Editorial. Le resserrement n’est pas encore commencé, qu’il est déjà fini! L’acquiescement à l’inflation est confirmé.

J’ai été l’un des premiers commentateurs à diagnostiquer ce que j’ai appelé le « pivot dans le pivot » il y a quelques jours.

C’est tout a fait normal car j’y étais préparé.

Il suffisait d’être vigilant et de bien prêter l’oreille aux discours des responsables . Et le discours de Bostic a résonné comme une cloche d’alarme; le recul des taux du 10 ans avait conforté mon analyse lorsqu’il était repassé de 3,25% à 2;80%.

Je vous rappelle que « le pivot » c’est quand la Fed donne la priorité au resserrement et que « le pivot dans le pivot » c’est quand elle renverse à 180 degrés et cesse de donner la priorité au resserrement, ce qui équivaut, en terme de marché, à un desserrement.

Puis tout le reste a suivi, il a suffit de tirer sur le fil.

Même le marché boursier, pourtant si stupide a compris puisqu’il a bondi de 6,6% au S&P 500, de 9,2% sur les banques et de 7,1% au Nasdaq. Pour couronner le tout le taux de rendement du 10 ans US s’est établi en baisse a 2,74%.

Pour moi la cause est entendue.

Vous savez que je n’ai jamais cru à la possibilité tenter une véritable lutte contre l’inflation pour cause de fragilité financière, ce qui s’est passé cette semaine n’a fait que confirmer cette triste analyse; Il n’y a rien à faire, rien à espérer.

Ce qui s’est passé cette semaine peut être interprété autrement qu’en terme de marché boursier: il y a, aux Etats Unis et dans le monde un acquiescement non dit, non formulé à l’inflation des prix des biens et des services. Cet acquiescement se donne à voir a contrario par l’incapacité à supporter les remèdes qui permettraient d’extirper cette inflation. On ne veut pas de l’inflation , bien sur mais on veut encore moins la souffrance des remèdes qu’il faudrait utiliser pour s’opposer à la dérive des prix.

Je vous rappelle au passage que la bonne lecture , c e n’est pas en terme de prix, non la bonne lecture c’est en terme symétrique : de baisse de pouvoir d’achat de la monnaie.

Ce n’est pas un choix, les autorités ne choisissent rien, simplement elles font ce qui est conforme à la logique dialectique de la situation à savoir qu’elles suivent les forces dominantes; les forces dominantes sont celle qui pointent vers l’avilissement nécessaire des monnaies. Le reste n’est qu’habillage.

je vous recommande de relire mon article sur cette question; article publié la semaine dernière qui va à la racine, fouiller la radicalité de la monnaie moderne dématérialisée , de cette monnaie qui oblige au « toujours plus de dette » et débouche sur le « perpétuel différé » jusqu’à l’anéantissement final.

Même la presse comprend et c’est le signe selon moi que les étapes accélèrent, les étapes de prises de conscience marquent le cheminement des processus.

Un titre cette semaine de National Review : « La guerre timide de la Fed contre l’inflation – Elle a le pouvoir, mais a-t-elle la volonté ?La Fed aboie-t-elle entièrement sur l’inflation et ne mord-elle pas ? 

Le CPI en glissement annuel a bondi à plus de 8 % , et il est au-dessus de l’objectif de 2 % de la Fed depuis maintenant 15 mois … mais le taux directeur cible n’est aujourd’hui que de 0,75 % à 1,0 %. La dévalorisation du stock de monnaie émise est considérable.

Vu de Sirius c’est risible et il faut se demander ce qu’il peut se passer dans les cerveaux des terriens pour ne pas s’esclaffer.

Ce qui se passe? C’est simple c’est la Névrose Sociale, celle qui fait vivre dans l’Imaginaire et qui empêche de voir le monde tel qu’il est, mais le voit à travers les lunettes roses que les autorités mettent sur vos nez!

Ils ne voient pas avec leurs yeux, ils doutent de ce qu’ils voient, ils corrigent ce qu’ils voient et ressentent en fonction des prismes que leur collent les grands prêtres du système.

L’inflation fait peser un lourd tribut sur la population ; les politiciens sont sous pression.

La Fed, bien sûr, est obligée de présenter une résolution d’acier. « Les procès-verbaux de la Fed montrent l’urgence… » « Les procès-verbaux de la Fed montrent un engagement fort… » « Les responsables « ont noté qu’une position restrictive de la politique pourrait bien devenir appropriée ».

Hélas ce que pense le peuple, c e qu’il subit, ce que disent les politiciens , tout cela ne compte que très peu face à ce qui est devant, réel: le mur colossal de la pyramide financière !

Toutes les déclarations s’analysent comme des simulacres.

Ce ne sont que des « trucs » superficiels, des incantations , des expédients à la limite de la ruse.

La Fed aimerait bien avoir la détermination nécessaire pour organiser une lutte sérieuse contre l’inflation, une lutte qui se déroulerait invariablement avec d’importantes turbulences sur les marchés et l’économie , mais elle ne le peut pas.

Le pivot dans le pivot s’est manifesté par la rhétorique du principal « faucon » du FOMC. Il a rusé, soulevant la semaine dernière la possibilité de baisses les taux dès l’année prochaine!

 Bullard : « Plus nous pouvons précharger et plus nous pouvons maîtriser l’inflation et les anticipations d’inflation, mieux nous nous en sortirons. Au cours des années – 23 et 24 – nous pourrions abaisser le taux directeur parce que nous avons maîtrisé l’inflation

Il est évident qu’il est techniquement bien trop tôt pour annoncer la possibilité de pauses et même de baisses de taux. Et si quelqu’un l’évoque; c’est pour ébranler les perceptions, ce n’est pas innocent. Si la Fed était déterminée à freiner les anticipations inflationnistes et à regagner la crédibilité institutionnelle perdue, elle afficherait sa volonté politique de lutte contre l’inflation, elle s’isolerait des pressions inévitables associées à l’instabilité des marchés. Elle réaffirmerait sa détermination a aller de l’avant, à tenir bon malgré des marchés en bulle extrêmement instables et sensibles à tout resserrement des conditions financières. 

la Fed et le Smart money savent que les paroles, les discours sur la monnaie et la politique monétaire influent sur les conditions financières bien avant que les décisions objectives soient prises et mises en œuvre. La Fed sait que les mots dictent/produisent les anticipations donc quand elle prononce des paroles , elle sait , des départ, grâce aux études réalisées à la demande de Bernanke quel effet cela aura. Et ici l’effet est un desserrement; un desserrement voulu.

La Réserve fédérale est-elle vraiment déterminée à maîtriser les forces inflationnistes avant qu’elles ne s’enracinent plus profondément ? Non!

La conférence de presse de Powell après la réunion a suggéré que la Fed commençait à s’inquiéter du stress accru du marché. Cela suffit à introduire le doute.

Les marchés ont été encouragés par le fait que le procès-verbal de mercredi de la réunion du 4 mai du FOMC impliquait une marge de manœuvre suffisante dans la résolution de la Fed.

Bloomberg :

« Il y avait des indices d’une pause possible : un resserrement  » accéléré  » laisserait la Fed  » bien positionnée plus tard cette année pour évaluer les effets du resserrement de la politique et la mesure dans laquelle les développements économiques justifiaient des ajustements politiques « . ”“

La messe est dite. les oracles ont parlé. les marchés ont déchiffré les Mystères, ils ont salué par une hausse dont l’ampleur ne laisse aucun doute sur la justesse des interprétations.

Bien sur maintenant on va nuancer, fignoler, tergiverser, rééquilibrer les perceptions et les anticipations, mais je le répète la messe est dite;

Pour moi d’ailleurs elle est dite depuis mars 2009.

Le resserrement n’est pas encore commencé, qu’il est déjà fini!

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2 réflexions sur “Editorial. Le resserrement n’est pas encore commencé, qu’il est déjà fini! L’acquiescement à l’inflation est confirmé.

  1. Qui peut encore croire aux farces des BC ? Aucune surprise en effet.

    Il était évident qu’au dessus de 3 % le 10 ans US signifiait des mortgages à plus de 5 % et des dégâts qui devenaient trop importants.

    Et puis il y a le timing, il fallait ouvrir une fenêtre de rebond sur les indices pour que la caste touche l’essentiel de la dime des dividendes mondiaux pendant une phase de hausse; pour qu’elle ait le beurre et l’argent du beurre.

    L’histoire n’est pas terminée. la phase qui s’ouvre est encore plus intéressante que la précédente car même s’il y a un soulagement et un S&P qui ne perd déjà plus que 15 % sur ses plus hauts ( on sera à moins de 11 % sur le cac lundi ce qui est à signaler car il est rare que l’on baisse moins que les US), la Fed est maintenant censée réduire son bilan.

    Je ne pense pas que cette réduction puisse se faire sans déclencher une seconde jambe de baisse et là on aura le pivot définitif…

    Le pivot définitif sera le retour du put. N’oublions pas qu’il n’y a plus de put pour quelques mois encore au minimum. Les artistes travaillent sans filet, c’est du grand art.

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