EDITORIAL. La convergence Chine/Occident accélère vers l’il-libéralisme… Rappel, la Chine est notre avenir. Le politburo donne le signal du soutien. L’Asie maillon faible.

Je suis ce qui se passe en Chine

-pour les aspects Chinois bien sur,

-mais aussi pour l’incidence mondiale que cela a ,

-et puis finalement à titre de précurseur.

Car je professe que la Chine est notre avenir.

La convergence libérale que les américains espéraient n’a pas eu lieu au contraire .

La Chine s’enfonce dans le planisme, l’il-libéralisme et l’intervention de l’état; mais l’Occident fait de même. Il évolue vers le modèle chinois. Le système de valeurs matérielles et morales occidental s’écarte de plus en plus des valeurs spontanées, naturelles ou de marché, tout devient faux, artificiel, contraint.

Le système occidental pivote maintenant du bas vers le haut comme le chinois, ce qui signifie que les impulsions ne viennent plus d’en bas, à partir des signaux des marchés ou des électeurs mais d’en haut imposées par une élite monopolistique qui n’a pas grand chose à envier à l’élite dominante chinoise.

D’où le recul de l’économie de marché et de la démocratie, remplacées par la montée de ce qu’on appelle la gouvernance. L’un des symboles de cet il-libéralisme c’est la montée partout des volontés d’imposer une sorte de crédit social. L ‘autre symbole c’est le reformatage des citoyens et la construction d’un homme nouveau. .

D’où nos contrôles, surveillances , mensonges, propagandes, censures, règles autoritaires et bien sur d’où le désaveu par les peuples de leurs gouvernements, partout. Toutes nos valeurs sont fausses de proche en proche car les paramètres majeurs, variables clefs qui gouvernent les valeurs, les monnaies et les taux, sont manipulés, sont bidons, sont bidonnés et en total déséquilibre et disharmonie entre eux.

D‘où d’ailleurs en passant:

-les besoins de crédit

-les bulles boursières

-l’inflation qui accélère

-les déficits jumeaux colossaux des USA

-l’instabilité et la fragilité croissante

Je soutiens que la Chine est notre caricature, caricature en ce sens que là bas tout est plus brutal, moins soft, moins enrobé, mais exactement isomorphe de nos évolutions présentes et futures.

Pourquoi ? Question intéressante;

-parce que les forces à l’œuvre et les antagonismes sont les mêmes:

-les deux systèmes ont épuisé leur dynamisme spontané, il faut les doper

-le surproduit disponible se contracte , la productivité chute

-les deux systèmes ont créé un ordre social inégalitaire qui les mettent en danger domestique

-les deux systèmes vont s’affronter dans une guerre terrible pour la suprématie globale

Donc les deux systèmes convergent et sont obligés de se préparer à des économies et organisations politiques et militaires homothétiques. Ils sont en concurrence existentielle et donc doivent utiliser les mêmes armes. Marche ou crève.

La mondialisation/globalisation c’est fini.

En dehors de l’inflation et de la guerre, ce qui frappe c’est l’échec de ce que l’économie dominante aime appeler la « mondialisation ». Ce que l’économie dominante entend par mondialisation, c’est l’expansion du commerce et des flux de capitaux à travers les frontières. Expansion qui va de pair avec un appétit croissant pour le risque et un besoin lui aussi croissant de liquidités internationales. 

En 2000, le FMI a identifié quatre aspects fondamentaux de la mondialisation : le commerce et les transactions , les mouvements de capitaux et d’investissements  ,  les migrations et la circulation des personnes, et la diffusion des connaissances. 

Toutes ces composantes ont apparemment pris leur essor au début des années 1980 dans le cadre du renversement « néolibéral » des politiques nationales .

Selon l’Organisation mondiale du commerce, un indicateur clé de la « mondialisation »est le ratio des exportations mondiales au PIB mondial. Ce ratio a chuté d’environ 12 %, depuis 2007, une baisse sans précédent.

La mondialisation de 1980 à 2000 a permis de limiter, voire de bonifier temporairement la profitabilité du capital, mais les effets positifs ont commencé à s’estomper dès le début des années 2000 lorsque la rentabilité mondiale a reculé. 

C’est à ce moment , à mon avis que le grand cycle de prospérité -et du crédit- de 1945 lié lié a Bretton Woods a commencé à toucher ses limites internes. Depuis, selon moi on joue les prolongations artificielles par le dopage. Mais sur le fond la période de mondialisation/globalisation touche à sa fin.

On est passé de l’ouverture , à la coopération , puis à la rivalité stratégique, puis à la guerre froide en attendant la suite…

Penn World Table 10.0/MR;

Dans les années 1990, le commerce mondial a augmenté de 6,2 % par an, les investissements transfrontaliers (IDE) de 15,3 % par an et le PIB mondial de 3,8 %. 

Mais dans la longue dépression en cours des années 2010, le commerce n’a augmenté que de 2,7 % par an, plus lentement que le PIB à 3,1 %, tandis que les IDE n’ont augmenté que de 0,8 % par an.  

Les obstacles au commerce mondiale multiplient et le phénomène accélère avec les sanctions tous azimuts.

La Grande Récession, la faible reprise après la longue dépression, la pandémie de COVID et maintenant le conflit russo-ukrainien, la multiplication des sanctions et la militarisation du dollar ont détruit les chaînes d’approvisionnement mondiales, détruit la fluidité des mouvements globaux, réintroduit le risque politique et donc entravé le commerce mondial et les mouvements de capitaux. 

Croire que tout cela peut s’arranger est un déni de l’Histoire et de la réalité des années 2020. 

Les forces objectives qui sont à l’œuvre sont des forces de dislocation, et non pas des forces de rappel. L’engrenage est lancé et il broie tout, indépendamment de ce que pensent les individus et indépendamment de la personnalité des leaders qui sont à la tête des blocs politiques; c’est le réel qui commande, ils , les leaders, ne font qu’habiller, gesticuler et suivre les évènements qui les dépassent.

Les organisations multilatérales de l’après-guerre comme le FMI, la Banque mondiale et l’ONU étaient toutes sous l’aimable « direction » du capitalisme américain.  Mais l’hégémonie américaine n’est plus assurée. La Chine et la Russie se battent précisément pour accélérer la dégringolade américaine.

Lavrov l’a bien exprimé, la Chine et la Russie relèvent le défi est entendent faire plier l’unilatéralisme américain. Celui ci a beau riposter en forçant ses alliés de l’OTAN à serrer les rangs, les contradictions existentielles ne peuvent être occultées.

Le recul de l’hégémonie américaine ouvre une voie terrible vers l’instabilité et la montée des périls. La tentative actuelle des États-Unis de maintenir leur hégémonie s’apparente davantage à un sursaut qu’à un veritable coup d’arrêt à la glissade.

Les perspectives pour le capital ne sont pas positives, sauf à les masquer par la dépréciation de la monnaie; ce que j’appelle la hausse de misère.

Ecoutons le FT:

Il est parfaitement possible d’affirmer que pour le capital , « la démondialisation va diminuer l’efficacité des entreprises en augmentant les prix et en réduisant la concurrence. Cela va ralentir la croissance. Un monde déglobalisé sera « largement inférieur » à celui que l’on a connu lors des 30 dernières années d’ouverture du commerce ».  

EN PRIME

Cela étant dit voyons ce qui s’est passé cette semaine en Chine

Le Shanghai Composite a chuté de 5,1 % lundi, il a encore chuté de 1,4 % mardi, puis a augmenté de 2,5 % mercredi, a encore augmenté de 0,6 % jeudi, et de 2,4 % vendredi – la baisse de 1,3 % de la semaine sauvage faisant grimper les pertes à 16,3 %. 

L’indice ChiNext chinois axé sur la croissance a chuté de 5,6 %, puis de 0,9 %, il a ensuite augmenté de 5,5 %, puis a chuté de 1,8 % et a enfin rebondi de 4,1 %. Il a fini en hausse de 1 % pour la semaine

En clair . Pékin est venu à la rescousse.

Bloomberg

:« La prise de conscience du Politburo arrive juste à temps et est en soi un signal significatif du soutien du marché. La déclaration est intervenue pendant la pause du marché à la mi-journée, juste au moment où les rumeurs d’un soutien accru à la technologie et à l’économie commençaient à se répandre.

 Il s’agissait d’une exception à la norme de publication après les heures de marché, vers 18h ou 19h. Il n’aurait pas fallu grand-chose aux autorités pour tenir la déclaration pour la soirée. Mais elles auraient alors manqué l’occasion de stimuler les gains de l’après-midi juste avant la pause de cinq jours dans les échanges.

Les coups de pouce de Pékin ont peut-être inversé une grande partie de la douleur du marché boursier de la semaine,

28 avril – Financial Times :

« Le renminbi est sur le point de clôturer sa plus forte baisse mensuelle jamais enregistrée alors que l’économie chinoise est sous le choc des sévères blocages de Covid-19 et que la Réserve fédérale américaine se prépare à augmenter les taux d’intérêt, poussant les investisseurs mondiaux à abandonner actifs chinois. 

La monnaie chinoise a chuté de 4,2 % ce mois-ci à environ 6,6 Rmb par dollar, la plus forte baisse depuis la fin de son ancrage au dollar américain, qui était en place de 1994 à 2005.

La chute est supérieure à la dévaluation ponctuelle par la Banque centrale chinoise opérée en 2015, dévaluation qui a secoué les marchés mondiaux et à la chute en 2018 pendant la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine sous l’administration Trump. 

Le rythme des ventes sur le renminbi s’est intensifié après que le président chinois Xi Jinping a annoncé un programme de dépenses d’infrastructure « tous azimuts » destiné à aider à atténuer les dommages causés par les fermetures à Shanghai et dans d’autres villes ».

Le renminbi a baissé de 1,62 % cette semaine (renminbi offshore en baisse de 1,76 %), avec une chute étonnante de 3,59 % sur deux semaines (renminbi offshore en baisse de 3,94 %) – s’échangeant cette semaine au plus bas depuis novembre 2020.

Les investisseurs internationaux se sont déjà débarrassés des actifs chinois. Les titres de créance chinois à haut rendement perdent leur attrait relatif (dans un monde ou les rendements sont croissants), et alors que maintenant même la stabilité perçue de la devise chinoise est remise en question.

L’effet de levier spéculatif s’est considérablement développé en Chine ces dernières années. Des rendements attrayants et une devise perçue comme stable (et en appréciation) ont assuré un recours massif a l’effet de levier et au « carry trade ». Il y a eu une prolifération de fonds spéculatifs en Chine et dans toute l’Asie plus généralement. Singapour, en particulier, est devenue une plaque tournante majeure de la spéculation à effet de levier. Aujourd’hui, la région est devenue un foyer d’instabilité monétaire, faisant planer le spectre d’une discontinuité du marché liée à l’atténuation de l’appétit pour le risque et au besoin de désendettement.

Les devises asiatiques ont de nouveau été sous pression cette semaine, clôturant un mois lamentable. 

Les baisses d’avril comprenaient le yen japonais en baisse de 6,2 %, le won sud-coréen de 3,5 %, le ringgit malais de 3,5 %, le baht thaïlandais de 2,9 %, le dollar taïwanais de 2,9 % et le dollar de Singapour de 2,1 %.

N’oubliez pas que l’Asie est l’épicentre de la fabrication technologique alors que la bulle «tech» mondiale est en grave danger. La confluence de l’éclatement de la bulle chinoise, de l’éclatement de la bulle des techs aux USA, de la politique monétaire folle du Japon et de marchés financiers gorgés de levier, et hausse des taux us et du dollar créenta mon avis un risque systémque majeur,;

L’Asie est un maillon faible , attachez vos ceintures.

5 réflexions sur “EDITORIAL. La convergence Chine/Occident accélère vers l’il-libéralisme… Rappel, la Chine est notre avenir. Le politburo donne le signal du soutien. L’Asie maillon faible.

  1. J’ai l’impression que les « pertubations » á venir seront plus marquées en occident qu’en asie/russie.

    l’empire US est trop obnubilé par le financement de son déficit collossal, sans lequel il risque de s’effondrer comme un chateau de carte.

    C’est ce qui explique cette incompréhensible et permanente surenchére guerriére et le « sacrifice » européen.

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  2. Bonjour Bruno,

    Avez-vous, avec votre vision globale à la fois des économies des marchés et des « consciences », une idée des pays qui dans 5 à 10 ans vont sortir gagnants de cette profonde transformation sociétale planétaire ?

    Merci pour tout et surtout pour votre aide à l’éveil … au réveil et à la veille !

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  3. Bonjour M. Bertez
    les chinois ont toujours vécu dans un système autoritaire inégalitaire, soumission au chef de famille, inégalité entre frères , soumission à l’empereur ( tant qu’il détient le mandat du ciel). Pour les occidentaux habitués à un modèle social individualiste, cette soumission pour s’aligner sur le modèle chinois exigera des mesures bien plus coercitives….. Ceci dit, pour citer Chomsky, la propagande est aux démocraties ce que la matraque est aux régimes totalitaires. Ce qui n’a pas empêché l’Etat français, sous Macron, d’abuser des deux! Mais c’est une tradition séculaire chez nous. ( des cathares au 12ème siècle jusqu’aux mineurs en 48 et aux gilets jaunes en 19)
    Alors numérotons nos abattis et vivons heureux en attendant la mort!
    Cordialement

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  4. Bonjour Mr Bertez, juste pour avoir votre avis. Pour cause d inflation et de la dépréciation de l Euro, certain parle d »une sortie de l Allemagne de la zone Euro à terme. Validez vous cette option ? Merci

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