A propos de la gestion calamiteuse de la crise du Covid créée par les élites.

Cet article rejoint plus ou moins celui que j’ai publié il y a quelques heures sur les ravages de la pensée unique, monopolistique dont le sous-jacent est le Pognon.

Cet article brillant donne l’origine hors-sol des politiques hasardeuses et largement ratées des confinements, pass sanitaires, directives vaccinales chaotiques et autres entraves à répétition à la vie normale des sociétés occidentales, que nous commençons à payer par un ralentissement économique dont on ne sait pas où il s’arrêtera, sans même compter la déstabilisation psychologique et sociale de larges franges de la population et les manifestations qui rythment désormais le quotidien des pays occidentaux.

Le coupable : l’esprit technocratique ici bien décrypté.

Note de la traduction : Faute d’un mot français équivalent, le nouveau mot anglais « mème », qui recouvre les éléments de langage, slogans, images, blagues, etc, afférents à un sujet donné, a été laissé tel quel dans cette traduction.


Par Alastair Crooke
Paru sur Strategic Culture Foundation sous le titre ‘Ideological Fanaticism’: The Folly of Seeing Human Systems as Hardware


Les « mèmes sur les politiques de confinement et les directives de vaccination » s’estompent peut-être en ce moment, mais les mèmes sur l’inflation et ses conséquences économiques ne font que commencer.

Il y a quinze ans, un homme qui dirigeait le groupe d’étude sur le bioterrorisme de la Maison Blanche de GW Bush, et qui était conseiller spécial du président, s’est vu propulsé de manière inattendue au rang de « père » de la planification des pandémies, après que Bush ait demandé à ses spécialistes du bioterrorisme un énorme plan pour faire face à une calamité potentielle. « Nous avons besoin d’un plan pour l’ensemble de la société. Que doit-on faire au sujet des frontières ? Et des voyages ? Et du commerce ? ». De son perchoir – au service d’un président apocalyptique – le Dr Venkayya est devenu la force motrice d’un changement radical des politiques américaines en matière de pandémies.

Les directives de la Maison Blanche de l’époque (nées d’un contexte de bio-terrorisme) allaient permettre au gouvernement de mettre les Américains en quarantaine tout en fermant leurs écoles, leurs entreprises, et en faisant fermer les églises, tout cela au nom de l’endiguement de la maladie. Cela semblait si simple : « Pourquoi ces épidémiologistes n’ont-ils pas compris ? »: Un modèle de contrôle des maladies fondé sur des ordres de rester à la maison, des restrictions de voyage, des fermetures d’entreprises et une séparation forcée entre humains.

Eh bien, à partir de là, le « père fondateur des confinements » est (logiquement) devenu successivement responsable de la politique en matière de pandémies à la Fondation Gates, puis président de la Global Vaccine Business Unit.

Toutefois, comme l’observe le commentateur américain Jeffrey Tucker, les modèles politiques élaborés par ce groupe d’étude de la Maison Blanche « ne cessaient de débiter une conclusion selon laquelle la fermeture des écoles réduirait la transmission du virus de 80 %. J’ai lu ses mémos de cette période – dont certains ne sont toujours pas publics – et ce que vous y lisez n’est pas de la science, mais du fanatisme idéologique ».

Quelle que soit sa filiation, le mouvement de confinements dont ce conseiller est l’auteur est mondial, féroce et, en tant que mème pleinement accrédité (filiation de guerre biologique, Maison Blanche et Gates), il est presque irrépressible. Il en va de même pour les marchés boursiers euphoriques d’aujourd’hui : tout le monde se laisse prendre au jeu et court derrière des narratifs boursiers accrédités, jusqu’à l’irrationalité. Personne ne se soucie plus des fondamentaux, des contre-indications, ou même des avertissements des experts financiers ou médicaux. Cette approche politique née de la pandémie est devenue contagieuse en soi.

Il en va sur les marchés comme en politique : les mèmes, aussi accrédités soient-ils, changent avec le temps. Depuis le début de 2020, le mème politique mondial des confinements et de contrôle de la pandémie par les vaccins – qui est devenu quasi hégémonique – est maintenant dépassé par un nouveau mème, et une nouvelle phase ascendante de la politique : les politiques de l’inflation.

Les chiffres bruts de l’inflation définissent déjà le débat sur le programme de Biden, l’économie en général, et effarent la Maison Blanche. Les prix ont augmenté aux États-Unis de 0,9 % par rapport au mois dernier, pour un taux d’inflation annuel de 6,2 % (le plus grand pic d’inflation depuis 30 ans).

Cette inflation pourrait faire échouer le programme Build Back Better (BBB) de Biden, en entravant tout accord rapide sur le paquet prévu de 1 750 milliards de dollars. De nombreux Américains sont déstabilisés, car ils se retrouvent dans cette « économie bizarre de la pandémie ». Les rayons des supermarchés sont vides. Les salaires sont en hausse, mais les prix aussi (plus que ne le suggèrent les chiffres officiels), sur presque tout ce que vous voulez acheter. Le marché boursier s’envole, convaincu que la Fed ne permettra jamais au « marché » de chuter de plus de 10 %. L’économie crée des emplois ; ce sont toutefois principalement des emplois de faible qualité. Mais les ports sont engorgés. Les panneaux « Nous recrutons » sont nombreux. Pourtant, les entreprises font état de difficultés à recruter des travailleurs. Et personne ne sait quand les choses vont s’arranger, ni même si elles vont s’arranger.

Les Républicains ont fait passer le message selon lequel le pic d’inflation est en fait un « impôt » secret du gouvernement, et ils accusent les « grosses dépenses » de Biden d’être responsables de l’apparition effrayante du démon de l’inflation. Certains ajoutent encore à l’anxiété en rappelant aux Américains que l’élite mondiale de « Davos » nous a ouvertement dit qu’un jour, nous ne posséderons plus rien, n’aurons plus de vie privée et serons heureux. Et la façon dont ils y parviendront, disent-ils, est de détruire la valeur de l’argent.

Il semble que la « politique de la peur » puisse ruisseler vers la gauche. Car, de l’autre côté de l’échiquier politique, Big Tech ne peut pas aller aisément à la rescousse de l’Establishment sur le thème de l’inflation. Avec le mème du vaccin, il était relativement facile pour les réseaux sociaux de censurer et de supprimer toute opinion dissidente, qu’elle soit fondée ou non ; mais lorsqu’il s’agit de l’inflation, le « fact-checking » devient non seulement superflu, mais contre-productif, car les « faits » sont visibles à chaque achat effectué. Et chaque consommateur peut attester que les prix augmentent.

L’inflation deviendra la question politique la plus brûlante à l’approche de 2022. Deux anciens membres de la Réserve fédérale affirment que la Fed devrait relever les taux à « au moins 3 % », voire 4 %. Et deux présidents actuels de la Fed avertissent que le marché du Trésor n’est « pas aussi résilient » qu’il devrait l’être, et que même un stress modeste pourrait le briser.

L’ancien Secrétaire au Trésor, Larry Summers, affirme que si la Fed ne s’occupe pas de l’inflation, cela « pourrait entraîner la réélection de Donald Trump ». Cependant, la Fed s’est elle-même piégée : elle doit financer les grandes dépenses prévues de Biden – et cela implique de maintenir les taux d’intérêt à un niveau bas (pour empêcher les dépenses d’intérêt fédérales de s’envoler). Dépenser beaucoup ne fera qu’accélérer l’inflation ; pourtant, c’est ce que la Maison Blanche veut faire, lorsqu’elle affirme que ces dépenses séduiront les électeurs, mais que Biden partage les inquiétudes des Américains sur l’inflation et la perspective d’une augmentation des remboursements de prêts immobiliers. C’est tout simplement un casse-tête insoluble.

Un autre mème « entièrement accrédité », et répété à l’envi, a été celui de la « réouverture » et du retour à la « normale » – seulement (si et quand) les taux de vaccination atteindraient les 70% (un taux récemment porté à 90%). Mais il n’y a pas de normale. Nous vivons dans un nouveau monde post-pandémique. Le système économique, toujours plus complexe, en réseau, est en train de rencontrer des points de ruptures à des jonctions clés.

L’idée selon laquelle l’économie pourrait être bloquée pendant deux ans, puis simplement « rebondir » comme « elle était avant », entièrement intacte, a toujours relevé de la pensée magique (et est pourtant largement acceptée à Wall Street). Plus le système est complexe, plus le risque d’instabilité systémique est grand, car les grains de sable qui pourraient dégringoler en cascades s’accumulent dangereusement.

La psychologie humaine et la culture sociale sont encore un autre système complexe en réseau. La pandémie nous a amenés à remettre en question notre « mode de vie » et à repenser notre équilibre de vie. Les changements de comportement induits par la Grande Dépression, par exemple, ne se sont estompés que 30 ans après la fin de celle-ci. Telle est la force des traumatismes sociaux, qu’il s’agisse d’une guerre, d’une dépression ou d’une pandémie. Par conséquent, il est peu probable que nous nous remettions de cette pandémie selon la logique du mème simpliste « rebondir ».

Dans l’ensemble, les « mêmes sur les politiques du confinement et les directives de vaccination » s’estompent peut-être, mais le mème de l’inflation et de ses conséquences économiques ne fait que commencer.

En creusant un peu plus, nous constatons que toute ces mèmes ont un fil conducteur. Tucker a observé que la planification initiale de la pandémie était profondément « idéologique ». Comment cela ? Elle est peut-être devenue politiquement idéologique depuis 2020, mais la planification a eu lieu des années auparavant. Le lien s’exprime peut-être à travers la progression de la carrière du « père du confinement » (comme l’appelle Tucker) : assistant du président des USA, responsable de la politique de lutte contre les pandémies à la Fondation Gates et président de la Global Vaccine Business Unit.

Ce lien semble être un mélange de Big Tech (Silicon Valley), de business de la défense (complexe militaro-industriel), de Big Business (Davos) et de Big Pharma – qui auraient, ensemble, donné naissance à la mentalité technocratique managériale. (L’approche technocratique managériale qui a, par ailleurs, implosé de manière spectaculaire lors de la déroute américaine en Afghanistan, ne laissant dans son sillage qu’une instabilité humaine systémique).

Tucker nous livre cette réflexion sur l’ « idéologie » qui sous-tend un si grand nombre de ces mèmes apparemment dûment accrédités :

« Dans une interview surprenante, Bill Gates a déclaré ce qui suit : « Nous n’avions pas de vaccins qui bloquent la transmission. Nous avons des vaccins qui vous aident à être en bonne santé, mais ils ne réduisent que légèrement la transmission. Nous avons besoin d’une nouvelle façon de faire des vaccins. »

« Que pouvons-nous comprendre de cette déclaration de Gates : « Nous avons besoin d’une nouvelle façon de faire les vaccins » ? », demande Tucker. « Remontons dans le temps pour examiner sa carrière chez Microsoft, avec sa paternité du système d’exploitation Windows. Au début des années 1990, ce système était présenté comme le cerveau essentiel de tout ordinateur personnel. Les considérations de sécurité contre les virus ne faisaient cependant pas partie de sa conception, tout simplement parce que peu de gens utilisaient l’internet…

Cette négligence quant aux virus a tourné au désastre. Au début des années 2000, des milliers de versions de logiciels malveillants flottaient sur l’internet et infectaient des ordinateurs fonctionnant sous Windows dans le monde entier… Le problème des logiciels malveillants a été baptisé « virus ». C’était une métaphore. Pas réel ».

Il n’est pas certain que Gates ait jamais vraiment compris cela. Les virus informatiques ne ressemblent en rien aux virus biologiques. Pour conserver un disque dur propre et fonctionnel, il faut à tout prix éviter et bloquer les virus informatiques, explique Tucker. Toute exposition à ces virus est une mauvaise exposition. La solution consiste toujours à éviter le virus, puis à l’éradiquer.

« Avec les virus biologiques, nous avons évolué pour les affronter par l’exposition, en laissant notre système immunitaire se développer pour les prendre en charge. Un organisme qui bloque tous les agents pathogènes, sans développer d’immunité, est un organisme faible qui mourra à la première contagion, ce qui arrivera certainement à un moment donné dans une société moderne. Un système immunitaire qui affronte la plupart des virus et se rétablit, se renforce. C’est une énorme différence que Gates n’a jamais comprise. »

« En bref, empêcher les virus d’envahir les ordinateurs constitue le plus grand combat professionnel de la vie de Gates. La leçon qu’il en a tirée est que le blocage et l’éradication des agents pathogènes est toujours la voie à suivre. Ce qu’il n’a jamais vraiment compris, c’est que le mot « virus » n’était qu’une métaphore pour désigner un code informatique indésirable et malveillant. L’analogie ne tient pas dans la vie réelle. »

« Après s’être finalement retiré des activités de Microsoft, Gates a commencé à s’intéresser à d’autres domaines, comme ont tendance à le faire les nouveaux riches. Ils s’imaginent souvent qu’ils sont particulièrement compétents pour relever les défis que d’autres ont échoué à résoudre, simplement en raison de leurs succès professionnels antérieurs… Et sur quel sujet s’est-il jeté ? Il allait faire au monde des agents pathogènes ce qu’il avait fait chez Microsoft : il allait les éradiquer ! Il a commencé par la malaria et d’autres problèmes et a finalement décidé de s’attaquer à tous les pathogènes. Et quelle était sa solution ? Bien sûr : les logiciels antivirus. Mais qu’est-ce que c’est ? Ce sont des vaccins, pardi. Votre corps est le disque dur qu’il sauvera avec sa solution de type logiciel. »

Entre parenthèses, notons que le dualisme a plombé la pensée occidentale depuis le début : D’abord, la sphère divine de perfection rachetant la sphère pécheresse corrompue de l’humanité. Dans sa forme sécularisée : la science rachetant l’humanité égarée et la dirigeant vers des utopies universelles. Et dans notre ère technologique, le « logiciel » de l’IA corrigeant et « améliorant » le hardware humain.

Voilà l’essentiel de la question : Tous nos mèmes apparemment accrédités sont creux, tout comme l’est la compréhension de la biologie de Gates. « Au début de la pandémie, pour me faire une idée des opinions de Gates, raconte Tucker, j’ai regardé ses conférences TED. J’ai commencé à réaliser quelque chose d’étonnant. Il en savait beaucoup moins que ce que monsieur tout-le-monde pourrait découvrir en lisant un livre sur la biologie cellulaire acheté sur Amazon. Il n’était même pas capable de donner une explication de base de niveau seconde sur les virus et leur interaction avec le corps humain. Et pourtant, il était là, à faire des conférences au monde entier sur les agents pathogènes à venir et sur ce qu’il faudrait faire à ce sujet. Sa réponse est toujours la même : plus de surveillance, plus de contrôle, plus de technologie ».

Mais ne mettons pas tout sur le dos de Gates – cette vision dualiste imprègne toute la modernité occidentale. Les vaccins technologiques sont la solution au virus du Covid-19. Et la séparation forcée (humaine) est une bonne chose pour mettre les logiciels malveillants en quarantaine. L’économie réelle est le hardware que le « logiciel » des banques centrales protégera contre les agents pathogènes de la récession. Le « Reset » de Davos téléchargera un nouveau logiciel mondial pour un « avenir plus juste et plus vert ». Une quatrième révolution industrielle est la gestion technologique numérique qui nettoiera le malware climatique. Etc, etc.

En réalité, tous ces éléments sont des systèmes en réseaux hautement complexes, non susceptibles d’être réglés par des interventions dualistes. Ils fonctionnent – quand ils fonctionnent – comme des ensembles organiques. Au mieux, en résultat de ces interventions « logicielles » naïves, nous sommes confrontés à une instabilité systémique. Au pire, à un effondrement systémique.

Alastair Crooke est un ancien diplomate et agent du MI6 britannique. Il a fondé un think tank géopolitique, le Conflicts Forum, basé à Beyrouth.

Traduction et note de présentation Corinne Autey-Roussel

Une réflexion sur “A propos de la gestion calamiteuse de la crise du Covid créée par les élites.

  1. Bonjour M. Bertez
    Ce jour dans Summit News:

    « Science & Tech
    Report: Scottish Government’s Vax Passport Sending People’s Private Data To Amazon, Microsoft

    “Data has been shared with third parties without people having the option to opt out or without even being made aware that this is happening”

    Si la gestion de la pandémie est calamiteuse du point de vue de la santé ( aux US le nombre de morts attribuées au covid à déjà dépassé celui de 2020),( US COVID Deaths In 2021 Have Surpassed 2020’s Total… Despite Vaccines, Treatments – 0hedge), celle de son économie semble
    Business as usual.

    Cordialement

    J'aime

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