Editorial; vous avez envie de comprendre pour vous protéger alors lisez soigneusement ceci vous ne le lirez pas ailleurs.

L’inflation des prix à la consommation est restée vigoureuse en janvier. 

Aux Etats Unis le CPI a augmenté de 0,6 %, c’est plus fort que prévu , faisant grimper l’inflation en glissement annuel à 7,5 %, son plus haut niveau en 40 ans. 

Larry Summers a appelé la Fed à tenir immédiatement une réunion spéciale et à conclure le QE un mois plus tôt. 

D’autres comme Bullard suggèrent une hausse de 50 points de base en mars. 

L’inflation est un phénomène mondial qui échappe au contrôle de la Fed, tout comme elle échappe au contrôle des autres banques centrales.

Depuis 30 ans au moins nous produisons plus de dettes et de monnaie -fausse- que de biens et de services. La chose monétaire et financière a pris l’ascenseur tandis que la production des choses, des biens et des services a pris l’escalier.

Au cours des décennies passées nous avons produit un système déséquilibré entre d’un coté les actifs financiers et de l’autre la production de richesses réelles et le déséquilibre est tel qu’il finit se manifester malgré ce que l’on appelle la Répression.

Les prix des actif financiers sont stratosphériques , ils évoluent dans l’atmosphère; les prix des marchandises et des services sont dans le sous sol, à la cave.

Il y a une disproportion entre d’un coté la masse que représentent les promesses financières et de l’autre la masse que représente la production de richesses. La production de richesses ce sont les GDP.

La capitalisation boursière des actions aux USA est 3,6 fois ce qu’elle devrait être si on restait dans les normes historiques.

Le ratio de la capitalisation boursière, c’est à dire des promesses de richesses futures est de 3,2 fois le GDP contre une moyenne historique de long terme de moins de 1 fois.

Le ratio de la capitalisations boursière sur le revenu total mondial implique soit une forte chute des Bourse, soit une forte accélération de la hausse nominale du revenu total mondial , ce qui signifie une forte hausse des prix prolongée.

La seule autre possibilité serait qu’a l’intérieur des GDP les bénéfices des firmes progressent très fortement .

Il faudrait , que les marges bénéficiaires s’envolent par chute des salaires et réduction de la part des salariés dans la valeur ajoutée. Ou encore par accroissement colossal des déficits des gouvernements, comme ce fut le cas en 2020.

Autrement dit je soutiens les points suivants:

1-L’inflation qui a gonflé les masses de capitalisation boursière a produit des ratios de capitalisation boursière sur GDP très élevés par rapport aux normes

2- ces ratios sont plus de trois fois ce qu’ils devraient être

3-ces ratios pour être tenus et éviter l’effondrement impliquent:

soit poursuite de la création de dettes et de monnaie, de déficits avec taux d’intérêt nuls et négatifs ce qui va faire exploser les prix des biens et services

soit élargissement colossal des marges bénéficières des entreprises et baisses de salaires réels ce qui va produire la révolution.

Il n’y a plus de bon choix.

Pourquoi?

Parce que quand on a crée de la monnaie et des dettes qui ont fait monter les bourses, on a ipso facto créé le besoin de futur de ratifier, d’honorer ces cours de bourses et que pour honorer ces cours de bourse et éviter leur effondrement il n’y a pas d’autre possibilité logique que de faire le rattrapage.

Les cash flows, les prix des biens et services futurs étaient contenus, en germe dans la hausse des cours de Bourse puisque ceux n’étaient que des promesses; des anticipations.

Les américains ont depuis Greenspan une expression concrète, imagée pour désigner cette nature anticipative des cours de bourses, ils disent que le futur est embedded dans les cours actuels.

Si les idiost qui gouvernent avaient compris dès le début qu’un cours de bourse, une capitalisation boursière sont des promesses incontournables de richesses nominales futures , ils auraient peut être réfléchi en deux fois avant de s ‘engager dans cette voie.

On en revient toujours au même problème de fond: les soi disant savants, économistes, autorités et autres clowns qui se prétendent gourous ne comprennent pas le système dans lequel nous vivons.

Ils ne comprennent pas comment fonctionne le système capitaliste, ils n’ont pas compris que la bourse en se développant produisait une exacerbation des contradictions endogènes du système.

La mise en avant du marché boursier, qui est la conséquence de la financiarisation, produit ses propres limites, la Bourse exacerbe les contradictions entre les besoins de profit d’une part et l’accumulation du capital d’autre part, surtout si cette accumulation/enrichissement est surtout fictive.

Évaluations des actions américaines par rapport aux normes historiques (Hussman)

Le choix est entre Charybde ou Scylla: soit s’opposer à la hausse des prix des biens et services et crever la bulle financière, soit maintenir la bulle financière et accélérer le rattrapage entre le prix des actifs et celui des marchandises.

Bien entendu je suis dans la logique pure à laquelle on ne peut échapper avec le temps, mais on peut toujours tricher, repousser, habiller, mentir etc mais sur le fond tout ce que l’on fera s’analysera comme s’inscrivant dans le dilemme ici tracé.

Le vin est tiré , il faut le boire.

Tout était en germe.

Et le germe est en train de prendre racine; nous sommes dans la nécessité; la nécessité se manifeste par un jugement d’impossible, on ne peut lutter monétairement contre l’inflation des prix des biens et des services sans crever la bulle du prix des actifs financiers.

Soit on déflate la bulle, soit on inflate les GDP!

Revenons aux apparences maintenant c’est à dire aux narratives et autres romans.

La Fed est assise et surveille les problèmes de la chaîne d’approvisionnement comme le reste d’entre nous. 

La Réserve fédérale n’est certainement pas aujourd’hui en mesure de contrôler des prix mondiaux de l’énergie et des matières premières. 

La Fed ne contrôle ni les prix des entreprises ni les décisions salariales. 

À ce sujet, les développements géopolitiques et ceux qui découlent du changement climatique sont bien en dehors de la sphère d’influence de la Fed. 

Après 5,1 trillions de dollars (et plus) de nouvel « argent » en 126 semaines, il est juste de conclure que la Réserve fédérale a perdu le contrôle de l’inflation.

À ce stade, la Fed devrait resserrer considérablement sa politique monétaire – et infliger des souffrances – si elle était déterminée à extirper les pressions inflationnistes du système.  Pourtant, elle n’ose pas adopter cette approche, car elle comporte un risque élevé de perdre quelque chose qu’ils visent désespérément à maintenir un semblant de contrôle : les marchés financiers.

« Il est tout simplement absurde que dans une économie avec une inflation de 7,5%, que dans une économie avec le marché du travail le plus tendu que nous ayons vu depuis deux générations, que la banque centrale continue d’augmenter son bilan. » Larry Summers, 11 février 2022 (Wall Street Week avec David Westin).

Non ce n’est pas absurde, c’est normal logique et incontournable.

La banque centrale a fait « tout ce qu’il fallait » pour créer un monde absurde dès le premier jour.

10 février – Associated Press :

« L’inflation a grimpé au cours de la dernière année à son taux le plus élevé en quatre décennies, martelant les consommateurs américains, anéantissant les augmentations de salaire et renforçant la décision de la Réserve fédérale de commencer à augmenter les taux d’emprunt dans l’ensemble de l’économie. Les prix à la consommation ont bondi de 7,5% le mois dernier par rapport à l’année précédente, la plus forte augmentation d’une année sur l’autre depuis février 1982.

L’accélération des prix s’est étendue à l’ensemble de l’économie, de la nourriture et des meubles aux loyers des appartements, aux tarifs aériens et à l’électricité. 

Mesurée de décembre à janvier, l’inflation était de 0,6 %, comme le mois précédent et plus que ce que les économistes avaient prévu. Les prix ont augmenté de 0,7 % d’octobre à novembre et de 0,9 % de septembre à octobre.

9 février – Wall Street Journal :

« Les Américains ont contracté plus de nouvelles dettes en 2021 que n’importe quelle année depuis avant la crise financière de 2008-09. La dette totale des ménages a augmenté de 1,02 trillion de dollars l’an dernier, stimulée par des soldes plus élevés sur les prêts immobiliers et automobiles, a déclaré la Federal Reserve Bank de New York… Il s’agissait de la plus forte augmentation depuis un bond de 1,06 trillion de dollars en 2007. environ 15,6 trillions de dollars, contre 14,6 trillions de dollars un an plus tôt. 

L’augmentation est en grande partie fonction d’une forte hausse des prix des maisons et des voitures. Le prix d’une maison moyenne aux États-Unis a augmenté de près de 20 % en 2021, ce qui a fait grimper les soldes hypothécaires et exclut de nombreux acheteurs de la classe moyenne. 

La hausse des prix des voitures neuves et d’occasion a poussé les prêts automobiles à un record de 734 milliards de dollars.

7 février – Wall Street Journal :

« Alexis Abell est récemment sorti d’un BJ’s Wholesale Club à l’extérieur de Buffalo, NY, avec 24 boîtes de Kraft Macaroni & Cheese, une boîte de 50 bâtonnets de mozzarella congelés, un sac de 40 livres de riz basmati et un paquet de 12 boîtes de pois chiches. «Je ne veux pas me retrouver dans une position où je ne peux pas obtenir ce dont j’ai besoin », dit Mme Abell… Elle estime que sa famille dépense maintenant environ 25% de plus par semaine en nourriture et en produits de base qu’avant la pandémie, et elle achète plus de deux fois plus de certains produits de base et articles ménagers…

Les détaillants et les analystes ont prédit que les achats en gros au début de la pandémie, lorsque l’approvisionnement de nombreux biens étaient limités, diminueraient une fois que les gens auraient repris le travail, les magasins auraient pu le réapprovisionnement et les vaccinations se généralisent. Au lieu de cela les achats d’anticipation ont encore progressé.

10 février – Bloomberg :

« Du café du matin aux rôtis du dîner, les prix des principaux aliments de base sont à la hausse. Le sous-indice Bloomberg Agriculture Spot, qui suit neuf produits agricoles, approche d’un niveau record. 

Les prix sur les marchés des céréales, des oléagineux et des oléagineux se sont redressés alors que les pénuries d’approvisionnement se multiplient, signe que l’inflation alimentaire qui frappe déjà les consommateurs du monde entier ne devrait pas se calmer de sitôt. 

Cette année « sera une année très étrange », a déclaré Peder Tuborgh, directeur général de la laiterie danoise Arla Foods… « La demande doit se calmer. Vous ne pouvez pas manger ou boire quelque chose qui n’est pas disponible, et seul le prix peut le refroidir. L’entreprise, la cinquième plus grande laiterie au monde, a déclaré que les couts énergétiques intégrés dans les emballages avaient augmenté de 10 % en janvier par rapport à l’année dernière.

9 février – Bloomberg :

« Alors que le coût d’une voiture d’occasion a grimpé en flèche, les mécaniciens se retrouvent inondés de véhicules à kilométrage élevé en difficulté, révisant les moteurs de voitures autrefois destinées à la casse . La montée spectaculaire des prix des voitures neuves et d’occasion a changé le calcul du moment où réparer et quand remplacer. Cela met les mécaniciens dans une position délicate en tant que conseillers financiers, offrant souvent le dernier mot sur la question de savoir si un clunker vaut la peine d’être réparé. Les Américains qui, avant la pandémie, achètaient une autre voiture plutôt que de payer quelques milliers de dollars pour une réparation doivent maintenant débourser 5 000 $ ou plus. »

7 février – Bloomberg :

« La flambée des prix des matières premières nécessaires à vos réfrigérateurs, automobiles, cadres de fenêtres et plomberie ne montre aucun signe de ralentissement alors que la crise de la chaîne d’approvisionnement américaine se prolonge dans une autre année. 

John Gillespie constate que les problèmes continuent de s’aggraver dans tout le pays. Le responsable des produits de Superior Essex aide à fournir une grande partie du câblage métallique qui électrifie les maisons et les réseaux électriques américains. Il a déclaré que les frais d’expédition et de logistique pour le cuivre et l’aluminium sont l’augmentation la plus importante dans le cadre du coût global… « Les bateaux sont coincé en mer et le rail n’a pas assez de personnel, donc les gares de triage sont bondées et mon matériel est coincé derrière 1 500 wagons, ils doivent donc creuser cela et cela prend des jours pour le faire », a déclaré Gillespie….

10 février – Wall Street Journal :

« Les consommateurs américains démarrent 2022 avec de fortes augmentations de prix dans les achats de tous les jours. Le prix de la nourriture et des services publics a bondi en janvier par rapport au mois précédent, selon le département du Travail. 

Les prix des soins de santé et du logement ont également commencé à grimper. 

Les prix des véhicules, qui ont augmenté rapidement en raison d’une pénurie de puces informatiques, ont vu l’inflation se modérer en janvier, mais rester bien au-dessus de ce qu’elle était il y a un an. 

L’inflation s’élargit et affecte des biens et services qui étaient jusqu’à présent relativement épargnés par la hausse des prix, a déclaré Gus Faucher, économiste en chef chez PNC Financial Services Group. « Les entreprises font face à des coûts de main-d’œuvre plus élevés, elles font face à des coûts d’intrants plus élevés et elles en répercutent une partie sur leurs consommateurs », a-t-il déclaré.

10 février – Bloomberg :

« Le ménage américain typique dépense 276 $ de plus par mois en biens et services en raison de la hausse de l’inflation, selon Moody’s Analytics Inc… « Avoir une inflation à 7,5 % sur une base annuelle, par rapport à avec une croissance moyenne de 2,1 % en 2018 et 2019, coûte au ménage moyen 276 $ par mois », a déclaré Ryan Sweet, économiste principal chez Moody’s. Le coût de l’inflation diffère selon les revenus et les cohortes démographiques, a-t-il déclaré.

9 février – Wall Street Journal :

« Les assureurs automobiles augmentent rapidement leurs tarifs pour tenter de devancer l’inflation, qui a fait grimper les prix des réparations, des remplacements et des locations de voitures. De nombreux assureurs augmentent les primes de 6% à 8% tandis que certains demandent des augmentations à deux chiffres, selon des dirigeants et des analystes du secteur. 

La hausse des taux est un exemple de l’inflation entraînant de nouvelles hausses de prix alors que les entreprises tentent de compenser des coûts plus élevés. »

9 février – Bloomberg:

« Le bois d’œuvre est à nouveau sur une vague , ramenant le spectre de l’augmentation des coûts de construction. Les contrats à terme sur le bois d’œuvre ont récupéré les pertes récentes et ont augmenté du maximum d’échange de 45 $ pendant six sessions consécutives, atteignant 1 204,90 $ par 1 000 pieds-planche… »

8 février – Bloomberg :

« L’aluminium a atteint un sommet en 13 ans à Londres alors que la demande en plein essor et une série de fermetures de fonderies de la Chine vers l’Europe entraînent le risque de pénuries du métal industriel crucial. Les prix ont augmenté de 3,3 % à 3 236 $ la tonne à la Bourse des métaux de Londres, dépassant un pic en octobre pour atteindre le plus haut depuis 2008. »

10 février – Bloomberg :

« L’aggravation de la sécheresse dans les hautes plaines américaines exerce une pression accrue sur les ranchs de bétail déjà pressés par la flambée des prix des aliments pour animaux et le manque de foin. 

Une semaine de temps sec a aggravé la sécheresse dans les principaux États américains de l’élevage bovin, dont le Nebraska et le Kansas, avec des précipitations totales récentes dans la région parmi les plus faibles jamais enregistrées, selon Deborah Bathke, du National Drought Mitigation Center… »

7 février – Bloomberg :

« L’ère du café cher ne va pas se terminer de si tôt, à en juger par la diminution des quantités détenues dans les réserves. Les stocks de grains d’arabica haut de gamme, un favori des cafés artisanaux et des chaînes comme Starbucks Corp., totalisaient 1,078 million de sacs ou environ 143 millions de livres, selon… la bourse américaine ICE Futures. C’est le niveau le plus bas des stocks surveillés par la bourse de New York depuis février 2000. »

2 réflexions sur “Editorial; vous avez envie de comprendre pour vous protéger alors lisez soigneusement ceci vous ne le lirez pas ailleurs.

  1. Je pense que déflater les marchés est plus simple, plus rapide, moins risqué sociétalement, que d’inflater les GDP pour retrouver un semblant d’équilibre entre les promesses et le réel.

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  2. Pourriez-vous me confirmer, car je ne suis pas sûr de ma conclusion?

    L’inflation est dûe seulement à la politique monétaire menée par les BC depuis 2000, mais le narratif consiste à imputer celle-ci aux problèmes productifs et logistiques générés par la situation sanitaire ?
    Ou bien ses problèmes sont réels et viennent s’ajouter à la politique monétaire ?

    Je n’arrive pas à comprendre comment TOUS les secteurs peuvent connaître les même problématiques…

    Merci pour votre travail

    J’aime

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