Macron toujours à 25%, chute de Pécresse, Marine se défend, Zemmour plafonne.

Sondage Challenges Harris interactive.

A cinquante jours du scrutin, c’est peut-être un tournant de la campagne. Pour la première fois depuis sa désignation en tant que candidate des Républicains, Valérie Pécresse se retrouve dépassée par Eric Zemmour au premier tour de l’élection présidentielle.

D’après notre baromètre Harris Interactive, la présidente du conseil régional d’Ile-de-France décroche d’un point à 14% des intentions de vote quand l’éditorialiste reste stable sur une semaine à 14,5% et retrouve la troisième place qu’il avait cédée depuis le mois de décembre. Ils demeurent toutefois encore loin derrière Emmanuel Macron (25%) et Marine Le Pen (17,5%), tous deux en progression et qualifiés pour le second tour. 

Le recul de Valérie Pécresse intervient au terme d’une « semaine noire », qui a vu la candidate de la droite lâchée par le « M. Finances » des Républicains, Eric Woerth, et la maire de Calais, Natacha Bouchart, avant d’essuyer les critiques sur son grand meeting au Zénith de Paris le 13 février.

L’événement a été jugé raté sur la forme et était l’objet de controverses sur le fond pour l’emploi à la tribune de la théorie complotiste du « grand remplacement ».

Mais les raisons de son repli sont plus profondes.

« Depuis le début de sa campagne, le climat qui entoure la candidature de Valérie Pécresse n’est pas bon, estime Jean-Daniel Lévy, directeur général délégué d’Harris Interactive. Ces derniers jours, elle a dû faire face à un amoncellement de mauvaises nouvelles, des défections au sein de son propre camp aux remarques acerbes de Nicolas Sarkozy dans Le Figaro. Mais c’est surtout la petite musique médiatique, exclusivement négative, qui empoisonne sa campagne. »

Ce n’est pas le seul problème de Valérie Pécresse.

La candidate des Républicains ne parvient pas à percer au cœur de son propre électorat: les électeurs de François Fillon en 2017, sont tentés par Emmanuel Macron (20%) et Eric Zemmour (17%) et elle ne réunit que 54% de leurs intentions de vote. « Elle voit peu à peu se reformer la tenaille des européennes 2019, entre LREM et l’extrême droite, qui avait contribué à l’échec de la candidature François-Xavier Bellamy« , pointe Jean-Daniel Lévy.

Et doit également affronter un rejet massif des jeunes: chez les 18-24 ans, elle ne recueille qu’un score piteux… de 3% des intentions de vote.

Ecart avec Le Pen

Face à elle, Eric Zemmour n’est pas vraiment en dynamique. Son score stagne à 14,5% des intentions de vote. Mais il est parvenu à stopper l’hémorragie après avoir chuté de cinq points à la fin du mois de novembre. Et il a su mettre en scène les ralliements venus de la droite et des rangs lepénistes. L’ancien numéro deux de LR Guillaume Peltier début janvier, puis plusieurs cadres du parti de Marine Le Pen: les eurodéputés Gilbert Collard et Jérôme Rivière ainsi que le sénateur des Bouches-du-Rhône Stéphane Ravier. « Il réussit ses meetings et a une prise de parole forte, qui imprime auprès de son électorat », indique Jean-Daniel Lévy.

Malgré ces points de force, le candidat de Reconquête! ne parvient pas à combler l’écart qui le sépare de Marine Le Pen, lequel s’élève encore à 3 points cette semaine. Dans la primaire sauvage de l’extrême droite, Eric Zemmour est pour l’instant distancé.

Méthodologie : Enquête réalisée en ligne du 11 au 14 février 2022 (en partie avant le meeting de Valérie Pécresse au Zénith de Paris et en partie après. Échantillon de 2 476 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 2 053 personnes inscrites sur les listes électorales. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région et comportement électoral antérieur de l’interviewé(e). Aide à la lecture des résultats détaillés : ▪  Les chiffres présentés sont exprimés en pourcentage.▪  Les intentions de vote mesurent un rapport de force à un moment donné. Elles ne peuvent en aucun cas être considérées comme étant prédictives des résultats du scrutin.▪  La marge d’erreur des résultats d’ensemble s’établit, selon le score visé, entre plus ou moins 1,4 et 3,0 points.

En Prime

Alain de Benoist, le philosophe et politologue bien connu des lecteurs de Boulevard Voltaire est interrogé par Nicolas Gauthier au sujet de l’actualité politique.

Nous sommes maintenant à deux mois de l’élection présidentielle, et déjà se dessinent au moins deux lignes politiques à la droite de la droite : celle d’Éric Zemmour et celle de Marine Le Pen. Quelles sont vos préférences personnelles ? Comment analysez-vous la situation ?

Les préférences personnelles nourrissent les dîners en ville, mais n’ont aucune importance lorsqu’il s’agit d’analyser les rapports de force. Si l’on veut parler sérieusement de la prochaine élection présidentielle, il faut se rappeler, d’abord que dans une telle élection on ne vote pas pour un parti mais pour une personnalité, ensuite qu’il ne s’agit pas d’un concours de beauté, mais d’un scrutin où pour être vainqueur il faut réunir au moins 50 % des suffrages plus une voix. Les sondages peuvent y aider, en sachant qu’ils ne permettent que très imparfaitement de faire des pronostics, puisqu’ils ne nous renseignent que sur les résultats possibles de l’élection au moment où ils ont été faits. Les campagnes présidentielles sont généralement riches en surprises de toutes sorte : en deux mois, beaucoup de choses peuvent changer.

Le fait principal, aujourd’hui, est qu’Éric Zemmour n’est pour l’instant pas parvenu à se qualifier pour le second tour. Sachant qu’Emmanuel Macron campe sur un socle de 24-25 % des voix, la lutte décisive devrait donc opposer Valérie Pécresse et Marine Le Pen pour savoir qui d’entre elles sera présente à ce second tour.

Le principal atout de Pécresse est la candidature de Zemmour, qui a été une « divine surprise » pour les LR : sans cette candidature, Pécresse n’aurait eu aucune chance d’être au second tour. Son principal handicap est un électorat mobile, qui peut rapidement fluctuer à son détriment.

À l’heure actuelle, Marine Le Pen mène par rapport à Pécresse, avec 17-18 % des voix contre 16-17 % (Zemmour plafonnant à 12-14 % des voix). Si elle est présente au second tour, les sondages la créditent de 46 % face à Macron (contre 37 % à Zemmour), ce qui est considérable puisqu’en 2017 elle n’avait obtenu au second tour que 34 % des voix.

Baisse continue de Zemmour face à Macron au second tour.

Image

Si l’on s’en tient à ces chiffres, une victoire de Marine Le Pen est donc possible, sans pour autant être probable, tandis qu’une victoire de Zemmour paraît exclue.

Tel est le rapport des forces aujourd’hui

Fondamentalement, selon vous, qu’est-ce qui distingue Zemmour et Marine Le Pen ?

Au-delà des différences de tempérament et de personnalité, et même des différences de programme, c’est qu’ils n’ont ni le même électorat ni la même stratégie.

Marine Le Pen s’appuie principalement sur les classes populaires, c’est-à-dire sur les milieux qui ne s’inquiètent pas seulement de leur insécurité culturelle, mais aussi de leur insécurité sociale : les menaces qui pèsent de plus en plus sur leur pouvoir d’achat les préoccupent tout autant que l’immigration et l’insécurité, dont elles sont les premières victimes. C’est la France des Gilets jaunes, la France « périphérique », victime de la précarité et de l’inflation, qui ne parvient plus à boucler ses fins de mois, préoccupation qui n’est guère celle des électeurs de Zemmour. Pour l’essentiel, ces derniers appartiennent en effet à la bourgeoisie, aux milieux catholiques-conservateurs et nationaux-libéraux qui formaient déjà en 2017 la majorité des électeurs de François Fillon (60 % de retraités aisés).

Les différences stratégiques en découlent. Marine Le Pen s’emploie à construire un « bloc populaire » – par opposition au « bloc élitaire » – dont le politologue Jérôme Sainte-Marie et le sociologue Christophe Guilluy, mais aussi Patrick Buisson, ont très bien dessiné les contours. Une telle stratégie repose sur l’idée que le clivage gauche-droite, dont tous les sondages montrent l’affaiblissement (70 % des Français estiment qu’il ne correspond plus à rien, puisque les gouvernements « de droite » et « de gauche » pratiquent tous la même politique), est de plus en plus remplacé par un nouveau clivage opposant le peuple enraciné aux élites mondialisées (les « somewhere » et les « anywhere » dont parle David Goodhart), la classe politique hors-sol et les Français attachés à leur sociabilité propre et à leur droit à la continuité historique.

Éric Zemmour cherche au contraire à rétablir le clivage gauche-droite en prônant l’« union des droites » (une union qui ne comprend toutefois ni les LR ni le RN). C’est dans cet esprit qu’il espère séduire à la fois les classes populaires et la « bourgeoisie patriote ». Mais c’est une tâche difficile. Outre que l’union des droites, dont on parle depuis plus d’un siècle, ne s’est jamais réalisée car les droites en question n’ont pas la même conception de l’homme ni de la société (comme l’ont montré d’innombrables études de science politique), Zemmour aura beaucoup de mal à convaincre la France périphérique que ses intérêts sont les mêmes que la France des beaux quartiers. Comme le disait ici même Jérôme Sainte-Marie, « vouloir additionner la bourgeoisie patriote et les classes populaires revient à demander à ces dernières de se solidariser des classes dominantes ». Les classes populaires, de surcroît, connaissent peu Zemmour, qu’elles considèrent souvent comme un simple polémiste parisien.

Les ralliements que Zemmour a enregistrés récemment (Damien Rieu, Jérôme Rivière, Gilbert Collard, etc.) peuvent-ils changer la donne ?

Certainement pas. Ils n’ont d’ailleurs pas fait bouger les sondages. Ce genre de choses n’intéresse que le micro-milieu politico-médiatique parisien. Pour la France profonde, ces transfuges sont des inconnus.

Et les autres candidats ?

À gauche, comme on le sait, c’est le grand marasme. Un combat de naines et de nains. Après la mascarade de la « primaire populaire », Christiane Taubira, qui prétend unir la gauche comme Zemmour veut unir la droite, en ajoutant sa candidature à celles qui existaient déjà, prendra sans doute quelques électeurs à Yannick Jadot, mais ne devrait pas dépasser 5 %. Fabien Roussel tente de relancer un populisme de gauche, créneau que Mélenchon a abandonné pour se rallier à l’indigénisme, mais il revient de trop loin pour espérer recueillir plus de 4-5 % des voix. Mélenchon peut monter, car c’est dans les campagnes électorales qu’il est le meilleur, mais pour l’heure il plafonne à moins de 10 %. Quant aux écologistes, qui pâtissent du désastreux bilan de leurs mairies, ils devraient atteindre à peine 8 %. On peut regarder ces querelles picrocholines comme l’entomologiste observe les insectes, mais il ne fait pas de doute qu’en avril prochain, c’est dans le camp d’en face que tout se jouera.

SOURCE

En Prime

« Nazisme » et « collaborationnisme » dans la campagne

Publié le 9 février 2022 par maximetandonnet

Dans cette campagne, les mots de nazisme, d’Hitlérisme, de pétainisme, de collaborationnisme (notamment pour « collabo-islamiste ») volent de l’extrême gauche à l’extrême droite en n’épargnant à peu près personne. C’est une vieille tradition qui ne fait que s’accentuer avec le temps. Elle est évidemment le signe du néant de cette campagne où l’on parle si peu de bilan et de projet. L’insulte comble le vide. Mais elle est aussi une marque de déclin de la mémoire historique : en général, ceux qui n’ont que les mots nazisme ou collaborationnisme à la bouche ne connaissent rien à l’histoire. Ils crachent et crachent encore leurs insultes préférées. En réalité, en 1940, à peu près tous les milieux dirigeants ou influents – politiques, militaires, médiatiques, administratifs, économiques, juridiques, magistrats – ce sont ralliés dans leur immense majorité pour ne pas dire quasi totalité au régime de Vichy y compris les extrémistes de droite maurrassiens, mais aussi les milieux bienpensants, à la fois pacifistes et supposés antiracistes. A 90% environ, qu’ils soient de gauche, de droite ou aux extrêmes gauche ou droite les « élites » se sont ralliées à Vichy. Pratiquement tout le monde… Et les premiers résistants de 1940 étaient en nombre infime, quelques centaines de Français sur 40 millions. Ou, au niveau des mentalités « d’en haut », les temps n’ont pas vraiment changé en huit décennies. Rien n’a vraiment changé en 82 ans au climat de courtisanerie, d’obséquiosité, de délation, d’antiparlementarisme, de fayotage, de conformisme. Rien n’a vraiment changé à la servilité, à la lâcheté, au cynisme, à l’idolâtrie, au culte de l’homme providentiel, aux ambitions, à la course aux fromages et à l’aveuglement général… Si la classe jacassante actuelle qui bave si facilement les mots nazi, pétainiste, collabo, etc. arrière (dans les mêmes conditions, sans connaître la suite des événements) elle ne manquerait pas dans son immense majorité, de faire exactement la même chose que sa glorieuse déjà en particulier les plus féroces cracheurs d’insultes (collabo, nazi, pétainiste, etc. .) qui seraient les premiers à se vautrer dans l’abjection. Là dessus, n’ayons pas le moindre doute… Exactement 82 ans en arrière (dans les mêmes conditions, sans connaître la suite des événements) elle ne manquerait pas dans son immense majorité, de faire exactement la même chose que sa glorieuse déjà en particulier les plus féroces cracheurs d’insultes (collabo, nazi , pétainiste, etc.) qui seraient les premiers à se vautrer dans l’abjection. Là dessus, n’ayons pas le moindre doute… Exactement 82 ans en arrière (dans les mêmes conditions, sans connaître la suite des événements) elle ne manquerait pas dans son immense majorité, de faire exactement la même chose que sa glorieuse déjà en particulier les plus féroces cracheurs d’insultes (collabo, nazi , pétainiste, etc.) qui seraient les premiers à se vautrer dans l’abjection. Là dessus, n’ayons pas le moindre doute…

MT

2 réflexions sur “Macron toujours à 25%, chute de Pécresse, Marine se défend, Zemmour plafonne.

  1. La nullité et l’insincérité de Pécresse sont maintenant apparues au grand jour. Le système est en train de perdre son plan B et c’est déjà ça.

    Sinon la campagne est affligeante sur le fonds en grande partie à cause de Macron qui ne se déclare pas et prive ainsi le pays du débat.

    Les médias sont au niveau et ne posent pas les questions qui fâchent.

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    1. Vous avez entièrement raison.
      Sondages et pronostics sont pitoyables.
      C’est un peu comme le loto et l’euro-million; des jeux de hasards (contrôlés).
      Souvenez-vous de ces deux allocutions:
      « Je vous demande de vous arrêter! »
      « J’ai décidé de me retirer définitivement de la vie politique »
      La communication macroniste a-t-elle prévu son slogan de fin de règne?

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