Issing: la BCE a fait un diagnostic erroné. Elle est tombée dans un piège.

11 avril – Financial Times :

« Comme beaucoup d’Allemands, Otmar Issing est alarmé par la poussée de l’inflation à des sommets en 40 ans dans son pays et inquiet par la réponse ‘malavisée’ de la Banque centrale européenne. 

Mais, en tant que l’un des pères fondateurs de l’euro, les plaintes d’Issing ont plus de poids que la plupart de ses compatriotes. 

Le premier économiste en chef de la BCE lors de sa création en 1998 a déclaré que la banque centrale souffrait d’un « diagnostic erroné » des facteurs à l’origine de la flambée des prix, ayant « vécu dans un fantasme » qui minimisait le danger d’une spirale incontrôlable de l’inflation.

 « La BCE a massivement contribué à ce piège dans lequel elle est désormais prise car nous nous dirigeons vers le risque d’un environnement stagflationniste », a déclaré l’homme de 86 ans.

Après avoir lutté péniblement durant plus de dix ans pour faire remonter l’inflation vers son objectif de 2%, l’institution de Francfort se trouve en effet confrontée aujourd’hui au problème inverse: elle peine désormais à freiner une augmentation des prix qui a atteint au mois de mars un niveau record de 7,5%. « L’inflation était un dragon endormi qui s’est à présent réveillé », résume Otmar Issing.

Pour lui, la BCE « se trompe » en pariant sur une inflation transitoire qui devrait progressivement ralentir et rejoindre son objectif à moyen terme, car elle ignore ainsi les risques découlant de la pandémie et de la guerre en Ukraine. Il épingle en particulier la remise en cause de la mondialisation, à l’heure où les tensions commerciales augmentent, où les entreprises s’appliquent à rendre leurs chaînes d’approvisionnement plus résilientes et où l’Europe accélère sa transition vers une économie décarbonée.

« La BCE s’appuie sur un modèle de prévision qui ne peut pas donner les bons signaux, car il est basé sur le passé », explique-t-il

Les critiques d’Osmar Issing font écho à celles lancées par d’autres éminences allemandes, comme l’ancien gouverneur de la Bundesbank Axel Weber ou encore le CEO de Deutsche Bank Christian Sewing. Le compte-rendu de la dernière réunion de la BCE a toutefois montré que certains de ses membres plaidaient aussi en faveur d’une fin plus rapide des achats d’obligations de l’institution afin d’opérer une première hausse de taux dès cet été.

Une réflexion sur “Issing: la BCE a fait un diagnostic erroné. Elle est tombée dans un piège.

  1. Impossible d’arreter les achats d’obligation par la BCE.
    Pour un pays comme la France c’est l’explosion du système social et du secteur privé.
    Les achats d’obligations par la BCE servent aussi bien a renflouer les caisses sociales,qu’a empecher la faillite de certaines entreprises du cac40 ou de celles qui ont eu recours au pge.
    Monsieur Issing n’est pas naif a ce point.

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