Editorial. Tout ce qui est soutenu finit toujours par tomber.

Tout ce qui est soutenu finit toujours par tomber.

En fait cet éditorial n’est absolument pas financier; c’est de la philosophie de la Vie.

La loi de la gravitation s’applique aux marchés financiers come elle s’applique aux engins volants; plus lourds que l’air, il faut que des forces soient exercées pour qu’elles puissent voler, léviter.

Avec la hausse des prix des actifs financiers , leur valeur d’usage recule en continu: ils rapportent de moins en moins.

Mais pour que l’on continue de faire monter leur prix il faut entretenir le Ponzi, c’est à dire qu’il faut insuffler « toujours plus de ce en quoi les prix des actifs dont exprimés, la monnaie ».

Pour remplacer la valeur d ‘usage déclinante des actifs et la baisse de leur utilité il faut augmenter les plus values donc il faut sans cesse injecter de la monnaie et du crédit.

La valeur d’usage qui est de procurer des revenus et un rendement s’étiolant, il faut maintenir la valeur d’échange et la valeur d’échange ce n’est rien d ‘autre que le Ponzi. On est dans la parabole du pantalon à une jambe, il n’est pas fait pour être utile et être porté il est fait pour être transacté. Vendu et revendu.

Depuis plusieurs décennies, la tendance spontanée des marchés financiers est de chuter; ils sont de moins en moins soutenus par leur valeur d’usage, leur valeur dite fondamentale.

Il faut pour s’opposer à cette tendance leur appliquer des forces à la fois continues et périodiques qui développent des contre tendances ; les forces continues sont la baisse tendancielle longue des taux d’intérêt réels et les forces périodiques sont les achats de titres longs, les Quantitative Easing pratiqués par les banques centrales. Face aux tendance entropiques il faut tout simplement injecter et re-injecter de l’énergie. Les QE consistent en quelque sorte à envoyer des giclées d’air chaud dans les ballons , dans les montgolfières.

Ce que je présente comme une image ou une analogie n’en est pas une , il y a similitude organique entre la loi de la gravitation et la tendance à la réconciliation entre l’univers imaginaire des marchés financiers et l’univers réel, lourd, pesant, de l’économie.

Il y a tendance à la réconciliation générale, que dis-je universelle entre d’un coté l’imaginaire que les hommes se créent , les romans qu’ils se racontent et de l’autre le vrai monde, celui de la vie , de la mort et de la finitude.

On peut créer autant de digits monétaires que l’on veut, mais ils créent de moins en moins de pétrole pour faire tourner la machine économique.

En clair, les rêves permettent n’importe quoi, ils sont purs désirs mais on finit toujours par se réveiller; le rêve est régi par le principe de plaisir, il ignore la finitude, la contradiction; tout est possible en même temps, mais dans le réel, toute est Choix, Mort, Deuil.

L’épreuve du Réel est un « jugement d’impossible » et non pas un « constat d’en même temps », Macron retient cela.

L’imaginaire se déroule dans le mythe enfantin préœdipien, de l’infini et du sans limite tandis que le monde réel s’épuise, se cogne dans la finitude et la rareté et entre temps, dans l’effort, dans la dépense d’energie.

Il n’y a que dans les bras de maman/maitresse que l’enfant; -qui ne fait rien et est pris en charge- a le sentiment que tout est possible, d’ou le sentiment infantile de toute puissance du Macron!

Il n’y a que parce que les prolos se tapent le réel et que les détenteurs de capitaux s’attribuent le surproduit que les kleptocrates croient que tout est possible et qu’ils développent des « politiques de quoi qu’il en coute » … puisque ce sont les autres qui paient.

Le « quoi qu’il en coute » des kleptos/banques centrales est toujours un « quoi qu’ils nous en coute à nous », pas à eux! La notion même d ‘exploitation conduit à la formation d’imaginaires pervers inadaptés, anti-vie, de plus en plus idiots comme dans la folie de la promotion de l’homosexualité, du transgenre, de la victimisation, de la féminisation, bref le monde de la masturbation n’est possible que parce qu’il y a en qui baisent et se reproduisent et produisent.

La manipulation des signes a sa logique, sa combinatoire et elle est , pour durer, obligée de se déconnecter de plus en plus de la réalité; elle devient de moins en moins efficace, elle produit de l’inadaptation.

C’est ce que les financiers veulent dire lorsqu’ils reconnaissent que le rendement d’un dollar de dettes nouvelles produit de moins en moins de dollars de croissance économique réelle, il faut plus de 7 dollars de dette nouvelle pour un dollar de PIB supplémentaire!

Le rendement décroissant des artifices, le gaspillage croissant et les effets secondaires non voulus, en expansion exponentielle comme par exemple celle de la spéculation destructrice, expliquent tout cela.

On gaspille de plus en plus d’énergie pour entretenir le mensonge, le faux, la pourriture, la dette, les promesses; le poids du monde repose de plus en plus sur une base qui se rétrécit. Le poids de la pornographie et de la masturbation et des perversités luxueuses et luxurieuses de toutes sortes conduit inexorablement à sous traiter à l’extérieur la reproduction du système.

C’est la division suprême du travail; il y a ceux qui jouissent et il y a ceux qui produisent.

Ce que je veux vous faire toucher du doigt c’est une forme, une structure du monde moderne; la struture de la Dissociation/Disjonction. L’intelligence a cessé d’être un outil pour transformer le monde elle est devenue une drogue pour s’envoyer en l’air .

L’imaginaire , la rhétorique, les combinatoires de signes, les romans, les narratifs, tout cela diverge de plus en plus d’avec le réel, devient de plus en plus difficile à entretenir, à faire léviter, le coût d ‘habiter Netflix est de plus en plus lourd.

Un peu de finance.

il y a plusieurs années Jeremy Grantham est passé tranquillement « du taureau haussier » à ours permanent, perma-bear .

Ses notes d’opinion sur les marché sont devenues de plus en plus alarmistes .

Au début de 2021 les avertissements de Grantham d’un crash imminent sont devenus particulièrement aigus… et spectaculairement faux. 

Rappelons qu’en janvier 2021, Grantham a écrit que « l’ éclatement de cette » grande bulle épique « sera » l’événement d’investissement le plus important de votre vie « , suivi d’avertissements d’un crash » spectaculaire « dans » les prochains mois . « 

Inutile de dire qu’aucun crash n’a suivi.

Ceux qui me lisent et me comprennent savent que l’erreur de Grantham est de ne pas voir que la pensée logique, la pensée théorique expriment certes des Nécessités, mais qu’elles ne permettent jamais de dater et de fixer des calendriers: le temps logique n’est pas le temps historique et le temps historique est fait de hasards et singularités que personne ne peut prévoir ni dans le temps ni dans la forme.

La Fed et d’autres banques centrales ont tout mis en œuvre pour stabiliser les marchés, pour s’opposer aux baisses, ce qui a entraîné une année épique pour les actifs à risque. On a clôturé 2021 à des niveaux record, tandis que GMO -la société de Grantham- a subi non seulement des pertes importantes mais aussi des rachats substantiels, un résultat humiliant pour Grantham qui avait précédemment appelé avec justesse à l’éclatement des bulles Internet et immobilières, mais n’a pas tenu compte de la détermination de la Fed à éviter l’éclatement d’une autre bulle.

Mais alors que les actions faiblissent à nouveau par crainte que le soutien de la Fed ne s’estompe progressivement, il n’a pas fallu longtemps à Grantham, âgé de 83 ans, pour publier sa note la plus apocalyptique à ce jour,  » Let The Wild Rumpus Begin  » .

Il revisite son thème de la  super bulle – la quatrième après le krach de 1929, la catastrophe des dot-com de 2000 et la grande crise financière de 2008.

Grantham est « presque certain » l’éclatement de cette bulle a commencé, renvoyant les indices aux normes statistiques et peut-être plus loin.

Vous remarquerez en lisant ci dessous, le cadre de pensée; Grantham diagnostique à juste titre une superbulle de dimension historique, ce qui ne peut être contesté si on retient les critères du passé mais il ne va pas plus loin, il n’explore pas les raisons pour lesquelles la bulle a pu aller aussi loin jusque là, et en quoi et pourquoi elle devrait stopper sa croissance maintenant. Non il faut un saut méthodologie et pour prédire, il change de cadre, il se place dans le cadre comportemental.

Les bulles vont éclater parce qu’il y a des signes dans le comportement des gens et des marchés que cela va baisser.

Grantham est un comportementaliste , il pense que les comportements sont explicatifs et donc qu’ils permettent les prévisions.

Je dis non: les comportements ne sont pas explicatifs car ils ont déterminés, il sont causés et si ils sont causés et produits alors les causes sont en amont des comportements. Il faut pour comprendre, savoir ce qui fait que les comportements changent.

Grantham annonce que les marchés vont s’effondrer.

Jusqu’ou? Combien plus bas ? Le gestionnaire « Value » emblématique voit le S&P chuter de près de 50 % à 2 500 par rapport à son sommet historique de 4 800 il y a quelques semaines à peine. 

Le Nasdaq Composite, qui a clôturé dans une correction technique mercredi en baisse de 10 % par rapport à son plus haut historique, pourrait subir une correction encore plus importante.

« Je n’étais pas aussi sûr de cette bulle il y a un an que je l’avais été pour la bulle technologique de 2000, ou comme je l’avais été sur la bulle du Japon, ou comme je l’avais été dans la bulle immobilière de 2007″, a déclaré Grantham à Bloomberg dans une entrevue  » prime » . «Je me sentais très confiant , mais peut-être pas presque certain. Aujourd’hui, je pense que c’est à peu près certain.

Les signes que Grantham a observés ne sont pas un secret .

La première indication que l’éclatement de la superbulle a commencé est survenue en février dernier, lorsque des dizaines d’actions parmi les plus spéculatives ont commencé à chuter. Un proxy des superspeculatives , l’ETF ARK Innovation de Cathie Wood, a depuis chuté de 52 %. 

Ensuite, le Russell 2000, un indice d’actions à moyenne capitalisation qui surperforme généralement dans un marché haussier, a suivi le S&P 500 en 2021. Puis bon nombre des paniers de bulles qui sont une approximation de la liquidité entretenue par la banque centrale ont nettement sous performé à quelques exceptions près.

Grantham souligne également le type de « comportement fou des investisseurs » indicatif d’une bulle à un stade avancé : les actions de « Mèmes », une frénésie d’achat de noms étiquetés « véhicules électriques », la montée de crypto-monnaies absurdes telles qu’un Dogecoin et des prix de plusieurs millions de dollars pour les jetons non fongibles , ou NFT. 

Cependant, bien qu’elle soit certainement devenu plus modérée, comme le montre le graphique suivant de l’activité des options sur actions individuelles de Goldman Sachs , l’activité des spéculateurs de détail est toujours solidement implantée sur le marché.

« Cette liste de contrôle/checklist pour une super-bulle traversant ses phases est maintenant terminée et le chaos sauvage peut commencer à tout moment », écrit Grantham, ajoutant que  » lorsque le pessimisme reviendra sur les marchés, nous seront confrontés à la plus grande baisse potentielle de la richesse perçue dans l’histoire des États-Unis « 

Certes, Grantham admet qu’il n’a peut-être pas parfaitement chronométré le sommet, mais il dit que ce n’est qu’une question de temps avant que la bulle n’éclate. En attendant, nous vivons dans la « phase vampire/zombie du marché haussier » il survivra pendant un certain temps, mais il finira par « s’effondrer et mourir.

Le plus tôt sera le mieux pour tout le monde ».

.Nous sommes dans ce que je considère comme la phase vampirique/zombie du marché haussier, dit-il.

Vous y jetez toutes vos munitions , vous le poignardez avec le Covid, vous lui tirez dessus avec la fin du QE et la promesse de taux plus élevés, et vous l’empoisonnez avec une inflation inattendue mais de manière tout inattendue il survit.

Et la créature vole toujours. Tout comme le marché haussier a survécu au cours de la seconde moitié de 2007 alors que les hypothèques et d’autres blessures financières l’affaiblissaient les unes a la suite des autres .

Jusqu’à ce que, juste au moment où vous commencez à penser que la chose est complètement immortelle, elle finit par mourir. 

Le plus tôt sera le mieux pour tout le monde.

N’épargnant aucun superlatif pour décrire ce qui va se produire, Grantham a déclaré que le crash à venir pourrait rivaliser avec le double effondrement des actions et de l’immobilier japonais à la fin des années 1980, avec des conséquences catastrophiques.

Non seulement les actions sont dans une super-bulle, selon Grantham, il y a aussi une bulle d’obligations, la bulle « la plus large et la plus extrême » de l’immobilier mondial et une « bulle naissante » des prix des matières premières. 

Même sans un retour complet aux tendances statistiques moyennes du passé , il calcule que les pertes aux seuls États-Unis pourraient atteindre 35 000 milliards de dollars., 35 trillions .

Les divergences et l’extension insuffisante du marché sont des signes négatifs précurseurs.

Grantham déclaré que la force des actions de premier ordre au moment ou les paris spéculatifs tournent mal ne fait que renforcer sa thèse : « C’est exactement ainsi que les grandes bulles se fracassent », a-t-il déclaré. « En 1929, les spéculatives étaient en baisse l’année précédant la rupture du marché, ils étaient en baisse de 30 %. L’année précédente, ils avaient augmenté de 85 %, ils avaient « écrasé » le marché. 

En d’autres termes, Grantham pointe le même manque d’extension , les divergences au sein du marché qui ont poussé Goldman sachs à sonner l’alarme le mois dernier .

La banque a souligné que 51 % de tous les gains du marché depuis avril provenaient de seulement 5 actions.

Ce schéma s’est reproduit dans chaque super-bulle du passé et c’est ce qui lui donne tant de confiance pour prédire que celle-ci implosera de la même manière.

Grantham attribue la responsabilité des bulles des 25 dernières années à une mauvaise politique monétaire. Depuis Greenspan, affirme-t-il, la banque centrale a « aidé et encouragé » la formation de bulles successives en mettant à disposition de l’argent trop bon marché, puis en se précipitant pour renflouer les marchés par le PUT lors des corrections ont suivi.

Désormais, prévient Grantham, les investisseurs ne pourront peut-être plus compter sur cette option de vente implicite. Il dit que l’inflation -à son niveau le plus rapide depuis quatre décennies- « limite » la capacité de la Fed à stimuler l’économie en réduisant les taux ou en achetant des actifs,…

« Ils vont essayer, ils auront un certain effet », a-t-il ajouté.

Dans ces conditions, le portefeuille traditionnel 60/40 d’actions compensées par des obligations offre si peu de protection qu’il est « absolument inutile », a déclaré Grantham. 

Il conseille de vendre des actions américaines en faveur d’actions se négociant à des valorisations moins élevées au Japon et sur les marchés émergents, de posséder des ressources réelles pour se protéger de l’inflation, de détenir de l’or et de l’argent et de constituer des liquidités à déployer lorsque les prix redeviendront attractifs.

« Tout a des conséquences et les conséquences cette fois peuvent inclure une inflation insoluble », écrit Grantham. « Mais en attendant il a déjà définitivement inclus le danger le plus grand: la surévaluation la plus colossale des prix des actifs de l’histoire financière. »

La note complète de Grantham est ci-dessous ( lien pdf ).

4 réflexions sur “Editorial. Tout ce qui est soutenu finit toujours par tomber.

  1. Cher Monsieur,

    Valérie Bugault : itw du 20 janvier 2022, à Radioquebec.TV, sur les ramifications de la crise sanitaire et la Grande réinitialisation des mondialistes. 47′.
    https://rumble.com/vsypnd-le-coup-dtat-mondial-contre-les-peuples.html
    3 thèmes abordés :
    1) la trahison des élites et le coup d’état mondial : les masques st tombés
    2) la fin de la civilisation par la destruction du droit et des institutions
    3) le nouvel ordre mondial en difficulté

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  2. Grantham a eu tort de vouloir donner un timing dans sa note de début 2021.

    C’était un manque d’humilité surprenant de la part de quelqu’un d’aussi brillant et expérimenté.

    Il a raison d’être certain de la bulle mais a encore tort d’être certain que son éclatement a débuté. Le mot certain est à bannir en bourse. Personnellement j’ai toujours reconnu un mauvais trader à son côté péremptoire.

    Je n’oserais pas penser que Grantham est devenu mauvais mais il semble déstabilisé par ce qui se passe car manifestement il ne comprend pas tout.

    C’est une lapalissade de dire qu’on se rapproche de l’éclatement et le contexte n’a pas été aussi favorable à une baisse depuis longtemps mais l’imagination des banquiers centraux nous invite à la prudence.

    Yellen a déclaré cette semaine que la Fed achèterait des actions si nécessaire.

    Les US n’ont pas encore expérimenté les taux négatifs et le bilan de la Fed est 4 fois inférieur à celui de la BOJ rapporté au PIB. Bref, rien ne nous dit que la folie ne peut pas durer encore un peu.

    Surtout Grantham ne va pas jusqu’au bout de son raisonnement car dire que le S&P va perdre 50 % de sa valeur signifie une destruction de capitalisation jamais vue dans l’histoire avec pour conséquence probable une dépression.

    Or les BC ont été jusqu’ici incapables de laisser les marchés baisser de plus de 20 ou 30 % (de manière très brève en mars 2020) sans immédiatement juger nécessaire de réinflater.

    Pour que ça baisse de 50 % il faudrait donc que les banquiers le veuillent ce qui n’est pas crédible ou qu’ils ne puissent pas réinflater ce qui suppose des conditions comme par exemple une persistance de l’inflation.

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  3. La parabole du pantalon à une jambe est désormais dépassée. Je suggère d’utiliser celle du vaccin à 10 doses qui est certes moins drôles mais tout aussi efficace si je peux me permettre ce jeu de mot.

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  4. Bonjour M. Bertez

    G. Bachelard, dans son livre  » La terre ou les rêveries de la volonté » soulignait qu’il manquait aux intellectuels la connaissance qu’a la main de l’ouvrier de l’inertie, parfois butée, de la matière…

    Vous soulignez bien jusqu’où peut nous entraîner l’extension du domaine de l’ignorance par l’expansion du virtuel.
    Cordialement.

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