Editorial. La déflation du monde bullaire; tout se passe comme prévu pour le moment.

Je maintiens mon analyse de la semaine derniere: Editorial. Non la bulle mondiale n’est pas en train d’éclater mais on veut vous le faire croire.

Et je précise; pourquoi veut-on vous le faire croire? Parce que, si vous le croyez, on pourra plus facilement refaire un nouveau pivot et stopper le resserrement monétaire.

C’est comme la guerre en Ukraine , si vous croyez que les russes perdent, vous croirez plus facilement qu’ils sont désespérés et donc qu’ils utiliseront les armes chimiques voire les armes atomiques tactiques.

C’est une structure de pensée des élites que celle-là, elle consiste à tracer un monde imaginaire dans lequel ensuite les mensonges passent plus facilement; on construit de fausses cohérences.

Pour la semaine :

Le S&P500 a baissé de 2,4 % (baisse de 15,6 % depuis le début de l’année) et le Dow Jones a chuté de 2,1 % (baisse de 11,4 %). 

Les services publics ont reculé de 1,5 % (baisse de 1,9 %). 

Les banques ont chuté de 4,6 % (baisse de 18,8 %) et les courtiers ont chuté de 1,4 % (baisse de 18,0 %). 

Les Transports perdent 3,0% (-12,3%). 

Le S&P 400 des Midcaps a chuté de 2,0 % (en baisse de 14,5 %) et les Small cap du Russell 2000 ont chuté de 2,5 % (en baisse de 20,2 %). 

Le Nasdaq100 a chuté de 2,4 % (en baisse de 24,1 %). 

Les semi-conducteurs ont reculé de 0,4 % (-24,7 %). 

Les Biotechs reculent de 0,2% (-18,1%). 

Un gros rebond de fin de semaine , partout:

La Bourse de New York a terminé la semaine sur un vif rebond technique, vendredi.

A la clôture, le Dow Jones a repris 1,47% à 32.196 points, tandis que l’indice large S&P 500 a regagné 2,39% à 4.023 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, est remonté de 3,82% à 11.805 pts. Le Nasdaq abandonne cependant encore 26,5% par rapport à son record de novembre 2021, à 16.057 pts.

Plus tôt dans la journée, les marchés européens ont aussi fini dans le vert, l’indice Euro Stoxx 50 grimpant de 2,5%, le DAX 30 gagnant 2,1% à Francfort, tandis qu’à Paris, le CAC 40 a repris un peu plus de 2,5%. En Asie, le Nikkei a bondi de 2,6% à Tokyo, et le Shanghai composite a fini en hausse de 0,96%.

Le soutien des marchés d’actions passe par la manipulation des taux longs et la reconstruction des corrélations inverses: baisse des taux = hausse des actions.

Chute des rendements longs:

Les rendements obligataires mondiaux se sont fortement repliés. 

Les rendements du Trésor à dix ans ont chuté de 21 points de base à 2,92 %. 

Les rendements ont baissé de 28 points de base en Italie, 25 points de base au Royaume-Uni, 24 points de base en Suède, 23 points de base en Espagne, 21 points de base en Nouvelle-Zélande et 18 points de base en Allemagne. 

Le taux d’inflation « point mort implicite  » des valeurs du Trésor sur cinq ans a chuté de 15 points de base, les attentes du marché concernant le taux des fonds fédéraux lors de la réunion du FOMC du 14 décembre ayant chuté de 11 points de base à 2,72%.

L’effondrement des cryptos fait partie de l’objectif de gestion de la Fed et de ses complices des banques TBTF est une étape importante par laquelle il fallait passer; il fallait les faire décrocher!

Le resserrement des conditions financières mondiales a alimenté une dynamique déstabilisante .

Les ventes de crypto-monnaies se sont accélérées. De nombreux produits de base se sont fortement repliés. Les matières premières industrielles ont été soumises à une forte pression de vente, tandis que les métaux précieux ont été liquidés de manière agressive. 

Cela ressemble à des liquidations de fonds spéculatifs – réduction du levier et désendettement. Les pertes chez Tiger Global ne sont-elles que la pointe de l’iceberg ?

Après avoir commencé la semaine à 34 000 $, Bitcoin s’est échangé à 25 488 $ lors de la vente de panique tôt jeudi. WSJ : « Le crash de TerraUSD secoue la crypto. ‘Il y avait un run sur la banque.’

12 mai – Wall Street Journal : « La crypto-monnaie TerraUSD avait une tâche : Maintenir sa valeur à 1 $ par pièce. Depuis son lancement en 2020, il l’avait surtout fait, s’écartant rarement de plus d’une fraction de centime de son prix prévu. Cela en a fait une île de stabilité, un endroit où les commerçants et les investisseurs pouvaient ranger leurs fonds entre deux incursions sur le marché de la cryptographie autrement frénétique. Cette semaine, TerraUSD a également souffert de la frénésie, chutant de plus d’un tiers lundi, puis chutant à 23 cents mercredi. L’effondrement a causé aux investisseurs des milliards de dollars de pertes. Il a ricoché dans d’autres crypto-monnaies… « 

Le rallye de vendredi a réduit la perte de Bitcoin pour la semaine à 6 300 $, soit 17,4 %, portant les pertes à 36 %. Bitcoin a chuté de 9,5 % lundi, a peu changé mardi, a chuté de 8,4 % mercredi, a augmenté de 4,3 % jeudi et a ajouté environ 4 % vendredi – se négociant au cours de la semaine dernière avec une fourchette de 30 % de haut en bas.

 Ethereum a chuté de 9,8% lundi, a récupéré 1,6%, a coulé 12,5%, a chuté de 5,4% puis a récupéré 6,1% vendredi – pour terminer la semaine en baisse de 24,5%. 

Le XRP a chuté de 12,1 %, récupéré de 2,0 %, coulé de 27,6 %, remonté de 3,3 % puis bondi de 10,9 % – pour terminer la semaine en baisse de 29,2 %.

Quand je répète que non la bulle mondiale n’est pas en train d ‘éclater je suis précis, un éclatement c’est quelque chose de brutal, en tout ou rien, quand une bulle éclate, c’est le trou. Rien de tout cela ici.

Ce que l’on voit c’est La Grosse Bulle qui déflate, qui laisse passer de l’air de façon différenciée, de façon sélective, un peu comme on descend un escalier. Et surtout c’est une sorte d’univers à plusieurs vitesses ou l’on remarque que les grands indices tiennent beaucoup mieux que les valeurs individuelles. Quand La Bulle déflate, les petites bulles marginales, périphériques de qualité douteuse trinquent encore plus, c’est la règle sur tous les marchés. Mais la baisse spectaculaire ne doit pas masquer la réalité, La Bulle, la grosse, la vraie résiste bien.

La déflation de la bulle mondiale s’est donc accélérée cette semaine. Frappé par des « ventes  » de panique, la manie historique de la crypto-monnaie se disloque complètement. 

Il y a eu des éléments de « capitulation » cette semaine. Et l’expiration des options de la semaine prochaine crée le potentiel d’un dénouement en panique des positions baissières et des compressions courtes qui en découlent. 

Mon conseil: pensez séculaire. La crise se prépare depuis des décennies. Certes cela peut tenir, durer encore , il y a des moyens de retarder car la crédulité humaine est sans limite, mais n’oubliez jamais: le sol peut se dérober sous vos pieds à tout moment.

Regardez ce qui se passe sur les cryptos!

 Il est important de comprendre que c’est la Fed et son QE qui ont alimenté la bulle spéculative dans une manie historique .  Des millions de personnes subissent maintenant des pertes, beaucoup perdent des montants importants de leurs comptes d’épargne et de retraite.

Au cours des deux dernières années, les crypto-monnaies sont passées d’un instrument financier marginal à un actif largement convoité pour des millions (des dizaines de millions dans le monde).  Sans 5 trillions de dollars de QE, les cryptos ne seraient pas devenues un actif populaire . Il ne seraient pas devenus une garantie pour les hypothèques et autres prêts. Jamais cela ne serait devenu acceptable d’un point de vue institutionnel. L’infrastructure n’aurait pas été développée de manière agressive. Pas de QE, pas de publicités séduisantes «. Et il y aurait moins de crypto mining .

Le crédit commence vaciller:

Les CDS sur le haut rendement se sont négociés à 500 points de base cette semaine pour la première fois depuis juillet 2020, avec des écarts du junk les plus larges depuis novembre 2020.

Après avoir surperformé ces derniers mois, les obligations à haut rendement ont récemment subi une pression importante. L’ETF iShares High Yield Corporate Bond ETF (HYG) a baissé de 1,81 % ce mois-ci, tandis que l’ETF iShares Investment Grade Corporate Bond (LQD) n’a baissé que de 0,62 %. 

Le marché des obligations de pacotille est essentiellement été fermé aux nouvelles émissions. Et, surtout, le marché des prêts à effet de levier s’est assez rapidement bloqué. Avec leurs structures de taux flottants, les prêts à effet de levier sont restés résilients face à un cycle agressif de hausse des taux, mais  mainteant cette bulle a éclaté, avec des conséquences majeures pour les flux de refinancement vers les entreprises et les secteurs à haut risque.

13 mai – Bloomberg :

« Le marché américain des prêts à effet de levier est en mode risque total, obligeant les banquiers à geler les nouvelles offres jusqu’à ce qu’il y ait plus de stabilité des prix. Il n’y a eu que trois prêts en syndication et les lancements se sont arrêtés alors que le marché est sous le choc de la volatilité généralisée… Les prix du marché secondaires ont chuté à 95 cents sur le dollar en moyenne, descendant en spirale jusqu’aux creux de novembre 2020, tandis que les fonds de prêts viennent de subir les plus gros retraits hebdomadaires depuis avril 2020… Les fonds qui investissent dans des prêts à effet de levier aux États-Unis ont enregistré la plus importante sortie depuis environ deux ans. Les fonds ont perdu 598 millions de dollars en espèces pour la semaine terminée le 11 mai, selon les données de Refinitiv Lipper. C’est le plus gros depuis la semaine terminée le 8 avril 2020, au début de la pandémie… »

12 mai – Bloomberg:

«Les investisseurs ont retiré 8,2 milliards de dollars des fonds d’obligations de sociétés américaines de qualité supérieure lors du plus grand exode hebdomadaire depuis avril 2020 dans un contexte de volatilité généralisée du marché. Les sorties de fonds pour la semaine terminée le 11 mai sont également les quatrièmes les plus importantes jamais enregistrées, selon… Refinitiv Lipper, et marquent une période de sept semaines de retraits, la plus longue depuis une période de sept semaines commençant en novembre 2018. L’émission d’obligations d’entreprises se déroule bien en deçà des attentes pour le mois, car la volatilité alimentée par l’inflation a réduit les fenêtres pour placer de la dette.

Je vous ai expliqué dans de multiples articles que le secteur important pour la Fed, c’est celui du crédit: elle peut taper sur le marchés des actifs dans une certaine mesure mais elle ne peut accepter un blocage des marchés du crédit. C’est là que les choses se passent non seulement pour l’activité économique mais surtout pour la fragilité systémique.

La finance contemporaine est dissymétrique, elle fonctionne à la hausse, à l’aller mais pas au retour!

La finance crée sa propre liquidité, son propre monde comme le font les politiciens, mais cela ne fonctionne que tant que l’effet de levier spéculatif s’étend et que les prix des actifs gonflent. La finance fonctionne assez mal en sens inverse.

L’inflation monétaire qui dure depuis des décennies a pu continuer parce que ses conséquences sur les prix des biens et services ont été mineures, l’inflation s’est logée dans les prix des actifs et des patrimoines. Mais pour que cela puisse encore se poursuivre, il faut des relais, il faut alimenter ! Or l’a situation présente a la particularité de d’empêcher la pompe monétaire d’encore fonctionner.

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Une réflexion sur “Editorial. La déflation du monde bullaire; tout se passe comme prévu pour le moment.

  1. L’éclatement de la bulle, la vraie, ce serait l’effondrement des promesses adossées et notamment des retraites des américains. Elle sera donc défendue coûte que coûte

    Ce qui est intéressant dans la situation actuelle c’est que les injections sont suspendues pour une durée indéterminée et qu’on nous promet même une réduction du bilan de la Fed à compter de juin.

    Comme en 2018, ce programme de réduction ne pourra durer plus de quelques mois car le système a démontré depuis 2008 qu’il ne pouvait plus se passer des injections monétaires, seules à même de permettre le roll-over du stock de dettes, autrement dit le minimum syndical pour repousser dans le temps la préemption déjà opérée sur la croissance future.

    La BCE joue son rôle d’annexe de la Fed en amortissant le choc par le maintien de ses injections mais il faudra rapidement que celles-ci proviennent de nouveau du centre faute de quoi le dollar va continuer à monter et faire exploser la périphérie.

    La question est donc de savoir quel va être le prétexte pour justifier d’injecter de nouveau ?

    La baisse de l’inflation apparait en effet comme une condition nécessaire mais pas suffisante.

    Pour se pérenniser, le système de bulles-dettes a besoin à d’un choc récessionniste ou…. d’une guerre.

    Les 2 se profilent . Reste à connaitre leurs intensités respectives.

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