Quand la fin justifie les moyens le fascisme n’est pas loin. Le totalitarisme est déjà là.

La fin justifie les moyens.

En clair, le totalitarisme invite à cliver les citoyens en deux : les bons obéissants, et les mauvais désobéissants. Les méchants sont ceux qui résistent au harcèlement, ou encore, refusent de rentrer dans la nouvelle réalité délirante, idéologique, proposée par la paranoïa.

Mais ces catégories sont évolutives et la persécution peut finir par concerner l’ensemble des citoyens.

L’issue de ce clivage est d’exiger une logique sacrificielle : il faut, dans le grand corps social pris au sens littéral, dans lequel les individus sont destitués de leur libre-arbitre et réduits à l’état de cellules, éliminer les parts supposés malades, les sacrifier, pour « le Bien Commun ». C’est la proposition totalitaire.

Rappelons que la négation des droits de l’individu, pour le réduire à une cellule du corps social entendu comme corps organique, est l’apanage systématique des régimes totalitaires. L’être humain est rétréci à l’état de cellule biologique malade, de corps contaminé et/ou contaminant. D’ailleurs, ceux qui, d’aventure, chercheraient à s’émanciper de ce grand corps organique sont présumés coupables (de l’expansion de l’épidémie) : la mère-ogre ne saurait laisser ses bébés sortir du ventre, sans angoisser elle-même sa propre mort. C’est de ce nœud archaïque dont il est question : laisser l’autre sortir du ventre tue. Et le paradoxe est évidemment que rester collé dans le ventre tue aussi. C’est sans issue.

Le totalitarisme, pour instaurer son pouvoir et le maintenir, doit pallier son illégitimité par la terreur.

Mutations du Covid.

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Il faut et il suffit de terroriser suffisamment les individus, et de les manier par le chef d’œuvre du paranoïaque : le harcèlement.

Le harcèlement met en place des chocs traumatiques réitérés sur les populations, et vise non seulement la destruction des individus, mais leur autodestruction. Il est donc tout à fait logique que se déploient dans les populations des mécanismes de défense (déni, banalisation, oubli etc.), qui altèrent leur santé mentale, mais aussi des idées dépressives, suicidaires, des passages à l’acte et des troubles schizophrènes.

Parce que certains psychismes sont trop vulnérables et sont en incapacité de se représenter la violence de ce qui se passe, ils peuvent se réfugier dans le délire qui séduit par son autre narration de la réalité. Par exemple, comme j’ai pu l’entendre, telle personne non-injectée sera assimilée à un terroriste et traitée de « bombe ambulante », ou encore, on interprètera l’éviction des soignants refusant la piqûre (et se faisant sévèrement châtier pour cela, par la perte de leurs moyens de subsistance et leur réduction à des citoyens de seconde zone), comme un désir de leur part d’arrêter un métier devenu trop éprouvant. La victime est jugée coupable.

Dans l’hypocondrie délirante de la paranoïa, la maladie est partout, vécue comme dangereuse, mortelle, ennemie du vivant. Le malade est opposé au sain, comme l’impur au pur : ordre est donné d’éliminer (et avant cela, d’« évincer » pour reprendre le mot de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation Nationale en France, concernant les enfants non vaccinés[10]) la partie du corps social désignée comme impure. L’impureté supposée est à traquer par la terreur et des méthodes radicales : la fin justifie les moyens. C’est la raison pour laquelle la « terreur est constitutive du corps politique totalitaire, tout comme l’est la légalité pour le corps politique républicain » selon Hannah Arendt[11].

On pourrait tout autant dire qu’en régime totalitaire, l’illégalité est force de loi.

La paranoïa fonctionne à l’idéal tyrannique pour légitimer l’utilisation de méthodes harceleuses. L’idéalisation est mécanisme de défense très puissant, de l’ordre du fanatisme de l’idéal inatteignable. Cet idéal en soi devient persécuteur, car nul ne peut être à la hauteur. La suggestion de l’idéal sanitaire tyrannique est forte depuis le départ : la santé est conçue comme absence de maladie potentielle (d’où la confusion entre les cas et les malades), et il faut éradiquer le virus. Avec ce chantage de fond (qui est un mensonge) : pas de retour aux temps anciens avant l’éradication du virus.

La sophistique change selon les circonstances. Car le « vaccin », présenté dès le départ comme objet fétiche et talisman magique contre le virus, semble ne pas fonctionner à la mesure des ambitions initiales, voire présenter de graves et sérieux problèmes.

Insuffisant (il faudrait continuer les mesures sanitaires contraignantes[12]), insatisfaisant (il serait même à l’origine des variants[13]), éventuellement dangereux.

Ainsi en est-il des effets secondaires graves, dont il sera fort compliqué de démontrer le lien de cause à effet, et dont l’État se lave les mains. C’est en substance ce que dit le philosophe italien Giorgio Agamben devant des sénateurs italiens à l’occasion des débats sur le passe sanitaire (loi 2394), le 7 octobre 2021 :

« Comme l’ont noté des juristes faisant autorité, cela signifie que l’État n’a pas envie d’assumer la responsabilité d’un vaccin qui n’a pas terminé sa phase expérimentale, et pourtant essaie en même temps de forcer les citoyens à se faire vacciner par tous les moyens, sous peine de s’exclure de la vie sociale, et maintenant avec le nouveau décret que vous êtes appelés à valider, en les privant même de la possibilité de travailler. Est-il possible, je demande, d’imaginer une situation juridiquement et moralement plus anormale ? Comment l’État peut-il accuser d’irresponsabilité ceux qui choisissent de ne pas se faire vacciner, alors que c’est le même État qui décline le premier, formellement, toute responsabilité pour les éventuelles conséquences graves ? »[14]

Devant l’échec à garantir un risque zéro (et pour cause, puisqu’il n’existe pas), il est probable que la persécution se renforce : il faudra, pour répondre à l’idéal inatteignable d’éradication du virus, éliminer les individus qui sont supposés potentiellement porteurs du virus (en puissance, toute l’espèce humaine est visée).

D’ores et déjà, dans le monde, des troupeaux entiers d’animaux ont été disséminés selon la même logique nazie d’un virus étranger qu’il convient d’éradiquer. Goebbels notait dans son Journal (1939-1942) :

« Dans le ghetto de Varsovie, on a noté une certaine montée du typhus. Mais on a pris des mesures pour qu’on ne les fasse pas sortir du ghetto. Après tout, les Juifs ont toujours été des vecteurs de maladies contagieuses. Il faut ou bien les entasser dans un ghetto et les abandonner à eux-mêmes, ou bien les liquider ; sinon, ils contamineront toujours la population saine des États civilisés. »

Les non-vaccinés seront-ils persécutés puis éliminés pour camoufler l’échec à atteindre l’idéal tyrannique ? Abdiquer l’idéal tyrannique serait renoncer au délire, et signifierait l’effondrement, la chute devant l’ennemi, la mort, la plongée dans le trou noir.

Extrait de :

https://www.arianebilheran. com/post/totalitarisme- ideologie-et-paranoia-ariane- bilheran

4 réflexions sur “Quand la fin justifie les moyens le fascisme n’est pas loin. Le totalitarisme est déjà là.

  1. Bonjour M. Bertez

    Deux remarques en complément:

    Pour les liens entre droit-état- management- totalitarisme, il est intéressant d’étudier le parcours de Reinhardt Höhn, tel que décrit par l’historien Johann Chapoutot: ce jeune juriste allemand devint un des responsables de l’organisation du reich , finit la guerre général SS, puis, après quelques années de purgatoire sous les radars fonda une école de management très réputée qui forma des milliers de cadres supérieurs…..

    J. Chapoutot précise bien que ces méthodes de management précèdent le nazisme; d’ailleurs elles sont déjà figurées, avec leurs conséquences sociales dans Metropolis de Fritz Lang , Les Temps Modernes de Chaplin et plus subtilement dans Full Metal Jacket de S. Kubrick ( qui met en scène l’analyse de R. Girard sur la violence et le sacré).

    Pour ce qu’il en va de la paranoïa assaisonnée au virus, on remarquera, sans conclusions hâtives, que le principal supporteur des campagnes de vaccination massives et quasi obligatoires est le créateur du système d’exploitation qui a le plus subi d’attaques de virus informatiques depuis sa mise sur le marché; ce qui a quasiment obligé tous les utilisateurs de ce système à devoir s’abonner à des anti virus requérant des mises à jour ( boosters?) journalières!

    Naissance d’une obsession ou simple transposition d’un business model?

    N’étant ni psychologue clinicien ni psychiatre, je ne saurais répondre pertinemment à cette question.
    Cordialement

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