Editorial. La Bourse est objectivement un outil de prédation à court terme et un processus de destruction à long terme.

Rédigé par 

Bruno Bertez 

30 novembre 2021

Connaître les règles du jeu boursier ne suffit pas toujours pour être gagnant. Certaines règles sont en effet temporaires, et quelques joueurs ont l’avantage de pouvoir les créer ou les découvrir avant tout le monde.

Je vous disais la semaine dernière qu’il est important de connaître les règles du jeu boursier, et notamment connaître celles qui régissent le prix des actions. Mais il faut également avoir compris comment fonctionne le casino, la Bourse.

Elle fonctionne sur un constat fait par Adam Smith : « Tout joueur a tendance à s’exagérer ses chances de gagner au jeu. »

Warren Buffett disait, dans une ligne similaire : « Regardez autour de la table de poker. Si vous ne pouvez pas voir le pigeon, c’est que c’est vous qui l’êtes. »

Le jeu boursier à ses règles. Je parle de ses vraies règles, pas de tout ce que l’on vous apprend dans les livres ou à l’université.

Ces règles sont à la fois éternelles, comme celle énoncée par Warren Buffett, et elles sont temporaires, en fonction de la situation économique, financière et monétaire du moment.

Les règles temporaires sont fixées par les plus gros et les plus forts. Ce sont eux qui publient, interviennent, fixent et valident ce que l’on appelle les corrélations. C’est-à-dire une sorte de martingale magique qui dit que « s’il se passe ceci, alors il s’ensuit cela ».

Un temps d’avance

Les corrélations ne cessent de varier, mais sachez qu’elles ne tombent pas du ciel : elles sont découvertes puis validées par les JPMorgan, Goldman et autres géants du marché ou encore par la Fed lorsqu’elle a lancé la fameuse escroquerie intellectuelle connue sur les nom d’équation de la Fed; cette escroquerie fait sortir la bourse du monde réel pour l’insérer complètement dans l’univers financier contrôlé par …la Fed puisqu’elle relie la valeur des actifs réels productifs à .. la politique de taux d’intérêt de la Fed!

La théorie des marchés efficients et du risque élaborée par des nains de la réflexion maintenant célèbres est une autre escroquerie qui remplace l’incertitude du monde réel inconnaissable par un calcul statistique fonction non du réel mais de l’évolution passée des cours de Bourse. La volatilité. De ce fait toutes les mesures du risque, les value @risk et autres conneries sont des attrape nigauds; quand le risque se manifestent, elles explosent. Les escrocs de la pensée appellent cela les cygnes noirs! Un cygne noir c’est l’irruption du réel dans l’imaginaire financier.

La financiarisation qui est fondée sur des escroqueries intellectuelles est conçue comme temporaire, comme un moment de l’histoire du Capital.

Les marchés sont rigoureusement inefficients et Soros qui a basé toute ses opérations boursières en jouant contre l’efficience des marchés et considérant qu’ils n’allaient que d’erreur en erreur, Soros en sait quelque chose.

Toutes les théories modernes sur les marchés sont fausses et archi fausses et c’est radical . Elles sont fondées sur la liquidité infinie -d’ou les PUTS et les QE- et tenez vous bien elles sont fondées sur le postulat que jamais l’argent qui est piégé dans les Bourses ne pourra en sortir; c’était le postulat infame des travaux qui ont présidé à l’élaboration des dérégulations, je le sais, j’y ai participé.

La financiarisation repose sur un mythe; jamais les valeurs d’usage, jamais le réel ne se réconciliera avec l’imaginaire financier; c’est d’ailleurs pour cela que le système ne peut absolument pas se permettre et donc autoriser un marché libre de l’or, ce serait la fuite suprême; l’or ne montera vraiment à son prix que lorsque les illusionnistes auront perdu le contrôle de la situation. Ou encore lorsque les très gros cesseront de jouer le jeu américain -Chine, producteurs d’énergie- et qu’ils feront chuter le système en faisant comme les Princes du temps de John Law c’est à dire quand ils demanderont la conversion du papier en Réel.

Comme ce sont eux, les JP et Goldman , qui découvrent les théories et les valident, ils ont un temps d’avance, dont ils en profitent d’autant plus grâce à leurs liens avec la banque centrale, qui joue un rôle clé dans le processus. Connivence.

Par définition, en tant que membre de la classe sociale des épargnants, sauf à être un génie, vous êtes le pigeon. Cela dit, il y a peu de génies sur la durée, croyez-moi !

Je travaille sur la Bourse, la finance et la monnaie à haut niveau, voire à très haut niveau, depuis 60 ans, et mon expérience m’a appris cette vérité fondamentale, corroborée par la théorie, à savoir que la bourse a deux vraies fonctions.

La première est de faire passer l’argent du public dans la poche des professionnels, des banques, des gouvernements, des dynasties, et des grosses sociétés, moyennent un espoir de jeu.

Tandis que la seconde est la vraie fonction objective, non voulue, de long terme. C’est la fonction de destruction, de remise à zéro des compteurs. La découverte des vrais prix, in fine, à la fin du Grand Cycle de naiveté.

D’erreur en erreur

On appelle cela pudiquement la fonction de « découverte des prix », mais elle n’intervient que séculairement car, entretemps, la Bourse ne passe que d’erreur en erreur, et c’est pour cela qu’elle monte et baisse.

La Bourse étant un processus de surévaluation grâce au facteur jeu, la remise en ordre ne s’effectue que lors des paniques et des destructions. « On voit alors qui se baigne nu« , dirait Warren Buffett.

Normalement, cette fonction de destruction intervient à périodicité plus ou moins régulière, en liaison avec le cycle du crédit. On détruit le faux, la pourriture, tout ce qui est fragile, on cogne sur les mains faibles .

Cependant, à notre époque, les démiurges croient – comme en 1929 – qu’ils sont tout-puissants et qu’ils peuvent faire léviter les marchés éternellement, sur un long plateau, comme le disait il y a 90 ans l’économiste Irving Fisher.

Ils ont le savoir-faire pour effectivement retarder, et ils l’utilisent, mais au prix d’un besoin de destruction qui va sans cesse grandissant.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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