Editorial. La réalité -si on peut dire- va devoir rattraper les cours de Bourse.

Les actifs financiers sont des anticipations de revenus, de flux, de cash flows futurs.

Les cash flows futurs sont déterminés par :

-la croissance réelle de long germe

-l’inflation des prix des biens et services

-les marges bénéficiaires du système , c’est à dire sa capacité à produire du surproduit qui revient au Capital

La croissance réelle de long terne ne peut qu’être faible à cause du vieillissement des populations, du boulet des dettes attaché aux pieds des économies réelles. Au mieux on aura du 2%.

Les marges bénéficiaires du système sont à des records historiques pour trois raisons:

-la défaite historique des salariés et de leurs syndicats dans la lutte contre le Capital

-la globalisation/mondialisation qui a mis les travailleurs du monde entier en concurrence.

-la modernisation, robotisation qui permettent de se passer des travailleurs ou de les prolétariser

Compte tenu des proportions du salaire dans le produit total il est difficile de prédire une nouvelle hausse des marges bénéficiaires. Pour s’élargir encore il faudrait creuser considérablement les déficits des gouvernements ; ceci est possible certes, mais il faudrait la justification d’une guerre.

Reste, dans l’attente d’une guerre, pour honorer le niveau actuel des cours de bourse et maintenir le patrimoine des ultra riches: l’inflation c’est à dire la hausse nominale des GDP.

L’inflation des prix des biens et des services.

Rédigé par 

Bruno Bertez 

21 février 2022

L’inflation des prix des biens et service se produit avec un long retard par rapport à l’inflation des prix des actifs financiers, mais les deux pourraient bien être liées.

L’inflation des prix à la consommation reste vigoureuse. Larry Summers a appelé la Fed à tenir immédiatement une réunion spéciale et à conclure le QE un mois plus tôt que prévu.

D’autres – comme James Bullard, le président de la Fed de St Louis – suggèrent une hausse de 50 points de base en mars.

L’inflation est un phénomène mondial qui échappe au contrôle de la Fed, tout comme elle échappe au contrôle des autres banques centrales.

Depuis 30 ans au moins nous produisons plus de dettes et de monnaie – fausse – que de biens et de services. La chose monétaire et financière a pris l’ascenseur, tandis que la production des biens et des services a pris l’escalier.

Seuls certains prix s’envolent

Au cours des décennies passées nous avons produit un système déséquilibré entre d’un côté les actifs financiers et de l’autre la production de richesses réelles. Le déséquilibre est désormais tel qu’il finit par se manifester malgré ce que l’on appelle la répression.

Les prix des actifs financiers sont stratosphériques, ils évoluent dans l’atmosphère ; les prix des marchandises et des services sont dans le sous-sol, à la cave.

Il y a une disproportion entre d’un côté la masse que représentent les promesses financières et de l’autre la masse que représente la production de richesses. La production de richesses ce sont les GDP.

La capitalisation boursière des actions aux USA est 3,6 fois ce qu’elle devrait être si on restait dans les normes historiques.

Le ratio de la capitalisation boursière – c’est-à-dire des promesses de richesses futures – est de 3,2 fois le PIB, contre une moyenne historique de long terme de moins de 1 fois.

Le ratio de la capitalisation boursière sur le revenu total mondial implique soit une forte chute des Bourses, soit une forte accélération de la hausse nominale du revenu total mondial, ce qui signifie une forte inflation prolongée.

Pour éviter l’effondrement

La seule autre possibilité serait qu’à l’intérieur des PIB, les bénéfices des firmes progressent très fortement. Il faudrait que les marges bénéficiaires s’envolent par la chute des salaires et la réduction de la part des salariés dans la valeur ajoutée. Ou encore par accroissement colossal des déficits des gouvernements, comme ce fut le cas en 2020.

Autrement dit, je soutiens les points suivants :

  1. L’inflation qui a gonflé les masses de capitalisation boursière a produit des ratios de capitalisation boursière sur GDP très élevés par rapport aux normes
  2. Ces ratios sont plus de trois fois ce qu’ils devraient être.
  3. Ces ratios impliquent – pour être tenus et éviter l’effondrement – soit la poursuite de la création de dettes et de monnaie avec des taux d’intérêt maintenus à zéro voire négatifs (ce qui va faire exploser les prix des biens et services) soit un élargissement colossal des marges bénéficiaires des entreprises et la baisses des salaires réels – ce qui va produire la révolution.

Il n’y a plus de bon choix. Pourquoi ?

Parce que, quand on a créé de la monnaie et des dettes qui ont fait monter les Bourses, on a ipso facto créé le besoin de futur de ratifier, d’honorer ces cours de Bourse. Et, pour honorer ces cours de Bourse et éviter leur effondrement, il n’y a pas d’autre possibilité logique que de faire le rattrapage.

A suivre…

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