QUESTIONS SUR PANDORA. Payer ses impôts sera une obligation morale quand la fiscalité sera morale.

Les Pandora Papers ont défrayé la chronique ces derniers jours. Des pseudo journalistes , soi disant enquêteurs s’en sont emparé et diffusent les informations que certains groupes ou certaines institutions veulent faire fuiter.

Ces journalistes que l’on devrait plutôt qualifier de « journaleux », ne font pas leur vrai métier, leur vrai métier est de chercher ce qui est caché, dissimulé, et de le porter à la connaissance du public, pas de servir de passe-plat.

J’ai une conception très rigoureuse, le journaliste doit être un saint. Ne riez pas. Le journaliste pour prétendre être, être au sens fort, un journaliste doit s’abstenir de jouir, de satisfaire ses propres désirs dans le cadre de sa mission.

Autant dire que c’est très rare, le journaliste donne toujours une courbure , il a un prisme et l’objectivité est un mythe qui sert à tromper et baiser les lecteurs.

Ce métier vit sur un colossal mensonge, celui de l’objectivité. C’est l’équivalent du mensonge des politiciens qui prétendent qu’ils œuvrent dans l’intérêt général. Il n’y pas de journalisme objectif et la seule honnêteté possible est, quand on fait ce métier, d’annoncer sans cesse, son biais , de répéter qui on est , et de rendre clair ses choix subjectifs. Le bon journaliste pour moi est celui qui annonce la couleur, pas celui qui fait semblant de s’effacer derrière les faits et leur fausse objectivité, c’est celui qui, ce faisant, déclenche le fonctionnement de l’intelligence et de l’esprit critique.

C’est un petit détour mais il est bienvenu dans le cas qui nous occupe des « Papers ».

Ainsi j’ose être scandaleux et affirmer que:

-je suis contre la publication scélérate des « papers » quels qu’ils soient ,

-je suis contre la prédation fiscale inique opérée par les classes qui ont confisqué le pouvoir,

-ceux qui refusent et luttent contre cette prédation fiscale sont légitimes à le faire

-d’une façon générale les taxateurs sont mes adversaires.

-ce n’est pas par ces methodes que l’on rendra le monde plus propre et plus moral.

J’ose dire tout cela et en même temps affirmer que je suis quelqu’un de haute tenue morale et citoyenne.

Je récuse le droit d’un groupe social, qui a usurpé le pouvoir -et la force-, de confisquer le produit du travail des gens. Surtout si il favorise par ailleurs la constitution et l’accumulation de richesses astronomiques qui elles ne sont pas produites par le travail.

Payer ses impots sera une obligation morale quand la fiscalité sera morale.

Avez vous vu les récentes révélations sur l’utilisation par DSK de paradis fiscaux , au Maroc en particulier?

Avez vous un jour entendu parler des droits de successions a la tète du client consentis aux très grandes fortunes françaises qui financent les depenses électorales?

Revenosn a nos moutons journalistes.

Il n’y a nulle noblesse, nul courage et nulle déontologie pour un soi disant journaliste à publier une dossier tout fait, ficelé par un tiers anonyme dont on ignore les objectifs. Le journaliste qui fait cela est complice d’une manipulation et d’une opération occultes . C’est , je le dis souvent un idiot utile qui satisfait son narcissisme en trichant; il n’a rien recherché, il n’a fait aucun effort, il a juste constitué un réceptacle, une voie d’acheminement. Il tire une gloire ou une notoriété douteuse de sa turpitude.

En tant que journaliste et patron de presse j’ai toujours considéré que l’information n’était jamais neutre, toujours au dela des faits, leur révélation exprime une intention, un objectif ou un agenda . Agenda des sources ou agenda des canaux de diffusion. Et les sources veulent bien sur que ces agendas restent secrets , elles veulent qu’on les passe sous silence comme si les faits suffisaient et se suffisaient .

Or il se trouve que des faits, des vérités il y en a une infinité et la vraie question n ‘est pas de le reconnaitre mais de s’interroger; pourquoi telle ou telle chose merite-t-elle d’être publiée? Publier c’est trier et hierarchiser. C’est tout sauf neutre.

Réponse parce que quelqu’un en juge ainsi .

Ce qui est important, pour moi c’est le désir non exprimé qui se dissimule derrière chaque publication de faits . Comme on dit vulgairement quand on ouvre sa gueule c’est toujours pour quelque chose, il y a toujours une raison! Et c’est cette raison qui mérite investigation.

Volia pour le compte de ces fameux journalistes d’investigation.

S’agissant de la fiscalité je le répète ma position est ambiguë.

D’un cote je suis pour une fiscalité qui serait juste , mais de l’autre reste à savoir qu’elle est la bonne fisclaité, celle qui est juste. Réponse ce n’est pas, dans les conditions actuelles celle qui est imposée par des groupes de personnes, par des classes sociales, par des intérêts particuliers.

Bref la fiscalité actuelle n’est pas juste, c’est selon moi celle du plus fort.

La fiscalité a cessé prétendre être neutre, elle vise maintenant à favoriser des politiques économiques comme par exemple l’investissement ou la transition climatique ou l’exportation ou que sais je encore. Elle vise souvent a rembourser les dettes que les gouvernements ont contracté dans leurs dépenses démagogiques pour être réélus, etc vous m’avez compris, suivez mon regard .

Les impôts ne peuvent être justes que pour autant que les dépenses qu’ils financent le sont aussi et pour autant que les objectifs des politiciens le sont également? Avez vous des doutes sur l’honnêteté et la sainteté des politiciens , sur leur désintéressement, sur leur sens de l’intérêt général ? Moi oui? La fiscalité dans les conditions que nous vivons est une violence d’état. L’état n’existe pas concrètement, concrètement l’état ce sont des gens, comme vous et moi et ces gens se refugient derrière une abstraction réifiée.

Et comme je considère ces gens comme une classe sociale de privilégiés sur mon dos je n’ai pas envie de les engraisser ou surtout de leur donner des armes pour lutter contre moi, me soumettre et réduire mes libertes.

Je suis contre la prédation fiscale, et je refuse de la considérer positivement.

Lisez ce bon texte de Myret Zaki dont je vous parle souvent. Elle sait de quoi elle parle.

Il y a un grand secret derrière les fuites (Panama Papers, Swissleaks, Offshore Leaks, Luxleaks).

Après la fin du secret bancaire suisse, une évidence s’impose : les grandes puissances peuvent continuer à abriter des avoirs au noir et continuer à blanchir de l’argent, et cela bien que le monde fasse semblant d’exiger toujours plus de transparence. 

Les fuites de données vont-elles changer cela ? Nous avons quelques doutes.*


Myret Zaki 07.10.2021,

version allemande

Les Pandora Papers font suite à quatre autres « fuites » de ce type (Panama Papers, Swissleaks, Offshore Leaks, Luxleaks). Ils soulèvent plusieurs questions.

Premièrement, qui sont les informateurs: sont-ils des initiés consciencieux ou sont-ils des gouvernements?  Dans tous les cas, il y a une grande quantité de données qui ont été « fuitées » de plusieurs institutions. L’obtention de ces données nécessite des moyens techniques considérables. Le rôle des gouvernements est devenu clair dans l’affaire Swissleaks lorsque l’informateur, Hervé Falciani, a été assisté par les services secrets français dans son vol de données .

Depuis le début de la guerre des États-Unis et de l’UE contre l’évasion fiscale en 2010, les gouvernements ont promu un marché du vol de données en utilisant des « taupes » dans les banques telles que l’ Allemagne, qui a espionné le Credit Suisse en 2011 .

La place financière la plus opaque : les îles Caïmans

La question de savoir d’où proviennent les données est essentielle pour comprendre quels pays peuvent être plus ou moins à risque que d’autres. Selon l’ indice 2020 du secret financier compilé par le Tax Justice Network, les îles Caïmans (un territoire britannique d’outre-mer) et les États-Unis se classent aux premier et deuxième rangs des centres financiers les plus opaques et des promoteurs de l’évasion fiscale, suivis de la Suisse à la troisième place.

Dans toutes les fuites précédentes, il a été constaté que l’ampleur réelle de l’évasion fiscale par les États-Unis et le Royaume-Uni n’a jamais été reflétée avec précision. Il a fallu attendre les Pandora Papers et l’ enquête détaillée du Washington Post du 4 octobre 2021 sur les trusts dans le Dakota du Sud pour que l’opacité de certains États américains soit finalement révélée.

Un rapport du Financial Times souligne également le rôle central joué par les îles Vierges britanniques . Cependant, d’autres médias britanniques se concentrent principalement sur les petits paradis fiscaux comme Panama, Dubaï ou Monaco et se focalisent surtout sur des célébrités comme les rois et les hommes politiques qui utilisent ces structures opaques au lieu de s’interesser aux structures elles-mêmes.

L’évasion fiscale est lucrative

Deuxième question : comment se fait-il que ces opérations de révélation n’aient pas d’impact sur l’évasion fiscale, encore moins sur le blanchiment d’argent ? Les mêmes structures qui facilitent les abus fiscaux sont aussi celles qui facilitent le blanchiment d’argent provenant des trafics de drogue et de la criminalité. On pourrait penser qu’il va de soi que les structures qui créent de l’opacité doivent être abolies.

Mais ce n’est pas si facile. Cette activité est extrêmement lucrative pour les centres financiers qui la proposent. C’est pourquoi les États-Unis, le Royaume-Uni et la Chine, qui possèdent les places financières les plus opaques (Îles Caïmans, Îles Vierges britanniques, Delaware, Dakota du Sud, Hong Kong, etc.) ont utilisé leur puissance géopolitique pour éviter de combler les lacunes et leurs propres insuffisances.

À l’échelle mondiale, la lutte contre les structures opaques a progressé très lentement dans certains pays, mais elle se poursuit et est même florissante. La dernière fuite (Panama Papers) aurait aidé les gouvernements à récupérer 1,6 milliard de dollars de recettes fiscales perdues. Ce n’est qu’une goutte d’eau dans le seau, cependant : on estime que 427 milliards de dollars de recettes fiscales sont perdus chaque année à cause des abus fiscaux commis par les sociétés multinationales et les particuliers fortunés.

Le montant estimé blanchi dans le monde en un an est plus élevé que jamais : entre 800 milliards et 2 000 milliards. $, ce qui, selon les Nations Unies , correspond à 2 à 5 % du PIB mondial. 

Les fuites ont peu d’impact sur le marché mondial de l’évasion fiscale et encore moins sur le blanchiment d’argent mondial. Le simple montant montre une chose : il faut des structures opaques pour que ces activités puissent continuer à circuler dans le système financier.

Afflux massif d’actifs non déclarés aux États-Unis

Les principaux acteurs incluent des États américains comme le Dakota du Sud et le Delaware, qui n’avaient jamais été exposés lors des fuite précédentes tout en attirant des clients du monde entier au cours de la dernière décennie. Alors même que les États-Unis condamnaient d’autres centres financiers, les actifs non déclarés affluaient dans de mystérieuses fiducies et sociétés cachées dans ces États.

Le Washington Post décrit une « industrie fiduciaire américaine qui protège de plus en plus les actifs des millionnaires et milliardaires internationaux en promettant un niveau de protection et de secret qui rivalise voire dépasse celui des paradis fiscaux étrangers ». Il poursuit en disant: « Cette protection presque absolue a protégé l’industrie d’une surveillance raisonnable ».

La question se pose de savoir comment il est possible que, dans un monde où l’OCDE a mis en place des normes très strictes pour l’échange d’informations, une industrie de l’évasion fiscale aussi opaque à la manière des années 80 puisse prospérer… dans le pays même qui lutte contre l’évasion fiscale.

J’ai prédit toute cette tournure des événements dans un livre de 2010 intitulé ‘Le secret bancaire est mort. Vive l’évasion fiscale ». Ma thèse était qu’avec la fin du secret bancaire suisse, le trust deviendrait l’instrument de choix pour l’évasion fiscale. Les États-Unis deviendraient le numéro un de l’évasion fiscale. Le livre indiquait également que des États américains tels que le Delaware, le Wyoming et le Dakota du Sud utiliseraient intelligemment les capacités des fiducies offshore et des sociétés de boîtes aux lettres pour attirer des fonds du monde entier et promouvoir cette activité. Et on vient d’apprendre que les actifs des trusts du Dakota du Sud ont plus que quadruplé depuis 2011 pour atteindre 360 ​​milliards de dollars.

Se pourrait-il qu’il y ait eu un déplacement des avoirs non déclarés de la Suisse et de l’Europe vers des trusts américains et des arrangements opaques ? Cela peut expliquer une partie de l’augmentation de la richesse depuis la fin du secret bancaire suisse. Un examen des dépôts de clients privés en Suisse montre qu’ils ont diminué de moitié, passant de 1 110 milliards de francs en 2007 à 588 milliards de francs en 2020.

Vous constaterez que les comptes de dépôt non-résidents des investisseurs institutionnels ont compensé cette perte, ce qui peut en partie signifier un passage des comptes personnels aux entités juridiques – comptes fiduciaires offshore ou arrangements sophistiqués de fiducies combinés à des sociétés offshore sous-jacentes.

La fin de l’industrie fiduciaire américaine ?

Les fiducies d’évitement fiscal peuvent également être trouvées dans le Delaware, l’Alaska, le Nevada ou le New Hampshire. Les Pandora Papers ont identifié 206 trusts basés aux États-Unis affiliés à 41 pays avec des actifs combinés de plus d’un milliard de dollars, et ce n’est que la pointe de l’iceberg.

Le problème est que les fiducies, si elles sont mal utilisées, peuvent protéger le propriétaire réel des impôts, des créanciers, des autorités, des conjoints, des réclamations des membres de la famille, mais aussi des responsables d’activités criminelles. « Près de trente des fiducies contenaient des actifs associés à des personnes ou à des entreprises accusées de fraude, de corruption ou d’atteintes aux droits humains dans certaines des communautés les plus vulnérables du monde », rapporte le Washington Post.

On peut affirmer que de telles révélations pourraient sceller la fin de l’industrie fiduciaire américaine. Mais ce serait insensé. La question est de savoir qui peut faire changer de cap les grandes puissances ? Des indiscrétions régulières génèrent une mauvaise publicité et font pression sur les législateurs américains pour des pratiques plus propres et une meilleure conformité internationale. 

Ce qui nous ramène à la première question : qui divulgue cette information ?


Myret Zaki

Myret Zaki a débuté comme analyste junior dans une banque privée genevoise en 1997, où elle a appris les bases de l'analyse actions.  En 2001, elle rejoint le quotidien « Le Temps », où elle dirige le service financier pendant neuf ans.  Lorsque la crise financière a éclaté en 2008, elle a écrit le livre d'investigation «UBS on the Edge of the Abyss», pour lequel elle a reçu le Prix suisse de journalisme.  En 2010, elle passe à « Bilan » ;  Zaki a été rédacteur en chef du magazine de 2014 à 2019.  Entre 2010 et 2016, elle a écrit trois autres best-sellers sur le secret bancaire, la fin du statut de réserve du dollar et la montée du système bancaire parallèle.  Zaki est titulaire d'un BA en Sciences Politiques de l'Université Américaine du Caire et d'un MBA de la Business School de Lausanne.

Myret Zaki a débuté comme analyste junior dans une banque privée genevoise en 1997, où elle a appris les bases de l’analyse actions. En 2001, elle rejoint le quotidien « Le Temps », où elle dirige le service financier pendant neuf ans. Lorsque la crise financière a éclaté en 2008, elle a écrit le livre d’investigation «UBS on the Edge of the Abyss», pour lequel elle a reçu le Prix suisse de journalisme. En 2010, elle passe à « Bilan » ; Zaki a été rédacteur en chef du magazine de 2014 à 2019. Entre 2010 et 2016, elle a écrit trois autres best-sellers sur le secret bancaire, la fin du statut de réserve du dollar et la montée du système bancaire parallèle. Zaki est titulaire d’un BA en Sciences Politiques de l’Université Américaine du Caire et d’un MBA de la Business School de Lausanne.

Une réflexion sur “QUESTIONS SUR PANDORA. Payer ses impôts sera une obligation morale quand la fiscalité sera morale.

  1. Nous ne sommes pas dupes que ces Pandorra Papers sont un bout de gras sciemment lâché à la populace pour lui montrer qu’on agit contre l’évasion fiscale mais surtout pour lui rappeler que ne pas payer ses impôts c’est mal. Le rappel s’impose puisqu’il va justement falloir payer encore plus pour les forfaitures de nos politiques et banquiers centraux. C’est ça qu’il faut retenir. On vous fait croire qu’on s’attaque aux puissants pour mieux vous demander un nouveau serrage de ceinture et un consentement à l’impôt qui conduira un jour à la disparition même de la propriété privée ( sauf pour le happy few biensur ). C’est en tout cas l’objectif affiché par des gens « sérieux » que ce monde dans lequel nous n’aurons rien mais serons heureux.

    En tout cas soyez rassurés, les noms des titulaires des comptes sur lesquels figurent de l’argent sale versé par telle ou telle monarchie pétrolière corruptrice ne seront jamais révélés.

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