Poutine joue au gros chat et aux petites souris. Quid pour les bourses?

 La Russie a reconnu l’indépendance de Donetsk et Louhansk, deux régions séparatistes de l’est de l’Ukraine qui bordent la Russie, et déploierait apparemment des troupes dans ces régions. 

Par ailleurs elle commence des manœuvres d’évacuation des populations. Il y a environ 5 millions de personnes dans ces provinces.

Poutine annonce qu’il reconnaît les deux républiques autoproclamées, RPD et RPL, et qu’il applique aussitôt un traité commun en y déployant des forces “de maintien de la paix” : après tant de cris d’orfraie -les cris sont toujours d’orfraie- de menaces de rétorsion, et de gesticulations, j’avoue que les sanctions paraissent dérisoires. A mon avis elles correspondent exactement à ce qu’avait prévu Poutine; l L’Allemagne suspend la certification du gazoduc Nord Stream 2.

Les européens se tirent une balle dans le pied!

Ecoutons Rachel Marsden qui pointe le dérisoire certes mais nous livre une indication sur le mépris dans lequel poutine tient l’occident et s’en joue comme le fit le président Mahmoud Ahmadinejad en son tems, lui aussi on l’appelait le fou:

« Si Vladimir Poutine n’a pas ordonné l’invasion de l’Ukraine les 15 ou 16 février, comme l’avaient promis des médias US et les tabloïdes UK, il pourrait bien le faire le lendemain, insistent-ils. 

Ou le 20 février, comme l’affirme Politico. Ou la semaine suivante. Ou le mois d’après. Ou lors de la prochaine décennie…

Qui sait, après tout, avec des soldats russes se déplaçant librement dans leur pays pour des manœuvres parfois proches de leurs frontières, on ne saurait être trop prudents… […] Vous ignorez donc que la prochaine attaque militaire russe ne pourrait se produire que dans le cyberespace, et qu’elle serait donc en grande partie invisible

En fait, la guerre contre l’Ukraine a peut-être déjà commencé… avec une nouvelle tactique comprenant des centaines de fausses alertes à l’“invasion”… Après avoir crié “au loup” concernant une invasion russe qui ne s’est jamais matérialisée, on nous explique maintenant qu’elle pourrait être en cours… mais que nous ne l’avions tout simplement pas remarqué… » (Rachel Marsden, ‘Désordre Mondial’, Spoutnik-français, 19 février 2022).

Ce qui me frappe et qui transparait dans le texte de Rachel Marsden c’est à quel point Poutine se joue de l’Occident, ridiculise les européens et singulièrement le petit télégraphiste Macron qu’il ne rate jamais une occasion de moucher comme on le fait d’un gamin morveux.

Cette stratégie du ridicule est d ‘autant plus adaptée qu’elle vise le point faible de tout ce beau monde, la crédibilité: l’Europe est à la fois totalement désemparée et divisée et derrière il y a un un Biden dont on voit clairement qu’il n’a pas toutes ses facultés. Poutine met les vrais rieurs et les vrais connaisseurs de son coté. Nous sommes dans le bouffe, le grotesque, le simulacre généralisé et la perspicacité de Poutine a été d’en jouer.

Tout ceci est considéré par l’Occident comme un précurseur d’une invasion russe à grande échelle de l’Ukraine. Étant donné que la Russie joue à ce jeu du chat et de la souris dans le sud de l’Ukraine depuis au moins 20 ans, j’ai des doutes mais je suppose que tout est possible. 

Il ne fait aucun doute que chaque fois que des troupes sont déployées – et l’Ukraine et la Russie ont des troupes dans ces zones depuis longtemps – il y a un potentiel pour un incident qui mène à plus que ce que l’une ou l’autre des parties avait négocié, mais en l’absence de cela, Je ne vois pas ce que Poutine a à gagner d’une guerre à grande échelle. 

Il a plus à gagner à avancer des pions , un à un qui sont d’autant plus de coups gagnants qu’en face ses adversaires/partenaires jouent un jeu convenu alors que lui peut improviser et s’adapter .

Prendre et tenir Kiev serait une proposition très coûteuse et finalement je doute qu’il puisse y parvenir. Mais pour l’instant, tout le monde est impatient de voir ce que Poutine fera ensuite.

Les marchés se demandent que faire concernant l’Ukraine. la question est intéressante mais elle me parait subsidiaire, le happening ukrainien me parait bien moins important pour les bourses que la manœuvre initiée par les banques centrales qui consiste à faire semblant de lutter contre cette inflation qu’elles désirent qu’elle tout en le faisant pas pour éviter la chute des bourses qu’elles redoutent.

Mais je ne peux pas prédire ce qui se passera là-bas, ce que Poutine fera et quelles en seront les conséquences. Je pourrais ajouter que personne dans l’administration Biden ne le peut non plus.

Je ne peux même pas dire comment l’administration Biden ou ses alliés européens réagiront à cette dernière provocation et aux suivantes . 

La Russie fournit beaucoup de gaz naturel à l’Europe cela pourrait avoir un impact sur l’Europe. Mais le gaz ne manque pas : il y a tellement de navires GNL dans l’Atlantique en ce moment que les taux de location se sont effondrés , en fait sont devenus négatifs depuis quelques semaines, de sorte que les menaces russes de couper le gaz européen ne sont peut-être pas vraiment une menace pour les approvisionnements.

L’autre grande menace c’ est, soi-disant, une flambée des prix du pétrole brut. Les sanctions américaines pourraient inclure une interdiction d’importer du pétrole russe. Les conséquences seraient limitées pour les USA (11% de leurs importations) , mais plus lourdes pour les européens : 70 % des exportations pétrolières de la Russie sont destinées aux Pays-Bas, à l’Allemagne, à la Biélorussie et à la Pologne. 

 Le pétrole est un marché mondial et les sanctions auraient probablement peu d’impact. Cela ne signifie pas que les prix du pétrole brut ne continueront pas à augmenter, mais s’ils le font la Russie n’en sera pas la cause.

Signe que tout cela est surfait le dollar a à peine bougé pendant cette « crise » et l’or n’ a monté que marginalement sans que les achats soient suivis.

Les taux d’intérêt ont reculé au cours des deux dernières semaines, mais la tendance est toujours à la hausse. 

On ne se précipite pas sur les refuges.

EN PRIME

Une réflexion sur “Poutine joue au gros chat et aux petites souris. Quid pour les bourses?

  1. Poutine a encore joué là où personne ne l’attendait et ce sera la même chose dans l’avenir, la guerre que l’occident désire ne sera pas celle qu’elle attend comme on peut le constater avec les stratégies de Poutine, n’oublions pas que cette guerre est de même nature que celle que les gouvernements occidentaux mènent contre leur citoyen, le covid, le crédit social, la russie, la chine…tout cela est lié. La stratégie de Poutine n’est pas d’envahir l’Ukraine, l’Ukraine et l’Otan sont déjà pratiquement immobilisés, Poutine a organisé le découpage du sud, un goulot d’étranglement au nord et une zone tampon à l’est, l’Occident est dans une impasse, elle ne peut plus qu’aboyer.

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