Editorial. Non la bulle mondiale n’est pas en train d’éclater mais on veut vous le faire croire.

La bulle mondiale qui fut pendant plusieurs décennies en gestation, serait en train d’éclater. 

Un nouveau cycle serait en train d’émerger.

Ah bon?

Regarderez le graphique ci dessous et dites moi si cela a l’allure d’un graphique qui retrace l’éclatement d’une bulle?

 Moi ce que je vois c’est qu’après un $SPX en baisse pendant 5 semaines consécutives pour la première fois en 11 ans et seulement la 9e fois en 25 ans, on reste dans les sommets bullaires! Des sommets vertigineux!

La remise en perspective historique de long terme ne ment pas: nous avons la comédie de la baisse, nous avons l’air de la baisse mais nous n’avons pas la baisse et encore moins l’éclatement de la bulle!

Ce que nous avons c ‘est une baisse « communicationnelle ». C’est une jolie expression qui est utile en ces temps de farce, de leurre, de vessies qui passent pour des lanternes.

La baisse est un « fake », une ambiance au niveau synthétique, au niveau ou se placent les autorités,- les généraux de la guerre contre l’inflation. Car ce qu’elles regardent ce ne sont pas les portefeuilles individuels ou les positions de traders, ce qu’elle regardent c’est The Big Picture, c’est à dire les Grandes Images, Et les Grandes Images, comme dans « Imaginaire », c’est ce que vous voyez ci dessus. Ce qui les intéresse c’est le Système, pas vous. Et le système c’est le graphique ci dessus. Ils gèrent des abstractions, des statistiques, des modèles , pas de la bidoche.

La baisse, l’éclatement de la bulle, c’est une ambiance, une croyance, un sentiment que l’on est en train d’implanter. On a déjà réussi à tuer les petits spéculateurs et à éponger l’écume spéculative, on a lessivé les mains faibles et les idiots de TINA et BTFD réunis, et aussi les crétins qui achètent ARK, mais le niveau de la mer, lui n’a pas baissé et l’on ne voit toujours pas qui se baigne nu! Pas de sang sur la mer, pas de grosse baleine échoué en train de crever. On a fait mentir Schwarzenegger qui dit que cela ne commence à faire du bien que quand cela fait mal!

Les autorités réussissent à faire croire que la bulle éclate sans la faire éclater.

Elles réussissent à faire monter les taux courts et les taux longs sans effondrer le marché, voila la réalité, c’est la vraie réalité.

Donc à ce stade c’est bravo les artistes qu’il faut dire. Ce que je me fatigue à répéter et que les Cassandre n’ont jamais compris, les autorités, ces généraux nous conduisent à la boucherie mais nom de nom ce qu’il nous baisent bien! Ils savent comment baiser les marchés et les médias et les commentateurs . Ce qu’ils ne baisent pas ce sont leurs comparses, les grandes Maisons TBTF , considérées comme trop grosses pour souffrir, elles, il faut les protéger.

Tenez vous bien les autorités viennent de monter les taux de 0,50% après avoir lancé le canard des 0,75%, elles annoncent que cela va continuer et qu’elles vont éroder un peu le bilan de la Fed et qu’est-ce que vous avez comme marché?

Vous avez ceci!

Pour la semaine : Le S&P500 a terminé l’une des semaines les plus volatiles depuis des années avec une légère baisse de 0,2 % (baisse de 13,5 % depuis le début de l’année).

Le Dow Jones a chuté de 0,2 % (baisse de 9,5 %). 

Les services publics ont rebondi de 1,1 % (en baisse de 0,5 %). 

Les Banques ont repris 2,2% (-14,9%), tandis que les Brokers/Dealers ont reculé de 0,3% (-16,8%). 

Les Transports progressent de 0,2% (-9,6%). 

Le S&P 400 des Midcaps a reculé de 0,8 % (-12,7 %) et les Small Cap du Russell 2000 a chuté de 1,3 % (-18,1 %). 

Le Nasdaq100 a perdu 1,3% (en baisse de 22,2%). 

Les semi-conducteurs ont rebondi de 2,1 % (en baisse de 24,4 %). 

Les Biotechs reculent de 2,1% (-17,9%). 

Avec un lingots glissant de 13 $, l’indice des mines d’or HUI a chuté de 3,0 % (en hausse de 5,9 %).

Superbe performance, personne n’aurait osé la prédire il y a quelques mois. Relisez les Cassandre et vous mesurerez l’habileté des démiurges: ils vous font tout avaler. C’est le miracle de la Com, du discours, de l’ingénierie des esprits, ils vous font vivre dans un autre monde, ils vous pilotent, vous cornaquent et vous obéissez. Vous pensez exactement ce qu’ils veulent que vous pensiez. C’est exactement comme en Ukraine, les malheureux Ukrainiens sont conduits à l’abattoir et à la boucherie mais sur l’air de la Victoire,

Le réel, il est ici, il est là, du coté des taux; les marchés de taux ont toujours été plus intelligents que les marchés d’actions et le seul chiffre intéressant c’est celui du rendement du 10 ans ; il est à 3,13%.

Pour reprendre la logique de JP Hussman, au niveau actuel de valorisation des actions du S&P 500 , les actions sont valorisées pour avoir un rendement négatif dans une perspective à12 ans. Un rendement négatif avec le risque de faire une crise cardiaque lors des épisodes de baisse.

Les Treasuries à10 ans eux offrent un rendement de 3,13% sur quasi la même période!

A votre avis que vaut-il mieux avoir les actions avec une perspective de performance négative à 12 ans ou des Treasuries à 10 ans qui assurent un rendement nominal de 3,13% ?

Vos imbéciles de banquiers vont vous dire que l’inflation bouffe votre pouvoir d ‘achat sur les obligations et les livrets et qu’il faut les vendre, ce sont des idiots, il vaut mieux souvent accepter de perdre un peu, accepter de perdre sur l’inflation -qui va se modérer- que de se faire laminer sur les actions surévaluées , qui elles quand elles baissent vous amputent votre capital de 20 à 30% en quelques jours; car les actions que vous avez ce sont toujours celles qui trinquent..

Il y a une sorte de parité entre les actions et les obligations et quand on vous dit que les obligations rapportent zéro , traduisez, tous les placements à risque équivalent sont valorisés pour rapporter zéro.

C’est la loi de formation des prix sur les marchés concurrentiels, tout s’égalise .

Donc quand on dit comme on vous le disait avant que les actions doivent être chères parce les taux sont a zéro on ne vous disait rien d ‘autre que ceci: tout doit être valorisé pour ne rien rapporter. on doit acheter les actions jusqu’à ce qu’elles ne rapportent plus rien , comme les obligations.

Mais ici on ne vous dit plus cela on ne vous dit plus qu’il y a une relation entre les taux et la valorisation des actions et on fait en sorte de maintenir élevées l’indice de la bourse; ! On recherche pour le moment, un haut plateau.

Normalement l’indice de la bourse devrait chuter nettement pour mettre les valorisations au niveau qui correspond au taux de 3,13 % sur le 10 ans; pensez y, les actions ne sont pas à un niveau défendable sur la base d’un 10 ans à 3,13%.

Pourquoi? A cause du piège de l’inflation il vous aveugle. Et c’est l’argument marketing de vos banquiers.

Les taux des bons du Trésor à trois mois ont terminé la semaine à 0,80 %. Les rendements gouvernementaux à deux ans ont ajouté deux points de base à 2,74 % (en hausse de 200 points de base depuis le début de l’année). 

Les rendements des bons du Trésor à cinq ans ont augmenté de 12 points de base à 3,08 % (+182 points de base). 

Les rendements du Trésor à dix ans ont bondi de 19 points de base à 3,13 % (+162 points de base).

 Les rendements obligataires longs ont bondi de 23 points de base à 3,23 % (+132 points de base). 

EN PRIME

Steve Liesman de CNBC :

« Vous avez parlé d’utiliser des hausses de taux de 50 points de base ou de leur possibilité lors de prochaines réunions. Pourrait-il y avoir quelque chose de plus grand que 50 ? Comme 75 ou un point de pourcentage est-ce possible ? Et peut-être pourriez-vous nous expliquer votre étalonnage ? »

Président Powell : «Ainsi, une augmentation de 75 points de base n’est pas quelque chose que le comité envisage activement… En supposant que les conditions économiques et financières évoluent de manière conforme à nos attentes, il y a un sentiment général au sein du comité que des augmentations supplémentaires de 50 points de base devraient être sur la table pour les deux prochaines réunions… Nous porterons une attention particulière aux données entrantes et à l’évolution des perspectives, ainsi qu’aux conditions financières… .”

Colby du Financial Times :

«Étant donné que l’on s’attend à ce que l’inflation reste bien au-dessus de l’objectif de la Fed à la fin de l’année, qu’est-ce qui constitue une politique neutre en termes de taux des fonds fédéraux ? Et dans quelle mesure est-il approprié que la politique dépasse ce niveau à un moment donné cette année ? « 

Powell : « Quand on parle de taux neutre, on parle en réalité du taux qui ne pousse pas l’activité économique à la hausse, ni ne la ralentit. 

Donc, c’est vraiment un concept. 

Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons identifier avec précision. 

Nous l’estimons donc dans de larges bandes d’incertitude. Et les estimations actuelles du Comité sont en quelque sorte de 2 à 3 %. 

Et aussi, c’est une estimation de plus long terme. 

C’est une estimation pour une économie qui est au plein emploi et à 2 % d’inflation. Donc, vraiment, ce que nous faisons, c’est que nous augmentons rapidement les taux jusqu’à ce que nous considérons comme le large éventail de niveaux plausibles de neutralité. Mais nous savons qu’il n’y a pas de ligne claire tracée sur la route qui nous indique quand nous y arrivons. Nous allons examiner les conditions financières, n’est-ce pas. Notre politique affecte les conditions financières et les conditions financières affectent l’économie. Alors, nous allons examiner l’effet de nos mesures politiques sur les conditions financières. Sont-ils bien serrés ?»

Vous apprécierez je penses le charabia de Powell. Ce charabia exprime son absence de réflexion son absence de pense réelle, il improvise sans queue ni tète. Ceci se comprend la notion, le concept de taux neutre est une imbécilité sans consistance.

Powell a évoqué les « conditions financières » 17 fois lors de sa conférence de presse relativement courte.  Le S&P500 a rebondi de 3,5 % pendant et immédiatement après la conférence de presse de Powell, le Nasdaq100 ayant bondi de 4,5 %. 

Le fait de supprimer les hausses de 75 points de base de la table a été l’étincelle, mais la teneur générale de la conférence de presse était beaucoup moins belliciste que ne le craignaient les marchés. 

Un titre du Financial Times en a résumé succinctement l’essence : « Les investisseurs détectent les sous-entendus dovish de la campagne de Powell contre l’inflation« .

Les commentaires neutres de Powell sur les taux (« les estimations actuelles du Comité sont en quelque sorte de 2 à 3 % »), bien que sujets à interprétation, suggèrent un cycle de resserrement plus mesuré que ne l’anticipent les marchés. 

Principalement, les marchés nerveux ont été réconfortés par l’accent mis sur les « conditions financières ». Le cycle de resserrement belliciste de la Fed est sur une trajectoire de collision avec des bulles chancelantes, une dynamique de réduction des risques/de désendettement et de graves problèmes de liquidité. 

Powell a été confronté à un défi extraordinaire en transmettant au public et aux politiciens de Washington la concentration et l’engagement de la Fed à maîtriser l’inflation, tout en signalant aux marchés qu’il se concentre de manière appropriée sur le maintien de la stabilité des marchés. De ce point de vue, vue sous l’angle de l’équilibriste, et du « en même temps » la préparation et la performance de Powell étaient magistrales.

Powel : « Avant d’entrer dans les détails de la réunion d’aujourd’hui, j’aimerais profiter de cette occasion pour m’adresser directement au peuple américain. L’inflation est beaucoup trop élevée, et nous comprenons les difficultés qu’elle cause, et nous agissons rapidement pour la réduire. Nous avons à la fois les outils dont nous avons besoin et la détermination qu’il faudra pour rétablir la stabilité des prix au nom des familles et des entreprises américaines. 

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2 réflexions sur “Editorial. Non la bulle mondiale n’est pas en train d’éclater mais on veut vous le faire croire.

  1. Oui de toutes les histoires parallèles c’est de loin la plus importante pour pérenniser le système.

    Il faut que le marché perde 20 ou 30 % comme d’habitude et que l’on signe la fin de la partie en disant qu’il est temps de faire des affaires en rachetant.

    Sauf que de bulles en bulles et d’éclatements partiels en éclatements partiels on accumule toujours plus de pourritures et on est toujours plus éloignés du réel.

    Aujourd’hui pour assainir la situation il faudrait un éclatement digne de 1929.

    Bernanke s’est fait connaitre par ses études de la crise de 29. C’est pour éviter 29 qu’il a théorisé puis mis en place les QE.

    QE qui ne sont rien d’autres qu’une intensification de la financiarisation, une fuite en avant par prélèvements anticipés sur le futur.

    Depuis 2008 on repousse 1929 qui arrivera encore plus fort car le vrai reset est là, inéluctable.

    D’ailleurs : inflation, fortes inégalités et montée des populismes, bulle boursière gigantesque, incompétence des élites, notre époque ressemble beaucoup aux années 20.

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