Editorial: l’histoire est à nouveau en marche, le mythe de la financiarisation heureuse s’est effondré.

La finance contemporaine révèle son vrai visage, je ne vois aucun article sur ce sujet!

Tout est instable, hors des épures, tout est faux, archi-faux, soutenu, fait à la main c’est à dire manipulé soit par les interventions artificielles soit par la propagande.

Les pertes, cachées sont considérables, systémiques.

C’est miracle de la mer de liquidités, elle masque tout. Elle permet que tout dysfonctionne, voila ce que personne ne dit, encore une fois.

Tout (dys)fonctionne sur le mythe de la soi disant théorie des anticipations rationnelles dans un monde gouverné … par l’incertitude radicale, l’irrationnel et l »absurde.

Et les primes risque sont , en regard des normes historiques, inexistantes ou quasi! Il suffit d’observer le montant des pertes quand elles arrivent.

Les V@R, les value at risk qui sont la pierre angulaire du système n’ont plus de fondement dans la réalité, elles ne sont sauvées que par les miracles de la comptabilité hédonique et les astuces des modèles.

L’instabilité aiguë est pour le moins inquiétante. Les échanges ordonnés ne peuvent plus être assurés. La spéculation est déchainée, des abîmes, des précipices se sont ouverts sous les pieds des opérateurs.

Le brut WTI s’est échangé à 130 $ lundi matin, avant de s’inverser fortement pour terminer la semaine en baisse de 5,5 % à 109,33 $. 

L’aluminium a augmenté de 6 %, avant de terminer la semaine en baisse de 9,5 %. 

Le palladium a grimpé de 14% lundi – puis a terminé la semaine en baisse de 6,8%. 

Le platine a abandonné sa progression antérieure de 5 % pour clôturer la semaine en baisse de 4 %. 

Après s’être échangé jusqu’à 2 070 $, l’or a terminé la semaine en hausse de 18 $ à 1 988 $. 

Le cuivre s’est échangé avec une fourchette de 10 % de haut en bas pour la semaine, tandis que le blé a connu une variation de 23 %. 

Mais tout cela n’était qu’une petite volatilité négligeable par rapport au nickel. 

Un fiasco pour les livres d’histoire.

C’est le fiasco de la financiarisation vous savez cette imbécillité qui a consisté à tout transformer en papier, en bons de droits à écarts de cours, en vent , en bulles.

C’est exactement ce que j’avais prévu … au début des années 80!

La bande des promoteurs français de la dérégulation m’a ri au nez.

La financiarisation repose sur une idée idiote qui est celle de la liquidité infinie, perpétuelle et donc sans limite; la financiarisation consiste a mettre du papier et un signe sur du réel , sur du lourd, sur du rare.

A remplacer les corps des choses par leur ombre.

C’est un fiasco total. et ce n’est que le début car même si on se relève du sinistre actuel, plus tard lorsque les choses militaires deviendront sérieuses, dans 1 mois, 1 an ou 10 ans tout sautera.

Imaginez ce qui se passera sur l’or quand les fiat money sauteront.

8 mars – Wall Street Journal :

« Le titan chinois du nickel Tsingshan Holding Group fait face à des milliards de dollars de pertes commerciales, ont déclaré des personnes familières avec la société, après que la guerre de la Russie en Ukraine a déclenché une hausse sans précédent des cours du Nickel . Le prix de ce métal clé utilisé dans l’acier inoxydable et les batteries de véhicules électriques a explosé de 250%. La perte sur le papier s’élevait à 8 milliards de dollars lundi, avant que de violents mouvements des prix du nickel n’entraînent la Bourse des métaux de Londres à suspendre les échanges… »

10 mars – Financial Times :

« Après l’effondrement de Lehman Brothers, pousser davantage de contrats financiers vers des bourses soutenues par une contrepartie centrale était considéré comme sur dans le plan de relance réglementaire. Le trading en bourse devait apporter de la transparence sur les expositions des différents acteurs. La compensation offrait sécurité et protection en cas de défaillance. Qu’est ce qui pouvait tourner mal? Beaucoup de choses , semble-t-il, compte tenu du désarroi au London Metal Exchange qui a suspendu mardi les transactions sur le nickel après une flambée de 250% du prix et annulé plusieurs heures de transactions.

10 mars – Financial Times :

« Le marché mondial du nickel est en panne de prix. Le prix du nickel sur trois mois à la Bourse des métaux de Londres (LME) est suspendu à 48 048 $ la tonne, le cours de clôture de lundi et la dernière transaction avec même un semblant de légitimité. 

Le chaos de mardi et la décision du LME de suspendre tous les échanges ont gelé le prix de référence de base de la chaîne d’approvisionnement mondiale qui s’étend des mineurs aux aciéries en acier inoxydable et aux fabricants de batteries de véhicules électriques. 

La Chine est également en black-out. Le Shanghai Futures Exchange a suspendu ses échanges jusqu’à vendredi. Aujourd’hui, il n’y a pas de commerce mondial du nickel et pas de formation de prix.

11 mars – Bloomberg :

« JPMorgan… est la plus grande contrepartie des transactions sur le nickel du magnat chinois pris dans une crise sans précédent, plaçant la banque au centre de l’un des moments historiques les plus dramatiques du marché des métaux. 

Environ 50 000 tonnes de la position courte totale sur le nickel de Xiang Guangda de plus de 150 000 tonnes sont détenues via une position de gré à gré avec JPMorgan, selon des personnes proches du dossier. 

Sur la base de ce chiffre, la société du magnat, Tsingshan Holding Group Co., aurait dû lundi à JPMorgan environ 1 milliard de dollars de marge. 

Le producteur de nickel a du mal à payer les appels de marge à ses banques et courtiers… »

Les marchés des matières premières sont un gâchis absolu, ceux qui couvraient les expositions sur dérivés ont été confrontés à la dure réalité de marchés illiquides et discontinus. Pendant ce temps, le spectre d’un défaut de paiement de 40 milliards de dollars sur la dette russe – avec une liquidité nulle dans les instruments sous-jacents – a jeté une grosse clé à molette dans les stratégies de couverture.

10 mars – Bloomberg :

« Pacific Investment Management Co. a accumulé des milliards d’exposition à la dette russe, exposant ses fonds à des pertes alors que les marchés évaluent un défaut du souverain. Le… gestionnaire d’actifs avait au moins 1,5 milliard de dollars de dette souveraine, selon les derniers documents déposés par le fonds… Il avait également placé environ 1 milliard de dollars de paris sur la Russie via le marché des swaps sur défaillance au 31 décembre, selon les documents du fonds sur son site Internet. Le Financial Times… a déclaré que Pimco ferait face à des milliards de dollars de pertes si la Russie faisait défaut sur sa dette.

Et comment les obligations souveraines dites « refuges » se sont-elles comportées dans tout ce chaos ? Sanglant. No place to hide.

Les rendements du Trésor US à dix ans ont bondi de 26 points de base pour terminer la semaine à 1,95 %. 

Les rendements des Bunds allemands ont bondi de 32 points de base à 0,32 %. 

Les taux français ont augmenté de 29 points de base (0,72%), les taux espagnols de 27 points de base (1,24%) et les taux italiens de 31 points de base (1,85%). 

Les rendements ont augmenté de 28 points de base (1,49 %) au Royaume-Uni ; 27 points de base (1,99 %) au Canada; 26 points de base (2,39 %) en Australie ; et 25 points de base en Nouvelle-Zélande (2,97 %). 

Même les rendements suisses à 10 ans ont plus que doublé cette semaine à 0,29%. 

Une multitude de stratégies à effet de levier (dont celle des « parités des risques ») vacille gravement, tandis que la vulnérabilité du portefeuille conventionnel d’actions et d’obligations que vous vendent les banquiers 60-40 est exposée.

Si vous n’avez pas encore compris qu’en cas de vraie confrontation tout cela ne vaudra plus rien, alors vous êtes indécrottables.

C’est écrit, sous vos yeux, vous ne voulez pas le croire et pourtant ce que vous voyez n’est qu’une petite, une minuscule alerte.

Il n’y a pas de refuge je me tue à vous le dire et redire .

Sous vos pieds il y a un précipice, le grand vide mais les ombres, les papiers, les fausses liquidités le dissimulent.

La dynamique problématique de la finance contemporaine a été exposée, tant pis pour vous si vous ne la voyez pas!

-surendettement

-pas de vraie confiance,

-règne de l’opinion et des animal spirits

-pas de vrais capitaux propres dans le système

-bluff généralisé des institutions qui se vantent de moyens qu’elles n’ont pas

-les rois sont nus

-théories fausses

-intermédiation des risques dérivés intenable

-tendance au suivisme, group think

-finance tuyau de poêle qui s ’emmanche avec les ETF, les fonds de fonds, sans liquidité réelle

-fausses assurances avec des CDS qui sont de purs pipeaux

De manière inquiétante, les grandes institutions financières américaines ont dominé le classement mondial des CDS des banques cette semaine. Le CDS de Citigroup a bondi de 12 à 102 pb ; JPMorgan huit à 85 points de base ; Morgan Stanley 10 à 100 points de base ; et Goldman Sachs huit à 103 points de base. Les CDS des banques sont désormais au plus haut depuis la spectaculaire panique pandémique de 2020.

Et ceci dans un contexte ou il est redevenu raisonnable, -oui raisonnable- d’envisager un jour l’utilisation d’armes nucléaires ou même une guerre nucléaire. 

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