Editorial: nous vivons une époque de colossaux détournements de fonds!

Dans un passage célèbre de son livre The Great Crash 1929 , John Kenneth Galbraith a introduit le terme « bezzle », un concept important qui devrait être bien mieux connu des économistes qu’il ne l’est. 

Le mot peut se traduire par « détournement de fonds ».

Galbraith a qualifié de « le plus intéressant des crimes ». 

Comme il l’a observé :

Seul parmi les diverses formes de larcin [le détournement de fonds] a un paramètre de temps. Des semaines, des mois ou des années peuvent s’écouler entre la commission du crime et sa découverte. C’est d’ailleurs une période où celui qui détourne jouit a son gain tandis que la victime du détournement , assez curieusement, ne ressent aucune perte. Il y a une nette augmentation de la perception de la richesse pendant un certain . Il existe à tout moment une masse un stock de détournements non découverts. dans les entreprises dans les banques et dans les comptes des pays.

Certaines périodes, a en outre noté Galbraith , sont propices à la création de bezzle, et à des moments particuliers, cette fausse perception de la richesse est plus susceptible de se déchaîner qu’à d’autres.

Le detournement de fonds, le bezzle est un phénomène qui devient systémique.

Cet stock de détournements -bezzle -s’élève à tout moment à plusieurs millions de dollars. Il varie également en taille avec le cycle économique. Dans les bons moments, les gens sont détendus, confiants et l’argent abonde. Mais même si l’argent est abondant, il y a toujours beaucoup de gens qui en veuelent plus. Dans ces circonstances, le taux de détournement de fonds augmente, le taux de découverte des malversations diminue et la masse de détournements augmente rapidement. Dans les dépression, tout cela est inversé. L’argent est surveillé d’un œil aiguisé et méfiant. L’homme qui s’en occupe est supposé malhonnête jusqu’à ce qu’il prouve le contraire. Les audits sont pénétrants et minutieux. La moralité commerciale est énormément améliorée. .

Galbraith a reconnu, en d’autres termes, qu’il pouvait y avoir une différence temporaire entre la valeur économique réelle d’un portefeuille d’actifs et sa valeur marchande déclarée , en particulier pendant les périodes d’exubérance irrationnelle. 

Depuis plusieurs jours je réfléchis sur ce sujet et je formule mes analyses sous différentes formes afin que vous puissiez les assimiler.

Lorsque je dis par exemple que la politique de la Fed n’a aucune incidence réelle et qu’elle fait monter les indices boursiers et les prix de actifs financiers en vertu d’une « croyance », je ne dis rien d ‘autre que ceci , exprimé en langage de Galbraith: les participants aux marchés financiers sont persuadés que le stock de détournements de fonds, le stock de bezzle ne sera jamais découvert. Croire que toujours les actifs conserveront leur valeur actuelle est équivalent à croire que jamais le pot aux roses ne sera découvert.

Je vous parle de Galbraith parce que c’est une référence de prestige, parce que les escrocs actuellement au pouvoir, gouvernements et banquiers centraux , veulent à tout prix que vous soyez persuadés que plus rien n’est comme avant! Galbraith au contraire explique que l’Histoire n’est que répétition et que tout ce que vous croyez nouveau n’est que répétition adaptée à notre époque. La structure des phénomènes, le cristal de causalités qui les structure, reste le même , ce qui change c’est leur façon d ‘apparaitre, c’est leur habillage.

Ainsi pendant des années les spéculateurs et même la PBOC ont cru que Huarong valait bien toute la valeur que les marchés lui accordaient en terme de fonds propres et de dettes et puis, voyez vous, un jour le pot aux roses se révèle, le monde aveugle auparavant découvre que Huarong est un colossal bezzle, Huarong ne vaut plus rien, des centaines de milliards était du bezzle et on découvre que si on décidait de liquider la pourriture, il ne resterait pas grand chose pour dédommager les créanciers.

Il y a peu de temps j’ai écrit un texte et titré en expliquant que le public, vous , vous étiez déja ruinés.

Ce n’est pas une boutade, le public est deja ruiné, sauf à trouver des pigeons sur la planète mars à qui vendre la pourriture, simplement le public ne le sait pas parce que le bezzle mondial n’a pas été révélé, mais la ruine est là, deja là . Elle n’attend que les circonstances pour se découvrir, comme celle de Huarong.

Comme le dit Hussman, tout le papier émis doit être détenu par quelqu’un , c’est un Mistigri et collectivement tous les détenteurs de papiers seront ruinés, no place to hide et si vous me dites mais je n’ai pas de papier je vous réponds impossible tout le monde a du papier: sa retraite, son compte bancaire, ses assurances tout cela c’est du papier.

Lorsque le bezzle, le détournement se produit, a souligné Galbraith , « il y a une augmentation nette de la richesse perçue , de la richesse psychique ». Pourquoi? Parce que celui qui détourne se sent (et est) plus riche, alors que ses victimes ne se rendent pas compte qu’ils sont moins riches. Pensez, par exemple, aux nombreux investisseurs dupés de leur épargne-retraite par des stratagèmes de Ponzi comme celui orchestré par Bernie Madoff. Pensez aux comptes d’épargne actuels gonflés par le Ponzi de la Fed , de la BCE ou de la BOJ.

Dans de telles situations, n’oubliez pas, la richesse collective perçue dépasse la richesse collective réelle, pendant un certain temps, le monde semble être un endroit plus heureux (et plus riche) qu’il ne l’est vraiment. pensez à l’impression de richesse que Macron a réussi a donner depuis 18 mois en créant des centaines de milliards de dettes que la France n’a et n’aura jamais les moyens de rembourser/honorer. Idem bien sur pour les Etats Unis!

Comme l’a expliqué plus tard l’économiste britannique John Kay : « La joie du bezzle -du détournement- c’est que deux personnes, chacune ignorant l’existence et le rôle de l’autre, peuvent profiter de la même richesse.

En ce sens, le bezzle est créé non seulement par des intrigants de Ponzi, comme Madoff, mais aussi sous la forme d’entreprises – comme Enron, par exemple, ou WorldCom – dont les fraudes comptables se traduisent par des actifs surévalués et des valorisations boursières excessivement élevées. Surévaluées Jusqu’à ce que les fraudes comptables soient découvertes; il y a une augmentation collective de la richesse psychique à mesure que la valeur du bezzle augmente.

Plus il y a de dettes dans un système et plus le bezzle, plus la masse de détournements augmente car la plupart de ces dettes ne valent rien, elles ne valent que tant que l’on continue d’en créer de nouvelles. Et c ‘est cela que l’on appelle le Ponzi; la création de nouvelles dettes, soutient la valeur des anciennes et masque le fait qu’elles ne valent rien.

Malheureusement, le bezzle est temporaire, poursuit Galbraith, et à un moment donné, les investisseurs se rendent compte qu’ils ont été dupés et qu’ils sont donc moins riches qu’ils ne l’avaient supposé. Lorsque cela se produit, la richesse perçue diminue jusqu’à ce qu’elle se rapproche à nouveau de la richesse réelle. Tout s’inverse.

L’effet des détournements est donc de faire monter temporairement la richesse totale perçue avant de la ramener au niveau ou en dessous de son niveau d’origine. Le bezzle euphorise collectivement bien au début et peut déclencher des dépenses plus élevées que d’habitude jusqu’à ce que la réalité s’installe, après quoi cela devient terrible et tout peut s’effondrer.

LE BEZZLE SANS DÉTOURNEMENT DE FONDS APPARENT EST LE BEZZLE DE NOTRE EPOQUE

En soi, le bezzle est un concept assez utile, mais il a été amélioré dans les années 1990, par le vice-président de Berkshire Hathaway, Charles Munger.

Il l’a développé en un concept beaucoup plus large et plus subtil. 

Le bezzle n’a pas besoin de détournement de fonds effectif pour fonctionner, a-t-il souligné. Chaque fois que la valeur marchande déclarée d’un actif ou d’un portefeuille dépasse temporairement sa valeur économique réelle , l’économie subit la même augmentation de la richesse psychique que dans le bezzle , suivie d’une diminution. 

Comme il l’a expliqué dans un discours de 2000 ,

Galbraith a inventé le mot « bezzle » parce qu’il a vu que le détournement de fonds non divulgué, avait un effet stimulant très puissant sur les dépenses. Après tout, le détourneur dépense plus parce qu’il a plus de revenus, et son employeur dépense comme avant parce qu’il ne sait pas qu’il s’est appauvri . Mais Galbraith n’a pas poussé sa perspicacité. Il s’est contenté d’arrêter avant d’avoir épuisé la question. Je vais donc maintenant essayer de pousser le concept de « bezzle » de Galbraith au niveau logique suivant.

Munger a poursuivi en illustrant comment la hausse des prix des actifs, lorsqu’ils augmentent plus rapidement que les augmentations de la valeur économique à long terme sous-jacente, peut contribuer à ce qu’il a maintenant rebaptisé le febezzle – un mot maladroit qui n’a jamais été repris.. 

L’idée de Munger était que la hausse des prix des actions ou de l’immobilier peut générer des effets de revenu et de richesse, et ce , que cette hausse des prix reflète ou non une augmentation réelle de la capacité de gain de ces actifs, c’est-à-dire de leurs valeurs fondamentales réelles. 

Lorsqu’elles reflètent des augmentations réelles de la richesse, l’augmentation de la richesse de l’investisseur s’accompagne d’une augmentation de la capacité productive réelle de l’économie. .

Mais lorsque les prix des actifs augmentent pour des raisons autres que des augmentations réelles de leur capacité de production de vraies richesses , quelque chose de très différent se produit. L’économie globale n’est pas mieux lotie puisqu’il n’y aura pas d’augmentation correspondante de la capacité de production de cette économie. Le propriétaire de tels actifs, cependant, se sent plus riche, temporairement, car sur le long terme, les prix des actifs finissent par converger vers une valeur qui représente leur contribution réelle à la production de biens et de services.

Lorsque la valeur perçue des actifs dépasse leur utilité économique réelle, la richesse psychique de l’économie augmente à nouveau, et parce que cette augmentation n’est associée à aucune augmentation correspondante de la richesse réelle, elle n’est que temporaire (bien que, comme l’a noté Munger, cette augmentation temporaire phase peut durer très longtemps). 

Le fait est que les marchés financiers peuvent créer des impressions temporaires de fausse richesse très similaires à celles des stratagèmes de Ponzi sans avoir besoin d’un escroc – une notion, soit dit en passant, que l’économiste Hyman Minsky aurait rapidement reconnue comme une reformulation de son hypothèse d’ instabilité financière .

Ce que Munger n’a pas vu c’est que même dans ce cas il y a et il faut qu’il y ait un escroc et cet escroc c’est celui qui produit la monnaie, c’est la clique qui alimente le détournement, le pseudo enrichissement, l’escroc c’est la Banque Centrale.

Le bezzle déforme l’activité économique il n’y a aucun moyen de faire la distinction entre les revenus et/ou les bénéfices réels et les revenus et/ou les bénéfices dopés. 

Munger a expliqué une manière très simple que cela pourrait se produire, lorsque la hausse des cours des actions alimente temporairement la hausse du PIB :

Quand le bezzle est alimenté par les banques centrales en continu, les gens  pensent qu’ils gagnent vertueusement un revenu. La situation fonctionne comme un détournement de fonds non divulgué et non autolimitée. Ce qui ressemble à des dépenses provenant du revenu gagné est, en substance, des dépenses provenant d’un «effet de richesse» déguisé de la hausse des cours des actions.

Ces 3% par an par exemple qui proviennent de l’appréciation des actifs sont convertis en revenus, un processus qui est finalement inversé, puisque la rentabilité future des actifs est consommée maintenant. La surévaluation actuelle des actifs est équivalente à la consommation actuelle de leur produits futurs . Dans ce cas le détournement a toujours lieu mais ce n’est pas un détournement du présent, mais un détournement du futur. La victime c’est le futur a expliqué Munger. il n’y a pas de free lunch, on ne rase jamais gratis.

Les économistes traditionnels ne peuvent bien sur admettre tout cela puisqu’ils sont payés pour justifier et couvrir le bezzle, pour dissimuler et justifier les détournements présents et à l’égard du futur.

Et c’est pour cela qu’à notre époque de gigantesque détournements présents et futurs les analystes ont abandonné l’idée de valeur fondamentale, l’idée de valeur économique des actifs; ils ont produit des théories qui éliminent les valeurs fondamentales. La valeur fondamentale, la valeur économique n’existent plus, elle sont remplacées par le prix c’est à dire la rencontre de l’offre et de la demande. L’oblitération de la référence que constitue la valeur fondamentale est en quelque sorte la justification théorique de l’escroquerie que constitue le bezzle!

Ceci signifie que si vous réussissez à créer une demande qui fait monter un prix alors .. vous avez crée des richesses et il n’y a plus de bezzle: expliquez cela en ce moment aux créanciers de Huarong!

Ah les braves gens.

2 réflexions sur “Editorial: nous vivons une époque de colossaux détournements de fonds!

  1. la plupart de ces dettes ne valent rien, elles ne valent que tant que l’on continue d’en créer de nouvelles. Et c ‘est cela que l’on appelle le Ponzi; la création de nouvelles dettes, soutient la valeur des anciennes et masque le fait qu’elles ne valent rien.

    The great experiment de John LAW avant te great reset de k.SCHWAB!?

    « si vous réussissez à créer une demande qui fait monter un prix alors .. vous avez crée des richesses et il n’y a plus de bezzle » … C’est une forme d’aveuglement volontaire, une tautologie nourrit par la pensée magique et le désir que cela dure. C’est ce qui rassure ceux qui seraient embarqués dans une logique circulaire qui exclue le risque qu’impose le réel et ses lois de la gravitation… jusqu’à ce que l’illusion s’efface. J’oserais comparer et dire que c’est Vil le coyote qui fonce droit devant la béance du canyon, qui court dans le vide jusqu’à qu’il réalise que c’est le vide sous lui, puis il tombe à pic.

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