Editorial. Voici le cadre dans lequel se place la question de l’inflation.

Je vous invite avec insistance à lire cette Opinion sur l’inflation.

Elle est écrite par Lawrence Summers qui est loin d ‘être un mauvais sur ces sujets. Elle est publiée par le Washington Post.

Mais avant je vous livre le cadre dans lequel se place la question de l’inflation. L’inflation est un tenant lieu, un épouvantail qui masque la situation critiqué qui est derrière. C’est cela que j’appelle le cadre: la situation dans laquelle les évènements historiques actuels se déroulent. Et tout vient de loin!

Je veux vous faire toucher du doigt le fait que la question de l’inflation est un leurre, un écran qui cache quelque chose de plus grave à savoir que la situation est crisique, c’est un paroxysme de contradictions. Que cette crise n’apparait gérable que grâce aux « astuces »/tricks de la politique monétaire mais et c ‘est là le problème, les astuces de la politique monétaires touchent leurs limites si la question de l’inflation se pose.

L’inflation neutralise l’arsenal des autorités. Voila ce qu’il faut assimiler.

La question de l’inflation est une façon pour la situation crisique de se manifester, une forme seulement alors que le problème c’est le fond: le système ne parvient plus à se perpétuer.

Les risques d’inflation constituent la Statue du Commandeur, c’est à dire qu’elle équivaut à rendre impossibles les remèdes , les pseudo remèdes antérieurs pratiqués depuis … 2002.

A ce propos.

Je vous republierai bientôt -quand j’en aurai les moyens technique- un article intitulé « Vive les Crises » écrit en 2002 , article qui, rendez vous compte, déroule de façon logique tout ce qui se passe et va passer; ce n’est pas de la prémonition ou de la prévision , c’est de l’analyse logique, dialectique de la Necessité. Le champ de blé est contenu en germe dans les grains de blé, pas besoin d’être prophète pour le dire.

Cet article je l’ai en mémoire dans un viel ordinateiur mais pour l’instant il n’est ni transférable ni reproductible . Tout ce que je peux faire, c’est le relire. Il explique non seulement le fameux « Vive les crises » mais aussi l’innovation des autorités qui ont découvert ce que j’appelle déja à l’époque « La gestion par les bulles« . Je l’avais re-publié vers les années 2004 et après 2010 si mes souvenirs sont bons. Tout est écrit et détaillé en terme logique bien sur, pas historique.

Ce qui se passe aux USA vous concerne car non seulement ce sont les USA qui donnent le « la » dans le monde, mais l’Europe suivra et même à un moment donné amplifiera.

La gestion de la BCE est catastrophique, ses capacités d’analyse sont inexistantes et les possibilités de régulation de l’ensemble européen sont inadaptées aux situations de graves déséquilibres.

Vous connaissez ma position; nous sommes en situation de transition entre une période et une autre période au plan historique, économique et financier. Tout peut arriver. C’est la fin d’un très grand cycle.

Et je ne cherche pas à deviner parce que rien n’est, à ce stade, définitif : l’avenir n’est pas écrit, il va s’imposer de lui même. Il n’est pas linéaire, dérivable, il sera chaotique

Les forces de déflation, fondamentales, sont toujours là et je comprends fort bien que face à cette conviction que les forces de déflation sont toujours là, Powell essaie de maintenir les stimulants le plus longtemps possible .

Mais c’est une erreur de politique car les forces de déflation fondamentales ne peuvent être combattues par les politiques monétaires puisque ce sont elles, elles même, qui accroissent les tendances à la déflation.

Les forces déflation tiennent à la suraccumulation de capital de poids mort, au capital fictif, aux surpoids de la finance et des dettes qui sont des promesses de toutes sortes que l’on ne peut tenir. Il n’y a pas assez de surproduit, d’excédent pour tout honorer.

Le Mort tue, asphyxie , étouffe le Vif et le mort ne cesse d’enfler de grandir, à cause de l’imbécillité monétaire, le mort c’est Ugolin, c’est un Ogre qu’il faut gaver.

Et ce n’est pas en augmentant les promesses et les promesses de promesses que l’on rééquilibrera! Au contraire c’est une politique de Gribouille.

Plus les forces de déflation s’alourdissent, et c’est le cas en accéléré , plus le besoin d ‘inflation monétaire augmente; et plus le besoin d ‘inflation monétaire augmente, plus le besoin de destruction des valeurs fictives augmente dans le système.

Il n’y a plus de bonnes solutions. Et formuler les problèmes en termes de déflation vs inflation est devenu idiot et contreproductif, à ce stade les solutions, si il y en a, sont ailleurs.

Lawrence Summers.

La reconnaissance par la Réserve fédérale que l’inflation n’est pas transitoire, que le marché du travail américain est très tendu et que la priorité doit désormais être donnée à la stabilité des prix est bienvenue, si elle est tardive. 

Sans ce pivot, une inflation enracinée suivie d’une récession serait probable. 

La reconnaissance de la nécessité de changer de direction, comme en témoignent  la déclaration du Federal Open Market Committee  et la conférence de presse du président Jerome H. Powell mercredi, était nécessaire mais pas suffisante pour parvenir à stabiliser les prix et à une croissance soutenue. 

Je vois des motifs d’inquiétude considérable à la fois dans la difficulté intrinsèque de la tâche à accomplir et dans les idées fausses que la Fed semble toujours avoir. 

Il y a eu peu ou pas de cas où l’inflation a été stabilisée avec succès sans récession. Chaque expansion économique des États-Unis entre la guerre de Corée et le massacre de l’inflation par Paul A. Volcker après 1979 a pris fin lorsque la Réserve fédérale a tenté de freiner l’inflation et que l’économie est entrée en récession. 

Depuis la victoire de Volcker, il n’y a eu aucune flambée d’inflation majeure jusqu’à cette année, et donc pas besoin de politique monétaire pour organiser un atterrissage en douceur du type que la Fed espère au cours des prochaines années. 

L’histoire peu encourageante des efforts de désinflation suggère que la Fed devra être à la fois habile et chanceuse car elle cherche à appliquer une retenue suffisante pour faire baisser l’inflation à son objectif de 2 % sans pousser l’économie dans la récession. 

Malheureusement, plusieurs aspects de la déclaration de l’Open Market Committee et de la conférence de presse de Powell suggèrent que la Fed pourrait ne pas encore saisir pleinement la situation économique actuelle ou les implications de la politique monétaire actuelle. 

Les prévisions de la Fed appellent à une baisse significative de l’inflation alors même que l’économie maintient un taux de chômage de 3,5% – un développement sans précédent dans l’histoire économique des États-Unis.

 La Fed le croit même si elle considère le niveau de chômage soutenable à 4%. Cela n’a de sens que si la Fed s’accroche à l’idée que l’inflation actuelle est transitoire et s’attend à ce qu’elle s’atténue d’elle-même.

En fait, il y a de bonnes raisons de penser que l’inflation pourrait s’accélérer. 

La composante logement de l’indice des prix à la consommation, qui représente  un tiers de l’indice , a augmenté  de moins de 4 % , alors même que les calculs privés sans exception suggèrent des augmentations de 10 à 20 % des loyers et des prix des logements. Le rattrapage est probable. 

Plus fondamentalement, les offres d’emploi sont à des niveaux record et le marché du travail continue de surchauffer,  selon les prévisions de la Fed . Cela laisse présager une accélération plutôt qu’une décélération des coûts de main-d’œuvre – de loin le coût le plus important pour le secteur des entreprises. 

Pendant ce temps, les goulots d’étranglement liés à la pandémie au cœur de l’argument transitoire sont exagérés. Les prix de plus de 80 pour cent des biens du CPI ont augmenté de plus de 3 pour cent au cours de la dernière année. 

La capacité de l’économie augmentant de 2 % par an et les prévisions de la Fed prévoyant une croissance de 4 % en 2022, les pressions sur les prix semblent plus susceptibles de s’accentuer que de s’atténuer.

  
Tout cela suggère que la politique devra restreindre la demande pour rétablir la stabilité des prix. Combien de serrage est nécessaire ? Personne ne le sait, et la Fed a raison d’insister sur le fait qu’elle surveillera l’économie et s’ajustera. 

Nous savons cependant que la politique monétaire est beaucoup plus souple aujourd’hui – dans une économie à forte inflation et à faible taux de chômage – qu’elle ne l’était il y a environ un an lorsque l’inflation était inférieure à l’objectif de la Fed et que le chômage était d’environ 8 %. 

Avec des taux d’intérêt nominaux relativement constants, une inflation plus élevée et les prévisions d’inflation future ont entraîné   des réductions spectaculaires des taux d’intérêt réels  au cours de l’année écoulée. C’est pourquoi les bulles sont de plus en plus omniprésentes sur les marchés d’actifs, allant de la cryptographie aux propriétés en bord de mer,aux actions de « mèmes », aux start-ups technologiques. 

L’implication est que le rétablissement de la politique monétaire à une position normale, sans parler de l’application de restrictions à l’économie, nécessitera bien plus que les   augmentations de taux de trois quarts de point ( 0,75%) que la Fed a prédites pour l’année prochaine. Ce point prend une importance particulière une fois qu’il est reconnu que, contrairement à l’affirmation de Powell, presque tous les économistes estiment qu’il y a un décalage d’environ un an entre l’application d’un changement de taux et son effet. 

Ne pas rétablir la neutralité de la politique monétaire l’année prochaine signifie autoriser deux années supplémentaires de politique monétaire fortement inflationniste. Tout cela suggère que même avec ses actions cette semaine, la Fed reste bien en retard dans son engagement à lutter contre l’inflation. 

Si ses déclarations reflètent ses convictions, c’est un sujet de grave préoccupation. Pour être juste, cependant, il existe une autre possibilité. Peut-être que la retenue de la Fed reflète moins une conviction sur ce qui sera finalement nécessaire que le désir d’éviter d’être elle-même une source de chocs économiques. 

Espérons que ce que nous avons vu n’est que la première partie de ce qui sera, si nécessaire, une réorientation politique plus radicale. 

Le temps nous le dira.

www.larrysummers.com

Une réflexion sur “Editorial. Voici le cadre dans lequel se place la question de l’inflation.

  1. Je partage à 100 % l’analyse de Summers qui utilise les mots « chance » et « espoir » pour définir la position de la Fed qui continue son pari d’une inflation transitoire. Je pense qu’elle a des chances de le gagner mais c’est un pari et pas l’attitude préventive qu’aurait dû avoir une BC dans un monde normal.

    Et voici ce qu’on vend aux clients chez les assets managers ; le type raconte tout et son contraire à savoir que la Fed n’est pas behind the curve mais que l’inflation US risque de monter encore l’an prochain puisqu’elle est calculée en intégrant les loyers. Il dit que les marchés apprécient que la Fed réagisse alors que c’est précisément l’inverse. Ils ont compris que les taux d’intérêts réels n’étaient pas encore près de menacer le TINA.

    Il faudra qu’il nous explique comment continuer à injecter jusqu’en mars puis procéder à des hausses de taux homéopathiques qui nous amèneront à 0.75 % fin 2022 n’est pas être behind the curve alors qu’on a jamais vu les grandes BC aussi en retard ? On marche sur la tête.

    Trichet est beaucoup plus pessimiste et convaincant :

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