On a eu la performance sans le risque, on aura le risque sans la performance! Rien ne se perd , tout se transfère.

Jusqu’à présent en Bourse et depuis la Grande Crise Financière,

vous avez eu la performance sans le risque; quand cette phase touchera a sa fin vous aurez le risque sans la performance.

Il n’y a nul miracle a cela , et ce n’est pas un paradoxe; rien ne se perd , rien ne se crée, tout se transfère.

Le détention d’actifs financiers est risquée personne ne put le contester , l’histoire et la logique le prouvent.

Le risque ne peut être supprimé, mais le risque peut être transféré, il peut être pris en charge, assumé par d’autres, en dehors du marché boursier.

C’est ce qui se produit , on a séparé la performance du risque qui y est attaché en transférant le risque sur .. le bilan de la banque centrale.

Le bilan de la banque centrale monte et gonfle au fur et à mesure que les indices boursiers grimpent. Bien sur cela se fait par paliers, en escalier, pas en continu.

Chaque fois que le risque apparait et montre sa face hideuse, comme en fin 2019 et debut 2020, les banques centrales déploient le filet de sécurité, elles baissent les taux, elles inondent de liquidités, elles achètent les emprunts d ‘etat, les hypothèques, et les ETF. Yellen a fait savoir récemment que la prochaine fois, les banques centrales achèterons les actions comme l’ont fait les japonais.

Le PUT comme on dit, l’option de vente conférée aux marches par les banques centrales n’est rien d’autre qu’un transfert du risque; on sépare risque et performance et on stocke le risque dans le bilan de la banque centrale.

Autrement dit, on balance le risque du marché financier sur la monnaie.

Rédigé par 

Bruno Bertez 

19 janvier 2022

En combinant des taux directeurs de banques centrales au plancher et une inflation forte, le résultat est que les investisseurs en oublient le risque pour aller chercher la moindre miette de performance. Cependant, cette situation pourrait s’inverser.

Comme je vous l’expliquais hier, vous avez actuellement le choix entre investir dans des cours boursiers surévalués qui comportent un risque de perte de 60% ou des placements qui incluent un risque 2 à 3%. Les premiers sont préférés aux seconds.

Pour rappel, toutefois, les marchés financiers ont en ce moment assez peu à voir avec ce que l’on qualifie d’« investissement ». Du moins, pas selon Benjamin Graham, qui définit cela comme « une opération qui, après une analyse approfondie, promet la sécurité du principal et un rendement adéquat ».

Le résultat est en tout cas une dissociation entre le réel et la perception, entre le réel et les histoires que l’on raconte.

Qu’est-ce qui est vraiment risqué ?

Les placements les plus risqués – c’est-à-dire les actions les plus chères et les plus surévaluées de l’histoire – sont perçus comme sans risque, tandis que les placements les moins risqués sont perçus comme comportant un risque certain à 100%.

C’est la structure de la modernité : l’inversion !

Ce qui est authentiquement sans risque est perçu comme à risque.

Ce qui est à risque colossal et perçu comme sans risque.

En privant sans relâche les investisseurs d’un rendement sans risque, la Réserve fédérale a engendré une bulle spéculative sur tous les actifs qui, selon nous, ne fournira aux investisseurs qu’un risque sans rendement. Voilà ce qu’écrivait la semaine dernière John P. Hussman :

« Il est peut-être vrai que les taux d’intérêt zéro n’offrent ‘pas d’autre alternative’ aux investisseurs que de spéculer. Mais comme l’a souligné Graham, il existe de nombreuses façons dont la spéculation peut être inintelligente. La première consiste à spéculer lorsque vous pensez investir.

Je grince des dents quand j’entends des analystes parler comme si tout rendement de dividende supérieur à zéro était ‘meilleur’ que des taux d’intérêt nuls.

Cet argument repose entièrement sur l’exclusion de la plus petite baisse des cours et du plus petit recul par rapport aux extrêmes de valorisation actuels. Le rendement du dividende du S&P 500 n’est que de 1,3 % ici. Il n’a été plus bas que dans les trimestres qui ont entouré le pic de la bulle de 2000. La norme historique courante du dividende du S&P est d’environ 3,7 %.

[…]

Je n’ai jamais vu une telle conviction parmi les spéculateurs que la hausse ne finira jamais, ou une telle foi que la Réserve fédérale peut faire en sorte qu’il en soit ainsi.

Je suis tout à fait certain qu’il s’agit d’un délire, mais je suis moins sûr de la durée pendant laquelle ce délire peut persister. »

Tout se transfère !

On a eu la performance sans le risque, à l’avenir on aura le risque sans la performance. Rien ne se perd rien ne se crée, tout se transforme. Ou plutôt, en Bourse, tout se transfère !

Les investisseurs connaissent bien l’idée d’un « compromis » entre rendement et risque, qui est généralement formulée comme une proposition selon laquelle les investisseurs doivent accepter un risque plus élevé s’ils recherchent des rendements attendus plus élevés.

Ce que les investisseurs ne comprennent généralement pas, c’est que cette proposition ne s’applique qu’aux risques « efficients ».

Par exemple, si un portefeuille est peu diversifié, on peut généralement trouver un autre portefeuille qui peut cibler un niveau de rendement attendu plus élevé pour le même niveau de risque, ou un niveau de risque inférieur pour le même rendement attendu.

De même, du point de vue de la valorisation, il n’y a pas de « compromis » entre rendement et risque.

Les valorisations déprimées ont tendance à être suivies à la fois de solides rendements à long terme et de pertes ultérieures modestes, tandis que les valorisations extrêmes élevées ont tendance à être suivies à la fois de faibles rendements à long terme et de pertes ultérieures importantes.

En termes simples, les investisseurs ne sont pas récompensés d’une manière ou d’une autre pour avoir accepté des niveaux plus élevés de ce que Benjamin Graham a décrit comme un risque « inintelligent », un risque imbécile.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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Une réflexion sur “On a eu la performance sans le risque, on aura le risque sans la performance! Rien ne se perd , tout se transfère.

  1. Le risque et sa perversion tout est là. La légitimité du capital, son droit à prélever tient au fait qu’il prend un risque.

    Sauf que le système a été perverti singulièrement à compter de la crise des subprimes ou ceux qui avaient fait prendre des risques iniques à des ménages insolvables ont ensuite disséminé ces mêmes risques par la titrisation. et mieux encore, ont spéculé à la baisse sur le désastre qu’ils avaient provoqué.

    Pour terminer dans l’immoralité, au lieu du finir en prison, ils ont été sauvé par les Etats. au nom du too big to fail.

    Aujourd’hui ce sont les BC qui sauvent ces escrocs selon la même logique de socialisation du risque.

    Je crois que cette subversion menace plus encore le système que les impressions de fausse monnaie elles-mêmes.

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