Billet. Europe. Les beaux jours du bac à sable sont terminés. Perte de contrôle, panique.

Vous ne lirez pas d’article comme celui ci dans vos médias, vous n’en entendrez pas parler à la télévison. Aucun candidat à la présidentielle n’abordera cette question.

Pas même Asselineau alors qu’elle rentre dans ses cordes puisqu’elle marque les limites de la BCE et de sa politique de serrer un corset monétaire pour empêcher la dislocation de l’euro.

Pourquoi?

-d’abord parce qu’ils ne savent pas qu’elle existe;

-ensuite parce que même si ils savaient qu’elle existe ils ne la comprendraient pas

-enfin parce que dans cette confrontation électorale tout est fait pour leurrer le peuple, le distraire sur des questions qui ne sont que des conséquences de choix que l’on veut sacraliser.

Les années qui viennent sont écrites dans tout ce qui a précédé; la crise financière de 2008, le coute que coute pour sauver l’euro, la folie monétaire pour masquer l’incurie sanitaire, la croissance vertigineuse de l’endettement pour colmater les fissures dans le consensus social etc etc.

Tout est écrit, il n’y aucune marge de manœuvre pour qui que ce soit. Et ils se posent tous comme hommes providentiels!

9 février – Reuters :

« En tant que gardiens de la stabilité des prix et des marchés financiers, le dernier mot auquel les banquiers centraux veulent être associés est le mot panique « panique ». Pourtant, c’est précisément le terme utilisé par deux observateurs de premier plan de la Banque centrale européenne pour décrire le message communiqué par la présidente de la BCE, Christine Lagarde, depuis qu’elle a ouvert la porte à une hausse des taux en 2022 pour freiner une inflation record. 

Les investisseurs ont pris les propos de Lagarde la semaine dernière – qui étaient inattendus, car elle avait pratiquement exclu une hausse des taux cette année quelques jours auparavant – comme un signal que la BCE resserrerait bientôt sa politique, faisant monter en flèche les coûts d’emprunt dans la zone euro de 19 pays.

Je vous le dis, redis Ils ne savent pas ce qu’ils font, ils ne savent pas ce qu’ils disent. Ce sont des chiens crevés au fil de l’eau, ils ne conduisent rien et à ce stade ils n’ont même plus la capacité à piloter a travers les écueils. Même plus la capacité d’optimiser au jour le jour.

Sue les marchés du crédit européen, c’est la déroute, c’est le ressort qui se détend, c’est la décompression.

9 février – Bloomberg :

« La montée du risque sur le marché européen du crédit annonce des temps difficiles à venir, la scène est plus calme sur les actions. Les mesures du risque ont grimpé en flèche pour les emprunteurs de qualité supérieure et à haut rendement après l’inclinaison/pivot inattendue de la Banque centrale européenne la semaine dernière, alors même qu’un indicateur de la volatilité des actions de la zone euro est resté en deçà des sommets précédents. « Il se peut que le marché du crédit nous dise qu’il devrait y avoir plus d’inquiétude sur les marchés boursiers », a déclaré Christian Mueller-Glissman, directeur général de la stratégie de portefeuille chez Goldman Sachs…, à Bloomberg… »

8 février – Financial Times :

« Les investisseurs craignent de plus en plus que si la Banque centrale européenne signale un resserrement trop agressif de la politique monétaire, cela ne déclenche le type de tumulte du marché obligataire que celui qui a aggravé la crise de la dette de la zone euro il y a dix ans. 

Les cours de la dette publique à travers le bloc monétaire ont chuté depuis la réunion de la BCE de la semaine dernière, lorsque la présidente Christine Lagarde a refusé d’exclure la possibilité d’une hausse des taux d’intérêt cette année alors que la banque centrale lutte contre une inflation record. 

Pour les investisseurs obligataires, cette perspective est particulièrement préoccupante car la BCE a souligné à plusieurs reprises qu’elle mettrait fin à ses vastes programmes d’achat d’obligations avant de relever les taux. « La BCE est la seule chose qui a tenu le marché obligataire à distance et elle est forcée de battre en retraite », a déclaré James Athey.

10 février – Wall Street Journal :

« Les obligations d’entreprises en Europe ont subi leur plus gros coup depuis 2020 au cours de la semaine dernière après qu’un pivot soudain de la Banque centrale européenne vers une politique plus stricte a ravivé les inquiétudes concernant la santé économique de la région

Ça tourne à la Bérézina . 

Les rendements grecs à 10 ans ont encore bondi de 37 points de base cette semaine à 2,62 %. Si on exclut le pic de mars 2020, les rendements grecs ont terminé la semaine au plus haut niveau depuis juin 2019. Les rendements grecs sont en hausse de 111 points de base en seulement quatre semaines et de 131 points de base depuis le début de l’année. 

Les rendements italiens ont encore bondi de 21 points de base pour atteindre un plus haut de 21 mois à 1,95 % (en hausse de 67 points de base en deux semaines). 

Les rendements portugais ont augmenté de 20 points de base (gain de 55 points de base sur 2 semaines) à 1,17 % – le plus haut depuis avril 2020.

Les rendements espagnols ont bondi de 18 points de base (gain de 52 points de base sur 2 semaines) à 1,22 % – le plus haut de février 2019.

Le crédit européen tangue, chancelle. Les prix des CDS ont encore augmenté cette semaine. Les banques européennes sont à nouveau sur la sellette. 

Les CDS de Credit Suisse ont bondi de six pointsà 81, s’échangeant cette semaine au plus haut niveau depuis mai 2020. Les CDS d’UniCredit ont bondi de 6 à un sommet de 88 points de base sur 15 mois. 

L’ indice CDS d’obligations bancaires subordonnées a encore augmenté de trois pour atteindre un plus haut de 15 mois à 143 points de base. L’indice des obligations d’entreprises européennes à haut rendement a encore gagné 11 points pour atteindre un sommet de 15 mois à 326 points de base, après avoir commencé 2022 à 242 points de base!.

La simple évocation d’un pivot monétaire en Europe a déclenché le chaos à la «périphérie» vulnérable de l’Europe. 

C’est exactement ce que je répète depuis le début du coute que coute de Draghi, on ne peut en sortir car si on essaie, la Périphérie saute. Le corset monétaire de la BCE enserre tout la Construction Européenne défaillante , c’est ce corset, sorte d’exo-squelette, qui fait tenir artificiellement cet ensemble brinquebalant et cette situation condamne la BCE à rester toujours activiste.

Il n’y a que les allemands qui semblent ne pas l’avoir compris. L’Europe ne converge pas, elle diverge et la politique monétaire masque ces divergences en même temps qu’elle les entretient et favorise. C’est une pure folie.

L’atténuation des risques et les pressions pour le désendettement gagnent du terrain. Les décideurs de la BCE ont tenté en vain cette semaine de repousser les attentes en matière de taux du marché. Le surnom allemand de Lagarde est « Madam Inflation ».

Lagarde a perdu le contrôle.

9 février – Bloomberg :

« La Banque centrale européenne devra peut-être relever les taux d’intérêt cette année si les perspectives d’inflation de la zone euro ne s’améliorent pas « de manière significative », selon le nouveau chef de la Bundesbank allemande…

Joachim Nagel a déclaré au journal Zeit que la BCE a « atteint un point qui est un cas d’école pour l’action de la banque centrale » – signalant qu’un changement de politique important pourrait se produire dès sa prochaine réunion en mars. « La BCE doit maintenant intensifier ses efforts. Nous allons examiner les données – de nouvelles prévisions de croissance et d’inflation seront publiées en mars. Et ce sera la base de nos décisions », a déclaré Nagel… « Si le tableau de l’inflation et surtout les perspectives ne se sont pas améliorés de manière significative d’ici là, nous devrons recalibrer l’orientation de la politique monétaire. »

7 février – Bloomberg :

« La semaine dernière, les rendements allemands à deux ans ont augmenté à un rythme jamais vu depuis des années, les spreads des entreprises se sont élargis et la volatilité des taux a reçu un coup de fouet. Maintenant, les rendements périphériques s’envolent encore plus haut. 

En effet, les conditions financières se sont resserrées, contrairement aux intentions affichées de la Banque centrale européenne. 

Alors que la déclaration de la BCE lors de sa première revue de politique monétaire de l’année avait largement réitéré les orientations dovish de décembre, la présidente Christine Lagarde a ouvert la boite libérant le génie en refusant d’exclure une hausse des taux dans ses remarques . 

L’incohérence est évidente « Ne présumez pas… l’immédiateté, ne présumez pas trop. » Ou bien la BCE « sera fidèle au séquençage ». Ou même « nous ne voyons pas les augmentations de salaire comme le marché le voit, nous ne voyons pas l’inflation monter en flèche ». Et n’oubliez pas, ‘nous ne sommes pas là pour faire tanguer le bateau. Lagarde tient maintenant des propos aussi incohérent que Powell, elle bégaie!

C’est tout et n’importe quoi ! Tout et son contraire le lendemain.

7 février – Financial Times :

« Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne, a minimisé les chances d’un « resserrement mesurable » de la politique monétaire pour lutter contre l’inflation record de la zone euro cette année, affirmant que tout changement serait progressif. Alors que les marchés financiers anticipaient une hausse des taux d’intérêt en juin, Lagarde a déclaré lundi au Parlement européen que la BCE ne voyait « pas la nécessité de se précipiter vers une conclusion prématurée à ce stade – les perspectives sont bien trop incertaines ». Ses commentaires étaient plus prudents que la semaine dernière lorsqu’elle a déclenché une vente massive sur les marchés obligataires de la zone euro en refusant d’exclure une éventuelle hausse des taux cette année et en affirmant qu’il y avait une « préoccupation unanime » concernant l’inflation au sein du conseil des gouverneurs de la BCE ».

6 février – Bloomberg :

« Le membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, Klaas Knot, a déclaré qu’il s’attend à une hausse des taux d’intérêt dès le quatrième trimestre. Les coûts d’emprunt sont généralement resserrés par paliers de 25 points de base et « je n’ai aucune raison de penser différemment cette fois », a-t-il déclaré… Knot a déclaré qu’une deuxième hausse pourrait alors avoir lieu au printemps 2023. »

Une réflexion sur “Billet. Europe. Les beaux jours du bac à sable sont terminés. Perte de contrôle, panique.

  1. Pour ceux qui n’ont toujours pas compris ! Le BCE ou Lagarde n’ont aucun impact sur les taux des obligations. Il suffit juste de regarder le cours des OAT et bund, ils ont suivis les taux américains.
    Tout leur blabla ne changeront rien, ça sert seulement à alimenter les moutons et à justifier leur poste…

    Au plaisir !

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