L’inflation future des prix des biens et services est incluse, en germe, dans les cours de bourse, le ressort est bandé.

Rédigé par 

Bruno Bertez 

25 janvier 2022

Même si l’inflation est déjà élevée, elle risque d’encore plus augmenter simplement parce qu’elle est incluse dans le système; elle est enracinée, déjà incluse dans le niveau de prix des actifs financiers. L’inflation potentielle peut se manifester aujourd’hui, dans un an, dans 5 ans mais elle se manifestera, c’est un ressort qui ne demande qu’à se détendre.

Partout, l’inflation officielle est sous-estimée d’au moins 50%.

C’est volontaire, car les autorités veulent une inflation maximum mais elles ne veulent pas que les peuples en aient vraiment conscience.

L’inflation est un mensonge, une tromperie institutionnelle.

La procédure consiste à provoquer un retard entre l’inflation subie et l’inflation perçue. C’est un moyen de tromper les citoyens, et l’avantage pour les pouvoirs en place est constitué par ce décalage entre subi et perçu.

Une course entre prix et salaires

Le phénomène d’inflation est dans son essence une course de vitesse entre différentes catégories sociales pour s’attirer le revenu maximum. Le plus évident, c’est la course entre les prix et les salaires.

Les entreprises montent leurs prix pour défendre leurs profits et souvent pour les améliorer. Elles ont besoin de défendre leurs profits ou de les augmenter parce qu’un capital qui ne réalise pas le taux de profit exigé doit etre dévalué. Les capitaux sont en concurrence, ils luttent entre eux pour réaliser le profit dont ils ont besoin. Dans ce cadre, elles essaient de peser sur les salaires réels.

A la limite et en caricaturant, l’enjeu de l’inflation, c’est le taux de profit, la répartition de la valeur ajoutée, le partage du surproduit.

L’envolée des cours de Bourse, le gonflement du capital fictif, l’explosion des dettes, tout cela pousse les managers à avoir la main lourde, puisque les conditions de concurrence – et de pénuries – le permettent.

Je soutiens, contrairement aux monétaristes, que l’inflation n’est pas en dernière analyse une question monétaire, mais qu’elle est une question de profit : quand on cherche à monter ses prix, c’est parce que l’on veut gagner plus. On veut monter ses profits, sa part dans le surproduit national.

Quel rapport avec la Bourse ?

Les hausses des cours de la Bourse sont des hausses des droits du capital à prélever, puisque le capital est un droit de prélèvement sur la richesse sociale.

Le retard qu’a la masse de profit mondial face à la masse de capital – qui a crû exponentiellement – et face à la masse de dettes est colossal. Donc le besoin de hausse des prix des biens et des services est lui-aussi énorme. Tout se passe comme si s’agissant de la hausse des prix des biens et services, le système était sur un ressort bandé qui ne demande que des conditions propices pour se détendre.

Cependant, la hausse de la masse de capital contient en germe une demande de hausse future des profits, sinon ce capital doit être détruit. La hausse des Bourses est une exigence future sur les profits ou, si l’on veut, une exigence future de dévalorisation de la monnaie.

Et, c’est le point important qu’il faut comprendre, c’est uniquement si les banques centrales autorisent les hausses de prix, uniquement si elles valident le besoin de hausse des prix par la dérive monétaire, par l’inflation de la quantité de monnaie, que le phénomène s’enclenche et dégénère.

L’inflation est validée

La monnaie est non pas une cause, mais une condition permissive de cette course pour augmenter sa part dans la richesse sociale. Autrement dit, c’est uniquement si les banques centrales dévalorisent la monnaie que l’inflation des prix des biens et services peut s’enraciner. Si les banques centrales ne le font pas, alors il n’y a que des mouvements de prix relatifs, certains montent et d’autres baissent.

Pour illustrer cela, le Financial Times nous avertissait par exemple le 11 janvier de nouvelles augmentations à venir sur les batteries électriques :

« Le prix des batteries pour véhicules électriques devrait augmenter en 2022 après une décennie de forte baisse, les approvisionnements en lithium et autres matières premières ne parvenant pas à suivre la demande en plein essor.

Alors que les sociétés minières s’efforcent d’augmenter la production des installations existantes et de développer de nouvelles sources d’approvisionnement, les prix de référence du carbonate de lithium ont terminé 2021 à des niveaux records.

En Chine, le plus grand pays producteur de batteries, le prix était de 261 500 Rmb (41 027 $) la tonne, plus de cinq fois plus élevé qu’en janvier dernier.

D’autres matières premières utilisées dans les cathodes, la partie la plus chère d’une batterie, ont également augmenté. Le prix du cobalt a doublé depuis janvier dernier pour atteindre 70 208 $ la tonne, tandis que le nickel a bondi de 15% à 20 045 $. »

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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