L’enjeu des pouvoirs et le moyen de les conquérir c’est la vérité; vraie ou fausse! La guerre des représentations.

L’enjeu des pouvoirs et le moyen de les conquérir c’est la vérité; vraie ou fausse .

Le pouvoir n’est en dernière analyse, si on exclut celui de tuer, le pouvoir c’est celui de tracer des équivalences. Tracer des équivalences c’est décréter ceci=cela.

C’est dire un meurtre = 15 ans de prison par exemple;

un morceau de papier dont la valeur est nulle =un poulet.

Tracer les équivalences est l’activité humaine par excellence, c’est instaurer un ordre du monde dans lequel des réalités objectives sont déclarées equivalentes à d’autres réalités ou à des signes. Pensez au fameux tableau « Ceci n’est pas une pipe. Orwell et 1984 donnent a voir en caricature la dérive des équivalences . « Certains sont un peu plus égaux les uns que les autres ». L’économie dominante est un ensemble d’équivalences truquées au service des puissants.

Détenir et exercer le pouvoir, c’est proclamer un ensemble d ‘équivalences entre le monde des signes et des discours et le monde réel.

On comprend, présenté come cela que la question de la verité joue un rôle central dans nos systèmes: le pouvoir a a voir avec le contrôle, la certification de la vérité, le pouvoir est celui de ‘ estampille.

Lisez ce texte de Le Gallou, il tourne autour de ces questions.

Vous vous êtes exprimé récemment à propos du “fact checking” réalisé par les équipes de BFMTV à l’occasion du débat Zemmour-Mélenchon. Selon vous, ces “vérificateurs” sont des désinformateurs. Pouvez-vous développer ce point ?

Le « fact checking », la « vérification »  des informations telle qu’elle est effectuée par les journalistes des grands médias a un double objectif :

  • permettre aux journalistes de reprendre le pouvoir et le contrôle de l’information aux dépens de leurs invités, en particulier les politiques,
  • sauver le point de vue politiquement correct des attaques qu’il subit et le protéger des assauts du réel.

J’ajouterais que tous ces anglicismes (“fact checking”, “fake news”, “debunkage”) sont à l’image du salmigondis prétentieux en usage dans les agences de communication, pour donner une impression de sérieux, « un vocabulaire de spécialistes qui ne peuvent se tromper ».

Le « fact checking »  présente un triple biais :

  • dans le choix des personnalités dont on vérifie ou non les affirmations : à ce propos combien de « fact checking » sur les déclarations de Véran, régulièrement approximatives  et non sourcées, sinon carrément mensongères ?
  • dans le choix des questions et des sujets,
  • dans le choix des « experts » : ainsi sur la question de l’immigration pourquoi faire appel à Hervé Le Bras qui prétendait déjà il y a 30 ans que « l’immigration était stable » et « qu’il n’y avait pas de baisse de la fécondité des Françaises » et non à Michèle Tribalat plus lucide et plus rigoureuse, sinon pour tromper l’opinion ?

Qu’est-ce qu’un bon expert ? Ce n’est pas quelqu’un qui dit des choses justes, c’est quelqu’un qui présente de manière pseudo scientifique les affirmations politiquement correctes qu’on attend de lui. Et qui lui permettent d’être réinvité, d’avoir un accès régulier aux grands médias et donc de trouver des éditeurs et des sponsors pour ses travaux.

Voir aussi : Qui sont les « Décodeurs » ? Entre GAFAM, argent et influence. Première partiehttps://cdn.iframe.ly/TzMei0U?card=small&v=1&app=1

Cela pose la question plus large de l’objectivité et du devoir de neutralité : un mythe ?

Il n’y a pas d’objectivité possible car tout article, tout reportage, tout documentaire est « anglé » : il analyse les faits depuis un point de vue. Et celui-ci est par nature subjectif et partiel, sinon partial ! Le point de vue de la victime n’est pas le même que celui du délinquant. Et un chiffre même exact n’a de sens qu’en rapport avec d’autres chiffres.

J’ajoute que dans la pensée européenne – et en dehors des dogmes religieux – il n’est possible d’approcher les vérités que par la libre confrontation des points de vue.

La logique du « fact checking » n’est pas celle-là, c’est celle du MINIVER, le ministère de la vérité dans 1984 d’Orwell.

Les « fact checkers » sont au service de la vérité officielle de Macron.

Il faut les dénoncer avant qu’ils n’arraisonnent le débat démocratique : imaginez le rôle qu’ils pourraient jouer dans un débat de deuxième tour de l’élection présidentielle où ils ne manqueraient pas de confirmer les dires du candidat « gentil » et de désavouer les affirmations du candidat « méchant ».

Derrière la guerre de l’information, la guerre culturelle ?

Bien sûr : c’est une guerre des représentations. La propagande vise à faire croire des affirmations contradictoires : ainsi « le Grand Remplacement n’existe pas »  mais « la créolisation, c’est formidable ».

Voir aussi : Loi sur les fake news, le point de vue de François-Bernard Huyghe : une loi idéologique

2 réflexions sur “L’enjeu des pouvoirs et le moyen de les conquérir c’est la vérité; vraie ou fausse! La guerre des représentations.

  1. Le fact checking n’est qu’un des outils de l’autoritarisme en marche, une forme de pass de la pensée. C’est tout d’abord le signe d’un mépris et une insulte à l’intelligence des gens qui goberaient tout et ne seraient pas capables de juger par eux-mêmes de la véracité de ce qu’on leur dit mais c’est surtout une prise de contrôle de leurs pensées de manière totalement arbitraire. Un exemple récent et significatif a été la théorie du virus venu d’un labo. Cette thèse a été décrétée complotiste et même interdite sur Facebook puis réhabilitée. Vous ne pouviez pas le penser sans être un paria avant qu’on ne vous redonne le droit de le penser. C’est une forme de terrorisme puisque vous risquez l’exclusion sociale si vos pensées ne s’inscrivent pas dans la la doxa définie par l’oligarchie. C’est redoutablement efficace puisque ce sont les gens qui ont le plus à perdre socialement et sont donc les plus influents qui obtempèrent le plus facilement.

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  2. A propos de rand remplacement:
    « Migration will soon be the biggest climate challenge of our time. »
    Article de Parag Khanna dans le Financial Times. Parag Khanna est familier du W.E.F et prévoit la nécessité pour l’Europe, entre autres, d’accueillir des dizaines de millions d’immigrants , soi disant pour pallier un manque de main d’oeuvre, mais surtout en raison de l’inhospitalité climatique prochaine de larges zones de notre planète. Kishore Mabhubani avait déjà évoqué ce problème.
    Bref, il semble inutile d’invoquer un complot à ce sujet, le coupable est déjà identifié, c’est le réchauffement climatique

    Cordialement

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