La fin de « l’argent magique »

Foreign Affairs, comme d ‘autres publications et Think Tanks essaient de dépasser le petit débat imbécile sur la question que se posent les marchés; montera/montera pas? De combien? etc.

L’auteur , ici Sébastien Mallaby soutient que nous arrivons peut être à « la fin de l’ère de l’argent magique ».

Je pense que c’est la question centrale et il faut déplorer qu’elle soit si évoquée.

Mallaby avance cette énormité:  « Parce que les banques centrales avaient une longue histoire de maîtrise de l’inflation, la pénalité pour prodigalité ne se matérialiserait probablement pas; des stimuli surdimensionnés pourraient coexister avec des prix stables ». 

Examinez cette phrase, c’est un tissus de conneries masqué par un vocabulaire et des formulations dignes de Moliere; il n’y a pas eu d’inflation parce que la prodigalité monétaire a pu coexister avec des prix stables. Voila pourquoi votre fille est muette, c’est parce qu’elle ne parle pas!

Si on le suit, ce serait parce que les banques centrales auraient eu une longue histoire de maitrise de l’inflation que la création monétaire excessive n’a pas été punie!

Comment peut on soutenir pareille idiotie qui ne résiste ni à l’analyse logique ni à l’analyse historique.

De temps à autre , les économistes devraient retourner à l’école et réapprendre à penser juste, logique. La dialectique et l’épistémologie des sciences leur éviterait d’assener des énormités.

Dans les prémices de Mallaby, le réel n’existe pas, tout vient du ciel. Ce qui existe, ce sont les opinions, les perceptions, la fameuse crédibilité. Il ne se rend pas compte que toutes ces catégories sont des produits: les opinions sont le produit de la réalité, ce que pensent les gens ne produit pas la réalité, le monde ne marche pas sur la tête, il marche sur les pieds.

Le Cargo Cult et les incantations magiques c’est dépassé depuis longtemps. Le Powell a eu beau proclamer que l’inflation était temporaire pour influencer les opinions, cela n’a nullement empêché la hausse des prix de durer, de s’amplifier, de s’enraciner et d ‘atteindre les 9,1%. Les Anglo saxons ont eu beau créer un imaginaire faux autour de la campagne militaire, cela n’empêcha pas l’OTAN et les Ukronazis de prendre une branlée!

Avec pareils raisonnements , si on ose les appeler ainsi, nous ne sommes pas prêts de nous éloigner de la zone de crise monétaire, financière et économique!

La crise dans laquelle nous nous trouvons est complexe, elle résulte de l’affrontement de forces de sens contraires qui produisent des résultantes délicates à analyser et à discerner. La crise vient de loin, cela fait longtemps que l’on joue avec l’argent magique! La preuve en est que cet argent magique a produit ses effets inflationnistes dans l’histoire à la fois dans l’immobilier et dans les indices boursiers depuis des décennies!

Hélas ,le monde est discontinu, un jour vous êtes vivant, le lendemain vous êtes mort.

La monnaie et le crédit surabondants sont acceptables et supportable jusqu’au jour n-1 mais au jour n elles cessent d’être innocentes. Le monde n’est pas extrapolable à l’infini, un jour les bonnes choses ont une fin, les repas gratuits se terminent et vient le temps de l’addition. Nous y sommes.

La crise dans laquelle nous nous enfonçons méthodiquement est une crise réelle, ce n’est pas une crise des perceptions ou des anticipations , c’est une crise dont l’origine se trouve dans nos systèmes économiques, sociaux et politiques, et maintenant géopolitiques .

C’est une crise terrible, effrayante de l’intelligence humaine. Une crise de notre façon de voir , de concevoir et donc d’organiser le monde. De la même façon que le névrosé et le psychotique élaborent des solutions aberrantes aux problèmes qu’ils rencontrent, notre monde moderne et post-moderne élabore des réponses absurdes aux questions qu’il rencontre. Notre pensée et le monde en collent plus! L’une, notre pensée, ne reflète plus l’autre, le monde.

Nos outils intellectuels, nos modèles de pensée sont inadéquats, désadaptés et nous désadaptent encore plus d e jours en jour. Nous sommes dans des engrenages de folie terrifiants. Nous en avons vu des exemples terribles lors de la crise sanitaire et nous en voyons les ravages dans la question de la sécurité de la planète en ce moment. Ce n’est pas pour rien que souvent le peuple parle des apprentis sorciers.

Nous marchons sur la tète, nous marchons a coté de nos pompes, le peuple dans sa sagesse le sait , lui! On ne lui en compte pas, in fine! C’est lui qui se tape le monde, qui le soutient sur ses épaules, il se le coltine pendant que les pseudo élites s’envoient en l’air en se racontant des romans idiots et surtout faux.

Nous sommes plongés dans une crise terrible des représentations du monde, nous délirons, nous dé-lisons le monde, nous ne savons plus le lire correctement. Ce qui signifie que la façon dont nous comprenons le monde est erronée, est fausse, est idéologique. La façon dont nous imaginons le fonctionnement du monde est inadaptée et étant inadaptée elle ne nous permet ni de bons diagnostics ni de bons remèdes. Notre vision du monde , qui est essentielle dans notre condition d’humains vivant en société , est obscurcie, nous ne discernons plus la réalité de ses ombres et encore moins de nos créations mensongères.

En définitive avec des analyses aussi débiles que celle de Foreign Affairs, tout ce qui arrive est toujours la faute à pas de chance, la faute aux cygnes noirs. Bien entendu ce n’est jamais la faute aux dirigeants démiurges-apprentis-sorciers qui pourtant se trompent sur tout. Jamais la faute aux élites , jamais la faute aux grands prêtres du système.

La première bonne questions est de savoir pourquoi à un moment donné les pays occidentaux se sont lancés dans une ère de création monétaire, pourquoi ils ont eu recours à l’argent magique. Quelle est la cause première de l’abandon historique de l’orthodoxie?

Avez vous entendu poser cette question? Non!

C’est tombé du ciel, un jour quelqu’un a eu une idée et puis c’est parti on est entré dans l’ère de l’inflationnisme .

Ne pas comprendre pourquoi nous sommes entrés dans cette ère , pour résoudre quels problèmes et pourquoi à l’époque cela a été possible, c’est se condamner à inventer n’importe quoi par la suite. L’inflationnisme a une histoire, elle s’est déroulé selon une certaine logique. Il a pu se développer, durer pour des raisons particulières qu’il convient d’élucider.

L’inflationnisme ne date pas ni d’hier ni d’avant hier et si il a pu durer aussi longtemps, ce n’est pas sans raison; cela tient aux conditions qui lui ont donné naissance. Il n’est pas indiffèrent de savoir si l’inflationnisme a une origine monétaire, financière, économique, matérielle , productive etc.

Si nous sommes entrés dans cette ère de l’inflationnisme c’est parce qu’il y avait Nécessité de le faire. Le système n’est ni méchant ni pervers volontairement. Le système a succombé à la Nécessité de l’inflationnisme parce qu’il a buté, il a rencontre des limites , limites que l’on appelle pour simplifier, limites à la croissance. Il a du recourir à l’argent magique pour continuer malgré les problèmes qui se présentaient.

Le fond de la situation qui a conduit à l’inflationnisme et à l’argent magique, c’est la soi disant tendance à la déflation. Soi-disant tendance à la déflation qui s’origine dans l’insuffisance de la demande et l’excès de capital. A un moment donné le système s’est trouvé déséquilibré comme il l’avait été dans les années 30, la dépression déflationniste de longue durée a menacé.

Une tendance à la baisse des prix s’est développée; cette tendance dans un système surendetté a été jugée négative et dangereuse, les magiciens ont voulu la contrer par l’argent magique.

Cet argent magique n’a pas produit les effets escomptés et pendant longtemps il s’est neutralisé, dirigé vers la Bourse plutôt que vers l’économie réelle. Le pouvoir d’achat des consommateurs de biens et services n’a donc pas progressé et c’est ce qui explique que l’inflationnisme n’a pas produit ses conséquences habituelles sur les indices des prix des biens et des services. Tout cela n’a rien à voir ni avec ‘habileté des banques centrales ni avec la crédibilité des banquiers centraux, au contraire, cela s’est fait malgré eux ,à l’insu de leur plein gré!

En résumé, le système n’a pu continuer à être géré de façon honnête et orthodoxe parce qu’il s’est fracassé sur ses limites endogènes. Le système a du recourir à la création de crédit excessif, de pouvoir d’achat tombé du ciel et finalement de fausse monnaie. Et il a répété l’opération plusieurs fois !

La crise sanitaire du Covid et le nouveau round de distribution d’argent magique – près de 20 trillions-qu’ils ont provoqué ont été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, précisément à ce moment là: car les conditions anciennes avaient changé; nous avions cessé d’être en état de surproduction, nous avions cassé les chaines de fabrication et d’approvisionnement.

Et qu’avons nous fait pour y remédier?

Nous avons crée de nouvelles pénuries fondamentales mais totalement artificielles comme celle de l’énergie en déclarant des embargos et sanctions imbéciles.

Nous avons fait en sorte de rendre la poursuite de l’inflationnisme impossible, nous avons tué la poule aux oeufs d’or de l’argent magique.

Toutes les bonnes choses ont une fin.

L’inflation et l’avenir de la relance économique

Par Sébastien Mallaby

11 juillet 2022

 y a deux ans, j’avais prédit dans Foreign Affairs que la récession du COVID-19, venant s’ajouter à la crise financière de 2008, conduirait les riches démocraties à redéfinir les limites extérieures de leur pouvoir monétaire et fiscal, inaugurant une « ère de l’argent magique ». .” Parce que les banques centrales avaient une longue histoire de maîtrise de l’inflation, la pénalité pour prodigalité ne se matérialiserait probablement pas; des stimuli surdimensionnés pourraient coexister avec des prix stables. 

Bien sûr, le succès de cette expérience dépendrait de la crédibilité continue des banques centrales dans la lutte contre l’inflation, au premier rang desquelles la Réserve fédérale.

 « Si la Fed perd son indépendance, l’âge de l’argent magique est terminée.

2 réflexions sur “La fin de « l’argent magique »

  1. Si je devais résumer notre situation, je dirais que la psychopathologie occidentale a rencontré frontalement son pire adversaire: la réalité et ses lois qui sont celles de forces qui animent la loi des nécessités. La non linéarité en fait partie, la gravitation et la limitation topologique de tout ce qui prend forme, se développe et se condamne in fine à l’effondrement en se devitalisant est un principe qui se formule dans toute loi inféodée aux catégories de réalité qui les concernent. On peut souffler fort longtemps mais c’est l’épuisement qui guette, on peut mentir très longtemps à tous en travestissant le réel mais le réel a ses lois qui finissent de déchirer les voiles les plus opaques… Fantasmer via l’onanisme n’enivre qu’un temps, entre la montée et la descente après c’est la confrontation aux réalités jusqu’ici exclues.

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  2. Vive la peur ou comment influencer les masses populaires en démocratie afin de les faire obéir avec leur consentement.

    En démocratie, avoir un bon ennemi est une nécessité.

    Gouverner par la peur permet facilement de se faire obéir mais c est pour votre sécurité bien sûr.

    Après l acte 1 du covid et de la farce sanitaire, nous voici passé au second acte, avec comme objectif l appauvrissement de l occident par l inflation.

    La guerre en Ukraine comme pour le covid existe réellement mais la situation est dramatiquement amplifiée et déformée pour fabriquer un narratif basé sur l escalade de la peur et la terreur.

    Il faut créer et diffuser de la psychose de masse.

    Nous allons être de plus en plus au bord de la guerre nucléaire, notre vie sera menacée tous les jours par une Russie folle et irresponsable.

    La Chine pourra pleinement être de la partie bien sûr.

    Au menu, rationnement énergétique, tensions alimentaires, état de guerre permanent (couvre feu ?) avec comme objectif un déclassement social et une pauvreté généralisée mais au final, les peuples occidentaux seront heureux et soulagés d être pauvres car encore en vie.

    S’il y avait une réelle volonté de l OTAN d entrer dans une guerre nucléaire pure et dure avec la Russie, nous ne serions pas passés par l’etape du covid et des piquouzes.

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