La spéculation boursière repose en dernière analyse sur la conviction que c’est le contribuable qui paiera

Depuis la mi mars 2009, on n’achète pas des titres en bourse parce que l’on a envie de prednre des risques, de l’appétit, non cela c’est de la propagande, on achète des titres en bourse parce que l’on a la conviction que de risque, il n’y en a pas.

Les acheteurs , dès le 9 mars 2009 ont compris que tous les risques étaient assurés endossés , pris en charge par la banque centrale et que c’est son bilan et d onc le contribuable qui servait de garantie.

La speculation boursière repose en dernière analyse sur la croyance que c’est le contribuable qui paiera.

Rédigé par 

Bruno Bertez 

13 décembre 2021

Pour obtenir des rendements importants, il faut prendre des risques importants, nous apprend la logique financière.

Ce que l’on dit sur le risque et le paradigme « risk-on » / « risk-off » est une imbécillité. Une imbécillité trompeuse. C’est une pseudo vérité produite par la modernité.

Quand des grosses mains achètent des véhicules spéculatifs, actions, crédit, junk bonds, etc., ce n’est pas parce qu’elles ont de l’appétit pour le risque, mais parce qu’elles jugent au contraire qu’il n’y a pas de risque. Elles ont acquis la certitude qu’elles pouvaient y aller.

Souvent, cette certitude est instillée par le spectacle moutonnier : « Comme les autres y vont, c’est qu’il faut y aller ! »

Pourtant, le caractère moutonnier garantit l’inéluctable destruction : quand on est tous du même côté du bateau, un jour, il chavire.

Plus précisément les intervenants acquièrent la conviction et l’envie irrésistible d’y aller parce que :

  • le momentum – c’est-à-dire la « magie de la tendance » – joue pour eux : les financiers sont superstitieux, comme tous les joueurs, et quand le pognon tombe du ciel, on accorde plus de poids à l’irrationnel qu’au rationnel ;
  • la Fed les assure et leur garantit le put, le filet de sécurité, parce qu’ils sont bien sages et que, surtout « on ne se bat pas contre la Fed » ;
  • la Fed vous couvre intellectuellement car ses porte-paroles ne cessent de dire qu’il n’y a pas de surévaluation – donc pas de risque – « tant que les taux sont bas » ;
  • les largesses vont continuer, il n’y a pas d’alternative au QE et à l’impression monétaire, pas de vraie reprise économique auto-entretenue ;
  • le système ne pourrait résister à une fermeture des robinets qui ferait elle-même baisser les Bourses, puisque les banques sauteraient et que ce serait l’Armageddon.

En résumé : « Cela ne peut pas baisser, il n’y a aucun risque, car, si cela baissait, alors ce serait la catastrophe finale. »

Le monde à l’envers

Mais nous vivons dans un monde d’inversion, nous marchons sur la tête. Nous n’avons pas à craindre la situation économique déplorable, car c’est elle qui nous enrichit ! Ce que nous avons à craindre, c’est la disparition des remèdes à cette situation.

La baisse du taux de profitabilité du capital est une aubaine car elle revalorise mécaniquement le capital ancien, on se l’arrache car il rapporte plus que le nouveau. En parallèle, la baisse des taux de rendement jusqu’au point ou l’épargne ne rapporte plus rien est une aubaine car elle donne une valeur colossale à tous les titres anciens déjà émis. Un jour les titres auront une valeur infinie car les taux deviendront négatifs.

Etc.

Plus on émet de monnaie et plus on produit de dettes, plus leurs valeurs deviennent fictives. Mais, comme cela oblige à soutenir les valeurs par la création de toujours plus de dettes et de monnaie, alors c’est une aubaine, c’est un grand bien.

Personne n’est prêt à supporter le risque;

Personne n’en a les moyens!

La hausse des Bourses et des actifs à risque doit être interprétée comme le signe que les intervenants sur les marchés ont la conviction que le risque, soit n’existe pas, soit est pris en charge par d’autres. Pas comme l’indication qu’ils sont disposés à supporter ou à pouvoir supporter les risques.

Donc retenez bien : quand les marchés se mettent en ce que l’on appelle « mode risk on », ce n’est pas parce qu’ils retrouvent le goût de l’investissement à long terme et la capacité à affronter l’avenir. Non, c’est parce qu’ils ont acquis ou réacquis la conviction qu’il n’y avait aucun risque : le risque étant grand, il est assuré par la banque centrale et les promesses ou prévisions de la Fed.

C’est toujours de l’argent court, frileux, capable de s’envoler comme une volée de moineaux au moindre coup de fusil. L’argent qui alimente les marchés n’est pas du vrai argent, du vrai capital investissement, c’est de l’argent monétaire.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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