses gestionnaires d’actifs d’accéder à un marché annuel de 25 milliards de livres. Rupert Harrison, chef de cabinet d’Osborne, a également été embauché par le fonds. « Compte tenu de son expérience dans la mise en œuvre de la récente réforme des retraites au Royaume-Uni, il est particulièrement bien placé pour nous aider à élargir notre offre de retraite », a déclaré la société américaine dans un communiqué.

En Allemagne, c’est Friedrich Merz, ancien chef de la CDU au Parlement, le parti de l’ancienne dirigeante de la CDU Angela Merkel, qui gère actuellement les opérations locales de l’asset manager. En Suisse, Philippe Hildebrand, l’ancien patron de la banque centrale suisse, a été recruté. En Grèce, BlackRock a opté pour Paschalis Bouchoris, l’ancien chef d’un programme de privatisation gouvernemental.

Quant à la France, son président est Jean-François Cirelli, ancien conseiller économique de Jacques Chirac, puis directeur de cabinet adjoint de Jean-Pierre Raffarin. Cet ancien élève de l’École nationale d’administration a dirigé GDF (Gaz de France) à partir de 2004, orientant le groupe vers la privatisation. Puis, lors de la dernière présidentielle, il rejoint le comité de campagne d’Alain Juppé, tout comme l’actuel Premier ministre, Édouard Philippe.

Et à Bruxelles ? BlackRock est installé au premier étage du 35 place de Meeûs depuis 2010, devant un parc où les officiels européens se pressent sous le soleil du midi en semaine. Selon le registre de transparence de l’Union européenne, en 2012, BlackRock a affirmé avoir dépensé quelque 150 000 euros pour ses activités bruxelloises. En 2014, c’était 10 fois plus.

Entre novembre 2014 et mars 2018, l’opérateur américain a sollicité et obtenu des rencontres avec des membres de la Commission européenne à 33 reprises. Selon une source au Parlement européen, BlackRock organise également des « journées d’information » pour les assistants parlementaires « pour expliquer comment fonctionne un produit ou comment des fonds passifs peuvent être utilisés pour renforcer la croissance économique. Au final, ces assistants parlementaires sauront conseiller au mieux les députés », dit-elle.

Daniela Gabor, professeur de macroéconomie à l’Université de Western England (UWE) à Bristol, suit de nombreux débats à Bruxelles sur la régulation de la finance depuis 2013, lorsque le commissaire européen au Marché intérieur, Michel Barnier, a promis de renforcer les règles du système financier.

« Le commissaire britannique qui a succédé à Barnier, Jonathan Hill, souhaitait que la commission travaille main dans la main avec les financiers et à chaque fois qu’un débat ou une audition était organisé, les gens de BlackRock étaient là », se souvient Daniela Gabor.

« Puis j’ai réalisé que ce n’étaient plus les banques qui avaient le pouvoir mais les gestionnaires d’actifs. On nous dit souvent qu’un gestionnaire est là pour investir notre argent pour nos vieux jours. Mais c’est bien plus que cela », dit-elle. « À mon avis, BlackRock reflète le renoncement à l’État-providence. Sa montée en puissance s’accompagne de mutations structurelles en cours ; changements dans la finance, mais aussi dans la nature du contrat social qui unit le citoyen et l’État.

Daniela Gabor explique que la Banque centrale européenne, qui confie à BlackRock l’audit des banques, n’a aucun pouvoir sur l’entreprise. « L’argument de BlackRock est simple : nous ne faisons pas d’effet de levier, nous n’agissons pas comme des banques, nous n’avons donc pas besoin d’être réglementés en tant qu’institution systémique.

En fait, BlackRock se glisse sous tous les radars. «Ils peuvent être réglementés pour des raisons dites microprudentielles, pour protéger leurs clients, mais pas en tant qu’institution financière chargée d’assurer la stabilité financière globale», dit-elle.

AMF et BlackRock, deux compagnons de route

Côté français, BlackRock, comme tout gestionnaire d’actifs, doit déclarer à l’Autorité des marchés financiers (AMF) s’il franchit certains seuils – 5 % puis 10 % – lors d’une prise de contrôle d’une société cotée à la Bourse de Paris. Par ailleurs, l’AMF contrôle les prospectus commerciaux de ses produits financiers remis aux clients potentiels. Et rien d’autre. Un membre de l’organe de surveillance de la Bourse s’étonne de nos questions sur la faiblesse des contrôles sur ce gestionnaire de fonds. « Pour ses opérations européennes, BlackRock a son siège en Angleterre. C’est auprès d’eux qu’il faut se renseigner. Nous ne donnons qu’un seul timbre.

Lorsque, par exemple, BlackRock déclare à l’AMF détenir 5,16 % du groupe Casino à travers deux filiales, la base de données financières de Thomson One, qui fait partie du groupe Thomson Reuters, a dans ses archives pour la même période un chiffre de 9,66 %, via six filiales différentes. De même pour Safran, qui a déclaré 6,22 % à l’AMF, inférieur aux 9,03 % indiqués par Thomson One.

Le régulateur français est muet face à ces écarts de chiffres. Les mêmes bizarreries existent avec le régulateur allemand concernant des sociétés comme Deutsche Wohnen, Vonovia, Deutsche Post et Bayer AG. Le régulateur promet une « clarification ».

Si l’AMF ne semble pas trop attentive à BlackRock, BlackRock de son côté ne lésine pas sur ses conseils. « Nous invitons l’AMF à réduire les barrières juridiques » ou « nous serons heureux d’aider l’AMF à développer une approche sur mesure » sont quelques-unes des propositions contenues dans une lettre qu’elle a adressée aux autorités boursières en 2013. L’objectif est simple : éviter toute réglementation.

Les enquêtes BlackRock sont régulièrement reprises dans les publications de l’AMF. La newsletter mensuelle de l’Observatoire de l’Épargne propose des enquêtes BlackRock sur les attitudes des épargnants français :

« Les Français sont-ils assez confiants pour investir ? (juin 2016), « Les Françaises épargnent-elles plus que les Français ? (avril 2016), « Est-ce que plus de Français planifient leurs vacances que leur retraite ? (Décembre 2013).

BlackRock a une réponse à tout

En novembre dernier, l’AMF organisait une table ronde dont le président de BlackRock France était parmi les intervenants. Jean-François Cirelli a souligné leur alchimie commune. « Nous voulons que les régulateurs nationaux gardent les pieds sur terre. […] Comment renforcer l’idée auprès des pouvoirs publics, auprès de nos clients, que nous devons tous investir pour notre retraite sur les marchés de capitaux ? Comment profiter de l’ère post-Brexit ? L’AMF a publié un rapport sur [comment mieux] investir en actions sur le long terme et cela va également dans ce sens.

Gardant un œil sur la réforme potentiellement favorable de l’épargne retraite française, dont les contours ont été affinés par le ministre Bruno Le Maire, sur le front européen, BlackRock peut déjà compter sur le zèle de Valdis Dombrovskis. Ce Letton est commissaire européen à la stabilité financière mais est également l’un des vice-présidents de la commission. Il est à l’origine du produit paneuropéen d’épargne-retraite individuelle (PEPP), un nouveau type de produit d’épargne-retraite qui devrait être lancé l’année prochaine au sein de l’UE et actuellement en cours de test par des chercheurs des secteurs privé et public. Le programme de contribution volontaire s’appelle Resaver, et c’est à BlackRock que Valdis Dombrovskis a confié la gestion de l’épargne des participants.

Conflit d’intérêt

Le pouvoir d’influence sur les États souverains acquis par BlackRock en quelques années pose question. De même pour ses multiples rôles. Un sujet en particulier pose question : la puissance « horizontale » que BlackRock s’est bâtie dans certains secteurs à travers ses investissements dans des entreprises – aéronautique, bâtiment, spiritueux, petit matériel électrique, etc. Rapidement, l’entreprise s’est retrouvée actionnaire de tous les grands noms du même secteur.

Dans la chimie par exemple, BlackRock domine des deux côtés de l’Atlantique avec des participations importantes – entre 5 et 10 % – dans tous les grands groupes chimiques mondiaux : Bayer, BASF, DuPont, Monsanto, Linde et les sociétés françaises Arkema et Air Liquide.

Ces entreprises, concurrentes au premier abord, se retrouvent avec un même actionnaire qui peut, au gré de ses envies, pousser à la concentration, à la spécialisation ou à la vente. Cette situation n’a fait aucun bruit jusqu’à ce que deux économistes, José Azar et Martin Schmalz de l’Université du Michigan, publient un rapport sur la propriété commune en 2016. Selon eux, les clients de BlackRock n’auraient rien à gagner du fait que les entreprises dans lesquelles le gestionnaire était aussi un actionnaire s’engagerait dans des combats acharnés. Les deux chercheurs se sont penchés sur le secteur de l’aviation commerciale et ont constaté un alignement à la hausse des prix des billets parmi les cinq premières compagnies aériennes américaines, dans lesquelles BlackRock et son rival Vanguard ont des participations.

En Allemagne, l’autorité de la concurrence a exprimé son inquiétude. Il a déclaré: « Il existe un risque potentiel important de distorsion de la concurrence par le biais de participations horizontales entre des entreprises du même secteur économique. » En France, l’Autorité de la concurrence lance le dossier hors du terrain. « Nous n’avons pas de travail spécifique réfléchissant sur cette question en cours en ce moment », a-t-il déclaré. Mais le 16 février 2018, la commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager a prononcé un discours sur le thème et a promis de lancer une étude pour mesurer l’ampleur de l’actionnariat horizontal.

Naturellement, BlackRock préférerait prendre ses distances avec de telles controverses, présentant plutôt l’image d’une entreprise engagée pour le bien-être de l’humanité. Dans une lettre envoyée le 12 janvier 2018 aux patrons des entreprises dont il est actionnaire, Larry Fink a invité tous à œuvrer plus activement pour le bien commun. Son représentant français pour l’un pourrait trouver cela difficile.

Jean-François Cirelli est membre du « comité Action publique 2022 », créé par le Premier ministre Philippe pour réfléchir aux services publics de demain. Interrogé sur la nature de sa contribution, il définit le service public comme l’accès à l’emploi et le mécanisme de financement des retraites complémentaires.

« Je pense à deux choses. Premièrement, ce qu’il faut faire pour que Pôle emploi (agence publique pour l’emploi) puisse mieux répondre aux tendances de l’emploi et mieux orienter les chômeurs. Et deuxièmement, faut-il percevoir les cotisations Agirc Arrco (retraite complémentaire obligatoire) par l’Urssaf (réseau d’organismes privés qui collectent les cotisations sur les salaires), qui collecte déjà plus de 400 milliards d’euros, plutôt que de laisser l’Agirc Arrco les percevoir elle-même ?

Puis il ajoute : « Et je confirme, il n’y a rien de BlackRock là-dedans. Soit dit en passant, j’ai délibérément abordé des questions qui ne posent pas de conflits d’intérêts.

Cette histoire fait partie de notre enquête approfondie sur les investissements et la large influence de BlackRock.

En savoir plus et lire l’histoire dans l’une de nos publications partenaires dans votre langue nationale

.

Traduction automatique donc un peu gauche mais c’est intéressant quand même.

2 réflexions sur “Editorial: l’oeuvre de Dieu.

  1. « pour Blankfein, c’est l’insconscient du système » : oui, encore davantage puisqu’il s’agit de la croyance (ou le fait) que Dieu n’existant pas, c’est à l’homme de se façonner lui-même. Or, Blankfein étant au sommet de la pyramide du savoir, du pouvoir et de la puissance…

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  2. A tous les Adorateurs des bonhommes a barbes,ou glabres ,ce dernier avait au moins l’audace de reconnaitre l »imperfection du genre humain

    Merci Mr Bertez

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