Je lève mon chapeau à Charles Gave: bravo Charles! Diffusez ce texte s’il vous plait.

Je lève mon chapeau à Charles Gave: bravo Charles!

Vous avez écrit un texte que j’aurais aimé avoir écrit -et que j’aurais pu écrire-, mais j’ai décidé de ne plus ëtre un homme public.

Lisez donc Charles.

J’avais promis aux lecteurs d’écrire le billet de cette semaine sur l’or, mais je dois repousser cette chronique d’une semaine.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’une série de médias a décidé de s’intéresser à votre serviteur (BFM, Libération, Le Point, l’Express etc..) et pas en termes flatteurs. Je serais à la fois ultra libéral et d’extrême droite, financier sulfureux et catholique intégriste, souverainiste et internationaliste, identitaire et disciple de Milton Friedman, ce qui, chacun l’admettra, ferait preuve d’une immense capacité à concilier des contraires absolus.

Et je tiens à dire qu’aucun de ces « journalistes » ne s’est donné la peine ni de lire ce que j’ai écrit (j’ai beaucoup écrit dans ma vie et ces écrits sont disponibles partout), ni d’écouter ce que j’avais à dire dans mes nombreuses interviews sur you tube, ni essayé de me rencontrer pour mieux me connaître. 

Un financier, dans leur monde, ne pouvait-être qu’une crapule, un libéral, qu’une ordure égoïste et un souverainiste qu’un crétin attardé, ce qui semble indiquer un certain simplisme chez des gens qui sont chargés d’informer les autres.

Quelque peu surpris de cet intérêt soudain pour moi et bien que le « moi soit haïssable », j’ai donc décidé de consacrer l’article de cette semaine à ma modeste personne, pour essayer d’expliquer aux lecteurs qui je suis, ou plutôt qui j’essaye d’être et ce faisant, de défendre mon honneur, bien que ce soit une notion que la plupart de ces scribouilleurs ne comprennent pas.

Commençons par une évidence.

Je suis vieux.

A 78 ans, comme l’écrivait le Père Bruckberger ‘’les ombres s’allongent devant moi et le soleil va bientôt se coucher derrière moi ‘’.

En tant que vieux, je suis le résultat de ma vie. Durant cette (longue) vie, je n’ai cessé de vouloir être ce que les Français du XVII -ème appelaient un honnête homme, c’est-à-dire un homme qui essayait de rendre à la société dans laquelle il vit plus qu’il n’a reçu en naissant. Y suis-je arrivé ? je ne sais pas, mais je n’ai jamais changé de but, malgré les nombreuses gamelles que la vie m’a fait prendre.

Le but de « l’honnête homme » de cette époque, quand il avait vécu suffisamment longtemps, était d’abord d’avoir « une belle mort ». Mais, pour y arriver, il fallait s’y préparer, c’est-à-dire déterminer à partir de quel moment il fallait cesser de travailler pour soi et pour les siens, pour pouvoir transmettre à un public beaucoup plus large les valeurs qui vous ont porté toute votre vie. Je suis dans cette phase depuis une dizaine d’années.

Ce qui veut dire que mes actions et mes efforts n’ont plus comme but de gagner de l’argent ou d’arriver au pouvoir. Ces deux buts m’indiffèrent totalement.

Par mes écrits, par mes interviews, par mes actions, je cherche en fait à influencer le jeune homme ou la jeune femme de dix -huit ans, vivant en Corrèze ou au Zambèze (beaucoup de gens me suivent en Afrique), en espérant que ces jeunes rendront leur monde (dans lequel je ne serai plus) meilleur, tant je suis certain que « l’esprit souffle là où il veut »

Je suis Catholique.

Bernanos disait que l’Eglise était « un navire dont le gréement était dans les étoiles et la quille dans la fange «. Mon Eglise est la seule institution dans l’histoire de l’Humanité qui ait maintenue une structure de pouvoir pendant 2000 ans, de façon certes chaotique, mais ininterrompue, ce qui est stupéfiant mais conforme à ce qu’avait annoncé le Christ à Pierre « sur cette pierre je fonderai mon Eglise et le temps n’aura pas de prise sur elle ».

C’est elle qui a établi, les premières écoles pour le peuple, c’est elle qui a créé les premiers hôpitaux, les premiers hospices, les premières universités, c’est elle qui a inventé le droit international, c’est elle qui a théorisé les Droits de l’Homme (controverse de Valladolid), c’est par elle que nous ont été transmis la philosophie Grecque et le Droit Romain. C’est grâce à elle que nous avons pu établir la séparation de l’Eglise et de l’Etat qui autorise à ne pas croire. C’est elle qui a rendu l’esclavage impossible en proclamant l’égalité de tous les hommes devant Dieu…

Et donc, même si je suis souvent exaspéré par son clergé, je lui suis infiniment reconnaissant d’avoir transmis au cours des siècles le message du Christ, qui n’a pas changé depuis vingt siècles.

Et ce message, extraordinairement simple, j’ai essayé de le déchiffrer dans un petit livre que j’ai écrit il y a plus de dix ans (“Un Libéral nommé Jésus”).

Dans les Évangiles il y a deux idées inouïes :

  1. Dieu ne sait compter que jusqu’à un. (Cf. André Frossard, dans “Dieu existe, je l’ai rencontré”). Dieu a pour chacun de nous un projet unique puisque nous sommes tous unique. Il n’est pas intéressé par les masses, les partis politiques ou les syndicats. Il veut avoir un rapport personnel avec chacun d’entre nous, pour nous aider à réaliser le projet qu’il a pour chacun de nous. Ce qui donne à chaque chrétien l’obligation de dire non à l’idolâtrie tribale du moment.  Car Dieu est contre la tribu et en faveur de l’individu qui s’élève contre les injustices commises au nom de la survie du groupe. On ne peut être Chrétien et antisémite, ou Chrétien et raciste. Chaque être sera jugé individuellement et ne peut-être coupable parce qu’il serait blanc, noir, jaune, vert ou bleu foncé. C’est le contraire total des théories actuelles portées par le multiculturalisme et la philosophie woke, qui sont donc des théories diaboliques.
  2. Tous ceux qui ont pris des risques dans les Evangiles sont toujours pardonnés, (la femme adultère, le fils prodigue, l’intendant malhonnête, les ouvriers de la dernière heure, les serviteurs qui ont reçu plusieurs talents), qu’ils aient réussi ou qu’ils aient échoué. En revanche, ceux qui n’ont pris aucun risque (les rentiers) vont toujours dans un endroit où il y a des pleurs et des grincements de dents.

Et c’est sur ces deux piliers que notre civilisation occidentale s’est bâtie. Et cette civilisation, comme le disait Huntington, est irrémédiablement différente de toutes les autres qui ne cherchent qu’à maintenir la primauté de la tribu sur l’individu.

Je suis père et grand-père.

J’ai rencontré celle qui a bien voulu faire route commune avec moi quand elle avait 15 ans et demi et moi 18Nous avons fondé une famille. Nous avons eu quatre enfants et onze petits-enfants. Le premier devoir de chacun est de faire en sorte que ses enfants et ses petits enfants puissent devenir des adultes libres et responsables et bien souvent cela se passe grâce à la famille. Et quand je vois des jeunes gens ou des vieux couples marcher en se donnant la main, j’ai envie de pleurer de bonheur, car ma vie passe devant moi.

Je suis Français.

Quand j’avais treize ans, j’ai appris par cœur, sans que personne ne me le demande, le poème de du Bellay « France, mère des arts des armes et des lois… », que je me récite encore parfois. Et pourtant, j’ai vécu plus des deux tiers de ma vie à l’étranger, d’abord avec mes parents (mon père était officier) ensuite à partir de 1981, date à laquelle j’ai quitté la France qui avait des ministres communistes au gouvernement, ce qui allait créer des problèmes dans la mesure où je savais qu’un tel gouvernement ne pouvait pas ne pas faire s’effondrer et l’éducation nationale et l’économie, et donc mettre en danger ma famille. Mon épouse et moi-même avons choisi de protéger notre famille, supportant de ce fait la douleur que constitue l’exil.  Nous sommes revenus il y a cinq ans, enfants élevés, pour essayer d’aider dans la mesure du possible notre cher et vieux pays, mis à bas par une classe politique qui niait toutes les vertus qui avaient permis à la France d’avoir été la merveille qu’elle fût et dont j’espère qu’elle le deviendra à nouveau, mais cela suppose un changement total de la classe politique et médiatique.

Je suis économiste

L’économiste cherche à combiner harmonieusement le travail disponible dans un pays, c’est-à-dire la population du pays à ce moment-là, avec l’épargne que nos ancêtres nous ont légué.

Pour cela il faut qu’il existe un état fort dans ses missions régaliennes mais il faut aussi que le personnel de cet Etat soit empêché de se servir du monopole qui est le sien, celui de la violence légitime, pour permettre à ceux qui seraient devenus des brigands d’accaparer des richesses que le personnel de cet état n’a pas créé. Comme le disait Bastiat, si vous voulez quelque chose, il vous faut soit travailler pour l’avoir, soit le voler en se servant de lois iniques que vous auriez fait voter pour arriver à vos fins, ce qui fait irrésistiblement penser au socialisme. Pour éviter cela, il faut que la Loi soit la même pour et que le Droit de Propriété soit sacré, ce qui est l’essence même du Libéralisme. Seul le Libéralisme permet que le capital aille à ceux qui prennent des risques et non à ceux qui prétendent vouloir le bonheur de l’humanité

Et cette recherche, je l’ai faite en étant libre puisque je n’étais payé que par mes clients, qui le faisait volontairement.

Je suis sensible aux aventures humaines et gagner de l’argent n’est pas mon seul but dans la vie.

Il y a cinq ans, Louis-Vincent, mon fils, m’avait demandé de le représenter à une assemblée générale du Biarritz Olympique ou BOPB dont il était actionnaire. Le BOPB allait mal et s’approchait rapidement de la faillite. Je ne pouvais imaginer que le BO, monument historique du rugby Français  disparaisse et je me suis un peu emporté lors de cette assemblée (ce qui m’arrive parfois) et nous nous sommes retrouvés avec le BOPB sur les bras.

Depuis, nous travaillons (surtout Louis-Vincent et Jean Baptiste Aldigé d’ailleurs) à redresser ce grand club historique. Le club est remonté la saison dernière en Top 14 et les supporters reviennent à Aguilera. Néanmoins, le club vit encore sous perfusion (façon élégante de dire que cela nous coûte cher et que j’ai fait sans doute une grosse bêtise) et nous essayons de trouver un modèle économique qui permettrait à l’équipe, et à son staff, de survivre sans l’aide d’un mécène L’une de ces solutions serait d’aménager les terrains autour de notre stade. Ce qui amène certains journalistes » à nous reprocher de vouloir faire de la spéculation immobilière à Aguilera, notre stade. Ceci est d’un ridicule sans nom. Tout d’abord, je n’ai jamais fait de spéculation immobilière. Ce n’est pas mon métier. Ensuite, si je voulais faire de la spéculation immobilière, pourquoi faire cela au Pays Basque où je n’ai aucun relais ? Et pour finir, il y a des façons bien plus simple de gagner de l’argent qu’avec un club de rugby !

Mais le principe pour certains journalistes est le même qu’il s’agisse de mon soutien à Zemmour ou au BO : essayer de détruire l’honneur de ceux qui prennent des risques, par des sous-entendus ricaneurs ou diffamatoires, mettant en cause les intentions de ceux qui ont pris des décisions qui dérangent. ‘’Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ». Je plains ces individus médiocres de tout mon cœur bien qu’ils fassent beaucoup de mal.

Voilà donc ce que je suis, et je ne suis en fait en rien différent de mon père, qui fut condamné à mort par Vichy, de mon grand-père, héros de 14-18, de mon arrière-grand-père, qui quitta l’Alsace pour rester Français, qui ont tous été catholiques, pères de famille, aimant leur pays et son histoire. Et ce sont des hommes et des femmes semblables à mes ancêtres qui ont créé au travers des siècles cette merveille de civilisation qu’est la France.

Aimer sa Patrie, c’est se souvenir d’eux, puisque la Patrie est l’endroit où est enterré son père.

Et depuis que je suis rentré « au pays » (quel mot magnifique) et que nous avons créé avec ma fille aînée, Emmanuelle, l’Institut des libertés, nous essayons, dans la mesure de nos moyens, de faire se rencontrer des gens, de réunir des bonnes volontés, de prêcher pour nos idées, de faire parler ceux qui ont quelque chose à dire, sans très bien comprendre à quoi tout cela allait nous mener. Mais il fallait le faire.

Il y a environ deux ans, dans le cadre de ces conversations, j’ai commencé à décrire une France qui entrait en convulsions et qui était en train de connaitre une série de feux de tourbières, où l’on voyait apparaitre d’un seul coup un geyser de feu (les gilets jaunes), ou un embrasement d’une banlieue ou d’une autre. Et je disais à ceux qui voulaient bien écouter : ‘’ Il ne faut pas bouger, il faut attendre que la situation se décante, rien ne presse »

Comme Diogène avec sa lanterne, je cherchais un homme.

Et le plus improbable d’entre eux semble se porter volontaire. Il n’est pas libéral, il n’a pas une goutte de sang français en lui mais qu’est-ce que voulez que cela me fasse puisque l’amour de la France coule dans ses veines ?

Il a d’autres qualités :

  • Il aime ce pays de façon déraisonnable.
  • Il a un courage fou, et le courage, d’après Napoléon est la seule vertu que l’on ne peut mimer.
  • Il veut défendre et la Souveraineté et l’Identité de la France.

Mon père fut condamné à mort en 1941 par un tribunal militaire de Vichy parce qu’il suivit de Gaulle en Syrie. Il y eut dix-huit officiers Français sur cinq cent en Syrie qui prirent cette décision.

A ceux qui venaient le voir en disant que le véritable danger pour la France était le communisme, mon père répliquait que c’était peut-être le cas mais que ceux qui occupaient la France étaient les Allemands, qu’il fallait donc d’abord les virer et qu’on s’occuperait des communistes après.

Était-il de droite, était-il de gauche, était-il conservateur ou socialiste ? Honnêtement, tout le monde s’en foutait.

Comme à son époque, aujourd’hui, à nouveau, il nous faut virer le « parti de l’étranger ».

Pour toutes ces raisons, et quoique que ces gens disent,

Je voterai Zemmour et je l’aiderai dans la mesure de mes moyens.

Auteur: Charles Gave

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faites rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l’IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research (www.gavekal.com).

2 réflexions sur “Je lève mon chapeau à Charles Gave: bravo Charles! Diffusez ce texte s’il vous plait.

  1. Merci Monsieur Bertez de signaler ce texte. Je viens pour ma part de le lire sur le site de Charles Gave.

    Ce texte remarquable redonne de l’espoir à tous ceux qui veulent dire « non à l’idolâtrie tribale du moment ». A lire, relire et à envoyer sans modération dans la figure des bien-pensants.

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